Philosophie

  • Le prince

    Machiavel

    A l'origine de la légende du "machiavélisme", Le Prince est en réalité un manuel destiné à fournir au "Prince" qui viendra gouverner l'Italie les recettes qui lui permettront de sauver le pays. Les guerres d'Italie l'ont en effet ravagé en tous sens, et les principautés italiennes n'ont pu opposer aux armées étrangères (françaises, espagnoles...) que d'inefficaces troupes de mercenaires, les condottieri. Machiavel, qui n'est plus aux affaires depuis le retour des Médicis à Florence, appelle donc à une refondation politique nécessaire, autour d'un Prince nouveau. A ce Prince, il faut fournir des modèles, et des "contre-modèles". Ce souci de l'efficacité vaudra à ce qui est sans doute le premier véritable manuel moderne de sciences politiques la réputation sulfureuse qui l'a poursuivi jusqu'à nos jours.

  • Dans une attaque frontale contre la religion et la barbarie qu'elle engendre, Richard Dawkins dénonce « l'illusion de Dieu ». Il estime que l'hypothèse de Dieu doit être analysée avec les mêmes outils rationnels et le même scepticisme que n'importe quelle autre. Il s'attache donc à faire la démonstration de la « probabilité extrêmement faible de son existence ». Amoureux de la nature, le scientifique invite son lecteur à se tourner vers la splendeur du monde réel. Comprendre le monde du vivant, voilà qui, selon l'auteur, devrait permettre d'abandonner toutes les formes de superstition. Et notamment, celles remises au goût du jour par le créationnisme qui sévit dans de nombreux pays, en particulier aux Etats-Unis.

  • Averroès

    Ali Benmakhlouf

    Ibn Rushd (1126-1198) ? nommé Averroès par le monde latin ?, juge, médecin et philosophe, a joué un rôle décisif dans l'histoire de la pensée : il a recueilli l'héritage d'Aristote et a contribué à le transmettre à l'occident chrétien.
    Plus encore, en recevant le Coran comme une prescription à connaître, et non pas seulement à croire, il a installé la raison au coeur de la Foi. Averroès a méthodiquement entrepris de délimiter le domaine de validité du jugement, d'établir les règles de son « bon » exercice, en prenant soin de préciser les formes optimales d'obtention de l'assentiment : la démonstration, la plus haute forme de connaissance pour les savants, la discussion dialectique et la persuasion rhétorique pour tous les autres, y compris les théologiens.
    Ce livre détaille le grand projet d'Averroès : construire une défense forte de la philosophie, à partir d'une lecture, soucieuse de la lettre, du Coran, et d'une interprétation juridique de la loi religieuse.

  • En 2012 est célébré avec éclat le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.
    Le "citoyen de Genève" a ouvert un monde nouveau, centré sur l'individualisme affectif. Voilà en effet l'un des rares auteurs que l'on aborde par son prénom. C'est à cette articulation nouvelle du public et du privé, du montré et du caché, de l'exprimé et de l'indicible, du honteux et du sublime, du plaisir et de la douleur que le livre s'est attaché. La révolution rousseauiste a bouleversé le champ politique et social, en promouvant le concept indépassable de "citoyen".
    Contrat social ici, Confessions là, jamais homme et son oeuvre ne furent à ce point confondus. Les auteurs les font dialoguer avec virtuosité, rendant vie à ce qui fut et demeure un prodigieux phénomène de société, aux confins de l'universel et du singulier.

  • Raymond aron

    Nicolas Baverez


    raymond aron (1905-1983) fut non seulement un spectateur engagé, témoin de l'histoire du xxe siècle, mais aussi un acteur majeur du combat qui opposa la démocratie au totalitarisme, un pédagogue de la liberté qui contribua à éclairer l'opinion française sur les dangers des idéologies.
    la grandeur d'aron se situe dans cet héroïsme de la volonté qui ne renonce ni à l'action politique, quand bien même elle affronte l'absurde, ni à la vérité, quand bien même elle est partielle, ni à une certaine nécessité de la raison, quand bien même il sait l'histoire tragique. aron reste ainsi notre contemporain. parce qu'il a pensé la démocratie dans toutes ses dimensions, la guerre et les défis qu'elle lance aux sociétés modernes, la liberté politique et les adversaires mortels qu'elle engendre.
    parce que, averti par la débâcle des années 30, il n'a cessé de pointer les risques d'une décadence de l'europe et d'une marginalisation de la france.

  • Ce classique de la pensée religieuse, constamment réédité, sort enfin en poche. Le monothéisme dont le message naît en hébreu est communiqué aux païens par des traductions, grecques, latines, puis diversifiées. Reste-t-il alors intelligible dans son intégralité ? S'il est compris, demeure-t-il toujours aussi " désirable " ? Enfin, face aux sciences expérimentales, l'intelligence humaine le perçoit-elle comme encore vrai ? De ces trois questions centrales émerge une interrogation primordiale : comment intégrer le message et l'enseignement du monothéisme judéo-chrétien dans une vision actuelle du monde qui le rende intelligible, désirable et vérifiable ? Cet ouvrage tente d'analyser l'ensemble de ces problèmes à travers sept conférences ici réunies.

  • Spinoza

    André Scala

    Comment Spinoza est il devenu philosophe et surtout, comment a-t-il philosophé avec ceux qui le voulaient, ceux qui s'y opposaient et ceux qui en ignoraient tout ? La réponse à ces questions sur l'origine et l'application éclaire son oeuvre et en ouvre les arcanes.

    On ne peut guère imaginer plus grande solitude de pensée : Spinoza, philosophe, grammairien et penseur politique, fut à son époque - le XVIIe siècle - l'athée, l'infâme, l'imposteur. Lui, le philosophe de la joie, de l'amour, de la puissance et de la libération.
    C'est qu'il dérangeait - hier comme aujourd'hui - par son effort pour établir une communauté de pensée. Donc, être philosophe avec ceux qui ne le sont pas, ceux qui veulent apprendre, ceux qui veulent empêcher la philosophie ou ceux qui imaginent qu'on peut s'en passer. Expliquer cette démarche, tel est l'objet de ce livre.

  • « Le national-socialisme est un principe barbare », écrit Martin Heidegger dans ses Cahiers noirs, ajoutant : « C'est ce qui lui est essentiel et sa possible grandeur. » Révolutionnaire radical, ayant vu et approuvé le caractère destructeur du nazisme, le recteur de Fribourg a réservé d'autres surprises dans ses journaux philosophiques, dans lesquels il évoque par exemple l'« auto-anéantissement du "juif? ». Alors que le philosophe est devenu un objet d'incompréhension et d'horreur, nombre de spécialistes en appellent désormais à l'histoire. C'est cette réhistoricisation que l'auteur a entreprise dans ce livre. Refusant la polémique, l'adoration et la détestation, il s'emploie à comprendre l'homme et le penseur, de l'intérieur et en son temps, par le biais de toutes les sources disponibles : cours, lettres, textes de circonstance, de même que les Cahiers noirs qui suscitent tant d'émoi.
    Excédant largement le IIIe Reich, le cheminement de Heidegger fut heurté : il commença par un catholicisme intransigeant, qui laissa la place, après la Première Guerre mondiale, à une volonté farouche de révolution philosophique, terreau dans lequel son nazisme vint jeter de profondes racines qui survécurent à l'effondrement du régime d'Adolf Hitler. De cette biographie se dégage un portrait fait d'ombres et de lumières : grand philosophe, maître, ami ou amant de juifs ou d'étrangers, Heidegger fut aussi un nationaliste antisémite, inquiet de l'« enjuivement » de son peuple et soucieux de son rôle historique prééminent.
     

  • La pensée d'Emmanuel Levinas (1905-1995), qui s'impose aujourd'hui comme l'un des plus grands philosophes français, eut d'abord du mal à se faire reconnaître, en raison d'une originalité qui tranchait avec le cours de la philosophie occidentale, sans rien abdiquer de sa contrainte de rigueur.
    Aujourd'hui, elle court le risque de n'être pas vraiment entendue du fait d'une demi-célébrité tard venue, propice à la caricature. Levinas, introducteur de la phénoménologie en France, a produit une oeuvre singulière qui, de De l'existence à l'existant (1947) à De Dieu qui vient à l'idée (1982) en passant par Totalité et Infini (1961) et Autrement qu'être (1974), témoigne d'une épreuve et d'une injonction : épreuve de l'Infini, appel du visage d'Autrui.
    Autant dire que l'essentiel pour Levinas, dont ce livre révèle la richesse des intuitions, se situe dans la relation éthique.

  • Deleuze

    Alberto Gualandi

    En quoi la pensée de Deleuze est-elle singulière ? Ce livre met à jour tous les ressorts exposés ou enfouis de ce système de pensée, l'un des plus séduisant de la philosophie contemporaine.

    Une voix qui enchantait les foules, une force et une ardeur intellectuelles peu communes, une pensée aussi séduisante que controversée : Deleuze est bien l'une des figures marquantes de la philosophie contemporaine.
    Reste à comprendre la singularité d'une oeuvre, tentative brillamment conduite ici par Alberto Gualandi. Celui-ci éclaircit les concepts deleuziens - pli, réseau, rhizome, intensité... - et les rattache à la grande tradition philosophique occidentale.

  • Lyotard

    Alberto Gualandi

    Jean-François Lyotard occupe une place à part dans l'univers de la pensée " continentale ". Philosophe artiste, venu de la phénoménologie et du marxisme, il a su apprendre des peintres, des écrivains, des musiciens et... des scientifiques. Politique désabusé, ancien militant de Socialisme ou Barbarie, acteur de l'événement-mai 68, il finit par ne plus croire à la valeur subversive de la négativité. Auteur de plus de trente livres traduits dans une dizaine de langues, inventeur d'une notion aux fortunes diverses, le postmoderne, Jean-François Lyotard est pour beaucoup l'incarnation contemporaine de ce qu'on appelait autrefois un sophiste. Réexposant ses grands thèmes - la vérité, le langage, le temps et la sensation - ce livre voudrait plaider pour celui qui a rappelé à notre époque d'après Auschwitz l'importance du jugement et montrer que la tension intellectuelle qui anime cet hybride, mi-sophiste mi-philosophe, n'est pas signe de duplicité, mais de la difficulté de penser droit entre enthousiasme et mélancolie.

  • Sartre

    Denis Bertholet


    prendre la vie et la pensée de sartre ensemble.
    sans parti pris thuriféraire, ni critique systématique : ce livre suit le mouvement passionné, irrésistible qui porte sartre à comprendre sans cesse ce qu'il est et ce qu'il fait dans le monde, puis à se projeter dans une oeuvre en expansion continue. tout s'articule : le poids d'être un fils sans père, à la recherche permanente de l'amour des autres, des femmes, des lecteurs, de la jeunesse des années soixante ; l'histoire, qu'il découvre pendant la guerre, qu'il croise dans l'aventure communiste comme durant la guerre d'algérie ; l'écriture comme don de soi, comme symétrique de l'acte d'aimer, comme exigence quotidienne, comme moyen de remonter dans les strates de sa propre histoire.
    denis bertholet décode avec talent et clarté la complicité qui lie sartre aux époques que celui-ci traverse.

  • " connais-toi toi-même ", conseillait socrate à chacun de ses disciples.
    " je pense, donc je suis ", répliquait descartes quelque 2000 ans plus tard. " le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas. ", rétorque pascal. quant à hobbes, il a déjà dit : " l'homme est un loup pour l'homme ! ", tandis que, pour rousseau : " l'homme naît libre et partout il est dans les fers ". voltaire restera celui qui a fait dire à candide pour se moquer de leibniz que " tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ".

    Voici un florilège des mots les plus fameux des philosophes les plus illustres. ce livre se propose d'offrir à ses lecteurs quelques-unes des pages les plus célèbres de la pensée occidentale, celles que chacun doit connaître. chaque auteur se trouve présenté, des présocratiques à nos jours, par une courte biographie écrite dans un style alerte et vif, riche en anecdotes, sans aucune ambition érudite.
    C'est un livre que tout le monde peut comprendre et oú rien d'hermétique n'a été conservé. la philosophie a souvent la réputation d'être réservée à une élite d'amateurs éclairés qui jargonnent entre eux en utilisant une langue rébarbative. tel n'est pas le cas ici. le lecteur trouvera réunis en u seul volume deux cents textes clés qui constituent une sorte de condensé de la pensée philosophique à travers les âges.

  • Quelle était l'influence de Montaigne sur Pascal ? Est-ce par hasard que les Pensées de Pascal sont restées à l'état fragmentaire ? Que gagne-t-on à parier sur Dieu ? En quoi l'homme est-il chanceux d'être misérable ? Le « moi » n'est-il que le cache-sexe du vide ?
    En décrivant les mécanismes de l'imagination et en réduisant le pouvoir à sa représentation, Pascal est le plus révolutionnaire des conservateurs.
    En faisant valoir la présence paradoxale d'un " Dieu caché ", les Pensées sont une machine de guerre contre l'intégrisme.
    En montrant que " le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point ", Pascal prouve, avant Bergson et Sartre, qu'il ne suffit pas toujours d'avoir raison pour ne jamais se tromper.
    Bref, lire Pascal est une évidence.

  • Recueil de lettres de Nietzsche pour partie inédites en français, cet ouvrage ouvre une perspective exceptionnelle, originale, de l'enfant impérieux, du jeune homme exalté, de l'adulte conquérant et surtout du génie passionné et souffrant qu'il fut. Au fil des lettres, on découvre la puissance sous-jacente à ses idées, les défis qu'il s'impose et impose à la philosophie occidentale, mais aussi et peut-être surtout son extrême isolement que tout à la fois il revendique et déplore. Derrière une pensée qui s'affirme, c'est au naufrage d'un homme qu'on assiste, impuissant et malheureux. Ses lettres à Wagner, dont il sera l'admirateur puis le contempteur, celles à Lou von Salomé, l'une des rares personnes qu'il reconnut comme interlocuteur intellectuellement valable, sont poignantes. En le lisant, on saisit les vertiges dont il fut la proie. Avant de perdre définitivement l'équilibre...

  • Kant

    Enthoven/Foessel

    • Perrin
    • 29 Octobre 2009

    Aucun philosophe n'a meilleure ni plus mauvaise réputation qu'Emmanuel Kant, dont l'hermétisme recouvre, comme le lierre cache l'arbre, des interrogations partagées par tous : que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Peut-on mourir pour une idée ? A-t-on jamais le droit de mentir ? Ou de condamner à mort ? Qu'est-il permis d'espérer ?.. Autant de questions auxquelles s'attache à répondre Michaël Foessel, excellent pédagogue et fin connaisseur de Kant, dans une discussion libre sur le grand philosophe du genre humain.

  • Blaise Pascal (1623-1662), mathématicien, géomètre et physicien, défenseur du catholicisme selon saint Augustin et ennemi des Jésuites, polémiste mordant tenté par le retrait du monde, est souvent obscurci par sa légende.
    Auteur à la fois du Traité du triangle arithmétique et de Pensées posthumes, inventeur d'une machine ancêtre de nos calculettes et surtout du calcul des probabilités, il a développé, à travers une oeuvre multiple, une conception cohérente de l'homme, de sa nature et de sa place dans la Création, en même temps que de l'exercice de la raison. Francesco Paolo Adorno s'est attaché à restituer la figure et la pensée de ce contemporain perpétuel.

  • La création

    Raphaël Enthoven

    • Perrin
    • 12 Mars 2009

    D'où vient la création ? Comment faire l'archéologie de l'acte créateur ? C'est à cet exercice paradoxal que se livrent cinq penseurs - religieux, philosophes et savants - en compagnie de Raphaël Enthoven. Qu'y a-t-il avant le début de tout ? Pourquoi trouve-t-on deux versions de la Genèse ? En quoi le discours créationniste est-il à la fois imparable et délirant ? L'inspiration est-elle un mystère divin, ou l'énigme d'un rapport candide au monde ? A quoi tient la ressemblance stupéfiante entre Le Cri de Munch et la coupe transversale d'un tronc d'arbre ? La nature est-elle un artiste ? Qu'est-ce que la nouveauté, enfin ? Dans quelle mesure repose-t-elle sur l'habitude, et dépend-elle du regard ? Cinq dialogues qui se font écho, où chaque intervenant, s'interrogeant sur lui-même, semble répondre à tous les autres...

  • Le visage

    Raphaël Enthoven

    • Perrin
    • 7 Mai 2009

    Que lit-on sur un visage ? Que masque-t-il ? Le visage est-il le miroir de l'âme, ou bien son cachemisère ? Que vaut un miroir que l'on maquille ? A quoi tient la majesté des visages sans regard ? Le visage estil l'interface de l'absolu ? Au gré d'une discussion avec des anthropologues, des philosophes et une historienne d'art, Raphaël Enthoven vous propose d'approcher le visage d'un peu plus loin.

  • Marx est mort deux fois.
    D'abord le 14 mars 1883, ensuite un siècle plus tard, victime de ses disciples qui ont couvert de son nom la plus navrante des utopies. Le premier Marx, redécouvert ici, plein de sève et d'ardeur, est un travailleur infatigable, l'auteur du Capital, l'ami d'Engels, l'époux très aimant de l'aristocrate Jenny von Westphalen. Profondément russophobe et américanophile, admirateur du libéralisme et partisan du libre-échange, ce polyglotte balança longtemps entre la France et l'Allemagne, avant de choisir l'Angleterre.
    Juif honteux, il s'acharna contre la religion dont il était en réalité pétri. Les révolutions de 1848 et de la Commune lui inspirèrent beaucoup plus de méfiance et de sarcasmes que d'éloges. Formidable écrivain, orateur médiocre, cet Européen avant la lettre, homme de cabinet, péremptoire et ignorant du monde qui l'entoure, a mis son immense culture et son puissant tempérament au service d'une oeuvre au total inaboutie, et d'une cause qui l'a dépassé.

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