• Trois ans après Le peuple veut, exploration radicale du soulèvement arabe, Gilbert Achcar analyse dans ce nouvel opus le blocage du processus révolutionnaire déclenché en décembre 2011 en Tunisie et la reprise en main, sous des formes différentes, par les pouvoirs en place.

  • Loin des interprétations simplistes sur les soulèvements qui ont ébranlé le monde arabe depuis décembre 2010 (interprétations politistes, générationnelles, confessionnelles ou vulgairement policières), Gilbert Achcar insiste ici sur les modalités particulières du développement du capitalisme dans cette région du monde. Modalités dont les conséquences sociales dramatiques (pauvreté, inégalité, précarité) se sont aggravées davantage durant les trois ou quatre dernières décennies sous l'effet du despotisme politique ambiant, à la fois corrompu et corrupteur.
    Caractérisant ces soulèvements comme le point de départ d'un processus révolutionnaire, et non comme un aboutissement (un "printemps arabe", selon l'appellation séduisante mais trompeuse), l'auteur livre une analyse concrète des forces sociales en présence et dresse un bilan d'étape de leurs luttes, pays par pays, de la Tunisie à la Syrie en passant par l'Égypte, le Yémen, le Bahreïn et la Libye. Il éclaire ce faisant le rôle ambigu des mouvements se réclamant de l'islam, notamment les Frères musulmans, et de leurs soutiens à l'échelle régionale (l'Arabie saoudite et le Qatar, fidèles alliés des États-Unis).

  • Le conflit israélo-arabe ne se réduit pas aux guerres menées sur les champs de bataille du Moyen-Orient. Il comprend aussi une autre dimension, une guerre à coup de récits opposés et de négation des récits des autres, tournant autour des deux traumatismes à l'origine du confl it : la Shoah, la destruction des Juifs d'Europe, et la Nakba, le déracinement des Arabes de Palestine. S'appuyant sur une vaste documentation, Gilbert Achcar se livre à un examen approfondi des réactions arabes à l'antisémitisme et au nazisme, en soulignant leur grande diversité politique et idéologique. Avec un souci constant d'objectivité et de distance critique, il traite tant de l'époque de la montée du nazisme et de la Shoah que des périodes qui se sont succédé depuis la Nakba jusqu'à nos jours, brossant ainsi un tableau captivant de l'histoire arabe con temporaine. S'il dénonce vigoureusement les attitudes antisémites ou négationnistes qui se sont manifestées au sein du mouvement national arabe, notamment palestinien, l'auteur réfute aussi, documents à l'appui, les interprétations caricaturales d'une certaine propagande pro-israélienne qui cherche à faire croire que les Arabes ont soutenu en bloc le nazisme et qu'ils sont antisémites par vocation religieuse. Ce livre constitue une ardente plaidoirie pour une reconnaissance pleine et mutuelle de la Shoah et de la Nakba, condition indispensable, selon l'auteur, pour que s'établisse un dialogue sincère entre Arabes et Israéliens - en prélude à une paix véritable, plus urgente que jamais.

  • Eichmann au Caire

    Gilbert Achcar

    Adolf Eichmann était l'un des organisateurs des camps de concentration nazis. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a réussi à échapper aux Alliés et s'est installé en Argentine où il a vécu sous une fausse identité jusqu'en 1960, avant d'être kidnappé par des agents du Mossad israélien. Conduit secrètement en Israël, il a aussitôt été jugé, condamné à mort et exécuté, le 31 mai 1962. A l'époque, l'affaire Eichmann a eu un retentissement considérable et l'on sait que Hannah Arendt lui a consacré un ouvrage devenu rapidement un classique de la philosophie politique, Eichmann à Jérusalem ou la banalité du mal.
    Le premier article de ce livre traite de la réception de cet événement dans le monde arabe, et plus précisément en Egypte. Le choix de ce pays n'est évidemment pas anodin. En effet, sous la direction de Nasser, c'était le porte-drapeau du nationalisme arabe, le champion de la lutte contre Israël, et il n'était pas rare en Europe et aux Etats-Unis de lire dans la presse des articles l'assimilant au fascisme, et même au nazisme. Or, Gilbert Achcar, se fondant sur la couverture du procès Eichmann par le quotidien officieux Al-Ahram, alors dirigé par le confident de Nasser, Muhammad Hassanayn Haykal, a régulièrement dénoncé autant les crimes nazis que l'usage qui en a été fait par la propagande israélienne pour justifier l'expulsion des Palestiniens et le déni de leurs droits nationaux.
    Dans les deux autres articles, l'auteur revient sur son ouvrage Les Arabes et la Shoah, qui, à sa parution en 2010, a suscité de furieux débats tant aux Etats-Unis et en Israël qu'au Liban et dans d'autres pays du monde arabe.

  • Le choc des barbaries

    Gilbert Achcar

    • Complexe
    • 16 Janvier 2002

    Au-delà de l'horreur, les attentats du 11 septembre 2001 soulèvent nombre de questions majeures.
    Le cycle infernal de la terreur ne témoigne-t-il pas du désordre mondial de l'après-Guerre froide ? Assistons-nous à un choc des civilisations ou à un choc des barbaries ? Que révèlent les différences de perceptions qu'a suscitées cet événement, objet d'une médiatisation inégalée ? Comment s'explique le fait que l'homme le plus haï de l'histoire des Etats-Unis soit originaire du royaume saoudien, un de leurs alliés les plus anciens, grand exportateur de pétrole et d'intégrisme islamique ? Quel rapport y a-t-il entre un " terrorisme " qui vise les points vulnérables de l'hyperpuissance américaine et l'impératif officiel de " dominance " mondiale qu'elle s'est assigné dans l'après-Guerre froide ? Et comment, du " nouvel ordre mondial " promis par Bush père, en est-on arrivé, sous Bush fils, à ce monde chaotique, pris entre le feu dévorant des violences de toutes sortes et les eaux glaciales du calcul égoïste ? Ce sont quelques-unes des questions qu'aborde cet ouvrage, dont plusieurs traductions sont déjà en cours, et qui doit paraître aux Etats-Unis en septembre 2002.

  • Ce livre regroupe quatre contributions majeures à des débats brûlants dans la vie politique et intellectuelle de nos jours. La première porte sur la conception marxienne de la religion et de la relation entre religion et politique, et propose une analyse comparée de la théologie chrétienne de la libération et de l'intégrisme islamique. La deuxième critique certaines tendances de la recherche française sur l'islam et le monde arabe, qui partagent les présupposés essentialistes de l'orientalisme classique tout en les inversant : l'islam reste la culture déterminante des sociétés où il est majoritaire, mais se voit érigé en voie obligée de la modernité. La troisième étude part d'une critique de la caractérisation par Edward W. Said du marxisme comme avatar de l'«orientalisme» pour examiner l'évolution théorique et politique de Marx et d'Engels sur la question coloniale. Le dernier article, enfin, est consacré aux usages marxistes de la notion de cosmopolitisme, en résonance avec les débats autour de la mondialisation et de l'altermondialisme. L'auteur montre que la critique du cosmopolitisme bourgeois a toujours été chez Marx et Engels une dénonciation de sa substance capitaliste et non une condamnation du cosmopolitisme en tant que tel.

  • Ouvrage publié sous la direction de Gilbert Achcar Ce livre est fondé sur les communications présentées lors du premier séminaire organisé par le Centre d'études Ernest Mandel, Amsterdam, 4-6 juillet 1996, dont le thème était : "La contribution d'Ernest Mandel à la théorie marxiste" Première partie : Le marxisme d'Ernest Mandel Un portrait intellectuel, E. Mandel, 1923-1995 (G. Achcar) E. Mandel et la voie de la socialisation (R. Blackburn) L'humanisme révolutionnaire de Mandel (M. Löwy) Après l'âge d'or, sur Le troisième âge du capitalisme (M. Husson) E. Mandel et la pulsation de l'histoire (F. Louça) E. Mandel et la théorie marxiste de la bureaucratie (C. Post) Mandel et les problèmes de la transition au socialisme (C. Samary) Les marxistes face à l'Holocauste, Trotsky, Deutscher, Mandel (N. Geras) Deuxième partie : Deux textes d'Ernest Mandel et un bibliographie "Prémisses matérielles, sociales et idéologiques du génocide nazi " "Pourquoi je suis marxiste" Ecrits parus en français

  • Quinze années se sont écoulées depuis l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York, quinze années rythmées par de nouveaux attentats et par une guerre au terrorisme sans fin.
    « Il s'agit du texte le plus percutant et le plus rigoureux qu'on puisse lire sur cette guerre », écrivait Le Monde diplo- matique à l'occasion de sa réédition en collection de poche aux éditions 10/18 en 2004.
    Cette réédition, enrichie d'une nouvelle introduction, vient éclairer les événements en les analysant comme l'af- frontement de deux barbaries.
    Celle de l'iniquité d'un monde mis en coupe réglée par les pétroliers et leurs fondés de pouvoir installés à la Mai- son Blanche.
    Celle de l'« intégrisme islamique radical et anti-occiden- tal », qui est selon l'auteur, « l'expression dévoyée et réac- tionnaire du ressentiment des classes moyennes et des couches plébéiennes contre le développement difforme du capitalisme et la domination occidentale, souvent aggravés par un pouvoir local despotique ».
    L'auteur éclaire le lien indissoluble qui existe entre le meurtre de masse pratiqué par le terrorisme et l'état de grande inégalité dans lequel vivent les populations de la planète. Il établit le lien entre la « dominance » mondiale et la violence aveugle qui lui répond. Mais comme le rappelle l'auteur, « la pacification du monde ne naîtra pas du choc de ces barbaries : loin de se neutraliser mutuellement, elles se renforcent dans une escalade réciproque, tendancielle- ment paroxystique, selon le mécanisme clausewitzien de la montée aux extrêmes ».
    Loin du conformisme ambiant qui paralyse la pensée, Gilbert Achcar nous livre une analyse de la complexité du chaos du monde qui nous atteint désormais.

  • À propos et incisif, cet ouvrage offre une critique richement documentée sur le récent conflit qui a opposé Israël et le Liban cet été. Écrit par deux experts reconnus, originaires de chacun de ces deux pays, le Libanais Gilbert Achcar et l'Israélien Michel Warschawski, il passe au crible l'évolution du Hezbollah depuis son émergence dans les années 1980, son implantation auprès de la population chiite, ses liens avec les autres communautés religieuses et les forces politiques du pays. Il s'arrête également sur le rôle de la Syrie, de l'Iran et du Hamas dans cette guerre tout comme il interroge les politiques étrangères des pays européens et des Etats Unis. Cette observation minutieuse du contexte politique et stratégique, à travers les récentes actions menées par Israël montre l'impact de l'invasion israélienne au Liban et ses effets sur la population libanaise ainsi que les conséquences de la guerre sur la politique et la société israéliennes. Au fil du temps, le Liban a confirmé sa position de Vietnam d'Israël : la dernière guerre a engendré le plus sérieux bouleversement qu'Israël ait eu à affronter depuis la guerre du Kippour en 1973.

  • Une longue étude inédite sur l'évolution de la stratégie impériale des Etats-Unis au Moyen-Orient sert d'introduction à un recueil d'articles rédigés sur une période de près d'un quart de siècle, de 1980 à 2003.
    Cet ouvrage constitue ainsi une chronique marxiste de quelques moments forts de l'histoire tumultueuse de l'Orient musulman au cours de cette période : la résurgence impétueuse de l'intégrisme islamique, marquée par la révolution iranienne de 1979, et ses contrecoups régionaux - en particulier la guerre d'Afghanistan qui accéléra l'écroulement de l 'Union soviétique ; le devenir de la lutte du peuple palestinien, depuis le déclenchement de la première Intifada en 1987 ; les guerres des Etats-Unis contre l'Irak, jusqu'à l'occupation de ce pays.
    Ces articles ont résisté à l'épreuve du temps : ils restent pertinents et apportent un éclairage encore vif à l'actualité la plus récente. Confirmés à titre rétrospectif, ils permettent même d'éclairer l'avenir - dans la mesure, bien entendu, où celui-ci prolonge des tendances à l'oeuvre dans le passé. A cet égard, l'évolution de la situation au Moyen-Orient - de l'Afghanistan à la Palestine, en passant par l'Iran et l'Irak - en ce début de siècle encore plus tragique pour la région que ne l'a été le siècle précédent, justifie amplement le pessimisme raisonné qui s'exprime dans les pages de cet ouvrage et qui se combine avec l'optimisme mesuré que suscite la résurgence d'un puissant mouvement antiguerre à l'échelle mondiale.

  • Comment définir le terrorisme ? le retrait de l'irak mènera-t-il à la guerre civile ? quelle est l'importance de l'intégrisme islamique comme source de désordre dans le monde ? comment les états-unis auraient-ils dû réagir au 11 septembre ? quelles sont les perspectives d'une intervention militaire états-unienne en iran ? autant de questions toutes plus délicates les unes que les autres autour desquelles noam chomsky et gilbert achcar débattent : croissance de l'islamophobie et des intégrismes, innombrables atteintes à la démocratie et aux droits humains, conséquences des conflits politiques du moyen-orient perçus à travers le prisme déformant de la propagande américaine provoquent peur et violence dans le monde entier.
    En unissant leurs forces, deux grands intellectuels de notre époque tracent de l'actualité un portrait surprenant, érudit et lucide, sans hésiter à se remettre en question et à aller au fond des choses pour trouver des solutions.

  • Written by a critic on US foreign policy and a Middle East specialist, this book looks at the Middle East and the role of the US, covering such topics as terrorism, fundamentalism, oil and democracy, as well as the war in Afghanistan, the invasion and occupation of Iraq, the Israeli-Palestinian conflict and the origins of US foreign policy.

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