Sciences humaines & sociales

  • Dans ce livre, l'auteur s'intéresse à la façon dont l'imagination travaille l'activité cartographique non seulement à ses débuts mais aujourd'hui encore où, grâce à des instruments perfectionnés, les cartes ont acquis un statut scientifique indéniable. C'est dans l'irréductible écart entre les cartes et le monde que s'exerce l'imaginaire de ceux qui les fabriquent comme de ceux qui les consultent. Si bien que les Atlas, aussi exhaustifs soient-ils, demeurent pour nous des machines à rêver et ne laissent personne indifférent. Et moins que quiconque les voyageurs et les artistes qui nous ont souvent révélé certaines dimensions inaperçues des cartes.

  • L'étymologie du mot cabane veut dire « petite maison » c'est pourquoi on a pensé que les cabanes étaient à l'origine de l'architecture. Mais on ne fait pas des cabanes comme on construit des maisons, en suivant des plans. Pour une cabane, on se débrouille sur place avec ce que l'on a, on bricole avec des planches, des draps, de la ficelle. On trouve des chaises, des branches, un arbre tout entier et on invente un monde.
    Les cabanes, on s'y abrite et on y voyage. Elles nous protègent et nous exposent à la fois. Ces constructions sont souvent liées à la nature, mais on en trouve aussi en ville dans des lieux un peu retirés, sous des arcades ou des ponts où les SDF peuvent espérer dormir en paix. Ces cabanes sont des espaces précieux qui permettent de mieux vivre. Enfants comme adultes, nous avons tous besoin de construire des cabanes : c'est ce que démontre avec brio Gilles Tiberghien dans ce formidable texte plein d'originalité.

  • Les oeuvres du Land art se déploient dans le silence des déserts, nues, massives, monumentales et cependant d'une fragilité extrême. Pures présences, elles sont toujours sur le point de devenir invisibles, toujours au bord de la disparition. Penser leur restauration excède largement le domaine de spécialisation dans lequel on a souvent tendance à enfermer l'acte même de restaurer.

  • Recueil de textes philosophiques, romanesques et poétiques sur toutes les formes de l'amour, du libertinage au mariage, du désir au deuil amoureux.

  • De l'amour, la philosophie peut-elle dire mieux que l'ami ou l'amoureux ? Rien n'est moins sûr ; elle doit savoir entendre ce que l'amour donne à penser : « Tous ces sages contemplatifs, qui ont passé leur vie à l'étude du coeur humain, écrivait en effet Rousseau, en savent moins sur les vrais signes de l'amour que la plus bornée des femmes sensibles. Reste à savoir donner à ces expériences une pluralité de sens dans laquelle chacun pourrait se reconnaître.
    Ecrit sous forme de correspondances croisées, ce livre rend compte de cette diversité en mettant chaque personnage dans une situation dont il médite le sens :
    L'attente, la rencontre, l'érotisme, le narcissisme, la jalousie, la séparation, les retrouvailles. Construit en quatre saisons, cet essai romanesque évoque les différentes « étapes » de l'amour, de sa naissance à sa fin - voire à sa renaissance. Il s'inspire de la pensée de certains philosophes, mais aussi de nombreux romanciers, explorateurs tout aussi justes du sentiment amoureux.

  • « Il semble que nous ne fassions que languir dans l'âge mûr pour dire les rêves de notre enfance, et ils s'évanouissent de notre mémoire avant que nous ayons pu apprendre leur langage. » Henri David Thoreau, Journal Ces notes ont commencé d'être écrites dans une cabane lors d'un séjour dans le Vermont. Elles ont été poursuivies, ensuite, durant plusieurs années et à diverses occasions. Au fil des réflexions développées ici, la cabane est apparue comme un opérateur intellectuel permettant de penser des expériences que chacun a pu faire ou imaginer dans l'enfance comme dans l'âge adulte et qui concernent peut-être d'avantage un espace psychique qu'un espace proprement physique. Les cabanes, contrairement à ce que pourrait laisser croire l'étymologie, ne sont pas de « petites maisons » : elles sont sans solutions de continuité avec les architectures dont elles sont supposées être l'origine. Fragiles et singulières, elles sont construites sans plan préconçu. Elles abritent des individus qui ne s'y installent pas, n'y habitent jamais véritablement. Aux marges des villes et des sociétés, elles recomposent une certaine idée de la nature à laquelle nous désirons nous confronter tout en la craignant. Cette ambivalence fondamentale fait de la cabane un lieu de contradictions où coexistent le haut et le bas, l'ouvert et le fermé, le mobile et l'immobile, le jeu et le sérieux, la vie et la mort.

  • Courts-circuits

    Gilles A. Tiberghien

    • Felin
    • 22 Mai 2008

    Les études ici rassemblées traitent du romantisme allemand, de Bergson, de la phénoménologie sartrienne, de la réception d'Emerson en France et de Dewey en Italie, enfin de la notion de dégoût chez Spinoza. Malgré leurs formes disparates, ces textes ont en commun une façon de lire les philosophes et d'écrire sur eux en déjouant les conventions d'un discours figé. Il y a dans la notion de court-circuit l'idée de passer outre certains intermédiaires qui l'apparente à celle de raccourci. Si court-circuiter quelqu'un dans le langage ordinaire signifie tout simplement l'évincer dans un processus de décision, le terme, ici, fait plutôt référence à la figure de l'ellipse. Ce titre évoque une forme d'écriture plus rapide en surface mais peut-être pas moins susceptible de jeter sur les thématiques et tes auteurs cités un éclairage différent. Le court-circuit indique aussi une différence de potentiel entre deux points mis en relation, soit deux ou plusieurs types de pensées, de traditions, de styles. Des trouvailles, des éclairages obliques, des détails qui engagent un mouvement plus profond.

  • Le titre de cet essai s'est imposé à l'auteur lorsqu'il a cherché un verbe qui soit à l'amitié ce que le verbe aimer est à l'amour. Ce livre porte en effet non sur un état mais sur une relation dont il analyse diverses modalités pour en donner, au bout du compte, une image dynamique, un portrait mobile mais capable de restituer sur le plan du discours et de la pensée quelque chose de ce qu'est l'amitié vécue. Tentant de cerner la place de l'amitié dans notre monde, le présent essai tourne autour de quatre grands infinitifs, qui inscrivent dans le temps et l'espace la relation amicale : engager, éprouver, échanger et perdre.
    Donc pas un traité de l'amitié, pas une philosophie de l'amitié qui dirait ce qu'elle est ou ce qu'elle doit être, mais un essai philosophique qui cherche à rendre compte de sa réalité contrastée, tant au travers des expériences que chacun peut en faire que de ses différentes tentatives de théorisations philosophiques.
    Car l'amitié change de valeur d'Aristote à Rousseau : de positive et rationnelle qu'elle est pour le premier, elle devient chez le second, sous la forme de la compassion ou de la sympathie, une valeur beaucoup plus ambiguë, sujette à maints retournements. D'où la nécessité de penser ensemble des positions apparemment contraires.

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