Sciences humaines & sociales

  • «L'existentialisme n'est pas autre chose qu'un effort pour tirer toutes les conséquences d'une position athée cohérente. Elle ne cherche pas du tout à plonger l'homme dans le désespoir. Mais si l'on appelle, comme les chrétiens, désespoir toute attitude d'incroyance, elle part du désespoir originel. L'existentialisme n'est pas tellement un athéisme au sens où il s'épuiserait à démontrer que Dieu n'existe pas. Il déclare plutôt : même si Dieu existait, ça ne changerait rien ; voilà notre point de vue. Non pas que nous croyions que Dieu existe, mais nous pensons que le problème n'est pas celui de son existence ; il faut que l'homme se retrouve lui-même et se persuade que rien ne peut le sauver de lui-même, fût-ce une preuve valable de l'existence de Dieu. En ce sens, l'existentialisme est un optimisme, une doctrine d'action.»

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  • L'intellectuel ne peut plus aujourd'hui s'arrêter au stade de la conscience malheureuse - idéalisme, inefficacité - mais doit s'attaquer à son problème : nier le moment intellectuel pour tenter de trouver un nouveau statut populaire. Jean-Paul Sartre pose trois questions essentielles lors de conférences prononcées au Japon en 1965, qui valent toujours : qu'est-ce qu'un intellectuel ? quelle est sa fonction ? l'écrivain est-il un intellectuel ?

  • L'être et le néant est un des textes majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle. Jean-Paul Sartre (1905-1980) y pose les fondations de l'existentialisme : si Dieu n'existe pas, l'homme ne trouve ni en lui, ni hors de lui, des excuses ou des valeurs auxquelles s'accrocher; dès lors que l'existence précède l'essence, nul ne peut se réfugier derrière une nature humaine donné et figée. Où qu'il regarde, l'homme est seul, sans excuses, condamné à être libre.
    «L'être ne saurait engendrer que l'être et, si l'homme est englobé dans ce processus de génération, il ne sortira de lui que de l'être. S'il doit pouvoir interroger sur ce processus, c'est-à-dire le mettre en question, il faut qu'il puisse le tenir sous sa vue comme un ensemble, c'est-à-dire se mettre lui-même en dehors de l'être et du même coup affaiblir la structure d'être de l'être. Toutefois il n'est pas donné à la "réalité humaine" d'anéantir, même provisoirement, la masse d'être qui est posée en face d'elle. Ce qu'elle peut modifier, c'est son rapport avec cet être. Pour elle, mettre hors de circuit un existant particulier, c'est se mettre elle-même hors de circuit par rapport à cet existant. En ce cas elle lui échappe, elle est hors d'atteinte, il ne saurait agir sur elle, elle s'est retirée par-delà un néant. Cette possibilité pour la réalité humaine de sécréter un néant qui l'isole, Descartes, après les Stoïciens, lui a donné un nom : c'est la liberté.»

  • « Écriture et lecture sont les deux faces d'un même fait d'histoire et la liberté à laquelle l'écrivain nous convie, ce n'est pas une pure conscience abstraite d'être libre. Elle n'est pas, à proprement parler, elle se conquiert dans une situation historique ; chaque livre propose une libération concrète à partir d'une aliénation particulière... Et puisque les libertés de l'auteur et du lecteur se cherchent et s'affectent à travers un monde, on peut dire aussi bien que c'est le choix fait par l'auteur d'un certain aspect du monde qui décide du lecteur, et réciproquement que c'est en choisissant son lecteur que l'écrivain décide de son sujet. Ainsi tous les ouvrages de l'esprit contiennent en eux-mêmes l'image du lecteur auquel ils sont destinés. »

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  • Dans L'imagination (1936), Sartre avait mené une analyse critique des théories de l'image mentale depuis Descartes.
    L'imaginaire, qu'il écrivit à la suite, tente d'abord ce qu'il appelle une «phénoménologie» de l'image, c'est-à-dire qu'il inventorie et conceptualise tout ce qu'une réflexion directe, voire subjective, peut apprendre de certain sur la conscience imageante ; il écarte donc les théories de ses prédécesseurs tout en se servant, souvent contre eux, de leurs observations concrètes, aussi bien que de sa propre subjectivité. Puis il en vient au probable, à savoir à ses propres hypothèses sur la nature de l'image mentale, ce qui l'amène à se poser des questions qui débordent la psychologie phénoménologique : Cette possibilité qu'a la conscience de se donner un objet absent est-elle contingente ? Quel est son rapport avec la pensée ? avec le symbole ? Que représente l'imaginaire dans la vie de la conscience, dans notre position du réel ? Et enfin quelle est la réalité de l'oeuvre d'art, cet irréel ?

  • Situations t.6

    Jean-Paul Sartre

    De mai 1958 à octobre 1964, Sartre est sur tous les fronts. Depuis le premier volume de Situations, on le sait curieux et perspicace ami des écrivains et des artistes : Albert Camus, Paul Nizan, André Masson, Merleau-Ponty, Andreï Tarkovsky... Le refus du prix Nobel de littérature et la tonalité polémique que Sartre lui donne viennent mettre le point final à ces pages consacrées aux lettres et aux arts. Ce qui, incontestablement, tient la première place, c'est le combat politique. La toile de fond en est le conflit algérien et, de manière plus générale, les conflits du Tiers Monde ; y apparaissent de grotesques figures, d'autres que Sartre juge plus pernicieuses et dangereuses pour la démocratie et la République, d'autres enfin qui sont à ses yeux porteuses d'espérance ou véritablement héroïques. Dans ce combat politique, Sartre fait flèche de tout bois : le polémiste y excelle, le moraliste y cisèle ses aphorismes ; la violence va jusqu'au cri, semble emporter l'écrivain au-delà de toute retenue.
    Mais il est enfin un autre Sartre plus humain, plus fraternel, celui qui part à la recherche de ses amis disparus, qui sont morts prématurément, absurdement, et à qui il faut rendre hommage ou justice : Camus, Nizan et Merleau-Ponty. Ces trois éloges funèbres sont également trois occasions de revenir sur soi, de comparer sa propre vie et celle de ceux qui ont disparu, de voir tout le chemin parcouru, tantôt avec eux tantôt sans eux ou contre eux, de jeter sur qui l'on fut un regard qui n'a nulle complaisance mais qui n'est pas sans tendresse.

  • Un des grands classiques de la philosophie contemporaine, à la fois bref, dense et clair.

    Les années 1930 ont été la grande période de formation du Jean-Paul Sartre philosophe. Il y a expérimenté les outils intellectuels qui seront les siens plus tard et élaboré des concepts qui fonderont sa vision du monde.

    Sous l'influence de Husserl, il poursuit ses recherches philosophiques personnelles, puis décide, en 1937, "de mettre à jour (ses) idées en commençant un grand livre, La Psyché ", ouvrage qui demeurera inachevé mais dont il détachera la partie liminaire, publiée en 1939 sous le titre Esquisse d'une théorie des émotions.

    Ce magistral exposé a formé à la réflexion psychologique des générations d'apprentis-philosophes au lycée ou en faculté. On y trouve l'un des textes introductifs les plus sûrs qui aient été écrits pour faire connaître en France la phénoménologie allemande - et tout particulièrement la pensée de Husserl qui devait profondément rénover les conceptions puis l'enseignement de la philosophie.

    A partir d'une critique des théories psychologiques traditionnelles, Sartre en vient à définir l'émotion non comme un simple mécanisme affectif mais comme un « mode d'existence de la conscience ». Se réclamant ainsi ouvertement de la phénoménologie, Sartre entend restituer l'unité et la cohérence des comportements humains à partir d'un exemple privilégié. Cette perspective rationnelle et globalisante annonce déjà les grands thèmes de la pensée sartrienne.

  • Ce recueil obéit à un double principe : il rassemble les textes proprement philosophiques, répartis dans les divers volumes des situations, de 1939 à 1968, et il fait droit au talent le plus manifeste de sartre : celui d'essayiste qui mêle rhétorique de la persuasion, acuité critique et rigueur polémique.

    Sartre traite de husserl, du langage, de la liberté chez descartes et du matérialisme ; il fait le portrait le plus extraordinaire qu'on ait brossé de merleau-ponty et de l'époque des années 1950 ; bien entendu, sa réflexion revient sans cesse sur la question de la nature et du rôle des " intellectuels " confrontés au déclin du stalinisme comme à la nécessité de prendre position face à la guerre du viêt-nam ou aux événements de mai 1968.

    Ces situations philosophiques dessinent aussi les contours de l'existentialisme sartrien, en indiquent les sources (kierkegaard notamment) et les thèmes dominants : liberté, responsabilité, engagement.

  • Baudelaire

    Jean-Paul Sartre

    L'intervention du philosophe s'avère, ici, distincte autant de celle du critique que de celle du psychologue (médecin ou non-médecin) comme du sociologue.
    Car il ne s'agira pour lui, ni de peser au trébuchet la poésie baudelairienne (portant sur elle un jugement de valeur ou s'appliquant à en offrir une clé), ni d'analyser, comme on ferait d'un phénomène du monde physique, la personne du poète des fleurs du mal. tenter, bien au contraire, de revivre par l'intérieur au lieu de n'en considérer que les dehors (c'est-à-dire : soi-même l'examinant du dehors) ce que fut l'expérience de baudelaire, prototype quasi légendaire du " poète maudit " ...

  • " .
    Entre la conscience et le psychique il établissait une distinction qu'il devait toujours maintenir ; alors que la conscience est une immédiate et évidente présence à soi, le psychique est un ensemble d'objet qui ne se saisissent que par une opération réflexive et qui, comme les objets de la perception, ne se donnent que par profils. ".

  • La méthode marxiste actuelle, affirme sartre dans cet essai écrit en 1957 pour une revue polonaise, " s'identifie à la terreur par son refus inflexible de différencier.
    Son but est l'assimilation totale au prix du moindre effort. il ne s'agit pas de réaliser l'intégration du divers en tant que tel, en lui gardant son autonomie relative, mais de le supprimer ". ainsi, toute analyse marxiste d'une vie d'homme, d'un événement ou d'une période historique n'est plus qu'un jeu de concepts qui ne découvre rien.
    Sans remettre en cause les thèses de marx, notamment sur l'importance des conditions matérielles dans les relations humaines, sartre entend montrer que ces relations, aussi réifiées qu'elles puissent être, ne se laissent pas dissoudre dans l'économique ; il propose, pour repousser la limite marxiste à une compréhension de l'homme concret, de l'histoire concrète, une méthode dialectique, progressive-régressive, dont certaines notions sont issues de l'existentialisme.
    C'est cette méthode qu'il mettra en oeuvre dès l'année suivante dans son grand ouvrage (qu'il appelle ici sa " seconde partie ") critique de la raison dialectique.

  • Au cours des entretiens qu'il eut avec Simone de Beauvoir pendant l'été 1974, Sartre s'est expliqué sur ce que représentaient pour lui ses lettres : «C'était la transcription de la vie immédiate... C'était un travail spontané. Je pensais à part moi qu'on aurait pu les publier, ces lettres... J'avais la petite arrière-pensée qu'on les publierait après ma mort... Mes lettres ont été en somme l'équivalent d'un témoignage sur ma vie.» Ce recueil qui couvre une période allant de 1926 à 1963 rassemble toutes les lettres retrouvées par Simone de Beauvoir, ainsi que quelques autres qui lui ont été léguées ou confiées par leurs destinataires.

  • «Il y a une crise de l'essai. L'élégance et la clarté semblent exiger que nous usions en cette sorte d'ouvrages, d'une langue plus morte que le latin : celle de Voltaire. Mais si nous tentons vraiment d'exprimer nos pensées d'aujourd'hui par le moyen d'un langage d'hier, que de métaphores, que de circonlocutions, que d'images imprécises : on se croirait revenu au temps de Delille. Certains comme Alain, comme Paulhan, tenteront d'économiser les mots et le temps, de resserrer, au moyen d'ellipses nombreuses, le développement abondant et fleuri qui est le propre de cette langue. Mais alors, que d'obscurité. Tout est recouvert d'un vernis agaçant, dont le miroitement cache les idées. Le roman contemporain... a trouvé son style. Reste à trouver celui de l'essai. Et je dirai aussi celui de la critique ; car je n'ignore pas, en écrivant ces lignes, que j'utilise un instrument périmé que la tradition universitaire a conservé jusqu'à nous.»

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  • Sartre a toujours souhaité que les textes philosophiques de sa maturité ne soient publiés qu'après sa mort. C'est en 1947 et en 1948 que ces Cahiers pour un emorale ont été écrits. Dans la conclusion de L'Être et le Néant (1943), Sartre annonçait qu'il consacrerait un prochain ouvrage au problème moral. Les textes ici réunis sont ce qui reste de ce projet. Sartre les a intitulés lui-même «Notes pour la Morale, tome I et tome II». Ils se complètent de deux appendices. Le premier est un texte de 1945, intitulé «Bien et subjectivité», qui se présente comme un début de journal. Le second est une étude sur l'oppression des Noirs aux États-Unis.

  • «L'engagement de Sartre dans la vie politique se fait de plus en plus précis, plus hasardeux aussi ; il tente en 1952 un compagnonnage de route avec un parti communiste français travaillé en fait par le stalinisme. Son intention : contribuer à faire advenir un progrès décisif en faveur du monde ouvrier. Sa position pro-révolutionnaire à contretemps lui vaut la perte d'un ami, Albert Camus, qui lui était plus cher que leur différend politique ne le lui laissait penser à l'époque...» Arlette Elkaïm-Sartre.

  • " je cherche donc la morale d'aujourd'hui.
    J'essaye d'élucider le choix qu'un homme peut faire de soi-même et du monde en 1948. " dans cette recherche, sartre devait rencontrer le problème de la vérité sous un jour particulier. il l'avait déjà abordé dans ses cahiers pour une morale (1947-1948) ; quelques mois plus tard il recevait. de l'essence de la vérité, traduction d'une conférence de martin heidegger, récemment parue. il est possible que le lecteur de l'opuscule, auquel il fait allusion, l'ait incité à préciser sa propre conception de la vérité et qu'il ait eu, un moment, l'intention de publier vérité et existence.
    C'est en tout cas, parmi les écrits posthumes de sa maturité, le seul, à notre connaissance, qui se présente comme un texte complet. pour l'auteur de l'etre et le néant, il s'agit d'évaluer le rôle de l'idée de vérité dans l'intersubjectivité des existants - comme l'indique le titre, qui est sien.
    " tout m'est donné au départ sous forme indifférenciée, comme corrélation de mon projet indifférencié d'exister, et j'ai la compréhension originelle que je choisirai l'éclairement de certaines plages intramondaines en me choisissant moi-même.
    Ainsi, dire que j'ignore originellement, c'est dire que la vérité est ma possibilité, qu'elle m'attend et que je suis l'être par qui la vérité viendra de l'intérieur au monde. ".

  • Sartre présentait ainsi lui-même cette Critique de la Raison dialectique : «Y a-t-il une Vérité de l'homme ? Personne ? pas même les empiristes ? n'a jamais nommé Raison la simple ordonnance ? quelle qu'elle soit ? de nos pensées. Il faut, pour un "rationaliste", que cette ordonnance reproduise ou constitue l'ordre de l'Être. Ainsi la Raison est un certain rapport de la connaissance et de l'Être. De ce point de vue, si le rapport de la totalisation historique et de la Vérité totalisante doit pouvoir exister et si ce rapport est un double mouvement dans la connaissance et dans l'Être, il sera légitime d'appeler cette relation mouvante une Raison ; le but de ma recherche sera donc d'établir si la Raison positiviste des sciences naturelles est bien celle que nous retrouvons dans le développement de l'anthropologie ou si la connaissance et la compréhension de l'homme par l'homme impliquent non seulement des méthodes spécifiques mais une Raison nouvelle, c'est-à-dire une relation nouvelle entre la pensée et son objet. En d'autres mots, y a-t-il une Raison dialectique?»

  • La Transcendance de l'ego signe à la fois l'entrée de Sartre en phénoménologie et la première mise en cause de l'idée de sujet au sein des philosophies du Cogito.
    Inspiré par une lecture critique de Husserl, son article sur l'intentionnalité prépare la redéfinition sartrienne du moi, du monde et de la conscience. Le troisième texte de ce volume, une conférence devenue introuvable, approfondit la visée anti-humaniste de cette théorie inédite du Cogito, qui jette la conscience dans le monde sans jamais les réconcilier. La présentation de ces trois textes apporte à la pensée de Sartre un éclairage inédit et pertinent.

  • «Que peut-on savoir d'un homme aujourd'hui?» Par l'incessant mouvement de la méthode «progressive-régressive», des écrits à l'homme et de l'homme à l'histoire, L'Idiot de la famille traque Flaubert pour reconstituer en totalité compréhensible tout ce qu'on sait de lui. Loin de le réduire à l'état de pur objet d'étude, Sartre, sans indulgence mais presque amical, tourne autour de son sujet jusqu'au vertige, jusqu'au point de compréhension extrême où le biographe, comme étourdi par son propre manège, est bien près de se livrer lui-même. Et néanmoins c'est la subjectivité vivante de Gustave Flaubert que l'on sent restituée, le goût singulier de sa névrose.

  • La collection « Connaître une oeuvre » vous offre la possibilité de tout savoir de L'Être et le Néant de Jean-Paul Sartre grâce à une fiche de lecture aussi complète que détaillée.

    La rédaction, claire et accessible, a été confiée à un spécialiste universitaire.

    Cette fiche de lecture répond à une charte qualité mise en place par une équipe d'enseignants.

    Ce livre contient la biographie de Jean-Paul Sartre, la présentation de L'Être et le Néant, le résumé détaillé, les raisons du succès, les thèmes principaux et l'étude du courant philosophique de l'auteur.

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