Sciences & Techniques

  • C'est fin 2017 que des chercheurs de l'observatoire Haleakala, dans les îles d'Hawaï, détectent un étrange objet qui traverse notre système solaire à une vitesse si élevée qu'il ne peut provenir que d'une distante étoile. L'objet, baptisé 'Oumuamua, ne dégage aucune traînée de gaz ou de poussières lorsqu'il passe à proximité du Soleil. Pour l'astrophysicien Avi Loeb, en raison de sa forme et de sa trajectoire insolites, la seule explication logique est qu'il s'agit d'un engin artificiel construit par une civilisation extraterrestre.
    Cette hypothèse d'Avi Loeb fait couler beaucoup d'encre, et les implications qui en découlent pour l'avenir de la science, des religions et de l'espèce humaine sont considérables. Extraterrestre est un livre aussi généreux que vertigineux, au croisement de la science et de la philosophie, qui nous enjoint à remettre en question nos idées reçues et à porter un regard critique sur l'univers qui nous entoure et les objets qu'il recèle, aussi étranges soient-ils...

  • Oliver Sacks explore ici l'univers des hallucinations, connues (audition de voix, drogue, psychose, migraine) ou moins connues (maladie de Parkinson, illusion du membre fantôme, images ou phrases qui apparaissent quand on s'endort, hallucinations d'odeurs ou de goûts, vision d'un double, etc.). Il alterne l'évocation de cas et la description scientifique. Il se demande ce qui unifie tous ces phénomènes et si l'explication est plutôt d'ordre psychologique ou neurologique.

  • Après avoir étudié l'ouïe dans Musicophilia, Sacks explore ici la vision. La méthode est la même : une série de petites nouvelles neurologiques, récit de cas étonnants : la musicienne qui ne sait plus déchiffrer la musique (et bientôt ne reconnaît plus les objets), le romancier qui ne peut plus lire (mais étrangement arrive toujours à écrire), sa propre difficulté, à lui, Sacks, de reconnaître les visages, etc. Il ne s'agit pas de décrire les mécanismes de la perception visuelle en eux-mêmes mais (en explorant ces étonnantes pathologies) de comprendre comment, à partir de la perception, le cerveau organise et construit une " vision " cohérente et intelligible.Le lire tresse l'évocation et le récit (car pour Sacks les patients sont toujours des compagnons, auxquels il rend visite, qu'il accompagne souvent pendant des années), les analyses d'autres cas (à travers des livres), les explications scientifiques (toujours claires, jamais lourdes), et enfin l'autobiographie : un long chapitre raconte comment Sacks lui-même a été victime d'une tumeur cancéreuse à l'un des deux yeux, le traitement par irradiation, et les symptômes étranges (trou dans la vision, perte de la stéréoscopie, etc.). Il y a donc beaucoup de scènes concrètes et frappantes : une course dans un supermarché avec quelqu'un qui ne reconnaît plus les objets, etc.Enfin, Sacks tente de comprendre le travail de l'esprit lui-même, notamment chez les aveugles : Qu'est-ce qu'une image intérieure ? Est-ce cela, la pensée ? Ou peut-on penser autrement ?

  • Deux semaines avant de mourir, Oliver Sacks a décrit le contenu de l'ouvrage qu'il prévoyait de publier, Le Fleuve de la conscience. Ses indications ont été scrupuleusement suivies.

    Sacks montre dans ce livre qu'il n'est pas seulement un neurologue exceptionnel. Son interrogation s'étend ici à presque tous les domaines du vivant, qui le passionnent et l'intriguent. Mais, fidèle à sa manière personnelle, il les aborde par ce qu'ils ont de surprenant ou d'inattendu. Comment une plante « apprend »-elle ? Les souvenirs que nous tenons pour vrais le sont-ils forcément ? La conscience est-elle un flux continu ou une succession d'instantanés ? La science elle-même se montre sous un jour nouveau : Darwin s'avère être un botaniste original, Freud un neurologue novateur. Pourquoi tant de découvertes, que l'on qualifiera de prématurées, ont-elles été négligées ? Que se serait-il passé si on les avait acceptées en leur temps ? On s'aperçoit que le rôle du hasard est essentiel, et que la science, dans son développement, est contingente... comme la vie elle-même.

    Oliver Sacks a créé une nouvelle façon d'exposer et d'expliquer et d'interroger les découvertes scientifiques. On trouvera ici ce mixte de développement théoriques - toujours clairs -, de récits étonnants, et d'éléments biographiques qui fait le charme de son oeuvre, où s'allient avec éclat la rigueur, la curiosité d'esprit, et le goût de l'exploration.

  • L'échec répété des négociations internationales sur le climat signifie que nous nous dirigeons vers une hausse globale des températures de 3 à 6 °C d'ici 2100. Celle-ci entraînera des événements météorologiques extrêmes et de nombreuses souffrances humaines.Les espoirs se tournent aujourd'hui vers des technologies qui proposent de refroidir la Terre sans changer notre modèle de développement ni de consommation. Telle est la promesse de la géo-ingénierie et de ses promoteurs, soutenus par Bill Gates lui-même. Pulvériser du soufre dans la haute atmosphère, modifier la chimie des océans, stocker le carbone dans les profondeurs de la Terre : tels sont les projets et les expériences à hauts risques de ces « géocrates » - ingénieurs, scientifiques et hommes d'affaires - qui entendent régler le thermostat de la planète.Clive Hamilton, spécialiste des enjeux environnementaux, pose la question de fond : ces hommes ont-ils le droit de jouer aux apprentis sorciers avec la Terre ?Clive Hamilton est un essayiste, politique, économiste et philosophe australien. Il a déjà publié une dizaine d'ouvrages, dont Growth Fetish (2003), Affluenza (2005), Silencing Dissent (2007), Scorcher : The dirty politics of climate change (2007), The Freedom Paradox (2008) et Requiem for a Species ( Requiem pour l'espèce humaine, Presses de Sciences Po, 2013).

  • S'il est à la mode d'expliquer les subtilités de la cuisine, voire de proposer de nouvelles recettes, à partir des connaissances scientifiques en physico-chimie, on sait moins que les premières ont largement fécondé les secondes.

    Que doit la science à la cuisine ? L'auteur répond à la question en s'appuyant sur une série d'épisodes qui ne manquent pas d'humour, de Socrate à Bertrand Russell, en passant par Newton, Réaumur ou Pasteur. Comment, par exemple, relier une révolution conceptuelle en géologie au minestrone, à la crème chantilly et à la fusion froide ? Le sommaire de l'ouvrage, en forme de menu, devrait mettre le lecteur en appétit.

    Ce livre, par delà l'apparente légèreté de son thème, présente une solide argumentation critique, revanche de la science « molle » sur la science « dure ». Il montre que les recherches les plus rigoureuses n'échappent pas aux errements et aux approximations, et que leurs progrès sont souvent dus au hasard et à l'empirisme, reconduisant les tâtonnements fructueux d'un chef dans sa cuisine.

  • à la rubrique " inclassables " de l'histoire des sciences, forme et croissance occupe une place de choix.
    écrit par un naturaliste écossais qui fut aussi mathématicien et traducteur d'aristote, il mêle magistralement la science et la littérature dans une prose d'une qualité rare illustrée de dessins inoubliables. des cornes de bélier aux nervures des ailes de libellule et aux squelettes de dinosaures, l'auteur analyse le vivant avec l'oeil du géomètre, pour conclure sur une théorie pour le moins stupéfiante : on passe d'une espèce à une autre par une simple déformation de l'espace ! même si la biologie a fini par démêler l'énigme, on comprend pourquoi ce livre - un chef-d'oeuvre de la littérature scientifique - a durablement fasciné des générations de scientifiques, et pourquoi il continuera longtemps à le faire.

  • Cons

    Juan Manuel de Prada

    • Seuil
    • 29 Septembre 1999

    Conçus à l'origine comme un hommage aux célèbres seins de ramon gomez de la serna, ces textes forment un livre insolite et inclassable qui ne manquera pas de susciter des adhésions jubilatoires et des condamnations féroces.
    Ce livre n'est en tout cas pas un manuel d'éducation sexuelle, ni un simple opuscule pornographique, mais plutôt une célébration du corps féminin, une invitation à la jouissance des mots, où l'extravagance le dispute à la délicatesse et l'écriture automatique se fait orfèvrerie du langage. on dégustera ces cons tant pour l'humour de leurs métaphores et leur érotisme que pour le classicisme de leur prose et leur fantaisie scabreuse.
    Les cinquante-huit bijoux ciselés par juan manuel de prada dans la plus fine matière littéraire renouvellent avec éclat un genre qui ne peut se nourrir que de la perfection.

  • Et si votre vie dpendait d'un calcul de probabilits ?Dans nombre de procs importants, des arguments statistiques errons ont t utiliss aux fins de dmontrer la culpabilit des accuss. Chaque chapitre de ce livre illustre une erreur mathmatique courante responsable d'erreurs judiciaires passionnantes. La clbre affaire Dreyfus aussi bien que le rcent et trs mdiatis procs d'Amanda Knox figurent parmi les cas tudis, qui vont du meurtre au vol, du scandale financier la discrimination sexuelle, des usages de faux aux affaires d'espionnage.Mettant en lumire les risques d'un usage incontrl des mathmathiques devant les tribunaux, les auteures pointent les cueils d'une argumentation purement quantitative, par-del mme les fautes de raisonnement plus ou moins grossires commises par les experts (souvent autoproclams). Le lecteur apprciera sans aucun doute leur style alerte, leur souci de la prcision et leur sens du suspense.Leila Schneps est une mathmaticienne amricaine rpute, directrice de recherche au CNRS (Paris). Elle est galement auteure de romans policiers.Coralie Colmez, sa fille, travaille en Angleterre la diffusion des mathmatiques.Les deux auteures ont elles-mmes procd la traduction de l'anglais en franais de leur texte.

  • Kâmasûtra

    Vâtsyâyana Mallanâga

    • Seuil
    • 8 Mars 2007

    Le Kâmasûtra est le plus ancien traité hindou d'érotisme. Il parle de tout un art de vivre amoureux : trouver un partenaire idéal, contracter un mariage heureux, commettre l'adultère, vivre en courtisane ou avec une courtisane, utiliser la pharmacopée - et aussi connaître les positions dans la relation sexuelle. Composé en sanskrit, la langue littéraire de l'Inde ancienne, au cours du troisième siècle de notre ère, probablement en Inde du Nord, il combine recension encyclopédique de tous les aspects imaginables du sexe et récit romanesque sur la façon de séduire, de conclure, de rompre. La présente version de Wendy Doniger et Sudhir Kakar, traduite de l'anglais, est écrite dans une langue claire, vivante et directe. Elle est accompagnée de trois commentaires: extraits du plus ancien et célèbre commentaire sanskrit (XIIIe siècle), commentaire hindi du XXe siècle, et notes des deux traducteurs. Dans son introduction, Wendy Doniger retrace l'histoire du texte, son accueil en Inde et en Europe, et se replace dans le cadre de l'Inde ancienne pour ce qui touche à la théorie sociale et à l'éthique sexuelle. Alain Porte, indianiste, a traduit cet ouvrage tout en se référant de près au texte sanskrit.

  • A la cuisine, dans la salle de bains ou dans le jardin, notre cher foyer peut facilement se changer en laboratoire scientifique d'avant-garde.
    Rien d'autre n'est requis qu'un peu de curiosité pour fabriquer des glaçons pointus, vérifier que l'eau chaude gèle plus vite que l'eau froide, mesurer la vitesse du son avec un marteau et celle de la lumière avec un four à micro-ondes, voire extraire son propre adn ! les phénomènes les plus étranges se révèlent ici " sur un coin de table " : comprendre pourquoi un spaghetti tenu par les deux bouts se casse toujours en trois morceaux procure une intense satisfaction intellectuelle ; choisir entre les méthodes inertielle et centrifuge pour se servir de ketchup est plus directement utile, mais pas moins satisfaisant.
    Quant à l'expérience de fossilisation du hamster, elle est facultative.

  • Cette histoire intellectuelle de l'art médical dans les civilisations dites occidentales (monde méditerranéen d'abord, puis les pays de l'Europe de l'Ouest et du Nord, enfin tous les continents, Amérique du Nord en tête) tient pour essentielles les relations qu'entretiennent les connaissances médicales avec les mentalités, la philosophie et les diverses sciences et techniques. Au lieu de thésauriser les faits et de se limiter aux abondantes listes des noms, dates et découvertes qui jalonnent l'histoire de l'art médical, cet ouvrage veut en dégager les idées-guides.
    La reconstruction historique des transformations lentes comme des mutations brusques subies par les théories et pratiques médicales présente tant les diverses influences exercées sur le développement de la pensée médicale que l'impact de cette pensée sur les autres branches du savoir et sur le comportement humain. L'étude de pathocénose, c'est-à-dire l'ensemble des états pathologiques caractérisant chaque population historique, amène à retracer aussi les grandes lignes de la réalité changeante des maladies.
    Les différents volumes de cet ouvrage ont été réalisés avec le concours d'une équipe internationale de spécialistes maîtrisant les méthodes adaptées aux diverses époques et aux problématiques particulières. Médecins et biologistes, historiens et sociologues, philologues et philosophes ont collaboré dans un cadre qui assure à l'ensemble son unité sans gommer la spécificité de chaque regard. M. G.

  • Dernier livre de Gould, Le Renard et le Hérisson est aussi une manière de testament intellectuel : le programme de son oeuvre vulgarisatrice - combler le fossé entre la science et les humanités - est le sous-titre de l'ouvrage. Avec une merveilleuse érudition qui relie Archiloque à Swift, Nabokov à Claude Perrault et, Edgar Poe à Erasme, et dans une prose foisonnante, voire baroque, il retrace les grandes lignes de la Révolution scientifique et de la vieille querelle entre science et humanités, à laquelle il propose avec sagesse de mettre fin. A la fois chercheur scientifique et écrivain, n'ayant jamais compris comment l'on pouvait découpler la science de son, substrat culturel, Gould dévoile les trésors de rhétorique qui structurent le discours scientifique et souligne l'importance des thèmes savants dans l'art et la littérature. Régler son compte au vieux mythe des " deux cultures " : tel aura été le dernier combat de S.J. Gould.

  • Géométrie

    Albrecht Dürer

    Pourquoi un peintre aussi renommé que Dürer forme-t-il et réalise-t-il le projet de rédiger un manuel de géométrie ? Pourquoi un artiste maniant avec une maîtrise achevée le pinceau et le burin cherche-t-il à traduire en mots des gestes familiers aux hommes de métier, mais difficiles à décrire dans l'allemand un peu fruste qu'il avait seul à sa disposition ?
    Dürer veut d'abord transmettre à ses compagnons artistes ou artisans les connaissances géométriques qu'il a pu recueillir pendant un quart de siècle dans les ateliers, dans les livres anciens et dans les traités des théoriciens italiens. Il sait aussi qu'en fondant les arts sur des règles géométriques, il contribue à les libéraliser, et donc à améliorer le statut de l'artiste comme il l'a si orgueilleusement exprimé dans l'un de ses autoportraits, aujourd'hui à Munich.
    Fournir une source de formes construites exactement et indéfiniment reproductibles, où chacun pourra puiser selon ses goûts et ses besoins, tel est le but visé par Dürer. Livre de modèles par la place attribuée aux représentations graphiques, géométrie pratique par la division ternaire (en lignes, surfaces et solides) et traité érudit par ses références à Euclide, à Platon et à Vitruve, l'Underweysung der messung est surtout une vaste encyclopédie géométrique pour les peintres et « tous ceux dont l'art repose sur la mesure ». Des résultats originaux, des méthodes artisanales appliquées à des objets mathématiques abstraits et un exposé des règles de la perspective centrale en font une contribution théorique capitale à la culture de la Renaissance.

    Afin de permettre au lecteur d'apprécier la singulière originalité de ce livre, Jeanne Peiffer a fait précéder sa traduction par une remarquable présentation qui replace le texte de Dürer dans le contexte de son époque et dessine sa perspective historique.

  • Une nouvelle série de questions naïves (mais difficiles) et de réponses savantes (mais simples) posées dans la rubrique célèbre du New Scientist.
    Pourquoi les goélands font-ils des claquettes ?
    Quel est le bilan carbone de la crémation ?
    Pourquoi le lait gelé jaunit-il ?
    Pourquoi la purée et les brocolis font-ils des éclairs dans un four à micro-onde ?
    Les éléphants peuvent-ils sauter ?
    Est-il dangereux de manger ses crottes de nez ?
    Pourquoi ressent-on les émotions au niveau du coeur ?
    Les animaux peuvent-ils être myopes ?
    Comment peut-on avaler un sabre sans risque ?
    Etc. Une fois de plus, les lecteurs, profanes aussi bien qu'experts, trouveront dans ce livre de quoi sourire et de quoi penser.

  • Dans la série des livres du New Scientist ( Pourquoi les manchots., Pourquoi les guêpes.,Pourquoi les ours blancs., etc.), un nouveau livre d'une conception originale.Plutôt que des questions formulées par les lecteurs, on part ici d'images envoyées par lesdits lecteurs - êtres étranges, scènes inattendues du monde animal ou phénomènes naturels surprenants - qu'il s'agit de comprendre grâce aux explications des experts, toujours claires, concises et souvent drôles autant que scientifiques.Les illustrations - en couleurs - donnent à ce livre un caractère novateur et séduisant tout particulier et aux questions, toujours aussi curieuses, des réponses parfois plus inattendues encore :- Pourquoi ce fou de Bassan a-t-il des pieds bleus ?- Est-ce une grenouille en train de copuler avec un poisson ?- Comment ces bébés escargots ont-ils résisté à la cuisson de leur maman ?- Cette mouette vole-t-elle vraiment sur le dos ?- Comment les dauphins soufflent-ils ces " anneaux d'air " dans l'eau ?- Est-ce une soucoupe volante qui survole l'Etna ?- Pourquoi le blanc d'un oeuf sur le plat devient-il vert quand on y verse du jus de chou rouge ?, etc.

  • Les lecteurs de la revue britannique new scientist, déjà auteurs des best-sellers pourquoi les manchots n'ont pas froid aux pieds ? et mais qui mange les guêpes ?, récidivent en se demandant si les ours, seuls sur la banquise, souffrent de la solitude.
    L'ambiance arctique n'est là que pour le titre, le contenu étant bien plus chaleureux et montrant à nouveau que le savoir scientifique n'est ennemi ni de l'humour, ni de la diversité. au fil des questions réputées idiotes et des réponses multiples, on apprendra comment faire un smartie bien rond ( on s'entraîne ), quelle surface minimale il faut cultiver pour survivre ( environ 3 m2 ), quelle quantité de mucus fournit un bon rhume ( environ 1/4 de litre ), et combien de hamsters tournant dans leur roue il faudrait pour alimenter une maison en énergie: 2400 pour alimenter une ampoule et pas moins de 100000 pour toute la maison.
    Help!.

  • "Ce septième volume de mes essais présente les conceptions évolutionnistes appliquées à de nouveaux sujets. Les un relèvent de la réflexion intellectuelle, qu'ils soient tirés de la littérature, un domaine que je me prends à aimer de plus en plus, ou bien de l'astronomie et de la science des calendriers, des passions que je tiens de l'enfance et qui venaient, à cette époque, en deuxième position après la paléontologie, ou peut-être en quatrième, après le base-ball et la philatélie. Les autres thèmes nouveaux sont d'ordre social et politique, du rôle des muséums aux diverses facettes de l'eugénisme.

    Mais je reste toujours fidèle dans ce livre à mon sujet central, la théorie de l'évolution. J'y traite des problèmes du darwinisme et des modalités, souvent très surprenantes, du déroulement de l'évolution et j'y remets en question les idées traditionnelles. Finalement, en accord avec mon amour de l'histoire, j'ai illustré un grand nombre de mes thèmes de prédilection en montrant comment ils se sont exprimés dans la vie et l'ouvre de personnages fascinants, tels Laplace, Mary Shelley, Swift ou Poe".

    S. J. G.

  • En 500 articles brefs et enlevés accompagnés de quelques tableaux bien utiles (les requins les plus féroces, les félins qui ne ronronnent pas, etc.), Matt Walker, de la revue britannique New Scientist, dresse un étrange portrait du monde animal. Loin des idées reçues sur nos amies les bêtes, il nous initie aux dernières recherches en zoologie et nous ouvre des horizons nouveaux : le furet n'a pas de groupes sanguins, le crapet arlequin (un poisson) est utilisé comme détecteur de toxines, la baleine bleue pèse autant que 33 éléphants, ou 65 millions de musaraignes, la seiche, reine du camouflage, ne voit pas les couleurs, tandis que les petits du tatou sont génétiquement identiques. Après cette lecture instructive, vous saurez distinguer l'alligator du caïman, le phoque de l'otarie, et saurez que si le chimpanzé se chatouille de trois façons différentes, le cochon d'Inde, lui, ne rit jamais.

  • " Ce nouveau volume de mes essais diffère des ouvrages précédents en ce qu'il révèle ma façon atypique d'écrire sur l'histoire naturelle.
    S'il existe un thème fédérateur dans mon oeuvre, c'est la tentative de formuler une " histoire naturelle humaine ". J'aime, certes, la nature. Mais je suis encore plus fasciné par l'histoire de la façon dont les êtres humains ont appris à étudier et à comprendre la nature. Je suis donc avant tout un " naturaliste humaniste ".
    Je me concentre ici sur ce phénomène unique dans l'histoire des êtres vivants sur la Terre : la lutte d'un agent conscient et questionneur pour comprendre les pourquoi et les comment, et pour intégrer cette connaissance à sa recherche sur le sens de sa propre existence.
    Autrement dit, je suis enthousiasmé par les faits bruts constitutifs du monde matériel, mais encore plus passionné par la tentative de saisir comment un instrument excessivement fragile et singulier, l'esprit humain, arrive à connaître ce monde, et comment l'histoire contingente du corps humain, de la personnalité et de la société imprime sa marque sur cette connaissance. "

  • " J'ai essayé, au cours des années, de faire passer mon approche " humaniste " de la science du statut de simple stratagème à celui d'une véritable démarche visant à mêler l'essai littéraire et l'article de vulgarisation scientifique pour en faire quelque chose d'original, dépassant l'antagonisme traditionnellement posé entre ces deux façons d'écrire, pour le bénéfice de l'un comme de l'autre de ces domaines : la science, parce que l'expression personnelle authentique de la part d'auteurs qualifiés ne peut jamais faire de mal, et la littérature, parce qu'elle ne doit pas écarter a priori l'idée de faire vibrer le lecteur par l'évocation du monde naturel.
    A tout le moins, une telle entreprise ne peut qu'augmenter l'intérêt de la vulgarisation scientifique, car elle ne fait rien perdre de la beauté et de la signification des phénomènes naturels, tout en ajoutant à la présentation traditionnelle de ce que nous pensons en connaître une dimension supplémentaire, celle de la démarche complexe qui nous permet de réussir (ou d'échouer) à les comprendre. " S.
    J. G.

  • "Le prix de la métaphore est une éternelle vigilance", annonce l'auteur en prélude à une analyse précise et fouillée des analogies, métaphores et idées reçues qui encombrent notre compréhension du vivant. L'ADN recèle les secrets du développement, nous dit-on, alors qu'il ne saurait spécifier le repliement d'une simple protéine, et moins encore les étapes du développement d'un organisme. L'organisme s'adapte à son environnement, nous assure t-on encore, en s'insérant dans une "niche écologique" préexistante, quand il apparaît à l'évidence que les organismes créent eux-mêmes leur propre niche écologique.
    De cornes de rhinocéros en maïs transgénique, sans négliger les graphes ni les analyses statistiques, Richard C. Lewontin débusque les abus de langage trop commodes qui déforment notre vision de la biologie, et en substituant à la classique double hélice une "triple hélice" prenant en compte l'environnement, ouvre à la recherche des perspectives nouvelles.
    Il est de bon ton en biologie comme ailleurs, de sourire des erreurs du passé. De cette conception ancienne du développement, par exemple, qui voyait dans le spermatozoïde un "homoncule" préformé et prêt à grandir. Nos idées actuelles sur la biologie ne valent pourtant guère mieux. L'exact équivalent de l'homoncule se trouve dans le divin ADN, censé receler tous les secrets du vivant. Le gène, en réalité, définit des potentialités que les infinies variations des conditions - internes et externes - des organismes réaliseront ou non. Un organisme ne se développe donc pas à partir du programme génétique : il est façonné par quantité de phénomènes aléatoires. L'environnement, par exemple, qui n'est pas une sorte de toile de fond immuable sur laquelle s'agitent les organismes, mais qui participe pleinement au développement de chacun d'eux. Au schéma classique - et simpliste - "gène/organisme", Lewontin suggère de substituer la triade "gène/organisme/environnement" plus complexe certes, mais beaucoup plus riche de perspectives nouvelles.

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