Seuil

  • Vide et plein. le langage pictural chinois Nouv.

  • Depuis le texte fondateur de Vasari, l'histoire de l'art avait tenu dans l'ombre le travail des femmes peintres. À partir des années 1960, les Feminist Studies et les Gender Studies ont permis de mettre à mal cette tendance et de redécouvrir des artistes majeures dont le travail avait été injustement occulté au profit de celui de leurs homologues masculins.
    Du fait de leur isolement et de leur faible nombre tout autant que des interdits et des obstacles qui furent opposés à leur formation comme à leur carrière, l'étude des femmes peintres a engagé Martine Lacas à se poser certaines problématiques qui leur sont propres : dans quelles familles sont-elles nées ? comment se sont-elles formées ? quelles stratégies ont-elles développées pour légitimer leur statut d'artiste et leur production ? Mais aussi qu'est-ce que le fait d'être femme a changé quant au choix des sujets et de leurs interprétations, quant à l'affirmation de soi par l'oeuvre et dans l'ouvre ?
    Pour répondre à ces questions, Martine Lacas s'appuie sur l'étude des ouvres de ces femmes peintres du XVe à l'aube du XIXe siècle, parmi lesquelles on compte Elisabeth Vigée Le Brun, Artemisia Gentileschi, Sofonisba Anguissola ou Adélaïde Labille-Guiard, dont le genre a déterminé et détermine encore la réception, la fortune critique et l'appréciation esthétique.

  • Ce n'est pas un hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons verts de peur, bleus de colère ou blancs comme un linge. Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens cachés qui influencent notre environnement, nos comportements, notre langage, notre imaginaire. Les couleurs ont une histoire mouvementée qui raconte l'évolution des mentalités.
    L'art, la peinture, la décoration, l'architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures, tout est régi par ce code non écrit.

    Nouvelle édition illustrée du Petit livre des couleurs.

  • Dans une fable illustre, borges a montré que deux textes littéralement indiscernables pouvaient constituer deux oeuvres différentes, voire antithétiques.
    Arthur danto étend ici à l'ensemble des pratiques artistiques l'interrogation soulevée par une telle "expérience de pensée" : le même objet peut être ici une vulgaire roue de bicyclette, là une oeuvre (roue de bicyclette, par marcel duchamp) fort cotée à cette bourse des valeurs esthétiques qu'on appelle le "monde de l'art". une telle transfiguration montre que la spécificité de l'oeuvre d'art ne tient pas à des propriétés matérielles ou perceptuelles, mais catégorielles : l'oeuvre possède une structure intentionnelle parce que, figurative ou non, elle est toujours à propos de quelque chose.

    La démarche de danto surprendra: vive et amusante, souvent provocante (dans la ligne des pratiques dada ou pop qu'elle prend pour paradigme), elle procède volontiers par hypothèses, paradoxes et variations imaginaires. mais on vérifiera qu'elle ébranle d'autant plus efficacement les habitudes les mieux assises de la pensée esthétique qu'elle s'appuie sur une connaissance intime de l'art classique et contemporain.

  • - Ce nouveau volume des "Classiques en images" présente trois des fameux contes des Mille et Une Nuits : - "Histoire de Zobéide"- "Histoire d'Ali Baba et des quarante voleurs exterminés par une esclave" - "Histoire du cheval enchanté". Illustré par des miniatures persanes, ce recueil nous emmène dans un autre temps, au son de la voix de Sheherazade qui parvient durant "mille et une nuits" à repousser la sentence du sultan qui prévoyait sa mort, grâce à ses récits incroyables qui tient son auditoire en haleine.

    - Recueil anonyme de contes populaires en arabe, d'origine persane et indienne.

  • Nées dans les milieux maritimes méditerranéens au cours du XIIe siècle, les cartes marines dites " cartes-portulans " constituent le coeur de l'ouvrage. Dessinées sur parchemin, sillonnées de lignes en étoile évoquant les directions de la boussole et représentant la succession des ports et des mouillages le long des rivages, ces cartes accompagnèrent les navigations européennes et l'exploration du monde jusqu'au XVIIIe siècle. Instruments de navigation utilisés à bord des bateaux, elles furent aussi produites sous la forme d'images du monde enluminées, destinées à de riches commanditaires, illustrant les intérêts économiques et politiques des puissances maritimes européennes. Réunissant les contributions d'une quinzaine de spécialistes européens, le livre fait le point des connaissances sur ce type de cartes et reflète le renouveau historiographique des dernières années.
    Ainsi, sous un angle inédit, l'ouvrage interroge la manière dont les Européens ont découvert et conquis mais aussi étudié et représenté territoires et peuples du XIVe au XVIIIe siècle. Les cartes-portulans s'imposent au regard contemporain comme de véritables oeuvres d'art dont le caractère spectaculaire tient autant à leur taille, imposante, qu'à leur polychromie et à leur univers exotique.

  • Pourquoi le patrimoine historique, architectural et urbain a-t-il conquis aujourd'hui un public planétaire ? Pourquoi sa connaissance, sa conservation et sa restauration sont-elles devenues un enjeu pour les Etats du monde entier ? Ni sa valeur pour le savoir et pour l'art, ni son rôle attractif dans nos sociétés de loisirs ne constituent des explications suffisantes.
    La recherche d'une réponse, qui engage plus profondément la nature de cet héritage dans son rapport avec l'histoire, la mémoire et le temps, passe, pour Françoise Choay, par une remontée aux origines, une archéologie des notions de monument et de patrimoine historiques. Cette investigation, poursuivie sur plus de cinq siècles, éclaire le culte actuel du patrimoine, ses excès, découvre ses liens profonds avec la crise de l'architecture et les villes.
    Ainsi, précieux et précaire, notre héritage architectural et urbain apparaît allégoriquement dans double rôle : miroir dont la contemplation narcissique apaise nos angoisses, labyrinthe dont le parcours pourrait nous réconcilier avec ce propre de l'homme, aujourd'hui menacé : la compétence d'édifier.

  • Il est peu de pages sur la peinture de cézanne (sur la peinture tout court, peut-être) plus denses et plus justes que cet ensemble de lettres et fragments de lettres adressées par rilke à sa femme, le sculpteur clara westhoff, entre le 3 juin et le 4 novembre 1907, autour de la première rétrospective parisienne du peintre d'aix.

    Rien d'étonnant à cela. au moment oú rilke devait faire accepter à clara que chacun d'entre eux menât son combat de son côté, le plus grand exemple de cézanne, encore plus radicalement enfermé dans son travail que rodin, leur maître à tous deux, venait à point légitimer ce choix. plus profondément, en ce moment de sa vie oú le poète commencer à s'affermir, en cette année de 1907 dont l'été lui avait donné nombre de poèmes nouveaux, rilke pouvait voir dans les tableaux de cézanne le modèle le plus admirable de ces " choses d'art " objectives et " miraculeusement absorbées en elles-mêmes " auxquelles il tendait lui-même ; lui, le poète le plus exposé à voir, comme son narcisse, sa substance se diluer stérilement dans l'air.

    Ce volume constitue la traduction intégrale de l'édition préparée à insel verlag par h. w. petzet en 1983, à partir de celle réalisée sur le voeu et du vivant de clara rilke en 1952.

  • Comment le nom de l'artiste est-il devenu un élément clef de la valeur symbolique et commerciale des oeuvres ? Pourquoi les peintres signent-ils leurs tableaux ?
    C'est à Paris, entre les années 1730 et 1820, que se déploie cette enquête novatrice et richement illustrée. Salons et expositions publiques, ventes aux enchères, musées : les institutions artistiques modernes imposent le nom de l'artiste au coeur des mondes de l'art. Critiques, catalogues, cartouches et cartels lui accordent désormais une place essentielle. Un contemporain constate, avec dépit, que les amateurs achètent « des noms, et non plus des oeuvres ».
    Mais pourquoi placer ainsi son nom sur un panneau de bois ou sur une toile ? La tradition est ancienne, et remonte à l'Antiquité. Pourtant, les peintres de l'âge des Lumières surent investir le nom de significations nouvelles. À Paris, le marché pour leurs peintures s'était élargi. Il fallait susciter le désir de consommation au moment où un premier capitalisme commercial fondé sur le luxe et sur la mode connaissait un essor sans précédent. Avec la Révolution, la signature devenait aussi un puissant signe de l'engagement et de l'authenticité en politique.
    Elle fut ce lieu, dans le tableau, où la présence de l'artiste pouvait se manifester et perdurer. L'aura de l'oeuvre en devenait indissociable.

  • Célébré au XXe siècle comme un génie du noir et blanc, Jacques Henri Lartigue se révèle aussi un artiste de la couleur, et la perception que nous avions de son travail en est bouleversée et enrichie. Pour lui, la vie et la couleur sont indissociables. Les autochromes de sa jeunesse (1912-1927) puis le procédé Ektachrome qu'il adopte à partir des années 50 jusqu'à sa mort en 1986 lui permettent de traduire la joie passionnée qui l'habite et restent, selon ses mots, ce qui est « le mieux capable d'exprimer le charme et la poésie ». Dans les photographies de cette dernière période de sa vie, la couleur apparaît comme la partie enchantée d'une ouvre de plus en plus libre. Une magnifique occasion de découvrir un pan inédit de l'ouvre de Lartigue

  • « J'ai annoncé [...] que vous étiez en train de faire revivre Buffon, et l'on se fait une joie de voir le livre », écrivait le marchand et éditeur d'art Ambroise Vollard à Picasso en 1936, à propos des gravures qu'il lui avait commandées afin d'accompagner une anthologie de l'Histoire naturelle. Mais, à l'exception d'une suite de onze planches, rien ne parut avant la mort accidentelle de Vollard. Ce n'est qu'en 1942 que Martin Fabiani, son successeur, publia le livre avec ses trente-et-une gravures. Adoptant la technique de l'aquatinte au sucre, Picasso accomplissait là son rêve d'une gravure aussi vive et libre que le pinceau du peintre, ce qui constitue un moment-clé de son ouvre graphique.
    L'histoire ne s'arrête pas là : après avoir offert un exemplaire à sa maîtresse Dora Maar le 17 janvier 1943, l'artiste le reprit le 24 janvier à la suite d'une dispute et, en l'espace d'un après-midi, avec une incroyable rapidité, il rehaussa le volume de quarante-quatre dessins à la plume et au lavis d'encre, dont trente-cinq à pleine page. Ces dessins composent une galerie de portraits faite de têtes d'animaux mais aussi d'hommes barbus et de visages de femmes, autant de métamorphoses possibles du peintre et de son modèle. Le portrait en frontispice d'une Dora chimérique, à la fois la créature si charmante qu'il avait dessinée sous les traits d'une « femme oiseau » au début de leur liaison, et la harpie armée des « superbes griffes » de la jalousie, prête à affronter Picasso le Minotaure, illustre bien l'évolution orageuse des rapports entre le peintre et sa compagne.
    C'est la réédition en fac-simile de cet exemplaire unique, conservé à la Réserve des Livres rares de la Bibliothèque nationale de France que nous proposons ici.
    Un bestiaire à la fois fascinant et cruel, parfois énigmatique, qui écrit, en creux, la fin d'un amour.

    Ce fac-simile est assorti d'une étude illustrée rédigée par Antoine Coron, directeur honoraire de la Réserve des livres rares, qui nous aide à mieux comprendre la place de cet ouvrage dans l'ouvre graphique de Picasso et dans l'histoire de la bibliophilie.

  • * Publication originale en deux volumes : Seuil, 1994 et 1997.Comment une
    oeuvre d'art le devient-elle ? Qu'est-ce qui conduit le spectateur à la
    considérer comme telle ? Deux questions parmi beaucoup d'autres qui guident la
    réflexion de l'esthétique depuis longtemps. Avec L'oeuvre de l'art, Gérard
    Genette a renouvelé profondement ce domaine et livré une analyse magistrale,
    nourrie par un dialogue avec les thèses de Nelson Goodman et d'Arthur Danto,
    qui reste inégalée en langue française. * Gérard Genette est notamment l'auteur
    de Figures I, II, III, IV, V, et plus récemment de Bardadrac et Codicille. Tous
    ses livres sont parus au Seuil.

  • Alix Cléo Roubaud (1952-1983) était photographe et écrivain. Sa vie est renseignée par des lettres, carnets et photographies.
    Jacques Roubaud, son époux-poète, a consacré une partie de son oeuvre au souvenir de sa femme, influencé par sa pensée radicale de l'image.
    Les trente ans de silence qui ont suivi sa brusque disparition semblent aujourd'hui terminés : ses photographies sont entrées dans de grands musées (notamment : Beaubourg, la Maison européenne de la photographie, la BnF, la Bibliothèque municipale de Lyon, le musée des Beaux-Arts de Montréal) et des fragments de son journal intime, publié au Seuil en 1984 ("Fiction & Cie") ont été réédités en 2009.
    Si son oeuvre plastique est en voie d'être redécouverte, un pan entier de son travail demeure oublié ; il constitue le coeur de ce volume.
    Ce livre se fonde sur plus de six cents photographies inédites dont une soixantaine sont publiées ici, des centaines de lettres et d'écrits inédits. Dans ce livre, Hélène Giannecchini approche la vie intime d'Alix, la force de sa conception de la photographie, les errances et la maladie.
    Malgré l'importance de ses archives, la mémoire qui nous est parvenue reste entrecoupée de silences et d'ellipses ; c'est aussi dans ces espaces qu'Hélène Giannecchini a inscrit ce livre pour restituer la vie d'une jeune femme à l'existence d'une intensité exceptionnelle.

  • Les pelerinages

    Collectif

    • Seuil
    • 1 Juin 1960

    Le Pèlerinage est une forme de voyage, tout à la fois intérieur et dans l'espace, individuel et collectif, qui met l'homme au contact du sacré.
    Cet ouvrage rend compte de cette pratique, partagée par des millions de personnes dans le monde, quelle que soit leur religion. On y découvrira les conceptions, les usages, les parcours importants, les symboles, les divinités protectrices et les principaux lieux de pèlerinage.

  • En 1971, Michel Foucault prononce une importance conférence, La peinture de Manet, sous la forme d'un commentaire de 13 tableaux. Cette conférence est à la fois très célèbre et fort peu connue. Rappelons-en ici simplement la conclusion :
    « Manet n'a certainement pas inventé la peinture non représentative, puisque tout chez Manet est représentatif, mais il a fait jouer dans la représentation les éléments matériels fondamentaux de la toile. Il était donc en train d'inventer si vous voulez le tableau-objet, la peinture-objet, et c'était là sans doute la condition fondamentale pour que finalement, un jour, on se débarrasse de la représentation elle-même et on laisse jouer l'espace avec ses propriétés pures et simples, ses propriétés matérielles elles-mêmes. » Par ailleurs, en 2001, Maryvonne Saison a réuni des spécialistes de Foucault et de l'histoire de l'art pour évoquer le texte du philosophe et le reconsidérer à la lumière des travaux effectués sur Manet depuis 1971.
    Notre volume comporte à la fois la conférence de Foucault et les textes de certains des participants à la conférence de 2001.
    Un commentaire magistral et très vivant des oeuvres majeures de Manet.
    Nous publierons à l'automne (dans la même collection) un autre petit volume intitulé Les Conférences de Tunis du même Michel Foucault (une sur le structuralisme et l'autre sur la folie).

  • Dans son livre, qui nous éclaire sur l'acte de naissance de l'esthétique occidental, Jean-Christophe Bailly tente de penser l'unité et la cohérence des diverses opérations qui, dans le monde grec ancien, ont bouleversé la relation des hommes à leur espace. Le livre montre non seulement qu'entre les actes de représentation (sculpture, peinture, danse, théâtre) et l'espace même qui organise la cité il y a interdépendance, mais que c'est un seul et même dispositif qui se met en place. La distance, qui fonde la possibilité même de l'image, est la clé qui ouvre ce dispositif. C'est donc à l'idée d'une politique de la mimésis que cet essai introduit, au croisement de la réflexion philosophique et de l'histoire de l'art.

  • A mi-chemin entre l'hommage et la satire, à la fois proche et lointain de « l'homme Léonard » de Freud, Hubert Damisch oublie « l'homme Piero » pour analyser une oeuvre d'art construire comme un souvenir d'enfance qui met en scène la plus vieille question de l'humanité : d'où venons-nous ? Et, d'abord, d'où viennent les enfants ? De la légende d'oedipe au mystère chrétien de l'Incarnation, d'innombrables mythes racontent l'énigme de la conception et de la naissance comme un récit des origines de la mémoire humaine.

    Pour dire Un souvenir d'enfance par (et non de) Piero della Francesca, Hubert Damish envisage une fresque au motif singulier : la Vierge, vêtue d'une longue robe bleue déboutonnée sur le devant et les côtés, a la main gauche posée sur la hanche ; des doigts de la main droite, elle effleure la longue fente qui s'ouvre sur un ventre bombé.

    Ce geste sans exemple est celui de la Madonna del parto de Monterchi, non loin de Borgo San Sepolcro où Piero naît en 1406.

    L'auteur nous invite à le suivre dans le silence de cette chapelle toscane.

    A la compréhension historique de la « Vierge de l'enfantement » dans l'oeuvre d'un Piero à la fois peintre et mathématicien, alliant l'intuition au concept, Hubert Damisch joint une dimension anthropologique. Par-delà la fiction sacrée du mystère chrétien, l'image de cette vierge entrevue n'a rien perdu de ses pouvoirs : elle renoue avec la mémoire archaïque de la « toujours jeune humanité ».

  • Dans cet ouvrage remarquable, les idées, les anecdotes, les passions et l'humour de Hockney élaborent son point de vue sur les problématiques et les paradoxes de la représentation d'un monde en trois dimensions sur une surface plane. Hockney suggère que « dessiner apprend à regarder [et que] plus on dessine, mieux on y voit ». Quels sont les liens qui unissent les images que nous fabriquons à la réalité qui nous entoure ? Comment l'évolution des technologies a-t-elle affecté la manière dont les artistes représentent le monde ? Et comment apprécier à sa juste valeur le plaisir simple de contempler des arbres, des visages ou des couchers de soleil ?
    Nos deux interlocuteurs ponctuent leur conversation d'observations éclairantes sur nombre d'autres artistes comme Van Gogh ou Vermeer, le Caravage, Monet ou Picasso, et formulent des remarques lumineuses sur le contraste frappant entre les paysages de la Californie, où Hockney a passé tant d'années, et du Yorkshire, la région de son enfance où il vit à nouveau aujourd'hui.
    Quelques-uns des artistes qu'il a rencontrés en chemin, notamment Henri Cartier-Bresson et Billy Wilder, font des apparitions intéressantes au détour du dialogue.
    Autoportrait unique et fascinant de l'un des artistes britanniques les plus célèbres et les plus influents de son temps, Conversations avec David Hockney deviendra sans nul doute un ouvrage de référence sur la nature de la création.

  • Sur les trente-huit carnets de dessins laissés par Degas, vingt-neuf ont été légués en 1920 au département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France par son frère, René de Gas. Fourmillant de dessins et d'observations diverses, ces carnets, simples cahiers d'étudiant ou carnets de poche, nous permettent de comprendre quels sont les artistes qui l'ont influencé et de suivre les projets d'un artiste en perpétuelle ébullition.
    Ingres donne un jour ce conseil à Degas qui n'a alors que vingt ans et lui exprime son désir de devenir peintre : " Faites des lignes, jeune homme, faites des lignes ; soit de souvenir, soit d'après nature, et vous serez un bon artiste. " Leçon décisive. Jamais Degas n'aura oublié ce commandement et jamais il n'aura cessé de dessiner. Des dizaines d'années plus tard, il se désole encore : " Ah ! la couleur on se tire toujours d'affaire, mais la ligne, comme c'est difficile, toujours. " Feuilleter ces Carnets de Degas, quand bien même ils ne sont pas datés, c'est, de page en page, voir les signes de ce qu'aura été pendant des années sa quête, de ce qu'aura été son inquiète exigence quand, dans un musée, il aura " affronté " le chef-d'oeuvre d'un maître, comme lorsque, tout à coup dans la rue, il aura voulu surprendre une attitude, une expression. De la note au croquis, de la première idée à l'ébauche, ce sont toutes les "variations" du dessin qui sont mises en évidence dans cet ouvrage.

  • Félix Vallotton, né à Lausanne en 1865 et mort à Paris en 1925, qui figure parmi les pionniers de la peinture du XXème siècle, a produit une oeuvre si singulière qu'il reste encore aujourd'hui difficile à classer. Il résista à la forte influence de l'impressionnisme de son temps et restera toujours parmis les nabis, dont ses amis Bonnard et Vuillard, celui que l'on surnommait le "nabi étranger". Il ne se sentait d'ailleurs lui-même ni d'ici ni de là et c'est sans doute pourquoi il aima tant voyager.

    Cet ouvrage met l'accent sur une période importante de l'oeuvre de Vallotton, de 1895 à 1925, et plus particulièrement sur les paysages qu'il a composés au fil de ses voyages ou de séjours prolongés dans certains lieux qu'il affectionnait. Étudier les paysages de Vallotton, c'est à la fois mieux comprendre sa technique basée sur des croquis saisis sur le motif, ou, débuts de la photographie oblige, à partir de ses propres clichés ou bien de cartes postales. Mais c'est aussi, au fil des années, étudier son évolution créatrice allant de plus en plus vers l'abandon des détails superflus pour atteindre une certaine forme d'abstraction avant l'heure. C'est, enfin, mieux connaître l'homme, les lieux et les rencontres qui ont fait sa vie.

    Né en 1953, Bruno Delarue, a suivi des études d'histoire de l'art à l'Université Paris I-Sorbonne avant de devenir antiquaire d'art et galeriste à Etretat, puis à Paris, en art moderne et contemporain. En 2006, il fonde les Éditions Terre en Vue, pour lesquelles il est à la fois éditeur et auteur, et où il publie des ouvrages sur la peinture, en rapport avec la mer et la Normandie.
    Membre fondateur du Salon d'art contemporain Art Paris, il participe aujourd'hui encore activement à de nombreux commissariats d'expositions et conférences sur la peinture en Normandie.

  • La Renaissance italienne, du début du XVe à la fin du XVIe siècle, est l'une des époques les plus exaltantes de l'histoire du monde. Le domaine de l'art en témoigne merveilleusement : des ors du gothique tardif à la découverte de la perspective, de la science géométrique au faste des cours, de la compétition entre les grands maîtres à la diffusion de l'art sur l'ensemble du territoire, jusqu'aux raffinements du maniérisme et à la peinture sacrée. Ce livre spectaculaire présente certains des plus grands chefs-d'oeuvre de la Renaissance italienne en suivant un ordre chronologique, mais avec un choix éditorial particulier : familiariser l'oeil du lecteur avec les oeuvres, à travers des reproductions d'un format totalement inédit, pour "entrer presque physiquement" en contact avec les peintures, se placer aux côtés des artistes dans une position privilégiée et rapprochée. À travers une sélection d'oeuvres célèbres et de chefs-d'oeuvre "cachés", le lecteur pourra s'immerger dans le raffinement des techniques et des matériaux des maîtres du gothique tardif, comme Gentile da Fabriano et Pisanello ; comprendre la rigueur intellectuelle de Piero della Francesca ; suivre la beauté de la touche picturale de Giorgione et de Léonard de Vinci, comparée à la ligne graphique fluide de Raphaël ou à l'empâtement chromatique ardent de Titien ; partager le frisson de la forme complexe et pourtant impeccable chez les maîtres du maniérisme, comme Pontormo et Bronzino ; arriver jusqu'à la fin de la Renaissance en compagnie de Jacopo Bassano et du Tintoret.

  • - L'histoire de l'Égypte, ses dieux, ses mythes et ses symboles constituèrent pour les peintres du XIXe siècle une source inépuisable d'inspiration. En effet, si depuis l'expédition organisée par Bonaparte, l'Égypte antique n'a cessé de faire l'objet, en France, d'une véritable passion, c'est au XIXe siècle qu'est réellement née l'égyptomanie, portée par toute une génération d'artistes qualifiés de pompiers. Ceux-ci se sont emparés de la plus riche et de la plus mystérieuse des civilisations de l'Antiquité pour la représenter sur des toiles souvent monumentales, interprétant très librement la réalité historique.Après L'Antiquité éternelle, Dimitri Casali et Caroline Caron-Lanfranc de Panthou analysent pour nous ces tableaux d'un point de vue historique et artistique, et déroulent ainsi le fil d'une histoire éternelle.

    /> - Dimitri Casali est historien, directeur de collection et musicien. Il a écrit plus d'une trentaine d'ouvrages pour le grand public. Spécialiste de Napoléon, il est notamment l'auteur de Napoléon par les peintres (Le Seuil) et d'un Napoléon Bonaparte (Larousse). Il collabore régulièrement avec la presse écrite, la télévision et divers festivals européens.Ancienne élève de l'École du Louvre et de l'université de Paris IV, Panthéon-Sorbonne, Caroline Caron-Lanfranc de Panthou est spécialisée dans l'étude des dessins de la Renaissance italienne. Elle a contribué à la réalisation de plusieurs expositions, au musée du Louvre et au musée Condé de Chantilly.Tous deux ont publié au Seuil en 2010 L'Antiquité éternelle.

  • L'histoire de la construction du Palais des Doges est fortement liée à celle de la ville de Venise, se développant au gré de ses victoires et de ses défaites. L'association entre le Palais et la basilique Saint-Marc, qui est en quelque sorte une « chapelle » du Palais, montre la volonté de Venise d'associer étroitement l'administration politique de la cité à son mythe constitutif, élaboré au IXe siècle, qui avait fait de l'évangéliste Marc le saint patron de Venise. Ce choix est révélateur d'une volonté de prééminence, puisque saint Marc est le secrétaire de saint Pierre, qui est lui-même le « prince » des apôtres et le saint patron de Rome : c'est donc bien avec la ville des papes que Venise entend rivaliser.

    Le Palais des Doges a connu au cours des siècles de nombreuses phases de construction et de reconstruction, mais c'est à partir de 1342 qu'il commence à prendre la forme que nous admirons encore aujourd'hui.
    Au cours des agrandissements successifs, divers artistes de renom, parmi lesquels Giovanni et Gentile Bellini, Carpaccio, Titien, Tintoret, Véronèse, Sansovino et Tiepolo, travaillent à son ornementation, proclamant la richesse, la force et la moralité de la Sérénissime ainsi que son droit à la suprématie.

    Cet ouvrage, illustré de photographies inédites, nous permet d'en admirer la magnificence.

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