Arts et spectacles

  • Dans Sur Face, Martin d'Orgeval capture les détails lyriques des surfaces quotidiennes, petits miracles visuels que nous pourrions autrement manquer. Qu'il s'agisse de peinture éclaboussée sur une route, d'un pare-brise recouvert de terre, d'un tas de neige étouffée ou de délicates formes de papier plié définies sous une forte lumière, d'Orgeval met l'accent sur l'accumulation patiente, selon les mots d'Erri De Luca, d'une « collection de visions ». qui révèle l'extraordinaire dans le mondain. « Mais où voit-il ces choses ? » poursuit De Lucca, « A quel endroit ces photographies existent-elles ? Je parcours ce monde depuis plus longtemps que lui et je n'ai jamais trouvé ce genre de choses - rien qui me rappelle ce que ces surfaces montrent. Ce sont des déclarations de la matière qui se révèlent à lui, disant : Je suis ceci. Pourtant, cela ne se dit qu'à lui, à la prunelle de ses yeux. »

  • "Les sculptures de Zaric nous invitent à découvrir un univers dans lequel l'homme et l'animal se métissent. Cet anthropomorphisme est mis au service d'une oeuvre qui évoque, la fragilité, l'amour, la méditation, l'espoir, le déracinement, la vanité, l'éros. Emprunt d'une force qui puise aux sources des mythologies et de l'esthétique antique, Zaric livre un miroir du monde plein d'humour grinçant et enchanteur." Pierre Starobinski

  • " J'aime les fresques.
    J'aime les images nourries d'éléments géologiques. " Après avoir achevé les deux registres de fresques dans le bâtiment rénové des Archives municipales de Marseille, Giuseppe Caccavale propose ici un recueil à trois voix pour dire combien cette pratique séculaire permet de travailler au coeur de la figure. C'est au fil des documents sur toutes les phases de ce chantier contemporain que sont explicitées les opérations essentielles dans l'exécution d'une fresque : la fabrication de la chaux, la préparation du mur et des différents enduits, le dessin, le calque puis son report et enfin la peinture elle-même.
    " Lorsque j'étais manoeuvre, je tamisais de la pouzzolane et du sable afin de séparer le gros du fin, qui servait de finition à l'enduit. Le bruit du filtre de la grille reproduisait, pour moi, le fracas des vagues contre la digue. Mais mes bras ne se lassaient jamais de porter le tamis, pour l'amour de l'ouïe. Aujourd'hui, c'est autour de Giuseppe de préparer des mélanges pour finitions, sable de rivière, eau et chaux éteinte pour étendre le fond frais, assoiffé de couleurs.
    " (Erri De Luca).

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