• Un manoir isolé. Un aristocrate dangereusement séduisant. Et une jeune mondaine poussée à dévoiler leurs atroces secrets.

    Après avoir reçu un mystérieux appel à l'aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu'elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.
    Avec ses robes chic et son rouge à lèvre, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n'a pourtant peur ni de l'époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée... ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang.
    Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd'hui, Noemí découvre peu à peu d'effrayantes histoires de violence et de folie.
    Si elle ne s'en échappe pas très vite, elle risque fort de ne plus jamais pouvoir quitter cette demeure énigmatique...
    « Lovecraft rencontre les soeurs Brontë en Amérique latine. » - The Guardian
    « Une terrifiante réécriture du roman d'horreur gothique. » - Kirkus Reviews
    « C'est comme si une puissance surnaturelle nous forçait à tourner les pages de ce captivant roman. » - The Washington Post
    « Un thriller d'époque, riche en suspense, avec une belle atmosphère évoquant les années 50. » - Entertainment Weekly


  • Suisse, fin du XIXe siècle. À Saint-Imier, on vivote entre misère et exploitation, entre les étables et une industrie horlogère encore balbutiante. La visite de Bakounine, plein de l'ardeur de la Commune de Paris, éveille l'idée qu'une autre vie est possible. Dix jeunes femmes font le pari insensé de bâtir, à l'autre bout du monde, une communauté où régnerait « l'anarchie à l'état pur ». Valentine, dernière survivante des « dix petites anarchistes », nous fait le récit de cette utopie en acte qui les conduit de Suisse en Patagonie jusqu'à Buenos Aires, en passant par l'île de Robinson Crusoé.
    L'extraordinaire épopée de femmes soudées par un amour farouche de la liberté, qui ont choisi de se réjouir de l'imprévu sans perdre la force de s'insurger.

  • Argent brûlé

    Ricardo Piglia

    • Zulma
    • 4 Février 2021

    Buenos Aires, mercredi 27 septembre 1965, 15 h 11. Une voiture lancée à toute allure bloque un convoi de fonds. Beretta au poing, Bébé Brignone et le Gaucho Dorda mitraillent le fourgon, s'emparent du magot et laissent trois flics à terre. La cavale commence, de planque en planque... jusque dans la souricière tendue à Montevideo par l'inspecteur Silva. Assiégée mais décidée à résister jusqu'au bout, l'improbable bande de forcenés défie en une nuit tous les jeux de pouvoir - et ses propres démons. Argent brûlé élève le « casse du siècle » argentin au rang de mythe. Un roman halluciné, sur fond d'agitation péroniste et de corruption, aussi étourdissant qu'inoubliable.

  • El Edén

    Eduardo Antonio Parra

    • Zulma
    • 13 Mai 2021

    Au nord du Mexique, sur la frontière, la ville d'El Edén vit au rythme des guérillas entre narcotrafiquants. Racket, embuscades, exécutions et mises en scène macabres. Un soir, tout dégénère. Dans le dédale des rues incendiées et des barrages de pick-up, Darío se lance à la recherche de son petit frère de l'autre côté de la ville... Huit ans plus tard, dans la pénombre d'un bar de Monterrey aux relents chargés d'alcool et de désirs perdus, Darío croise son ancien prof de lettres, exilé comme lui. D'une traite, ils se remémorent la nuit où tout a basculé - la violence aveugle, les rêves brisés, et surtout Norma, la fille dont Darío a toujours été fou amoureux. Avec ce roman noir d'un réalisme foudroyant, Parra dresse le portrait d'un Mexique terrifiant de noirceur. Implacable et brillant.

  • En octobre 1492, Christophe Colomb découvre l'Amérique. En cinquante ans, le Nouveau Monde est exploré par des marins, des soldats et des aventuriers. Ce sont les conquistadors.

    Il y a Cortès, le conquistador du Mexique, Balboa qui découvre le Pacifique, Pizarre et ses frères qui aboutissent au Pérou, Valdivia qui conquiert le Chili... Sur leurs pas, nous pénétrons dans le fabuleux empire des Incas, nous assistons aux grandes cérémonies aztèques et aux sacrifices humains, aux banquets cannibales des tribus caraïbes, à la magnifique résistance des Araucans. Comme dans un roman d'aventures, Jean Descola nous raconte l'histoire de ces hommes qui ont poursuivi sans relâche la conquête de l'Amérique.

  • Habiter le monde ; espaces, paysages et architectures chez les Hopi d'Arizona et les Lacandons Nouv.

    Comment les humains pensent-ils et aménagent-ils leurs espaces de vie ou, pour mieux dire, comment habitent-ils le monde ? C'est pour répondre à cette question que l'enseignant en architecture Patrick Pérez, disparu en 2019, se fait anthropologue et part à la rencontre de deux sociétés amérindiennes très différentes l'une de l'autre, les Hopi d'Arizona et les Lacandon du Chiapas.
    C'est le fruit de cette (en)quête qui est livré ici, à travers des textes au style élégant et expressif, mus par un même objectif : donner un sens à l'altérité, amener la lectrice ou le lecteur à comprendre ce que sont les Autres, dans toute leur singularité et leur complexité. Une magistrale leçon d'anthropologie.

  • Le 19 juillet 1979, les jeunes guérilleras et guérilleros du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) chassaient le dictateur Anastasio Somoza du Nicaragua, mettant ainsi fin à une des plus anciennes tyrannies d'Amérique latine.
    La révolution populaire sandiniste se cherchait une voie à part: respectueuse des libertés religieuses et politiques, elle lançait une campagne d'alphabétisation et encourageait la participation des organisations populaires (jeunes, femmes, paysans, ouvriers, indigènes) aux institutions et à la gestion du pays, à la réforme agraire et à l'«économie mixte».
    Pourtant, Daniel Ortega, qui, au sein du FSLN, l'incarnait à ses débuts, revenu en 2007 à la présidence après avoir perdu le pouvoir dans les urnes, est aujourd'hui considéré comme un tyran.
    Depuis avril 2018, des femmes, des jeunes, des paysans le défient dans la rue malgré la répression.
    Comment en est-on arrivé là? Comment le FSLN, porteur des espoirs de tout un peuple et de tout un continent, est-il devenu un tel repoussoir?
    Cette enquête historique très documentée est nourrie par la connaissance du terrain de Matthias Schindler, qui, depuis plus de quarante ans, a séjourné plusieurs fois au Nicaragua. Il tente de tirer des leçons qui dépassent ce pays et qui interrogent toutes celles et tous ceux qui se battent pour un changement de société.

  • L'ouvrage de José Luis Romero constitue un condensé remarquable de l'histoire de la conquête de l'Amérique du Sud et du développement par les villes de ce continent. Il situe son analyse à partir de l'Europe et, plus particulièrement, de la péninsule ibérique à la fin du XIVe siècle, et la poursuit jusqu'à l'Amérique latine du XXe siècle. Quatre décennies après sa publication, cet ouvrage est devenu un classique de l'historiographie latino-américaine. À la fin de sa vie, José Luis Romero tire de son expérience d'historien des sciences urbaines européennes une hypothèse sur le processus historique latino-américain. Celle-ci apparaît dans son livre comme le résultat d'une tension, d'un conflit et d'une intégration entre la ville et la campagne. José Luis Romero reconstruit les divers plans d'une même réalité : l'économie, les groupes sociaux, les modes de vie, la politique et le pouvoir, les mentalités, les idéologies, se rencontrent et s'affrontent au sein de l'espace urbain. Le cheminement de sa théorie parcourt plusieurs étapes qui ont fait date en sociologie urbaine : la ville parvenue, la ville créole, la ville aristocratique, la ville bourgeoise et la ville des masses. Ce livre déroule l'histoire d'une société bouillonnante, captivante et contradictoire à partir de très nombreuses sources, à la fois historiques, artistiques, littéraires et architecturales.

  • Un voyage de trente-huit mille kilomètres, qui commencera par la traversée des États-Unis en Harley Davidson. C'est cela que Franco Antonello souhaite pour le dix-huitième anniversaire de son fils, diagnostiqué autiste à l'âge de trois ans. Andrea est un ouragan imprévisible. Lorsqu'il marche, c'est sur la pointe des pieds. Les objets, il les aime rangés dans un ordre méticuleux. Quand il veut savoir qui il a en face de lui, il l'enlace afin de sentir ce que l'autre a dans le ventre et pour cette raison ses parents ont inscrit sur ses T-shirts : N'aie pas peur si je t'enlace. Pourtant ce voyage se fera, à travers les États-Unis et jusqu'en Amérique latine, mille fois plus inattendu que prévu... Sous le regard étonné et teinté d'humour du père, Andrea caressera les crocodiles, communiquera avec les chamans indiens, embrassera les jeunes filles... et enseignera à son père à se laisser aller à la vie. Il fera de cette expérience une aventure épique, difficile et grisante, imprévisible et captivante. Comme lui, qui dit vouloir devenir, malgré tout, un terrien.«L'extraordinaire périple de Franco et Andrea à travers les Amériques est une lecture à plusieurs niveaux... Et une fable fantastique sur la nature humaine.» La Repubblica

  • « Ma retraite cathodique était un échec. La télé ne rend pas seulement con, elle rend surtout malheureux. J'en suis venu à penser que les derniers hommes étaient ceux qui se passaient de télévision. Je suis monté au premier étage de la tour Eiffel et j'ai balancé mon Philips coins carrés. Le monde est vaste et accessible. J'ai vendu mon sofa et j'ai acheté un billet d'avion. »Lassé d'être un légume cynique observant négligemment le chaos contemporain, le narrateur part vérifier qu'un autre monde est possible. Sur les routes de l'Amérique latine et des États-Unis, il croise des travellers égarés, des rebelles zapatistes, des stars d'Hollywood, des chamanes foireux, pas mal de cinglés et un peu d'amour...Comment prendre ce monde au sérieux ? Y a-t-il un ordre caché dans le bordel ambiant ?

  • « Il y eut à Metz un concert avec, en soliste invité, Isaac Stern. J'étais fou de joie, j'éprouvais une admiration sans bornes pour lui. À la fin du concert, alors que des dizaines de gens venaient le féliciter, je le tirai littéralement par la queue-de-pie, il ne prêta pas beaucoup attention à moi. « Que veux-tu, garçon ? » dit-il quand même dans son sublime français teinté de russe, d'anglais et de yiddish, le chef local lui fit savoir : « Oui, il est jeune, mais il joue déjà bien du violon, vous savez. »
    « Maître, pourrais-je un jour vous jouer quelque chose ? Je voudrais tant vous jouer quelque chose. »
    Après une hésitation :
    « Donne-moi ton numéro de téléphone - on verra. »
    Je pensais que c'était fini, et qu'il n'avait aucune intention de m'appeler. Quelques jours plus tard, nous étions à table à Metz pour le déjeuner familial. Le téléphone sonne. « Allô, c'est Isaac Stern. » Si on m'avait dit que Dieu venait de téléphoner, je n'aurais pas trouvé cela plus incroyable. »



    Illustration de couverture :
    Photo : Mathieu Bourgois

    ISBN : 978-2-267-02963-5

  • Dans cet essai accessible et engagé, Martin Gibert propose une synthèse des débats contemporains sur le paradoxe de la viande.
    Ce faisant, il présente le véganisme, un mouvement moral et politique en pleine émergence qui lutte pour la justice animale, sociale et environnementale.

  • Proust latino

    Rubén Gallo

    Depuis qu'il a découvert que Marcel Proust avait été l'intime de plusieurs figures latino-américaines installées à Paris au tournant du XXe siècle, une intuition guide le travail de Rubén Gallo, universitaire mexicain reconnu : ces amitiés ont laissé des traces dans la vie de l'auteur de La Recherche et cette ouverture à un monde lointain, exotique, a façonné son imaginaire.
    De cette assertion audacieuse, iconoclaste, Gallo tire un livre savoureux en forme d'enquête culturelle et littéraire. À travers les portraits des Latino-Américains les plus proches de Proust, son amant, le Vénézuélien Reynaldo Hahn ; le fantasque secrétaire argentin du comte de Montesquiou, modèle de Charlus, Gabriel de Yturri ; le poète cubain José Maria de Heredia ; et le sulfureux critique littéraire mexicain Ramón Fernández, Gallo s'attache à établir la présence forte de l'Amérique latine dans la vie de Proust et dans la construction de son oeuvre. Loin du dandy parisien, on y découvre un Proust plus spontané, plus tropical.
    En tentant de démêler les liens de ces deux mondes, leurs apports réciproques, Gallo livre aussi un beau texte sur l'altérité en art, et une réflexion puissante sur le rapport ambigu de la France, à l'époque phare culturel incontestable, à ces étrangers, si brillants soient-ils.
    Rubén Gallo, docteur en littérature comparée et responsable du programme de Latin American studies à l'université de Princeton, est un universitaire et essayiste mexicain, spécialiste de Proust et de la psychanalyse. Il a été repéré en France suite à la publication, en 2013, de son ouvrage Freud au Mexique aux éditions Campagne première. Proust Latino est son premier essai à paraître aux éditions Buchet-Chastel.

  • La politique étrangère des États-Unis d'Amérique depuis la Seconde Guerre mondiale expliquée par le professeur et militant Noam Chomsky, exemples à l'appui:
    Au Viêt-nam, les États-Unis n'ont pas perdu la guerre: ils ont laissé un pays en ruine, divisé, qui ne pourra jamais s'en relever. En Amérique latine, les États-Unis se sont affairés à écraser toute esquisse de démocratie ne cadrant pas avec leurs intérêts économiques. L'Europe de l'Est, tombée sous le joug de l'Ouest après la chute de l'Union soviétique, est maintenue dans un état de sous-développement.

    Avec la complicité des médias, Washington manie un double langage constant auprès de sa population peuple afin de justifier sa politique étrangère.

    Court, accessible et très incisif, Les dessous de la politique de l'Oncle Sam est devenu un classique des relations internationales et présente un condensé des analyses géopolitiques, économiques et sociales de Noam Chomsky.
    Le tiers monde doit apprendre que personne ne peut redresser la tête. Le gendarme de la planète poursuivra sans relâche tous ceux qui commettront ce crime inqualifiable.
    - Noam Chomsky

    Certains pourraient assimiler le travail de Chomsky à celui de la recherche d'un complot (les méchants Américains). Or Chomsky amène des faits [...] pour nous rappeler que le pouvoir ne se reproduit pas sans conscience de lui-même.
    - Combats

  • Souvent réduite à des clichés (drogue, guérillas...), la Colombie est en réalité dotée d'atouts considérables. Grande comme deux fois la France, elle dispose d'importantes ressources naturelles, d'une structure urbaine dense et d'une population éduquée et entrepreneuse.
    En raison de sa croissance démographique et économique, et de nombreux autres signes de vitalité qui contrastent avec les difficultés de certains de ses voisins, elle est devenue l'une des puissances du continent américain. Mais beaucoup d'évolutions possibles dépendent encore de la réussite du processus de paix en cours.
    En passant en revue l'histoire politique, la culture, la littérature, l'économie et l'actualité de la Colombie, Jean-Michel Blanquer se propose de faire découvrir les nombreuses facettes d'un pays qui est appelé à occuper une place de poids dans l'Amérique latine de demain.

  • Depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chávez, plusieurs pays d'Amérique­ latine ont connu un «tournant à gauche». Cet élan a alors incarné un espoir de transformation sociale et de construction de diverses expériences aux accents anti-impérialistes: «révolution bolivarienne» au Venezuela, «révolution citoyenne» en Équateur, État plurinational en Bolivie, nouvelle politique avec Lula.
    L'époque était au changement, la «longue nuit néolibérale» semblait s'estomper, fruit d'une période de mobilisations populaires et de révoltes sociales. Les inégalités sociales et la pauvreté reculaient, Washington perdait du terrain, alors que la participation de celles et ceux d'«en bas» progressait.
    Plus de vingt ans après l'ouverture de ce cycle, la région est pourtant entrée de nouveau dans une zone de fortes turbulences et ­incertitudes, tandis que le bilan des gouvernements «progressistes», au-delà de leur diversité, est très largement contrasté. Capitalisme d'État et crise économique, colonisation des imaginaires de gauche par des logiques gestionnaires, modèles économiques basés sur le saccage des biens communs, leaderships charismatiques, dérives autoritaires, corruption et rupture avec les mouvements sociaux: les problèmes se sont accumulés.
    En parallèle, la réorganisation des droites sociales, politiques et religieuses, la montée des extrêmes droites, les défaites électorales, mais aussi les coups d'État parlementaires, sont désormais un fait majeur.
    Faire le bilan d'un cycle commencé dans l'espoir et qui s'achève dans la violence est fondamental pour comprendre l'Amérique ­latine ­actuelle.

  • À la suite d'une révolte ouvrière dans une maquiladora au Guatemala, Ismaël est gravement blessé, à moitié brûlé, et recherché par la mafia locale. Avec l'aide de Joaquim, un journaliste franco-guatémaltèque, il prend la fuite et se réfugie à Londres.
    Dans cette ville multiculturelle et stupéfiante, où il essaie de reconstruire sa vie, il rencontre Hanadi, une jeune pakistanaise confrontée aux intégristes. Lui mutilé, elle voilée, ils ne se reconnaissent plus dans l'image qu'ils renvoient.
    Une histoire de violence et d'injustice dont la seule issue est l'errance.

  • Juillet 1977: ils étaient géographes, ils venaient de se marier et ils se trouvaient dans une zone rurale au nord de l'Argentine, près de la ville de Tucumán, dont ils devaient actualiser les cartes routières. Les militaires n'ont pas hésité à les arrêter en raison de leur aspect juvénile et de leurs activités suspectes, car des relevés topographiques de toute la région étaient en leur possession. Après plusieurs jours de détention, Emilia est libérée grâce à l'intervention de son père, le docteur Dupuy, l'un des intellectuels dont les idées guident l'action de la dictature. Elle rentre à Buenos Aires où elle espère retrouver son mari, Simón. Mais il ne reviendra pas.
    Malgré les déclarations des témoins qui, après le retour de la démocratie en Argentine, affirment que Simón a été assassiné dans une caserne, Emilia ne s'y résout pas. Elle part le chercher à Rio de Janeiro où un ancien collègue dit l'avoir vu, et elle parcourt les bidonvilles de Caracas et de Mexico où elle croit pouvoir retrouver sa trace. Car Emilia pense que son mari est toujours en vie et elle sent souvent sa présence. Vers la fin de sa vie, elle le retrouve enfin dans une petite ville du New Jersey où elle le revoit souvent comme dans un rêve, avec ce regard intérieur qui lui dicte la force de son amour et qui la pousse à placer son histoire, comme celle de Dante et de Béatrice, littéralement hors du temps.
    Tomás Eloy Martínez nous laisse avec ce récit émouvant, fresque historique des années noires de l'Argentine et portrait intime d'une femme amoureuse et hantée par son passé, son plus beau testament littéraire.

  • Des rythmes du candomblé aux avant-gardes esthétiques les plus radicales, la culture joue un rôle central dans l'émergence du Brésil contemporain. Issu du dialogue entre historiens français et brésiliens, cet ouvrage parcourt des domaines variés, de la littérature romantique à la musique populaire en passant par le théâtre et le cinéma, la mise en scène des corps, la mémoire et la fabrique de héros culturels. Les constructions identitaires, les politiques culturelles, les phénomènes d'emprunts et de métissage sont au coeur de la réflexion. Quatre décennies après l'émergence de l'histoire culturelle, cet ouvrage dresse un bilan d'étape et pointe les tendances actuelles de la recherche. Au fil des treize essais qui le composent, il donne à voir, à lire et à entendre la diversité brésilienne dans la perspective d'une histoire culturelle transnationale, loin de toute tentation exotique.

  • Un jeu à somme nulle

    Eduardo Rabasa

    • Piranha
    • 7 Janvier 2016

    Max Michels a l'habitude de cohabiter avec les voix présentes dans sa tête. La voix de son père, un homme exigeant jusqu'à la tyrannie qui lui a inculqué de force la maxime selon laquelle « la valeur de tout homme se mesure à la dose de vérité qu'il peut supporter ». Et les voix des « nombreux », qui remettent sans cesse en cause le moindre de ses actes.Jusqu'au jour où, lassé d'être la marionnette de ses démons, il décide de se présenter à la présidence de Villa Miserias, une « unité habitationnelle » régie par un système subtil mais implacable : le quiétisme en mouvement.Dans cette fable politique grinçante, qui n'est pas sans rappeler l'oeuvre de George Orwell, Eduardo Rabasa dissèque avec la précision d'un chirurgien les mensonges et les errements de nos démocraties modernes transformées en ploutocraties représentatives.Eduardo Rabasa, né en 1978 à Mexico, est l'auteur d'une thèse en sciences politiques portant sur le concept de pouvoir chez George Orwell. Chroniqueur culturel pour le journal Milenio, traducteur, il est un des fondateurs des éditions Sexto Piso. Un jeu à somme nulle est son premier roman.

  • Toujours rebelle, l'Amérique latine?
    L'analyse pays par pays donne des clés pour répondre à cette question.
    Pour comprendre aussi, avec une distance critique, les ressorts de la contestation, les logiques des mobilisations, le renouvellement des revendications.
    Leurs formes oscillent entre singularités nationales et tendances continentales.
    La couleur des pouvoirs - conservateurs ou progressistes - et l'orientation des politiques - libérales ou souverainistes - surdéterminent le ton des mouvements sociaux.
    Face à la poussée «extractiviste» qui a boosté les économies nationales, de droite comme de gauche, en période d'enchérissement des matières premières, la protestation ne s'est pas unifiée.
    Elle s'est manifestée tantôt pour la redistribution des gains, contre la pauvreté et les écarts sociaux; tantôt pour le buen vivir (vivre bien) et le respect de l'environnement, contre l'accaparement des territoires et des ressources.
    L'enjeu qui s'impose est de surmonter les principaux facteurs de division des «gauches sociales» latino-américaines, sur fond de crise du «socialisme du 21e siècle» et de retour des oligarchies à la tête de plusieurs États. Luttes contre l'ordre établi, mises en cause syndicales du néolibéralisme, voire du capitalisme, résistances indigènes au saccage des forêts, expressions citoyennes antiracistes, alternatives pratiques au modèle de développement dominant, affirmations féministes, dynamiques sociales et politiques émancipatrices, actions en faveur de la démocratisation des institutions et des sociétés...
    L'agitation rebelle n'a pas fini de hanter le continent des inégalités extrêmes.

  • Du cyclone de Bhola en 1970 à la catastrophe de Tohoku et Fukushima en 2011, en passant par le séisme en Arménie de 1988, l'ouragan Mitch de 1998 ou le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, un monde international des catastrophes dites « naturelles » a progressivement émergé. Pourquoi « naturelles » ? Depuis les années 1990, les phénomènes naturels - séisme, ouragan, tsunami, éruption volcanique - ne sont plus considérés comme seuls responsables des catastrophes : l'activité humaine accentue la vulnérabilité des territoires et des habitants face aux catastrophes, qu'il n'est donc plus acceptable d'imputer à la seule nature. Le monde social qui se construit autour de ces catastrophes est composé de nombreux acteurs issus d'horizons divers : secouristes, professionnels des ONG, diplomates, scientifiques... Pour former un « gouvernement international des catastrophes », ils ont dû élaborer des normes, des standards, des outils et un langage communs afin d'harmoniser des façons de faire divergentes voire concurrentes. Cet ouvrage, fruit d'une ethnographie de sept années auprès des acteurs de ce monde, rend compte de ce travail continu et fait émerger les principales tensions qui l'animent : entre préparation et résilience, prévention et urgence, technologie et pratiques traditionnelles, commandement hiérarchique et organisation horizontale, paradigme aléa-centré et paradigme de la vulnérabilité...

  • Dans ce livre empreint d'un sentiment d'urgence, Noam Chomsky dresse l'inventaire des horizons possibles, «menaçants» ou «exaltants», de ce jeune XXIe siècle. Au fil d'une analyse fine des événements politiques des dernières années, il met à nu les rouages de la mécanique implacable de l'impérialisme américain, mécanique qui plonge des peuples entiers dans le désarroi. Il montre ainsi que l'indépendance politique et l'État demeurent les plus solides remparts pour la défense de la liberté.

    En brossant ce portrait, Noam Chomsky explore les problèmes d'aujourd'hui : fossé grandissant entre le Nord et le Sud, exceptionnalisme aux États-Unis (qui perdure sous la présidence d'Obama), fiascos meurtriers d'Irak et d'Afghanistan, offensive israélo-états-unienne à Gaza, récentes crises financières. Chomsky ne sombre toutefois pas pour autant dans le désespoir. Il se réjouit du fait que les récentes percées de la démocratie en Amérique latine et les mouvements de solidarité internationale témoignent d'un « réel progrès vers la liberté et la justice ».

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