Belles Lettres

  • Entretiens

    Confucius

    Les Entretiens de Confucius (Lunyu) sont, avec le Livre de la Voie et de la Vertu, l'ouvrage de la Chine ancienne le plus célèbre et le plus traduit en français.
    Il se donne pour les propos du Maître recueillis par ses disciples et fournit un témoignage de son enseignement. Ce qu'il y a de remarquable dans cet ouvrage, c'est qu'il transmet moins une doctrine que ce que l'on pourrait appeler une « chorégraphie existentielle » qui a des résonnances éthiques et politiques. D'où l'usage très particulier du langage où le véritable contenu du message est en dehors des mots, dans le halo vague d'émotions suscitées par des paroles pour ainsi dire vides de sens. La traduction et les notes s'emploient à mettre en exergue cet aspect trop souvent négligé.
    Les Entretiens ne sont pas l'oeuvre de Confucius lui-même. Ils n'en demeurent pas moins le document qui nous permet le mieux d'appréhender ce qu'a pu être la relation pédagogique - pratique tout à fait inédite et unique en son genre - instaurée par le Maître avec ses disciples à l'orée du Ve siècle avant notre ère. Il convenait donc d'en fournir une version qui permettait de restituer au plus près la figure de Confucius, alors même que celui-ci est l'objet d'une double tentative de récupération et de déni. D'un côté les autorités de Chine populaire, depuis un certain nombre d'années, s'emploient à le remettre sur son piédestal de Saint, légitimant ainsi leurs prétentions à l'hégémonie mondiale ; et de l'autre, la nouvelle école de sinologie américaine s'acharne à démontrer que Confucius n'a jamais existé et que les Entretiens sont une fabrication tardive datant de la seconde moitié du deuxième siècle avant notre ère.

  • Le Lao-Tseu, attribué à un mystérieux sage taoïste qui aurait vécu aux VIe-Ve siècles avant notre ère mais dont la date de composition ne saurait remonter avant le IVe, est un mince ouvrage (cinq mille caractères) qui, sous une forme incantatoire et cryptique, s'interroge sur le Tao, le principe absolu, inconditionné et vide - la pure négativité - qui est à l'origine de tout ce qui existe. Et il en tire toutes les conséquences pratiques : dès lors que sur le plan métaphysique une entité peut exister dans l'absence et y puiser son efficacité, ne peut-on pas imaginer un pouvoir qui serait sans pouvoir pour reprendre la formule de Clastres ?
    Toutefois cette leçon est dispensée en sous-main en quelque sorte, sous couvert de maximes à l'usage des Princes.
    Les Entretiens de Confucius se donnent pour les propos du maître recueillis par ses disciples ; ils fournissent un témoignage de son enseignement. Toutefois, ce qu'il y a de remarquable dans celui-ci, c'est qu'il transmet moins une doctrine que ce que l'on pourrait appeler une « chorégraphie existentielle » qui a des résonnances éthiques et politiques.
    D'où la place prééminente du Rite comme geste parfait, jouant le rôle ordonnateur que le logos a dans la philosophie grecque. D'où aussi l'usage très particulier du langage où le véritable contenu du message est en dehors des mots, dans le halo vague d'émotions suscitées par des paroles pour ainsi dire vides de sens.
    Les traductions de ces deux classiques, accompagnées chacune d'une présentation substantielle et de notes détaillées s'employant à souligner l'ambiguïté des textes et la multiplicité des interprétations possibles, ont cherché à rendre en français les spécificités du style des deux ouvrages.

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