Littérature germanophone

  • Un élève officier de l'armée austro-hongroise, aspirant écrivain, adresse ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et sollicite son avis. De 1903 à 1908, en quelque dix lettres, le jeune homme, alors à la croisée des chemins, hésitant entre la voie toute tracée de la carrière militaire et la solitude aventureuse de la vie d'écrivain, confie à son aîné admiré ses doutes, ses souffrances, ses émois sentimentaux, ses interrogations sur l'amour et la sexualité, sa difficulté de créer et d'exister. Le poète lui répond. Une correspondance s'engage. Refusant d'emblée le rôle de critique, Rilke ne dira rien sur ses vers, mais il exposera ce qu'implique pour lui le fait d'écrire, de vivre en poète et de vivre tout court.

    /> Publié pour la première fois dans son intégralité, cet échange intime ne permet pas seulement de découvrir enfin le contrechamp de lettres qui furent le bréviaire de générations entières, il donne au texte de Rilke une puissance et une portée nouvelles, et invite à repenser la radicalité de son engagement esthétique, mais aussi la modernité frappante de sa vision de la femme.

  • L'Homme sans qualités est le fruit d'une entreprise qui s'étend sur plus de vingt ans. Les premières ébauches de l'oeuvre dans laquelle Musil investira toute son énergie à partir des années 30, datent des années 20. Cette entreprise s'arrêtera en 1942, avec sa mort brutale, à l'âge de 62 ans.
    Seules les deux premières parties du roman ont été alors publiées, la partie posthume le sera ultérieurement, avec des fortunes diverses.
    Dans ce roman, construit autour de deux intrigues - la condamnation à mort de Christian Moosbrugger, un criminel dont l'histoire déchaîne les passions, et la préparation du jubilé de l'Empereur François-Joseph - Musil a composé le tableau d'une époque dont Vienne a été le théâtre, voire le laboratoire.
    Les personnages musiliens participent à une expérience qu'ils vivent sur un mode tantôt héroïque, tantôt dérisoire, parfois inquiétant. Ulrich, le personnage principal, est le seul qui en interrompe le cours pour en observer les potentialités et les effets. Il se met en congé de la vie au prix d'un pari qui le prive de ses qualités, c'est-à-dire des attributs qu'on prête à une personne à commencer par un moi propre -, et qui définissent son identité individuelle et sociale. Ce pari le voue d'abord à l'indifférence Ulrich est l'homme du possible, mais il le conduit aussi à un détachement propice à une expérience dont le sentiment constitue le centre problématique. La rencontre avec sa soeur Agathe, après deux parties essentiellement marquées par une aventure intellectuelle, s'ouvre sur une dimension éthique et esthétique qui figure un autre état, et qui brise l'indifférence. Cette partie du roman - la partie posthume - célèbre les noces de l'intellect et du sentiment.

  • L'Homme sans qualités est le fruit d'une entreprise qui s'étend sur plus de vingt ans. Les premières ébauches de l'oeuvre dans laquelle Musil investira toute son énergie à partir des années 30, datent des années 20. Cette
    entreprise s'arrêtera en 1942, avec sa mort brutale, à l'âge de 62 ans.
    Seules les deux premières parties du roman ont été alors publiées, la partie posthume le sera ultérieurement, avec des fortunes diverses.
    Dans ce roman, construit autour de deux intrigues - la condamnation à mort de Christian Moosbrugger, un criminel dont l'histoire déchaîne les passions, et la préparation du jubilé de l'Empereur François-Joseph - Musil a composé le tableau d'une époque dont Vienne a été le théâtre, voire le laboratoire.
    Les personnages musiliens participent à une expérience qu'ils vivent sur un mode tantôt héroïque, tantôt dérisoire, parfois inquiétant. Ulrich, le personnage principal, est le seul qui en interrompe le cours pour en observer les potentialités et les effets. Il se met en congé de la vie au prix d'un pari qui le prive de ses qualités, c'est-à-dire des attributs qu'on prête à une personne à commencer par un moi propre -, et qui définissent son identité individuelle et sociale. Ce pari le voue d'abord à l'indifférence Ulrich est l'homme du
    possible, mais il le conduit aussi à un détachement propice à une expérience dont le sentiment constitue le centre problématique. La rencontre avec sa soeur Agathe, après deux parties essentiellement marquées par une aventure intellectuelle, s'ouvre sur une dimension éthique et esthétique qui figure un autre état, et qui brise l'indifférence. Cette partie du roman - la partie posthume - célèbre les noces de l'intellect et du sentiment.

  • Plus qu'un roman historique, La Marche de Radetsky est avant tout celui d'une famille. Chroniqueur du quotidien par excellence, Roth s'attache à illustrer l'inéluctable désagrégation de l'Autriche-Hongrie à travers la destinée de trois générations de von Trotta, trois hommes distants et pourtant attachants. Le premier, héros de la bataille de Solferino où il sauva la vie du jeune empereur François-Joseph (ce qui lui valut l'anoblissement de sa lignée d'humble origine slovène et qui lia à jamais le destin de sa famille à celui de la Maison Habsbourg), son fils devenu préfet de l'Empire, et son petit-fils, officier de l'armée impériale qui vivra les derniers soubresauts du règne et les premiers jours de la Première Guerre mondiale.
    La lente décomposition de la société autrichienne et de l'ordre de cet empire cosmopolite qu'évoque avec mélancolie Joseph Roth, s'accompagne de la disparition d'un univers pluriculturel étonnant où mondes slave et germanique, judaïsme et catholicisme coexistaient. Ainsi, le leitmotiv musical du roman, la Marche de Radetsky, marche militaire aux accents joyeux composée par Johann Strauss père en l'honneur du maréchal Radetsky von Radetz entré triomphalement dans Milan en mars 1848 après l'écrasement de l'insurrection italienne en Lombardie-Vénétie, devient sous la plume de l'auteur autrichien une marche funèbre qui scande l'inexorable déclin de la monarchie austro-hongroise.

  • Le tambour

    Günter Grass

    L'époque : 1900-1954 ; la nation : l'Allemagne des bords de la Baltique ; le héros : un nain, qui sous les apparences de l'enfance a la maturité d'un adulte. En tapant sur son tambour, Oscar Matzerath bat le rappel de ses souvenirs, ceux de sa famille et de son pays. Ainsi voit-on grouiller un univers grotesque et mystérieux dont la logique n'est pas de ce monde, mais qui éclaire le monde et les hommes mieux que le cerveau humain. Dans un registre torrentiel, Grass réussit un portrait de l'époque, à travers 50 ans d'histoire européenne que l'on peut considérer comme le document littéraire de la langue allemande à la fois le plus insolite et le plus audacieux depuis la guerre.

    C'était il y a cinquante ans : Günter Grass faisait une irruption fracassante sur la scène littéraire internationale avec la publication du Tambour. Le style détonnant, l'aspect recherché de la langue d'Oscar en phrases longues et imbriquées avaient conduit à une traduction libre. Une nouvelle version plus fidèle s'imposait pour ce grand roman devenu un classique. Claude Porcell l'a élaborée en suivant scrupuleusement les indications fournies par l'auteur lors d'un séminaire de traduction à Gdansk.

  • L'interprétation du rêve

    Sigmund Freud

    • Seuil
    • 7 Janvier 2010

    Traduction inédite et introduction de Jean-Pierre Lefebvre.Alors que, 70 ans après sa mort, les textes de Freud tombent dans le domaine public, les éditions du Seuil ont entrepris de retraduire les plus grands d'entre eux.

  • Hannah Arendt entreprend dans les années 1950, à la demande de son éditeur allemand, la rédaction d'un ouvrage sur la politique. Les textes qui composent ce grand projet, qui n'a finalement jamais abouti, revêtent un intérêt capital pour la compréhension de l'oeuvre tout entière : ils ont été écrits à une période charnière au cours de laquelle ont été rédigés les ouvrages majeurs de la philosophe.
    À ces textes réunis dès 1995 sous le titre Qu'est-ce que la politique ? s'ajoute ici un ensemble de textes inédits en français, écrits par Arendt en anglais en 1953-1954, qui se situent dans la lignée de La Crise de la culture et reprennent les grands jalons de notre tradition philosophique politique, de Platon à Marx.
    Cette nouvelle édition critique, sous la direction de Carole Widmaier, confère, sans artifice et sans systématicité excessive, une unité à des aspects de la pensée d'Arendt qui, dans le reste de son oeuvre, sont à peine effleurés ou traités séparément les uns des autres. En mettant ces textes en perspective en les confrontant à des ouvrages fondamentaux d'Arendt ( Les Origines du totalitarisme, La Crise de la culture, Condition de l'homme moderne, La Vie de l'esprit, etc.), elle apporte un nouvel éclairage sur l'oeuvre de la philosophe allemande.

  • Dans ce livre, où chaque page représente un âge, se trouve tout ce que l'on apprend au cours d'une vie, de 0 à 99 ans.
    Un ouvrage destiné à toute la famille, à feuilleter dans un sens comme dans l'autre, pour apprendre à grandir et réapprendre à s'émerveiller.

  • Job est l'histoire d'un " homme simple ", Mendel Singer, un modeste maître d'école juif qui transmet sa connaissance des Écritures à de jeunes garçons dans un village de Volhynie, province de l'empire des tsars limitrophe de la Galicie austro-hongroise. L'époque : les toutes premières décennies du XXe siècle. Job raconte un destin à la fois singulier et exemplaire : l'histoire de la famille Singer abandonnant l'univers misérable de sa bourgade russe pour émigrer à New York, est celle de l'émigration juive du début du XXe siècle. Ce roman est aussi une variation littéraire sur le mythe biblique de Job : le destin tragique des enfants et de la femme de Mendel Singer met en scène un homme profondément religieux, accablé par son Dieu pour une faute difficile à identifier. À moins que cette faute ne soit l'abandon du plus jeune fils, un enfant épileptique dont viendra finalement le salut.Pourquoi une nouvelle traduction ? Celle publiée en 1965 sous le titre Le Poids de la grâce (Calmann-Lévy, et Livre de Poche), a vieilli du point de vue stylistique : le texte de J. Roth y est gauchi par l'abus de tournures précieuses, de périphrases explicatives et d'inexactitudes. La nouvelle traduction, dont le titre reprend fidèlement celui de l'original allemand publié en 1930, (roman qui a enfin valu à JR la reconnaissance des critiques et des lecteurs), rend justice à la sobriété, au rythme et à la mélodie de l'écriture de l'auteur. Elle traduit avec justesse l'univers des bourgades juives d'Europe centrale et orientale dans un langage accessible au lecteur ignorant des réalités du monde juif de l'Est.

  • Lorsque l'insulteur a été grossier, il faut être encore plus grossier.
    Si les invectives ne font plus d'effet, il faut y aller à bras raccourcis, mais là aussi il y a une gradation pour sauver l'honneur: les gifles se soignent par des coups de bâton, ceux-ci par des coups de cravache. contre ces derniers mêmes, certains recommandent les crachats, pour voir. c'est seulement lorsque ces moyens arrivent trop tard qu'il faut recourir sans hésiter à des opérations sanglantes.
    " " qualifier de beau ce sexe de petite taille, aux épaules étroites, aux hanches larges et aux jambes courtes, ne peut être que le fait d'un intellect masculin troublé par l'instinct sexuel. " " les autres continents ont des singes; l'europe a des français. ceci compense cela ". " le plus grand bienfait des chemins de fer est qu'ils ont épargné à des millions de chevaux de trait leur lamentable existence.
    " ainsi va schopenhauer, qui n'épargnait personne, même sa mère. ne lui écrivait-elle pas, à la veille de leur brouille définitive : " ton comportement dédaigneux à mon égard, ton mépris pour mon sexe, ta répugnance à contribuer à me faire plaisir. , cela et bien d'autres choses font que tu me parais parfaitement odieux ".

  • Carolin Emcke conduit une analyse à la fois littéraire et philosophique des contextes qui expliquent la haine xénophobe, raciale, sociale et sexiste minant nos sociétés. Elle étudie les processus d'invisibilisation qui préparent les conduites haineuses et déconstruit les présupposés théoriques de la haine : naturalisation des identités, désir d'homogénéité et culte de la pureté. Ce livre réalise un équilibre rare entre description des situations concrètes de montée en puissance des passions tristes (Europe et États-Unis notamment) et analyse des causes. Le ton est descriptif avant d'être normatif, même si l'auteur ne cache pas son parti pris en faveur d'une démocratie sensible, accordée à une certaine expérience de l'amour : l'aspect le plus remarquable du livre tient dans ce lien établi sans aucune naïveté entre la politique et la sphère des sentiments.

    Le projet littéraire de Carolin Emcke n'a pas d'équivalent en France : il s'agit d'articuler journalisme au meilleur sens du terme et philosophie. Les enjeux fondamentaux liés au devenir de la démocratie dans la globalisation, à la guerre et aux droits civiques sont restitués au plus près de l'expérience, parfois sur la ligne de front elle-même. Ce point de vue original confère un ton militant, mais jamais dogmatique, à ce livre. La haine n'y est pas envisagée comme une abstraction mais comme une possibilité ouverte par la modernité et à laquelle cette même modernité permet de répliquer. L'amor mundi revendiqué par Carolin Emcke se confronte à la réalité de l'extrême qu'elle a observé avec autant de courage que de finesse sur des théâtres d'opération divers (Kosovo, Liban, Irak, etc.). L'alliance entre le sérieux habermassien et la lucidité d'une femme qui a regardé la guerre en face n'est pas habituelle dans notre pays où les ponts entre philosophie et journalisme ont été coupés.

  • Si La Marche de Radetzky (rééditée en Cadre vert en 2012) illustrait la désagrégation de l'Autriche-Hongrie au rythme de la marche militaire de Johann Strauss, véritable symbole musical de la double monarchie sous François-Joseph, La Crypte des capucins est alors une marche funèbre qui décrit l'ordre défait, l'Autriche disloquée où le drapeau noir et jaune à l'aigle bicéphale laisse place à l'étendard à croix gammée.
    Le roman débute à Vienne au printemps 1914 (là où s'arrêtait La Marche de Radetzky ) et se termine à l'Anschluss de 1938. Le narrateur, François-Ferdinand von Trotta, lointain parent des Trotta de La Marche de Radetzky, a connu une jeunesse insouciante dans la Vienne de la Belle Époque. Mais la guerre, qui l'entraîne aux confins de l'Empire où il sera fait un temps prisonnier des Russes, provoque l'écroulement de son pays, la débâcle de sa fortune et de ses illusions. À son retour, Vienne autrefois riche, lumineuse, joyeuse, n'est plus que ruines, misère, amoralité. En mars 1938, les nazis entrent dans Vienne. Alors, le dernier Trotta pressent les temps de barbarie. Il va chercher refuge sur la tombe de l'empereur François-Joseph, dans la crypte des capucins, caveau des Habsbourg, mais la trouve fermée. Il n'y a plus nulle part où aller.

  • on a pu dire de schneepart que ce sont les " poèmes de 1968 ", en donnant à ce moment sa signification historique liée aux révoltes étudiantes, aux mouvements sociaux et au printemps de prague.
    au plus près de son époque et de lui-même, paul celan y réinvente sa diction.
    en janvier 1970, dans une lettre à ilana shmueli, celan évoque, avec une fierté lucide, ces poèmes, qui ne seront publiés qu'après sa mort: " [ce volume] est sans doute ce que j'ai écrit de plus fort et de plus audacieux."

  • Jésus

    Hans Küng

    • Seuil
    • 9 Janvier 2014

    Ce livre reprend très largement en l'adaptant pour aujourd'hui, Être chrétien, un livre paru il y a 40 ans en Allemagne et traduit au Seuil en 1978 (aujourd'hui en poche « Points-Essais »). Ce livre avait fait des vagues à l'époque, et Küng avait subi les foudres du Saint-Office. Pourquoi ? Parce que son hypothèse, exprimée ouvertement, est qu'il y a un fossé immense entre le Jésus humain qui a vécu il y a 2000 ans en Palestine, avec son message et son témoignage uniques, et l'Église institutionnelle d'aujourd'hui avec sa hiérarchie, ses fastes, et parfois ses scandales. Dès l'introduction, il reproche au Jésus de Nazareth de Josef Ratzinger, alias Benoît XVI, d'avoir proposé un Jésus très « divinisé », très spirituel, éloigné du Jésus terrestre et humain tel qu'on le trouve dans les évangiles. Lui, Küng, présente au contraire un Jésus très humain, contestataire de l'ordre établi, pris dans les conflits de son temps, en butte à l'hostilité des pouvoirs romain et juif, en lien unique avec Dieu, son « Père ».
    Le livre se présente aussi comme une synthèse claire et précise de tout ce que les historiens, les exégètes, les théologiens ont nous ont appris dans les décennies récentes à propos de Jésus, de son époque, de sa société, de son histoire, des conflits qu'il a vécus.

  • Les Pouvoirs du sacré pose une question brûlante : celle de la place persistante du sacré et de la religion dans la vie sociale contemporaine. Ni une vision linéaire de la sécularisation comme déclin progressif et mondial de la religion, ni une compréhension mystique du « retour du religieux » ne conviennent pour appréhender ce phénomène complexe. Hans Joas parcourt, synthétise et discute les grands paradigmes qui ont été élaborés par la philosophie et la sociologie, depuis le xviiie siècle, pour penser la vie religieuse.
    En discussion critique avec Max Weber, Joas construit une alternative au récit du « désenchantement du monde ». Il estime qu'une compréhension du devenir de la religion ne peut se séparer d'une interprétation des tensions entre le politique et le religieux, l'État et les Églises, qui ont paradoxalement créé des interstices dans lesquels les individus ont pu construire leur liberté et redéfinir leur vie en commun.

    Il s'agit aussi d'un livre engagé en faveur d'un universalisme des droits de la personne qui se traduirait, au plan théologico-politique, par le double rejet des théocraties et des dictatures laïques, et par une mise en garde contre la tentation d'une « auto-sacralisation de l'Europe » contre l'islam.

  • Publié pour la première fois en 1929 en Allemagne, Gauche et droite mérite d'être considéré comme l'aboutissement de la première manière romanesque de joseph Roth, qui privilégiait alors l'observation minutieuse de la société allemande et autrichienne contemporaine.
    Tout à la fois incisif et foisonnant, le roman fait s'entrecroiser les destins de deux " frères ennemis ", Paul et Theodor Bernheim, qui incarnent chacun une facette de l'Allemagne de Weimar, et celui d'un émigré russe juif, Nikolas Brandeis. Des personnages déstabilisés par l'expérience traumatique de la Grande Guerre, désespérément en quête de repères éthiques, sociaux ou politiques, tiraillés entre inquiétude existentielle et volonté de puissance.
    Avec en toile de fond un Berlin effervescent, dominé par le capital, la spéculation, le commerce, l'industrie, la finance, la presse, le cinéma, le cabaret, une métropole qui assiste sans grande émotion à la radicalisation d'un nationalisme xénophobe et à la montée du fascisme. Dix ans après la première publication de Gauche et droite, l'écrivain Hermann Kesten qualifiait encore ce livre de " roman politique berlinois d'une grande actualité, dans la lignée de Stendhal, Maupassant et Heinrich Mann ".

  • Vérité et méthode (1960) vient plus de trente ans après l'etre et temps de heidegger (1927).
    Dans l'intervalle, le problème est devenu moins de prolonger l'élan de la pensée de heidegger que de la retourner pour faire face aux sciences " humaines " - geisteswissenschaften. s'il importe de sortir entièrement à leur propos de la " querelle des méthodes ", c'est que la mise à distance qu'opère tout traitement " méthodologique " a déjà commencé de ruiner le fondamental rapport d'appartenance qui nous relie au domaine dans lequel le regard scientifique découpe sont objet.
    Et que la compréhension portée par cette appartenance peut seule revendiquer la " vérité ".
    Le livre de gadamer est l'expression de ce combat que se livrent la " vérité " et la " méthode ". l'auteur poursuit la lutte dans les trois champs successifs de notre lien esthétique aux oeuvres d'art, de notre lien historique aux héritages du passé, de notre lien langagier à l'ordre des signes et, à travers eux, à l'être-dit des choses.
    (la traduction présentée ici est celle du texte définitif, qui occupe la totalité du premier tome des gesammelte werke de gadamer, paru en allemagne, en (1986).

  • Turbot (le)

    Günter Grass

    Inspiré d'un conte populaire allemand, " le turbot " est une longue histoire de l'art culinaire, une fable dont le héros, immortel comme le poisson qu'il pêcha un jour dans l'embouchure de la vistule, raconte ses neuf vies, sa traversée des siècles en compagnie de neuf redoutables femmes.
    Neuf cuisinières prennent vie afin d'incarner chaque époque, chaque étape de l'histoire culinaire : ava, la mère originelle, dorothée, gret la grosse, amanda la prussienne et bien d'autres, jusqu'à ilsebill qui l'écoute aujourd'hui. amant, gâte-sauce, évêque ou époux, jamais le héros ne parviendra à échapper à leur emprise...

  • Vaterland

    Anne Weber

    Le passé s'étend devant nous comme un étrange et lointain pays. Anne Weber entreprend un voyage au pays de ses pères, dans le monde de son arrière-grand-père « Sanderling » - le philosophe Florens Christian Rang - et de ses amis Walter Benjamin et Martin Buber, dans la Prusse d'avant la Première Guerre mondiale et jusque dans un village près de Poznan où il fut pasteur quelques années durant. Mais, sur le chemin qui la mène vers cet homme passionné et tourmenté, ne cesse de se dresser un gigantesque obstacle : la suite de l'histoire allemande et familiale après la mort de Sanderling en 1924. Comment vivre avec un passé qui vous colle à la peau, qu'on porte en soi comme son patrimoine génétique ? Être allemand, être né allemand, qu'est-ce que cela signifiait il y a un siècle, et qu'est-ce que cela signifie aujourd'hui ?

  • Heidegger a consacré de nombreux développements, réflexions, notes, projets, ébauches à des questions sur lesquelles sa pensée a marqué la philosophie du XXe siècle : l'essence de la technique moderne, son rapport à la métaphysique de la puissance et au programme d'objectivation de l'être par la science. On y découvre Heidegger au travail, documentant certains processus techniques concrets en s'appuyant sur des écrits d'ingénieurs, élaborant la différence entre science et méditation au fil d'une relecture de Descartes, interrogeant le rapport de l'humanité au processus technique. Inscrits pour la plupart dans la période critique des années trente - le volume regroupe vingt-quatre textes inédits en français publiés entre 1935 et 1945 -, ces écrits font signe vers les essais les plus fameux d'après guerre, La Question de la technique ou Science et Méditation.

    La pensée de Martin Heidegger (1889-1976), dont l'oeuvre publiée traverse le XXe siècle, a profondément marqué la philosophie des dernières décennies tout en étant régulièrement l'objet de vifs débats en raison de l'engagement, un temps, du philosophe en faveur du parti national-socialiste.

    Traduit de l'allemand sous la responsabilité de Dominique Pradelle.

  • Mon siecle

    Günter Grass

    Günter Grass revisite notre siècle finissant, en cent textes brefs évoquant chacun une année.

    Cette série de croquis ne prétend pas constituer une grande fresque ni retracer même sommairement l'Histoire, pourtant constamment présente. Grass choisit pour chaque année un événement petit ou grand, mais bien daté, et un narrateur différent qui, sur le moment ou longtemps après, l'évoque avec sa voix propre, dans sa perspective et son langage.

    Cette centaine de personnages des deux sexes, de tous âges et de toutes conditions sociales, constituent comme une petite « comédie humaine » où le romancier peut faire briller les innombrables facettes de son talent.

    Quelquefois, le narrateur n'est autre qu'un certain Günter Grass évoquant un souvenir personnel, mais il est seulement l'un des innombrables acteurs et spectateurs plus ou moins obscurs que ce siècle a brassés, secoués, écrasés. Tous ont un droit, de la part de l'auteur, au même chatoyant mélange de pitié et de hargne, d'humour et de satire, de truculence et de poésie, qui a fait de Grass l'un des écrivains du siècle.

empty