Paleo

  • " L'apparition des sciences et de l'esprit scientifique représente un bouleversement intellectuel et moral qui exige d'être pensé philosophiquement ; et l'intérêt majeur d'une lecture du Discours est de nous montrer que l'idée moderne de la science et l'esprit scientifique relèvent d'une philosophie. " Alain Chauve (conclusion du commentaire).

  • En 1929 paraît Le Mémorial de Foch, un recueil d'entretiens du journaliste Raymond Recouly avec le maréchal, ancien généralissime des armées alliées, qui vient tout juste de mourir. Le livre contient de vives critiques, et même des propos blessants, à l'égard de Clemenceau, surtout lors de la conclusion de la paix avec l'Allemagne envers laquelle l'ancien président du Conseil ne se serait pas montré assez ferme. Outré, le Tigre, qui approche de 88 ans, pousse un dernier rugissement, sous forme d'une violente réponse à celui qu'il avait fait nommer. Rédigées sur un ton très âpre, les pages de Grandeurs et misères d'une victoire reprennent les principaux épisodes de la 1e guerre mondiale, puis de la négociation du traité de Versailles et de son application jusqu'au moment présent. On retrouve dans cette contre-attaque magistrale la plume du polémiste et l'épée du duelliste, qui n'épargne pas non plus des contemporains comme Caillaux, Poincaré ou le président Wilson. Cet ouvrage, jamais réédité depuis sa parution en 1930, quelques mois après la mort de son auteur dont il fut le testament politique, est un prodigieux document sur la guerre et ses suites, en même temps que le poignant témoignage d'un géant de notre histoire. Le grand historien Jean-Noël Jeanneney, ancien ministre, ancien président de la BNF et petit-fils du chef de cabinet de Clemenceau, donne à ce texte toute sa portée dans une préface de haute tenue.

  • Cette édition rassemble plus d'une centaine de recettes et dix menus, tirés de l'ensemble des ouvrages de cuisine du Moyen Age et de la Renaissance.
    C'est une véritable promenade gourmande allant du brouet le plus ordinaire à l'entremet le plus spectaculaire. Chapons, chevreuils, maquereaux, huîtres, écrevisses, veaux, pigeons, perdrix, porcelets, pâtés, tartes, flancs, purées, pâtisseries, gelées, sauces, riz, ravioles, foies, plats pour jours maigres ou gras, plats pour les festins ou pour les malades ; sans oublier les boissons avec la recette du vin clairet et de l'hypocras.
    Ces textes, traduits de l'Anglo-normand, de l'ancien et du moyen français, sont tous accompagnés d'une présentation, et chaque terme culinaire répertorié et expliqué.

  • C'est à l'âge de dix ans qu'Orderic Vital fut envoyé au monastère de Saint-Evroul en Normandie. Dès lors son temps fut partagé entre l'étude, la prière... et l'écriture.
    Les rapports que l'abbaye entretenait avec l'Angleterre et l'Italie, les vieux chevaliers et les religieux étrangers qu'elle accueillait, permirent à Orderic de rassembler de nombreux témoignages et documents. Il en résulta cette monumentale Histoire ecclésiastique, conçue au départ comme l'histoire de son monastère, mais qui devint très vite la grande histoire de la Normandie romane.

  • Le livre 14 des Antiquités rapporte l'histoire de la Judée de 67 à 37 av. J-C. La guerre civile entre Hyrcan et Aristobule pousse alors les romains à intervenir. Appelés en aide par les deux partis, c'est Pompée qui s'en rend maître, en s'emparant de Jérusalem (63 av. J.-C). Le Temple est pillé par Crassus ; le protectorat romain est instauré. Mais une autre lutte se fait jour, qui a pour acteur principal le jeune Hérode. César domine alors la scène, et c'est l'occasion pour Josèphe de rappeler les décrets pris par le dictateur, comme par le sénat, en faveur des Juifs. Après la mort de César, Hérode cherche l'appui de Rome pour lutter contre le dernier descendant des roi hasmonéens. En 37 il peut célébrer ses noces dans Jérusalem conquise.

  • Il existait aussi chez les Egyptiens une loi très singulière concernant les voleurs.
    Elle ordonnait que ceux qui voudraient se livrer à cette industrie se fassent inscrire chez le chef des voleurs et qu'ils lui rapportent immédiatement les objets qu'ils auraient dérobés. Les personnes au préjudice desquelles le vol avait été commis devaient à leur tour faire inscrire chez ce chef chacun des objets volés, avec l'indication du lieu, du jour et de l'heure où ces objets avaient été soustraits.
    De cette façon on retrouvait aussitôt toutes les choses volées, à la condition de payer le quart de leur valeur pour les reprendre. Dans l'impossibilité d'empêcher tout le monde de voler, le législateur a trouvé un moyen de faire restituer, par une modique rançon, tout ce qui a été dérobé.

  • En août 1400 Nicolas de Baye est élu greffier civil du Parlement de Paris.
    A ce titre il est chargé de rédiger le compte rendu de toutes les audiences de la cour, du dépouillement des votes, et de certaines missions dans les affaires les plus délicates. C'est un des témoins clefs des événements du royaume de France, dans leurs aspects les plus politiques comme les plus quotidiens. Aussi les registres qu'il a tenus sont-ils du plus grand intérêt. D'autant que, s'il y rapporte scrupuleusement toutes les affaires dont il doit avoir connaissance, il ne manque pas de les accompagner de ses commentaires et de ses remarques.
    Qui plus est, Nicolas de Baye a tenu son propre journal, rédigé en latin, où il y développe les questions qui ne peuvent être inscrites officiellement dans les registres. C'est l'ensemble de ces documents que l'on trouvera dans ce volume. Nous y avons joint toutes les pièces et actes d'époque ayant trait aux personnes et aux affaires mentionnées.

  • " Molé atténua, ou ajourna, avec beaucoup de sagacité et de tact, les difficultés de la situation. La gravité de sa figure et de ses manières lui ôtait les apparences de la versatilité ou de la faiblesse. L'agrément de son commerce et de sa conversation attirait vers lui les hommes sans parti pris, et lui conciliait la bienveillance dans les rangs même où il ne rencontrait pas d'adhésion politique. Il savait démêler et placer à propos les mesures qui devaient donner, aux opinions diverses, des satisfactions désirées ou des compensations convenables. "

  • Guerre de Flandre ; Conflits avec l'Angleterre et avec la papauté ; installation des papes à Avignon ; affermissement des rois d'Aragon ; manipulation des monnaies ; scandale de la Tour de Nesle ; procès des templiers...
    Le règne de Philippe le Bel est riche en événements. Ceux-ci ont été rapportés avec beaucoup de précision par Guillaume de Nangis et ses continuateurs, alors moines de l'abbaye de Saint-Denis.

  • " L'instruction primaire est ou privée ou publique (article 3).... Toute commune est tenue, soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou plusieurs communes voisines, d'entretenir au moins une école primaire élémentaire (article 9).... Tout département sera tenu d'entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en se réunissant à un ou plusieurs départements voisins (article 11)... Il sera fourni à tout instituteur communal, 1° Un local convenablement disposé, tant pour lui servir d'habitation, que pour recevoir les élèves ; 2° Un traitement fixe (article 12)... En sus du traitement fixe, l'instituteur communal recevra une rétribution mensuelle (article 14)...
    Seront admis gratuitement, dans l'école communale élémentaire, ceux des élèves de la commune, ou des communes réunies, que les conseils municipaux auront désignés comme ne pouvant payer aucune rétribution (article 14). " Extraits de la loi Guizot sur l'enseignement (1833)

  • " Dans ce temps existait Pierre Abailard, fameux docteur, mais qui avançait sur la foi des dogmes dangereux. Comme ses écrits commençaient à se répandre, des personnages érudits et fidèles rapportèrent à l'homme de Dieu les nouveautés profanes qu'us renfermaient. Bernard lui adressa secrètement de sages avertissements, et celui-ci promit de se corriger. Mais ce Pierre n'eut pas plutôt quitté l'homme de Dieu, que se fiant à sa grande expérience dans l'art de disputer, il rétracta l'engagement qu'il avait pris. Suppliant l'évêque de Sens de réunir dans son église un nombreux concile, il accuse l'abbé de Clairvaux d'attaquer ses livres en secret, ajoute qu'il est prêt à défendre ses ouvrages à la face de tout le monde. "

  • " Alger, le 27 mai 1836. Monsieur, Les colons d'Alger se souviennent avec reconnaissance que dans les dangers qui, l'année dernière, menacèrent si vivement leur existence, votre crédit et la puissance de votre parole décidèrent du succès de leur cause que vous aviez identifiée à celle de la France elle-même. Lorsque ensuite, dans l'intervalle des deux sessions, les adversaires de la colonie annoncèrent de nouvelles hostilités, notre confiance dans l'intérêt que vous nous aviez témoigné nous empêcha d'abord de concevoir de sérieuses alarmes ; comment d'ailleurs nous persuader qu'après la solennelle reconnaissance de nos possessions d'Afrique, on viendrait, dès l'année suivante, renouveler des attaques auxquelles résisterait à peine une colonie mieux affermie que la nôtre ? Malgré toutes nos espérances, nous sommes encore aujourd'hui forcés de combattre, et nous avons recours à nos anciens défenseurs... " Lettre des dirigeants de la Société coloniale Algérie à M. Guizot, député de Paris.

  • " J'avais beaucoup étudié l'histoire d'Angleterre et la société anglaise. J'avais souvent discuté, dans nos Chambres, les questions de politique extérieure. Mais je n'étais jamais allé en Angleterre et je n'avais jamais fait de diplomatie. On ne sait pas combien on ignore et tout ce qu'on a à apprendre tant qu'on n'a pas vu de ses propres yeux le pays et fait soi-même le métier dont on parle. Ma première impression, en débarquant à Douvres, le 27 février 1840, fut une impression de contraste. A Calais, moins de population que d'espace, peu de mouvement d'affaires, des promeneurs errants sur la place d'armes ou sur le port, quelques groupes arrêtés çà et là et causant tout haut, des enfants courant et jouant avec bruit ; à Douvres, une population pressée, silencieuse, ne cherchant ni conversation ni distraction, allant à ses affaires ; sur une rive, le loisir animé ; sur l'autre, l'activité préoccupée de son but. "

  • " En arrivant le 7 août au château d'Eu, je trouvai le Roi, M. Thiers et tout leur entourage à la fois très animés et très tranquilles sur ce qui venait de se passer ; ils y voyaient en même temps l'explosion et la fin des menées bonapartistes ; on s'en étonnait et on s'en moquait : "Quel bizarre spectacle, disait-on ; Louis-Napoléon se jetant à la nage pour regagner un misérable canot au milieu des coups de fusil de la garde nationale de Boulogne, pendant que le fils du roi et deux frégates françaises voguent à travers l'Océan pour aller chercher à Sainte-Hélène ce qui reste de l'Empereur Napoléon !" Notre rendez-vous pour parler des affaires d'Orient fut un peu dérangé par cet incident ; le Roi et M. Thiers partirent d'Eu le 8 août au soir pour aller tenir un conseil à Paris, et convoquer la cour des pairs appelée à juger le prince Louis et ses compagnons. "

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