• Fulgencio Batista, celui que l'imaginaire collectif pétri par la propagande castriste considère comme un dictateur sanglant, à la solde des États-Unis et complice de la mafia, fut un personnage bien plus complexe que cela. Métis aux origines misérables, sergent révolutionnaire, président démocratiquement élu, écrivain autodidacte, homme d'État et putschiste autocrate, «El Hombre» accumulait les paradoxes.

    Dans une île de Cuba tourmentée par les affrontements politiques et la guérilla, son pouvoir s'effondra dans la nuit du Nouvel An 1959, faisant place nette à Fidel Castro et à son régime liberticide, dont les héritiers n'en finissent plus de reproduire le schéma totalitaire soixante ans plus tard.

    Les origines de cette tragédie permanente qu'est la révolution cubaine - n'en déplaise à ses nombreux thuriféraires - se trouvent dans ces «années Batista». Pour les connaître et les comprendre il est nécessaire d'en établir la contre-histoire.

    L'ouvrage présente le témoignage exceptionnel et inédit de Roberto «Bobby» Batista (un des fils de Fulgencio), et est accompagné d'un cahier photos et d'une ample chronologie qui retrace l'histoire de Cuba.

  • Dans les années 1930, les membres de la famille Machover quittent la Pologne pour une France plus accueillante. Pendant l'Occupation, pour un bon nombre d'eux, leur destin sera la rafle, la déportation et la mort dans les camps d'extermination allemands. Parmi eux, l'étudiant en médecine David, l'oncle maternel de l'auteur. Alors qu'il se cachait dans la Creuse, il est arrêté par les gendarmes français avant d'être envoyé à Drancy puis déporté à Majdanek.


    Son destin hantera la mémoire d'une famille qui choisira un nouvel exil dans l'île de Cuba. Mais le sort s'acharne, et la folie de la révolution castriste pousse les Machover à fuir une fois encore.

    C'est dans la France des années de Gaulle, de Mai 68 et de ses agitations politico-sociétales que l'auteur devra faire face à son destin de perpétuel exilé, d'enfant de la Shoah et de la révolution, dans une recherche de soi qui le conduira à vivre en marge, entre désir de liberté et errance érotique, dans l'Espagne postfranquiste et, fatalement, de nouveau à Cuba.

  • De Fidel à Raúl, la gérontocratie reste au pouvoir à Cuba. Gravement malade, le « Commandant en chef » a transmis le témoin à son frère en 2006.
    Connaisseur de longue date des arcanes du régime cubain, Jacobo Machover passe au scanner l'histoire de cette « transition ». La réforme économique traîne et devrait davantage faire le bonheur des militaires qui sont derrière Raúl que du petit peuple cubain. Un quart de siècle après Gorbatchev, les Castro n'ont qu'une idée : maintenir leur pouvoir, en lâchant le minimum de lest. En détaillant la tyrannie des frères ennemis, Machover montre que depuis 1959, derrière la figure de Fidel qui occupait les tribunes nationales et internationales, derrière la légende largement mythifiée de Che Guevara, Raúl Modesto Castro, a mis en place dans l'ombre, un dispositif totalitaire, au service des intérêts soviétiques tout d'abord, puis de la seule gloire d'un duo infernal, son frère et lui.

  • 10 ans après le succès de son premier ouvrage, Machover nous livre de nouvelles preuves et complète son analys

  • Fidel Castro est politiquement mort depuis 2006, lorsqu'il a transmis le pouvoir à son demi-frère Raúl, suite à une grave maladie. Plus de discours-fleuve, plus d'omniprésence médiatique. Mais sa figure a continué à hanter les Cubains et, au-delà, les observateurs internationaux, comme si, dans l'ombre, il dirigeait toujours la révolution. Jusqu'à cette nuit du 25 au 26 novembre 2016, au cours de laquelle Raúl Castro a annoncé officiellement son décès à la télévision. Dès lors, son bilan et l'inventaire de son héritage peuvent commencer à être dressés, pour certains avec une pointe de nostalgie, pour les autres (les Cubains exilés) sans complaisance.

    C'est plus d'un demi-siècle de pouvoir absolu qu'ont exercé les frères Castro, depuis qu'ils ont mis fin à la dictature de Batista pour instaurer une tyrannie dynastique bien plus longue et cruelle, qui a définitivement déchiré la nation et les familles cubaines. Loin du mythe créé partout dans le monde d'une révolution « humaniste », la réalité de Cuba, ce sont des milliers d'exécutions, des dizaines de milliers d'emprisonnements arbitraires, des millions d'exilés, une population réduite à la terreur et à la misère.

    Le but de ce livre est de dresser un tableau sans concessions de l'idéologie et de la pratique castristes depuis leurs origines et de tracer des perspectives pour l'avenir. Les Cubains peuvent-ils aujourd'hui espérer que le futur sans les frères Castro leur apportera enfin la liberté ?

  • Dans les premiers jours de 1959, Fidel Castro a établi à Cuba un pouvoir sans partage, après avoir triomphé de la dictature militaire du général Batista. Commence alors une période trouble pendant laquelle le nouveau régime se rapproche de l'URSS, tandis que, dans la grande puissance tutélaire toute proche, se déroule une âpre bataille électorale au cours de laquelle Kennedy affronte Nixon. Un an plus tard, les jeux sont faits : le pouvoir cubain s'est durci, les intérêts économiques américains sont directement menacés dans l'île, les opposants au régime affluent à Miami, et le président nouvellement élu, instrumentalisé par le Pentagone et la CIA, donne son aval à une opération qui se solde par le débarquement désastreux de la baie des cochons. Durant cinq jours d'un combat sans pitié et sans gloire, les Américains ont laissé des combattants qu'ils avaient recrutés et entraînés se faire anéantir par les forces castristes. En cette soirée du 19 avril 1961, alors que les troupes de La Havane déferlent sur les plages tenues par les 150 hommes de la Brigade 2506, Kennedy, soucieux avant tout de donner le change, danse avec Jacky au bal de la Maison Blanche. La face du monde a changé, l'équilibre des forces est désormais favorable au bloc de l'est.
    Jacobo Machover est originaire de Cuba, installé à Paris depuis 1963, enseignant à Paris XII et maître de conférences à l'université d'Avignon.
    Il a notamment publié Les Compagnons de la barbarie, Armand Colin 2010, La face cachée du Che, Buchet Chastel 2007, Cuba, totalitarisme tropical, Buchet Chastel 2004.

  • Le régime castriste a cinquante ans. Fidel n'est plus au pouvoir, mais son frère Raoul a pris la suite. Pendant un demi-siècle, les exécutions, les arrestations arbitraires, les procès iniques, les bannissements se sont déroulés dans une large indifférence de la communauté internationale, et presque sur un air de fête : le Lider Maximo défiait les États-Unis et cela justifiait pour beaucoup que l'on ferme les yeux sur ses méthodes.
    « À Cuba, tout citoyen est un opposant potentiel. Un fugitif en puissance » écrit Jacobo Machover, né à Cuba et lui-même exilé, qui a recueilli les témoignages des résistants cubains, des victimes et de leurs familles. Il restitue ici leurs paroles.
    Balseros (ceux qui fuyaient vers la mer), anciens compagnons de la révolution, intellectuels insoumis, poètes rebelles, plantados (prisonniers politiques ayant refusé la rééducation par le travail), femmes dissidentes. racontent Cuba vu des geôles de Castro. Ils disent l'envers du décor du pays de la salsa.
    Au fil des pages, on découvre l'incroyable force intérieure des opposants cubains, leur courage et leur obstination.
    Entendre en France. Le témoignage du naufrage d'une aventure politique qui promettait le bonheur après la chute du dictateur Batista.
    La mémoire vive de l'une des dernières dictatures communistes. Des voix qu'on a rarement voulu

  • Depuis sa prise du pouvoir en 1959, fidel castro règne en maître à cuba.
    Le lider maximo a résisté à toutes les offensives, toutes les tentatives de déstabilisation et tous les bouleversements de l'histoire, y compris l'effondrement de son principal soutien, le régime soviétique. expert en art de transformer ses déconvenues en victoires, il a su recouvrir l'extrême violence de son pouvoir du voile du romantisme révolutionnaire. ainsi l'implacable ernesto guevara est-il drapé dans la légende libertaire du che, ainsi la douleur de l'exil, la brutalité de la répression, l'abîme de la pauvreté s'effacent-ils au son nostalgique de la salsa.
    Au moment oú l'après-castro se prépare, jacobo machover écrit dans ce livre l'histoire du castrisme du point de vue de ses victimes.

  • Le voyage de François Hollande à La Havane, et sa jubilation à parader avec Fidel Castro, rappelle la fascination de la gauche française pour la « belle révolution ». Le président a préféré oublier la tribune qu'il avait signée en 2003, dans laquelle il défi nissait le régime castriste comme un « pouvoir personnel, voire familial, refus d'élections libres, censure, répression policière, enfermement des dissidents, camps de travail, peine de mort, bref, l'arsenal complet d'une dictature ». Le passage du pouvoir de Fidel à Raúl Castro, à partir de 2006, est venu en effet parfaire la tyrannie dynastique.
    Bien avant Hollande, nombreux sont ceux qui ont chanté le Líder Máximo. Déçus par le communisme à la soviétique, ils trouvent à Cuba une révolution à leur mesure : fraternelle, sensuelle et joyeuse. Peu importe si la réalité n'a rien à voir avec cette image, car dès la prise du pouvoir, le nouveau régime fusille à tour de bras, les prisons se remplissent d'opposants, sans que le processus démocratique annoncé ne voie le jour. Mais les thuriféraires du régime, « les idiots utiles », cinéastes, acteurs, mais aussi musiciens, sportifs, animateurs télé et toutes sortes de célébrités avaliseront les fables mises en avant : de Gérard Philipe à Jean-Paul Sartre, de Jack Lang à Jean-Luc Mélenchon, de Diego Maradona à Laurent Ruquier, et tant d'autres.
    Rares sont ceux qui, aux charmes tropicaux ont préféré la vérité, qui ont dénoncé les emprisonnements, les jugements iniques, la chasse aux homosexuels, la censure, le rationnement, la misère, qui ont aidé les exilés, qui ont alerté sur les milliers de fugitifs, les balseros, noyés ou mitraillés par les garde-côtes.
    Voici qu'aujourd'hui Barack Obama parle de lever l'embargo américain, sans avoir obtenu, en échange, le moindre gain démocratique. La normalisation des relations diplomatiques a eu pour premier effet le retour du glamour et des top models. Le but visé ne serait-il pas de faire de Cuba une destination touristique privilégiée, un paradis sexuel, en somme ?

  • La révolution cubaine, depuis ses débuts, a montré au monde entier son véritable visage, sans rien en cacher, ou si peu. Exécutions quotidiennes, condamnations à des peines insensées, censure illimitée... Elle a pourtant signifi é un mirage pour ceux qui la regardaient de près et continuent de le faire. Intellectuels français et étrangers, cinéastes, dirigeants politiques (Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gabriel García Márquez, Oliver Stone, Danielle Mitterrand, Jack Lang, Ignacio Ramonet...) n'ont vu en elle que ce qu'ils voulaient voir. Dans cet essai majeur, l'auteur reconstruit la vérité historique. Il décrit, preuves à l'appui, les erreurs de ces individus, souvent populaires et respectés. Devenus compagnons d'une barbarie sans nom, ils ont refusé de critiquer l'horreur qui se cachait derrière les images des dirigeants révolutionnaires, métamorphosés en héros romantiques (Fidel Castro, Raúl Castro, Che Guevara). La « fête cubaine » a empêché ces visiteurs distingués d'entendre les salves des pelotons d'exécution.

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