Somogy

  • À la faveur d'expositions réalisées au cours de ces vingt dernières années, Philippe Cognée s'est imposé comme l'un des peintres majeurs du début du XXIe siècle. C'est à la suite de son séjour à la Villa Médicis, en 1991, que l'artiste invente une technique qui devient son processus de travail exclusif sur toile, à partir de photographies et de peinture à l'encaustique. Le rendu objectif de la photographie fait place à un effet de flouté, de liquéfaction, voire de disparition partielle du motif, de sorte qu'une certaine abstraction travaille en profondeur la figure représentée. En distordant les figures, dont les motifs sont pourtant ceux du réel le plus banal, le plus quotidien, Philippe Cognée interroge la matière du pictural, il questionne la représentation. Le spectateur perçoit dans le tableau final comme le symptôme d'une perte : toujours quelque chose vacille, quelque chose est en train de fondre, de disparaître, que l'artiste saisit au moment de sa « tombée », dans le mouvement d'une défaite qu'il parvient à fixer in extremis.

  • Jean-Marc Brunet

    Collectif

    E refuse le sujet : l'arbre, la lumière, le vent, la pluie qui m'ont donné l'impression de départ, les sensations d'origine. Il faut effacer le sujet sinon on ne verra que lui. Je ne sais jamais où je vais aller mais je sais où je ne veux pas aller. Il s'agit pour moi de constituer un espace ou, pourquoi pas, une atmosphère. J'aime bien ce mot parce qu'il exige une forme imprécise, donc sans définition, mais très présente dans son effet. Dès que j'ai posé un peu de fond, voilà ce que j'essaie de construire.
    Jean-Marc Brunet Plus de figures, plus de sujets, et cependant un arrière-pays qui, rendu invisible, n'en est pas moins présent puisqu'il génère une présence toujours fortement là sans se laisser précisément nommer. Jean-Marc Brunet en situe la nature par ses titres : Pluie battante, La nuit me parle, Posé sur l'eau, titres qu'il n'affiche pas et qui surgissent comme une confidence. Chacun exprime d'ailleurs beaucoup plus une sensation, une impression, qu'une représentation.
    Bernard Noël

  • Avant d'être détruit et reconverti en hôtel de luxe, le lieu emblématique du Carré à Bayonne a vu son espace entièrement investi par le collectif d'artistes 9ème Concept. En co-production avec le Festival Black & Basque et en partenariat avec la ville de Bayonne, une quinzaine d'artistes a été invitée pour l'occasion. Une semaine de création pour une oeuvre artistique collective et monumentale, ouverte au public du 1er au 5 octobre 2014 avant la fermeture définitive du lieu.

  • École de Nancy, ou Alliance provinciale des industries d'art, rassemblait de nombreux industriels d'art, artistes, architectes qui souhaitaient améliorer le cadre de vie de leur époque en créant un art nouveau inspiré par la nature. Cet ouvrage illustre le caractère novateur de l'époque, où les procédés techniques les plus modernes étaient mis en oeuvre pour produire des meubles et des objets d'art fonctionnels et dotés d'une esthétique inédite. Les chefs-d'oeuvre, pièces uniques ou de petite série sortis des ateliers nancéiens de Gallé, Majorelle, Daum, Vallin..., cohabitent avec les pièces de grande série dont la large diffusion s'est faite par le biais de magasins, de catalogues et de divers outils publicitaires. Tous ont contribué à l'essor de l'École de Nancy.

  • La source plurielle à laquelle puise Najia Mehadji, irriguée de ses racines occidentales et orientales, est contemplation, union du corps et de l'esprit, vérité, passage de témoin, expression pure. Le corps est là, dans la voix, le geste, le souffle. Ses mouvements, son échelle, donnent aux premiers dessins la trace de leur gestuelle, un élan, une construction, un espace. La pensée ne lui est pas étrangère ou extérieure, elle ne fait qu'un avec ce corps qui est bien plus qu'une enveloppe. Le corps et l'esprit sont réunis sous le dôme ou la coupole rassembleuse, unificatrice, résonnante d'un message humaniste devant l'Histoire et ses turpitudes. Coupole ou voûte céleste peu importe, le ciel ou son symbole, la transcendance ou l'ici-bas... la force du symbolique imprègne le vocabulaire de l'artiste. La géométrie, l'architecture, l'arborescence, le flux, le ressac expriment son rapport à l'infini.

  • L'île de Rhodes, célèbre pour son Colosse, l'une des sept merveilles de l'Antiquité, et pour la présence des chevaliers de Saint-Jean à l'époque médiévale, a occupé une position stratégique dans le monde antique. Terre d'échange au croisement de nombreuses routes maritimes, elle s'est nourrie de la rencontre des cultures grecque, levantine, égyptienne et anatolienne. Elle présente le visage, encore insuffisamment connu, de la Grèce d'Orient, ici retracé aux périodes hautes de son histoire, de l'âge du bronze à l'époque archaïque (xve-ve siècle avant J.-C.).
    Le catalogue de l'exposition propose une synthèse inédite sur l'archéologie de l'île de Rhodes, nourrie des contributions des archéologues et des conservateurs des grands musées européens riches d'une importante collection rhodienne. Il évoque l'histoire précoce et continue des fouilles menées sur l'île, et souligne la richesse des influences et des échanges au travers de somptueuses pièces de céramique et d'orfèvrerie, bijoux, faïences, céramiques, terres cuites, verres, oeuvres en calcaire et en albâtre. De splendides photographies mettent en valeur des objets d'une surprenante beauté.

  • Shahabuddin est né en 1950 à Dacca, au Bangladesh. De son pays d'origine, c'est sans doute la Guerre d'indépendance de 1971 qui le marqua le plus : héro de la libération, il puise la force de ses oeuvres dans ses souvenirs des temps de guerre. Diplômé de l'Academy of Fine Arts de Dacca, Shahabuddin arrive peu après à Paris, en 1974, pour étudier à l'École des Beaux-Arts. Exposé dans de nombreux salons nationaux et internationaux, il obtient notamment la médaille d'argent aux Olympiades des Arts de Barcelone en 1992, dans la catégorie artiste français. En 2014, il est décoré Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres pour son travail en tant qu'artiste en France. C'est autour du mouvement que Shahabuddin construit ses oeuvres. L'artiste ne décrit pas le corps humain, mais en transcrit l'élan et la force musculaire dans des compositions mettant en avant les jambes, ces instruments magiques de locomotion qui traversent le monde. Pour lui, les jambes musculeuses, traduction de l'effort physique, sont également un symbole du dépassement de soi-même. Le corps est comme saisi au vol, une véritable fusion de l'homme avec l'air qu'il traverse.

  • Emmanuel Régent vit et travaille à Villefranche-sur-Mer et à Paris. Diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2001, il est lauréat du prix Découverte des Amis du Palais de Tokyo en 2009.

  • « Depuis l'été 2013, une résidence de trois saisons au château de Hautefort, à l'invitation de M. et Mme David-Weill, m'a permis de revisiter mon travail de toujours sur la mémoire. C'est l'expérience sensible des trébuchements sur le souvenir. Depuis Sienne, et un certain printemps 1974 passé à dessiner devant les fresques de Lorenzetti, jusqu'à aujourd'hui à Hautefort.
    Le travail de l'art dans la durée dresse chez moi une cartographie des déplacements, tout autant du désir que de la pensée. Peintures, films, photographies, dessins nouent avec des relations de multiples points de vue que j'appelle tressage. Le mouvement du travail aux prises avec la beauté s'opère sous l'angoisse des dévorations de l'histoire. Hier l'expérience du travail en Italie - copie et réflexion sur la beauté siennoise - comme aujourd'hui à Hautefort, confronte ma mémoire à l'idée de l'histoire comme destruction. Tel est l'objet.
    Le travail sur ces trois ans à Hautefort, par la grâce et la générosité de cette invitation de M. et Mme David-Weill, m'a dispensé du formatage rhétorique des programmes feutrées du type art contemporain. Je tiens à dire que ce travail d'équipe (peintures, dessins, écriture, films, installations et vitrail) ne relève en rien du tempo de l'industrie, mais du bonheur de l'échange. (.) » François Rouan

  • Toulouse renaissance

    Axel Hémery

    • Somogy
    • 18 Avril 2018

    Une mouche. Une simple mouche, posée sur l'écorce d'un arbre, en marge d'une Adoration des Mages de 1535. Un détail qui n'a rien d'anodin, pour une oeuvre représentative de ce que fut la Renaissance toulousaine : ambitieuse, érudite, rayonnante. Celle-ci s'épanouit dans une ville de combats tout autant que de cocagne, de feu et de passions où les artistes furent en mesure de sublimer émotions et ambitions : ainsi d'une mouche, venant en divertissement d'une enluminure ou encore d'une larme, perlant au creux de la joue d'un apôtre échevelé de douleur, en couverture de ce catalogue.

  • Des Francais...

    Denis Rouvre

    • Somogy
    • 9 Juillet 2014

    Exposition présentée dans l'église Saint-Blaise, dans le cadre des Rencontres d'Arles 2014, du 7 juillet au 20 septembre 2014 Depuis 20 ans je ne photographie que le réel, et dans ce réel, je ne photographie que des gens en tête à tête. Ils sont nés d'aucune imagination ni d'une vision mais rencontrés au hasard. Ils sont les personnages héroiques d'un système qui se cherche, se trouve et parfois se perd. Ils composent les uns avec les autres des groupes, des histoires mais c'est avant tout leur individualité et leur singularité qui m'intéressent : leur présence, leur détermination, leurs actions inconscientes sur un monde en mutation.
    Aujourd'hui je m'intéresse aux Français en les regardant comme héros de leur propre vie. C'est pour moi une France impossible à définir car changeante, vivante et en mutation permanente, à l'image de chacun de ses Français qui la compose. mais la question est posée.
    Ni jugement ni a priori, mais uniquement des histoires individuelles qui interrogent sur la notion floue de l'identité.
    En pratique, il s'agit d'un périple dans la France de 2014, au coeur des élections municipales, à la recherche de ces gueules de Français, de leur sentiments, questionnement ou certitudes sur ce qui les définit comme Français.
    Des portraits qui parlent et des paysages silencieux, pour questionner l'imaginaire et confronter les réalitées.

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