Peter Lang Ag

  • Alors que ce n'est qu'à partir des années 1950 que le projet européen se traduit dans les institutions et dans les politiques, l'idée européenne, suscite déjà, et ce, dès l'entre-deux-guerres, de multiples initiatives. Cet ouvrage issu d'une thèse de doctorat, souhaite apporter une contribution originale à la connaissance des courants européistes qui fleurirent dans la Belgique des années 1920 et 1930. Fondé sur l'exploitation de sources multiples et inédites, il révèle la richesse insoupçonnée des projets et des mouvements engendrés dans le contexte de l'Europe de Versailles. Invitant à découvrir l'Europe telle que la conçurent la génération de la guerre et celle de la crise à travers leurs cadres mentaux, chronologiques et géographiques, cette étude met en lumière le rôle des cercles, des milieux ainsi que des moments-clés. Elle place enfin l'accent sur les lieux qui de Genève à Vienne et Paris, puis de Bruxelles à Berlin, incarnent l'européisme de l'époque.

  • L'accueil des enfants de la naissance à 7 ans a connu une progression quantitative importante ces dernières années et la question des conditions d'un tel accueil a suscité de nombreux débats. Si, au niveau international, les approches issues de la psychologie dominent pour expliquer ce phénomène, il existe dans le monde, et particulièrement en Europe, de profondes différences entre les pays quant à la définition de la qualité de l'éducation à offrir aux jeunes enfants. C'est dans ce contexte que de nouvelles approches, de nouveaux paradigmes ont vu le jour. Ces perspectives qui renouvellent singulièrement notre vision de l'éducation préscolaire sont actuellement largement diffusées en anglais. Cet ouvrage souhaite mettre ces différentes approches à la disposition des lecteurs francophones. Il leur offre un accès à la pensée critique contemporaine développée par des auteurs anglophones qui jouent un rôle majeur sur la scène européenne et internationale dans la recherche et les politiques de la petite enfance. La deuxième partie de l'ouvrage fait écho à la première avec des travaux menés par des chercheurs travaillant en français et apportant une perspective critique appliquée aux contextes dans lesquels ils vivent (Belgique, France, Italie).

  • Le 30 juin 1960, le Congo n'est plus une colonie belge mais un État indépendant. Rapidement, la riche province du Katanga fait sécession sous la conduite de Moïse Tshombe, ennemi politique du Premier ministre Patrice Lumumba, profitant de l'inertie d'une Belgique plus préoccupée par ses problèmes propres que soucieuse de ses intérêts en Afrique. Nombreux furent les Belges qui, de bonne foi, ont cru au succès de « la sécession du Katanga ». Un ensemble d'éléments permit d'y croire pendant quelques semaines : les attitudes du roi Baudouin et du gouvernement Eyskens allaient dans ce sens. C'était sans compter avec la prise de position négative des Nations Unies et des États-Unis qui souhaitaient bouter les Belges hors du Congo et surtout de ne pas exporter la Guerre froide en Afrique. Mais s'appuyant initialement sur le gouvernement de Patrice Lumumba, les Nations Unies allaient rapidement déchanter. Au départ, le Secrétaire général Dag Hammarskjöld fut persuadé que tous les ennuis qu'il rencontrait étaient dus à l'omniprésence des Belges. Une fois ceux-ci partis, pensait-il, tout rentrerait dans l'ordre. Il n'en fut rien : l'ONUC dut reconquérir le Katanga par la force des armes pour le compte du gouvernement congolais. Il fallut deux ans et demi, pour réduire les gendarmes katangais, chasser les mercenaires, au prix de nombreuses vies, et mettre fin à la sécession du Katanga. Les Européens restés sur place, souvent avec courage, seront quant à eux baptisés « Katangaleux ». L'auteur de cet ouvrage fut l'un d'eux. Ce livre leur est dédié et vise à les sauver de l'oubli.

  • « Cultivons notre jardin ! » écrivait Voltaire. Notre jardin éthique en particulier, car l'éthique s'invite au coeur de notre vie quotidienne comme dans les grands problèmes de l'Humanité, en tous temps, en tous lieux, en toutes circonstances. La méthode ici exposée cherche à donner des pistes d'interrogation et de travail sur la recherche éthique. Sous la forme d'un manuel, cet ouvrage donne les clés nécessaires pour appréhender toute problématique éducative, en famille comme à l'école, au travail comme dans les loisirs. On trouvera une illustration de la recherche éthique à travers le roman Lisa, édité en parallèle chez PIE Peter Lang, qui rend compte des aventures d'une jeune adolescente curieuse et volontaire.

  • Nos sociétés de l'information voient se multiplier les bases de données administratives et les enquêtes : force est cependant de constater que leur exploitation se limite encore trop souvent à des analyses purement descriptives. Or, en résonance à la complexité du social, l'analyse multivariée des données s'impose. Elle permet non seulement d'affiner l'analyse descriptive, mais aussi de mieux comprendre les mécanismes multiples qui sous-tendent la plupart des phénomènes sociaux. S'adressant aux étudiants, enseignants, chercheurs, services d'études des administrations et du secteur privé, ce manuel offre une introduction à l'analyse multivariée des données en sciences sociales. Toutes les étapes de la recherche y sont balisées, depuis la préparation des données brutes jusqu'à leur analyse multivariée en passant par la construction d'indicateurs, la conception des relations entre les variables et leur analyse descriptive. La transmission d'expériences et de savoir-faire est privilégiée tout au long de l'ouvrage, avec ce que cela comporte de stratégies de recherche à envisager, de pièges à éviter et de précautions à prendre. C'est pourquoi la présentation des méthodes d'analyse multivariée est à chaque fois illustrée par une application concrète dans le domaine du social, de l'histoire, de la démographie ou de la politique.

  • Cet ouvrage se penche sur le regain d'importance qu'ont pris les organisations régionales dans les relations internationales de l'après-guerre froide marquées, notamment, par l'accélération de la globalisation et de la diffusion du pouvoir mondial. L'ouvrage s'intéresse au rapport des régions à la transformation en cours des équilibres mondiaux et partant au sens qu'elles insufflent à l'ordre international actuel. Chaque projet régional est porteur à l'extérieur de normes et règles qui lui sont propres, ce qui n'est pas sans produire une concurrence entre groupements. Cette rivalité entre blocs régionaux existe tant au niveau de chaque continent qu'à l'échelle planétaire. Bien que cette concurrence est loin de constituer un phénomène nouveau, elle a pris de l'ampleur avec, notamment, la prolifération de toute une série de méga-blocs régionaux, d'associations transrégionales ou de coopération interrégionale (TTIP, TTP, « une ceinture, une route », Union eurasienne, RCEP, partenariat UE/CELAC, Asem), dont l'objectif premier est de façonner l'ordre mondial en fonction des attentes des acteurs qui les composent. Il est donc question d'étudier la place et le(s) rôle(s) des groupes régionaux, interrégionaux et transrégionaux émergents dans l'ordonnancement des relations internationales à l'heure de la multipolarisation progressive des affaires mondiales et de la crise de la gouvernance mondiale.

  • La Chine s'est éveillée au monde. Elle multiplie sans ambages les relations avec les autres sujets de la scène internationale. C'est une nouveauté. La mentalité impériale ne concevait les rapports avec les autres que sous l'angle de l'allégeance ou de la vassalité et non sur le mode du rapport égalitaire. Aujourd'hui, la Chine se projette sur la scène internationale avec, certes, un attachement farouche à la souveraineté étatique, mais en postulant ipso facto une égalité entre Etats. Pékin entre dans le jeu international avec son prisme national, tant pour y tenir un certain rôle que pour veiller à ce que les règles ne soient pas modifiées à son insu ou à son détriment. C'est à cette rencontre singulière de la Chine avec le monde que cet ouvrage est consacré. La première interrogation porte sur l'ascension pacifique de la Chine dans les relations internationales que Pékin préfère présenter désormais comme un développement pacifique. Si, dans cette optique, le discours officiel recycle à bien des égards les principes de la coexistence pacifique, la réalité ne peut toutefois être éludée : quel type de puissance la Chine est-elle et entend-elle être parmi les acteurs déterminants de la scène internationale ? L'influence planétaire revendiquée a-t-elle comme corollaire une responsabilité accrue dans la sécurité globale ?

  • Aujourd'hui, la lutte contre la diffusion des armes nucléaires dans le monde est une priorité du gouvernement français. Mais pendant longtemps les acteurs diplomatiques français ont refusé de suivre les règles multilatérales dans ce domaine central de la politique internationale. Comment expliquer que la France soit devenue l'un des principaux promoteurs de la norme de non-prolifération nucléaire après s'en être tenue à distance ? Pour répondre à cette question, ce livre refuse d'opposer deux approches traditionnelles de l'étude des relations internationales en mobilisant les outils et les méthodes de la sociologie politique. Il traque ainsi les contraintes du système international dans les effets qu'elles exercent sur les luttes et les alliances entre les différentes bureaucraties intervenant dans la définition de la politique française de non-prolifération et sur les représentations et les actions des diplomates, hauts fonctionnaires et responsables politiques impliqués. À partir d'une enquête de terrain approfondie sur les exportations menées dans les années 1970, la participation au désarmement de l'Irak au début des années 1990 et les initiatives prises autour de la question du nucléaire iranien depuis 2003, les transformations de la politique étrangère de la France sont rapportées aux évolutions de la division du travail diplomatique. Ce faisant, ce livre pose des jalons qui permettent de mieux rendre compte des pratiques diplomatiques et de penser autrement ce qu'est l'international.

  • Depuis plusieurs décennies, les usages du numérique en histoire se multiplient. Mais l'histoire contemporaine est parfois restée à la marge de ce mouvement. Ce livre, qui recouvre divers usages du numérique, ses outils, ses méthodes, sera à la fois une bonne introduction pour les historiens désirant se renseigner sur les usages informatiques en histoire contemporaine, et un outil utile aux chercheurs et aux enseignants plus rompus à cette utilisation. Cet ouvrage leur permettra de comparer leurs pratiques et de les approfondir dans le cadre des humanités numériques. Digital practices in the field of history have become more and more widespread in recent decades, but contemporary historians have often tended to remain on the sidelines of this trend. This book, which covers a wide range of digital practices, tools and methods, will serve both as a solid grounding for historians keen to learn how information technology can be applied to contemporary history, and as a useful tool for researchers and lecturers who already have a degree of experience in this area. It will enable scholars to compare and further their practices in the area of digital humanities, providing a comprehensive vision of the emerging field of digital history.

  • Rudolf Hermann Lotze (1817-1881) fut l'une des figures majeures de la philosophie allemande au XIXe siècle. Philosophe, logicien, psychologue, médecin, il a connu à son époque une renommée extraordinaire. Professeur de philosophie à l'Université de Göttingen, où il succéda à Herbart, il mena un parcours de recherche aussi original qu'influent. Entre romantisme et positivisme, entre naturalisme et historicisme, sa doctrine ne s'est jamais confondue avec les courants les plus importants de son époque. Admirée et suivie, autant en Allemagne qu'à l'étranger, sa pensée fut ensuite, après sa mort, condamnée à l'oubli en raison de son supposé éclectisme méthodologique et, finalement, classée sous la rubrique ambiguë d'« idéal-réalisme ». Le legs de Lotze s'inscrit dans un rapport complexe à la phénoménologie, à la philosophie analytique naissante, au pragmatisme américain et au néokantisme allemand jusqu'à Heidegger. L'analyse de ce legs n'a cependant jamais bénéficié d'une réflexion critique capable d'en mesurer la portée et les limites. Par un travail d'évaluation historico-critique, ce volume se propose de combler cette lacune.

  • Le Cerrejón est une opération d'exploitation à grande échelle de charbon minéral à ciel ouvert dans la péninsule Guajira. Ce projet minier, dont les installations se composent d'une mine, d'une voie ferrée et d'un port maritime, date de la fin des années 1970, fruit d'une association entre l'État colombien et une filiale d'Exxon, multinationale états-unienne. L'installation de la mine, transformant le territoire, l'économie ainsi que l'ordre social et politique, fut un événement fondamental dans l'histoire des Wayuu ou Goajiros, habitants ancestraux de la péninsule, qui virent leurs conditions de vie bouleversées. Cette étude propose une analyse du processus d'articulation des Indiens au projet minier. Les questions se centrent sur les relations entre les Wayuu, la multinationale et l'État, sur une période de près de trente ans (1976-2004). L'analyse aborde deux processus en interrelation. Le premier est l'activation de stratégies par les Wayuu, pour faire face et s'adapter à ce projet géo-politico-économique. Le second est celui des mécanismes mis en oeuvre par l'État et la multinationale pour installer la mine et assurer sa viabilité et sa sécurité. Les Wayuu n'ont pas résisté au « développement ». Ils en ont réinterprété les perspectives afin d'envisager leurs projections de vie, à l'aune de leurs nouvelles conditions d'existence. Le développement s'est progressivement constitué dans une dimension politique renvoyant à une théorie de gestion du futur garantissant les axes de la reproduction socioethnique wayuu. C'est à travers la production d'une politique de revendication identitaire que les Wayuu se sont finalement articulés au projet minier, promis à durer trente ans de plus, sans pour autant se soumettre à son « inévitabilité ».

  • Au XXe siècle, l'Europe centrale et orientale a été l'épicentre de tensions internationales. Soumise aux ambitions de puissances totalitaires, elle a connu leur emprise idéologique. La diplomatie culturelle déployée par la France dans cet espace, de 1936 à 1940 puis dans les années succédant à la Seconde Guerre mondiale, a eu une double dimension : stratégique et idéologique. À partir d'archives et d'entretiens, ce livre en étudie les enjeux, les modalités, les adaptations renouvelées, les limites. Il observe les continuités et les évolutions entre les deux temps, et, sous l'angle culturel, appréhende la complexité d'une entrée en guerre froide. Dans la fin des années 1930, l'affirmation culturelle est ambitieuse, multiforme, face aux avancées de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste ; elle connaît des inflexions après « Munich », en particulier une symbiose entre « culture » et « information ». Ultérieurement, alors que les Alliés, vainqueurs, sont très présents, il s'agit d'une reconstruction pour retrouver une position d'influence. La France de 1945, affaiblie, mobilise ses ressources ; elle affiche sa proximité avec les mutations en cours à l'Est. Rapidement, le contexte international, l'évolution des États sous tutelle soviétique, les choix de la France - intérieurs et en politique étrangère - s'interposent dans la poursuite de l'action. Aux espoirs de concordances succède un réalisme face à une « Normalisation ». Une diplomatie culturelle « en résistance » est confrontée à une élimination programmée par le Kominform et ses relais. L'éviction du Bloc de l'Est s'inscrit dans un processus qui atteint l'ensemble des puissances occidentales.

  • À partir du XVIe siècle, les colonisations européennes constituent non seulement un des principaux vecteurs de la mondialisation économique et culturelle mais aussi l'instrument d'une profonde reconfiguration sociale. Ainsi émergent des sociétés coloniales au sommet desquelles s'affirment des élites distinctes à la fois de celles du vieux continent dont elles sont originaires et de celles des mondes américains, asiatiques, africains ou océaniens qu'elles supplantent, remplacent ou dédoublent. Les élites européennes apparaissent comme une des pierres angulaires du système colonial. À travers une étude comparée des empires sur la longue durée, cet ouvrage analyse l'origine, la formation et la mobilité des élites, leur mode de vie et leurs liens avec les métropoles et les sociétés autochtones. Les contributions d'historiens allemands, anglais, belges, canadiens, états-uniens, hollandais, italiens, portugais, russes et français permettent de repenser la question de la domination coloniale au travers du prisme original de l'histoire sociale. Cet ouvrage restitue aussi la diversité des élites (colons, noblesses, créoles, administrateurs, militaires, etc.) et des situations coloniales modernes et contemporaines. From the 16th century, European colonization paved the way for economic and cultural globalization and for a deep social reconfiguration. As a result, at the top of the colonial societies new elites emerged that were different from those of the old continent and the indigenous elites. European elites seem to be one of the cornerstones of the colonial system. This book highlights the diversity of elites (settlers, nobilities, Creoles, civil servants, officers, etc.) and the variety of colonial situations from the 16th century to the 20th century. Neglected for a long time, the history of imperial societies gives a new slant to colonial studies. A long-term and comparative study of empires sheds light on the origins, education and mobility of elites, their way of life and relationships with metropolitan and indigenous societies. Contributions from American, Belgian, British, Canadian, Dutch, French, German, Italian, Portuguese and Russian historians allow us to rethink the issue of colonial domination through the prism of social history.

  • « Écrire le voyage, c'est transformer l'expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu'il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales. Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d'abord la quête d'un « signalement de l'univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur. Dans cet ouvrage, l'expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s'agit d'observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l'autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune - Italie, Espagne, monde lusophone - ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

  • Cinquante années après la signature des Traités de Rome, il est désormais possible d'analyser sous une perspective historique les débuts de la politique de coopération européenne, consacrée par la Convention de Yaoundé. Cet ouvrage, fondé sur la consultation de plusieurs centres d'archives, souligne la valeur stratégique, pour les équilibres de la guerre froide en Afrique, de la politique d'aide française et européenne. L'étude de l'évolution des relations franco-africaines entre 1957 et 1963 illustre bien la complexité des liens entre l'Afrique, l'Europe et le système international d'une part, et l'interdépendance des aspects politiques et économiques des relations eurafricaines d'autre part. En ce qui concerne la France, l'influence des pays africains sur ses prises de position en matière de politique étrangère et de politique européenne est particulièrement évidente durant cette période. Sur le plan international, la question du type d'aide à accorder aux pays en voie de développement interpelle tous les États industrialisés, membres du monde communiste ou occidental. Pour Moscou et Washington l'enjeu est l'appui du tiers-monde, une région qui compte plus de la moitié de la population mondiale, dans la lutte de l'un contre l'autre. Pour la France de De Gaulle, le soutien du tiers-monde doit servir sa politique d'influence, à la recherche d'un équilibre mondial en dehors des deux blocs.

  • Dans le champ des relations internationales, la politique étrangère suscite l'intérêt croissant des opinions. De plus en plus sensibles aux turbulences de l'espace mondial contemporain, celles-ci érigent aujourd'hui la politique étrangère en enjeu démocratique majeur, la faisant échapper aux rets d'un monopole des Princes. À la croisée de l'international et de l'interne, la mutation est en cours et emmêle les points de repère traditionnels. L'inquiétude conceptuelle surgit dès lors: où situer dorénavant la politique étrangère? Quel rôle lui reconnaître entre les pratiques diplomatiques formalisées dites «classiques», au service de considérations géopolitiques et sécuritaires strictes, et les interventions multiples d'acteurs publics ou privés prétendant agir en faveur de l'intérêt général? L'interpellation appelle la mise en lumière de nouveaux jalons. Aussi le dessein principal du présent ouvrage est-il de contribuer à la compréhension fine et à l'analyse renouvelée de la politique étrangère. Scrutant les éléments de permanence et de changement qui l'affectent, cette réflexion se propose d'éclairer non seulement son essence spécifique, mais aussi les mécanismes assurant sa conduite étatique comme les déterminants et instruments la façonnant.

  • La maîtrise de la langue et de la communication constitue un enjeu important des politiques actuelles en faveur de l'intégration des populations étrangères. Cet ouvrage brosse un vaste panorama des problématiques que pose la prise en compte de la langue dans le processus d'intégration, que ce soit en milieu professionnel pour les migrants ou en milieu universitaire pour les étudiants allophones, en termes de formation, d'accompagnement linguistique, d'évaluation et de certification, de relations interculturelles, d'outils et de dispositifs, de contraintes institutionnelles, etc. Il se fixe pour objectif de présenter l'état de la question relative à l'intégration linguistique et de dégager les objectifs prioritaires d'une politique linguistique, culturelle et sociale d'accueil et d'intégration des populations migrantes.

  • Malgré un sentiment profond d'affinité, les relations libanosyriennes sont, dès l'origine, altérées par des aspirations antagonistes. À travers l'étude de la période charnière entre la fin de l'occupation israélienne en 2000 et le retrait des troupes syriennes du Liban en 2005, ce livre rend compte des multiples enjeux des interactions entre les deux pays arabes. Le tissu conflictuel qui lie Beyrouth à Damas est analysé à la lumière des perceptions des acteurs politiques et médiatiques grâce à des entretiens menés au pays du Cèdre. Ces données s'inscrivent dans une grille d'analyse à la fois historique et politique. La puissance et l'intérêt national offrent deux clés de lecture originales qui illustrent l'imbrication des niveaux, depuis la lutte de personnalités au coeur du pouvoir aux enjeux politiques internationaux en passant par les intérêts régionaux. Cet ouvrage apporte un éclairage critique et nuancé sur les questions essentielles qui structurent les relations libanosyriennes.

  • Cet ouvrage a reçu le Prix d'Aumale de l'institut de France en 2010. Lorsque la France reçoit des délégations venues du monde entier pour redessiner l'Europe à la Conférence de la Paix de 1919, son principal souci est déjà de gagner la prochaine guerre face à l'Allemagne. La Tchécoslovaquie et la Pologne sont alors désignées comme les deux piliers de l'architecture de sécurité en Europe centre-orientale à condition que celles-ci acceptent d'accorder leurs lignes diplomatiques et militaires. Quelles initiatives françaises tentent de forcer l'entente entre Prague et Varsovie ? Quelles forces font obstacle à la nécessaire cohérence stratégique de ces trois acteurs qui peinent à devenir partenaires ? Pour saisir toute l'ampleur de cet enjeu central de la politique française à l'Est de l'Allemagne, les aspects militaires, diplomatiques et économiques sont ici croisés, permettant de clarifier les différentes influences qui orientent les relations internationales : marge de manoeuvre des gouvernements, processus de décision dans les ministères et les états-majors, poids du ressentiment dans la recherche d'une légitimité internationale. En abordant l'histoire d'un rendez-vous manqué, cet ouvrage éclaire l'une des raisons majeures de l'échec du système de sécurité français de l'entre-deux-guerres, mais aussi l'un des nombreux quiproquo que révèle l'histoire contemporaine des relations entre la France et les nations d'Europe centre-orientale.

  • Cet ouvrage explore le rapport des sociétés musulmanes à la modernité à travers l'analyse des processus de sécularisation et de démocratisation saisis dans leur pluralité et dans leur complexité ; processus parfois visibles, mais le plus souvent contradictoires et difficiles à appréhender. Assurément, après plusieurs décennies de politiques de modernisation, de nombreuses sociétés musulmanes sont confrontées à une réislamisation et à un néofondamentalisme. L'interprétation de ces phénomènes, au cas par cas, pose question : s'agit-il partout d'un simple retour à un passé idéalisé, ou bien, parfois d'une recherche d'accès à la modernité par d'autres moyens que ceux de l'Occident ? La réponse est loin d'être évidente. Les chapitres de ce livre, parcourant divers pays, régions et communautés, dans une perspective théorique et comparatiste, montrent que les sociétés musulmanes connaissent des transformations sociales profondes ; leurs rapports à la sécularité et à la démocratie sont difficiles, mais sans doute pas impossibles. De cette analyse se dégagent les convergences et divergences qui soulignent bien qu'il est erroné de parler de ces pays au singulier mais qu'il convient de raisonner en termes « des mondes de l'islam » et « des islams ».

  • Cet ouvrage part du postulat que le degré d'effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d'un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l'égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale... Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits. Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l'attitude de l'État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d'une cohésion au sein d'une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s'accompagner d'un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C'est à ces questions, d'ordre d'abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

  • Le 4 août 1914, l'armée allemande envahit la Belgique, État neutre aux traditions peu martiales, qui se trouve propulsé au coeur même de l'immense conflit qui va marquer tout le XXe siècle - y compris le sien, et notoirement... La société belge en guerre forme le sujet de cet ouvrage qui constitue le premier essai de synthèse de l'histoire belge entre 1914 et 1918 depuis l'étude d'Henri Pirenne (La Belgique et la Guerre mondiale, 1928). Le « Moment 1914 », c'est le refus de l'ultimatum de Berlin, l'invasion, l'exaltation de la Belgique héroïque, puis, à l'occasion des massacres des civils, de la Belgique martyre. Ensuite, la guerre s'installe dans la durée : cinquante mois d'occupation, de silence, d'amertume et de misères multiples. Temps de solidarité mais aussi de méfiance, de résistances mais aussi de défaillances, de célébration de la patrie mais également, pour certains, de refus de l'« idée-Belgique ». Tout comme le front militaire, le front de l'intérieur va pourtant tenir. Les années maigres de l'après-guerre révéleront toutefois, très vite, la mémoire de guerre comme source de divisions. La Grande Guerre fut cependant une expérience commune. Elle ne peut se penser que dans le contexte global de la société belge. Un livre qui bouscule bien des clichés ou des positions partisanes. Un livre qui permet d'entrer réellement dans les strates les plus profondes de la société belge au XXe siècle.

  • À contre-courant de nombreuses idées reçues, cet ouvrage s'attache à comprendre les rouages de la politique étrangère américaine à travers les exemples d'Enduring Freedom et d'Iraqi Freedom. Au fil d'un développement argumenté et documenté, l'auteur met en rapport acteurs, perceptions et processus en s'appuyant sur les différentes théories de la prise de décision ; l'Irak et l'Afghanistan y occupent une place fondamentale. L'analyse se concentre principalement autour du noyau décisionnel, à savoir la relation entre le président et ses conseillers. Il s'agit de démontrer que la coordination, la négociation, le compromis font partie intégrante de la prise de décision en politique étrangère, ce qui pose ainsi les limites à la rationalité d'une prise de décision. Comment l'administration Bush (com-)prend-elle la menace terroriste ? La politique étrangère américaine est-elle réellement dominée par les néoconservateurs ? Comment le président Bush envisage-t-il la prise de décision ? En a-t-il perçu les pièges ? Voici quelques questions auxquelles ce livre répond.

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