Institut National D'histoire De L'art

  • Qui est cette femme représentée sur le fameux Portrait d'une femme noire réalisé en 1800 par Marie-Guilhemine Benoist (1768-1826)? Qui se cache derrière cette présence en gloire presque qui s'impose par sa beauté souveraine sur ce tableau pourtant réalisé par une peintre dont l'engagement politique en fait bien une partisane des royalistes esclavagistes plus que d'un Girodet républicain, son prédécesseur qui, avant elle, avait réalisé le portrait de Jean-Baptiste Belley, premier député noir de France? C'est en opérant un déplacement radical du point de vue et de la méthode qu'Anne Lafont, en historienne de l'art spécialisée dans la représentation des Noir.e.s,, propose une nouvelle « lecture » de ce tableau. Se détournant des intentions de son auteur, sondant à la fois la généalogie des portraits de personnes de couleurs et l'histoire des femmes noires affranchies, Anne Lafont fait l'hypothèse que l'histoire de cette femme pourrait s'apparenter à celles des signares et ou des Créoles placées, esclaves qui ont conquis leur affranchissement par des jeux d'alliance; elle imagine, par ailleurs, au-delà de toutes les influences de l'histoire de l'art, une influence exercée par la modèle elle-même sur sa portraitiste.

  • Les gravures de Piranèse agrandissent ou réduisent à plaisir les monuments, elles jouent de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, elles tordent les perspectives et modulent les premiers plans comme si le graveur, conscient de ses effets, ployait les monuments à son propre plaisir pour les faire parler à sa place.

  • Gertrud Bing collabore à partir de 1921-1922 avec Aby Warburg à Hambourg. En 1933, elle organise le déménagement de l'Institut Warburg à Londres. En 1955, elle prend la direction du Warburg Institute. Lorsqu'en 1958, elle décide de réaliser une biographie d'Aby Warburg. L'ouvrage présente toutes les archives inédites de ce projet de bio interrompu.

  • Les oeuvres du Land art se déploient dans le silence des déserts, nues, massives, monumentales et cependant d'une fragilité extrême. Pures présences, elles sont toujours sur le point de devenir invisibles, toujours au bord de la disparition. Penser leur restauration excède largement le domaine de spécialisation dans lequel on a souvent tendance à enfermer l'acte même de restaurer.

  • Appréhender les arts visuels comme un certain rapport à la danse et, réciproquement, la performance dansée en tant qu'image en mouvement, tel est l'objet de ce numéro. De l'Antiquité à nos jours, le sommaire décline une diversité de thèmes et d'approches méthodologiques, incluant des études traitant des danses comme autant de pratiques sociales genrées, situées au confluent de l'artistique, du politique et du transcendant. La question de la médiation de la danse, qu'elle relève de la représentation graphique - incluant les différents systèmes de notation chorégraphique - ou de l'image (fixe ou mobile), y tient une place significative, puisqu'elle modèle non seulement notre manière de l'imaginer et de la décrire, mais également notre façon d'en faire l'expérience. Thématique privilégiée pour penser la porosité disciplinaire de laquelle procède l'histoire de l'art, la danse, à travers les notions d'empathie, de kinesthésie, comme de vie des images, vient déstabiliser notre rapport au temps et à l'espace, créant une continuité entre des réalités hétérogènes. À travers son prisme, sont notamment repensées les questions afférentes à l'espace muséal et à ses collections, aux catégories artistiques de la performance ou de la théâtralité, ainsi qu'à certaines notions anthropologiques, tels le rituel, le divertissement, ou celle, plus générique, de geste.

  • Ce numéro de Perspective est consacré aux manières dont l'histoire de l'art peut penser les actes de destruction qui touchent les oeuvres dans leurs dimensions matérielle, conceptuelle, symbolique, métaphysique. Si la guerre et, en miroir, la question de la préservation et de la protection du patrimoine figurent bien au centre d'une telle thématique, celle-ci ne saurait pour autant se réduire à la violence de l'anéantissement, la destruction ne pouvant se comprendre que dans son rapport dialectique à la construction. Les différentes contributions rassemblées ici abordent ces pratiques à travers la diversité des motifs qui les sous-tendent (religieux, rituels, ludiques, guerriers, polémiques, etc.), en interrogeant les moyens de leur documentation et la mémoire qui en subsiste. De l'Égypte pharaonique au monde contemporain occidental, des Premières Nations de la côte nord-ouest de l'Amérique au continent africain moderne et contemporain, les questions du vandalisme et de l'iconoclasme y sont déployées jusqu'à explorer la fécondité du geste destructeur et la manière dont les artistes s'en sont diversement emparé.

  • En livrant des échos des dialogues, échanges, disputes savantes entre Louis Grodecki et ses correspondants, le millier de lettres colligées dans ce recueil - et ce n'est qu'une petite part d'un ensemble monumental - ouvre de plain-pied sur la fabrique de l'histoire de l'art médiéval et les débats qui l'animent en Europe et en Amérique, entre 1933 et 1980.Les lettres rassemblées ici viennent de ou sont adressées à Henri Focillon, André Chastel, Hélène ou Jurgis Baltrusaitis, Erwin Panofsky, Willibald Sauerländer, Louis Massignon jusqu'à Roland Recht ou Xavier Baral y Altet. Elles donnent à lire les discussions qui se sont tramées entre plusieurs générations de chercheurs en quête de vérités et de méthodes. Toujours denses, rigoureusement structurées, elles sont une part majeure de la production littéraire de Louis Grodecki et livrent un aperçu du temps et du sérieux mis dans cet exercice par les derniers épistoliers du xxe siècle.

  • Le prochain numéro de la revue de l'Institut national d'histoire de l'art, Perspective: actualité en histoire de l'art, est consacré au Maghreb, aux histoires de l'art qui s'y pratiquent comme aux études et aux travaux que suscitent son patrimoine et sa création contemporaine à l'échelle internationale. Ainsi la revue poursuit-elle son projet: proposer régulièrement des numéros thématiques dont la géographie est le point d'ancrage. Pour la première fois, et après des numéros consacrés notamment à l'Espagne (2009-2), aux Pays-Bas (2011-2), au Brésil (2013-2) ou encore aux États-Unis (2015-2), elle se détourne de l'État-nation au profit d'une région. Chacune des contributions de ce numéro en redéfinit le sens et les frontières selon les périodes envisagées et les sujets abordés.Cette gageure est aussi une occasion pour Perspective d'éprouver l'opportunité des catégories traditionnelles de l'histoire de l'art. Sur ce plan, le numéro présente, entre autres, des voix de personnalités, à l'instar de Rachida Triki (philosophe et critique d'art, Université de Tunis), Kader Attia (artiste plasticien) et Yto Barrada (artiste plasticienne), mais aussi des articles collectifs sur les questions de savoirs archéologiques au Maghreb, sur la notion de musée universel telle qu'elle s'élabore depuis la rive sud de la Méditerranée, ou encore sur la façon dont les institutions patrimoniales ont traversé les indépendances. Figurent au sommaire des articles de fond consacrés à l'architecture de l'Empire almohade ou encore à l'historiographie des corans maghrébins pendant le Moyen Âge et, sur la période contemporaine, une contribution retraçant l'histoire urbaine d'Alger. L'architecture de Fernand Pouillon, l'ornementation des manuscrits à la période moderne, l'Algérie de Fanon dans sa relation aux arts, l'architecture moderne vernaculaire tunisienne, l'histoire connectée d'une galerie marocaine, les artistes de la lettre et de l'écrit... autant de questions qui viennent nourrir ce volume et dont la somme révèle la multiplicité des recherches en cours et à venir sur l'art et l'histoire d'Afrique du Nord.

  • Consacré au Japon, ce numéro de Perspective entend rendre compte de la richesse des études et des travaux que suscitent son patrimoine et sa création artistique. Loin de toute approche endogène ou essentialiste, il s'agira de considérer la thématique au-delà des frontières géographiques de l'archipel et de l'envisager à l'aune des dynamiques d'interactions économiques, culturelles et artistiques entretenues avec le reste du monde, les récits et les imaginaires qu'elle a nourris.
    La revue fera ainsi état de l'actualité de la discipline de l'histoire de l'art au Japon en proposant des grands débats portant sur les Jomons, la question de la restauration des monuments historiques, ou encore sur les îles musées et les triennales d'art contemporain. Fidèle à sa ligne éditoriale, la revue ouvrira ses pages à des contributions couvrant l'ensemble du spectre chronologique, traitant tant des cosmologies et de la représentation des genres à la période médiévale, que de la construction de l'historiographie des avant-gardes, en passant par la peinture populaire, le marché de l'art ou encore le jardin comme objet de déconstruction des stéréotypes de la culture japonaise.

  • Ce numéro de Perspective est consacré à l'art et aux bibliothèques: il a été conçu en écho à laréouverture de la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art et comporte un ensembled'articles qui traitent de sujets aussi variés que la bibliothèque et l'art contemporain, lesbibliothèques d'artistes, les modes de classification des livres d'art depuis la période moderneou encore l'architecture des bibliothèques à l'ère numérique. Jean-Christophe Bailly ouvre le numéro avec Envoi (ricochets). Le bibliothécaire et historien de l'art Michel Melot nous accorde un grand entretien tandis que l'historien de l'architecture et bibliophile Werner Oechslin nous offre une contribution théorique remarquable sur la mobilité du savoir.Des articles plus brefs et fort originaux sur des collections documentaires consacrées à l'art urbain ou au cinéma, ou encore composées d'ephemera, complètent ce numéro, qui se révèle une extrapolation stimulante de cet événement institutionnel qui voit, à la fois, l'inauguration de la salle Labrouste rénovée et l'accès démultiplié aux collections documentaires et artistiques de l'INHA.

  • Perspective se tourne ici vers un vaste territoire - l'espace nordique européen, étendu au Danemark, à la Finlande, à l'Islande, à la Norvège et à la Suède - dont il s'agit d'interroger à la fois la pertinence, l'extension et les spécificités en tant que construction culturelle et historique dont les contours ont fluctué au cours du temps. Peut-être faudrait-il plutôt parler des Nords, une dimension plurielle prise en compte notamment dans un débat autour de l'identité samie et l'histoire récente des pratiques des artistes autochtones. S'il s'agit de donner la parole aux créateurs issus des pays nordiques dont la démarche relève des arts visuels ou du design, ce volume est également l'occasion d'inviter chercheurs et conservateurs à explorer ensemble l'histoire et le présent de la discipline, tout en conviant des personnalités singulières à retracer leur parcours personnel. La construction des identités nationales, des généalogies intellectuelles et artistiques, comme la déconstruction de certains mythes nordiques - du naturalisme paysagiste à l'écologie en passant par la figure romantique du héros-artiste en communion avec la nature - sont quelques-uns des thèmes récurrents des contributions réunies dans ce numéro.

  • Ce numéro de Perspective est consacré à la discipline aux États-Unis, avec un ancrage majeurdans les études sur l'art américain sous ses différentes facettes (photographies urbaines,quilts, performances, objets décoratifs...). Les auteurs interrogent aussi la question dutournant mondial de l'histoire de l'art tel qu'il est envisagé depuis le territoire de la linguafranca; ils livrent des études fondamentales sur les enjeux de la recherche pour ce quia trait à l'art afro-américain, sur les formes les plus innovantes de la digital art history etsur les différents contextes d'exposition de l'oeuvre des Amérindiens au XXe siècle. Surle plan géographique, l'expérience de la côte pacifique est investie du point de vue dela production de l'art et de l'histoire de l'art tandis que la dimension institutionnelle,économique et politique du financement de la recherche, tant privé que public, fait l'objetd'articles majeurs.

  • Ce numéro couvre une actualité de la recherche qui fait écho aux bruits du monde: l'avenir de Palmyre, la réinvention du musée universel à l'aune du conflit, la patrimonialisation de la forêt de Fontainebleau ou encore la création et l'activisme à l'ère du sida. Roland Recht s'y entretient avec trois historiens de l'art attentifs à son parcours hors norme.Perspective ouvre ses pages à des chemins de traverse - la fiction peut-elle opérer dans l'écriture de l'histoire de l'art? - et donne la parole aux acteurs de l'art contemporain et de la critique qui abordent la diffusion des savoirs de l'art dans les médias. On trouve aussi dans ce numéro des bilans sur l'archéologie italique et romaine, les ivoires gothiques, le XVIIe siècle français, l'écriture de l'histoire des femmes artistes depuis 1800, la photographie documentaire des années 1930 et les manifestes artistiques du XXe siècle.

  • Ce numéro varia de la revue Perspective est l'occasion d'aborder de grands thèmes transversaux de l'histoire de l'art - de la place de la couleur dans l'Antiquité à la culture visuelle des jeux sportifs à l'époque moderne -, comme des figures singulières, Jean-Jacques Lequeu et Edgar Degas, à l'aune d'une historiographie renouvelée qui défie certaines notions clefs de la discipline, l'anachronisme pour le premier, la généalogie pour le second. Témoins de la vitalité de la recherche actuelle en histoire de l'art, des bilans historiographiques sur l'architecture des bidonvilles, sur la naissance de la discipline en Europe ou encore sur la valeur refuge de l'art au temps du capitalisme et de la mondialisation, complètent ce volume.L'oeuvre de l'historien de la sensibilité Alain Corbin est mise à l'honneur dans ce numéro à travers l'entretien que lui consacre Georges Vigarello, parcours sensoriel cheminant de l'ouïe à l'odorat, du toucher à la vue, du goût aux perceptions « profondes », qui met notamment en exergue la manière dont son approche, empathique avec la vie, a su faire l'histoire d'objets évanescents, voire évanouis.Ces pages sont enfin l'occasion d'ouvrir deux débats à l'actualité brûlante, qui entendent offrir des pistes de réflexion sur des sujets particulièrement sensibles. Portant sur l'art dégénéré et la spoliation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, le premier jette un éclairage sur ces questions par un fort ancrage historique, quand le second se penche sur l'histoire complexe de la constitution des collections muséales d'art non-occidental en interrogeant la possibilité de leur restitution aujourd'hui.

  • À travers la notion de multiples, ce numéro traite de la question de la reproductibilité technique. Si la formulation renvoie immanquablement à Walter Benjamin et à son célèbre essai de 1935, ce volume n'entend pas se limiter à la reproduction de masse inhérente à l'avènement de la photographie et du cinéma mais bien à embrasser l'ensemble des techniques de reproduction dans une perspective transhistorique. Les contributions rassemblées ici s'intéressent ainsi tant aux procédés d'empreinte et de moulage et à leurs différents usages depuis l'Antiquité, qu'à l'estampe ou à la carte postale, en passant par la tapisserie, les machines à dessiner au siècle des Lumières, jusqu'au design, aux films et aux publications d'artistes aujourd'hui. Il s'agit d'interroger les présupposés ontologiques qui opposent l'original à ses copies, autant que les dynamiques commerciales et les visées politiques sous-tendues par la reproduction technique, de la simple copie à la reproduction en série. Si elles constituent un tournant dans la diffusion des oeuvres, les techniques de reproduction de masse ont en retour influé sur leur production, comme en témoigne la création contemporaine dans le champ musical ou chorégraphique, aussi bien que l'architecture et ses mutations à l'heure du numérique et du virtuel.

  • Perspective : actualite en histoire de l'art, 2021-1. portugal et esp aces lusophones Nouv.

    Ce numéro est consacré aux transferts culturels entre le Portugal et les espaces lusophones (Angola, Brésil, Macao, Mozambique notamment). Se détournant des approches endogènes ou essentialistes, il s'agit d'envisager ces espaces au-delà des stéréotypes que constituent la mythologie des grandes découvertes et le luso-tropicalisme, la dichotomie entre beaux-arts et arts populaires ou encore l'opposition centre-périphérie. Les auteurs y explorent l'historiographie de l'histoire de l'art au Portugal, mais aussi l'histoire moderne de l'architecture et de ses décors, à travers les illustres azulejos, mais aussi le patrimoine aguda du golfe du Bénin, ou la plus récente École de Porto. Sont abordées les dernières recherches sur le commerce, la production et la réception des objets d'arts décoratifs au début de la période moderne, ainsi que le cinéma lusophone et le livre de photographie au prisme de la décolonisation, sans oublier certains aspects de l'histoire des musées et des collections portugaises issues de cet héritage complexe. Autant de sujets qui permettront d'interroger, depuis une perspective à la fois historique et théorique, les processus de migrations, de transferts et de déplacements ou encore d'hybridation des objets et des idées, les circuits coloniaux et postcoloniaux, et la question des réseaux culturels à travers les âges et au prisme de différents médiums artistiques.

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