Les Peregrines

  • De Fidel à Raúl, la gérontocratie reste au pouvoir à Cuba. Gravement malade, le « Commandant en chef » a transmis le témoin à son frère en 2006.
    Connaisseur de longue date des arcanes du régime cubain, Jacobo Machover passe au scanner l'histoire de cette « transition ». La réforme économique traîne et devrait davantage faire le bonheur des militaires qui sont derrière Raúl que du petit peuple cubain. Un quart de siècle après Gorbatchev, les Castro n'ont qu'une idée : maintenir leur pouvoir, en lâchant le minimum de lest. En détaillant la tyrannie des frères ennemis, Machover montre que depuis 1959, derrière la figure de Fidel qui occupait les tribunes nationales et internationales, derrière la légende largement mythifiée de Che Guevara, Raúl Modesto Castro, a mis en place dans l'ombre, un dispositif totalitaire, au service des intérêts soviétiques tout d'abord, puis de la seule gloire d'un duo infernal, son frère et lui.

  • Alexandre Loukachenko gouverne la Biélorussie d'une main de fer depuis 1994. Mais comment ce pays européen a-t-il pu glisser dans la dictature trois ans après la chute du communisme ? Comment le responsable d'une exploitation agricole, sans le soutien d'un parti ni d'aucune structure sociale, a-t-il pu se propulser au sommet de l'État ?
    Et comment s'est-il maintenu au pouvoir ?
    Le politologue biélorusse Valery Karbalevitch retrace ici l'ascension du dernier dictateur européen - un homme qui ne recule devant aucune violence.
    - et montre comment le système a été « taillé » pour le rendre irremplaçable. Alexandre Loukachenko a construit sa puissance grâce à un populisme qui fait appel aux bas instincts et aux préjugés les plus douteux.
    En parcourant ce portrait d'un tyran, le lecteur découvrira à quel point la Biélorussie a servi de laboratoire d'idées pour la Russie voisine.
    Ce livre est à ce jour l'unique biographie d'Alexandre Loukachenko disponible en français.

  • À partir de deux affaires parfaitement réelles, la condamnation du scientifique Igor Soutiaguine pour espionnage et celle d'une jeune femme tchétchène pour terrorisme, la journaliste russe Zoïa Svetova dévoile les ombres de la justice russe.
    Dans les deux cas, sa conviction est absolue : des innocents ont été déclarés coupables pour complaire au pouvoir russe. Son livre, écrit à la manière d'un docu-fiction, présente un portrait accablant d'un système judiciaire presque totalement asservi.
    Une démonstration appuyée par deux documents poignants : les plaintes déposées par deux victimes de la justice russe, Vassili Alexanian, collaborateur de Mikhaïl Khodorkovski - lui-même emprisonné dans le cadre de l'affaire Ioukos -, et Sergueï Magnistki, avocat du fonds Hermitage, l'un et l'autre morts en prison du fait des mauvais traitements qu'ils ont subi.
    En donnant la parole aux victimes, témoins et bourreaux, Zoïa Svetova nous offre le grand livre qu'on attendait sur un système gangrené.

  • Ce livre est le récit d'un pacte faustien entre une artiste et un dictateur.
    Alicia Alonso, la fondatrice du Ballet national de Cuba, est l'une des plus grandes étoiles du xxe siècle. Née en décembre 1920, elle a travaillé avec les meilleurs chorégraphes et créé ses propres versions des ballets classiques. De l'« école cubaine », dont elle est la mère, sont sortis de fabuleux danseurs. Mais cette réussite, alors qu'elle était presque aveugle, est indissociable du régime totalitaire installé par Fidel Castro. Ce dernier a vu dans le ballet un formidable outil de propagande interne et externe. Il a offert à Alicia Alonso, qui avait déjà commencé une très brillante carrière aux États-Unis, les moyens de poursuivre son rêve. En contrepartie, le « Cobra Noir » a accepté d'apporter, dans ses pires moments et jusqu'à aujourd'hui, un soutien sans faille au régime.
    Dans cette première biographie d'Alicia Alonso en français, Isis Wirth met en lumière cette complicité tragique. Unis par une même passion pour le pouvoir, la ballerine et El Comandante ont écrit une histoire qui s'achève de façon pathétique dans le marasme, la gérontocratie et, pour le ballet, la fuite des danseurs.

  • Pourquoi et comment l'islam idéologique a-t-il pu dominer la société iranienne depuis les années 1970 aux dépens du mouvement de réforme, qui a commencé avec la révolution constitutionnelle au début du xxe siècle ? Comment a-t-il pu acquérir une telle audience en Iran, puis dans l'ensemble du monde musulman ?
    Mahnaz Shirali interroge l'histoire iranienne du xxe siècle pour saisir le rôle et la place du religieux shiite dans l'organisation sociale et politique d'un pays entré dans un processus de modernisation.
    Écrit par une sociologue d'origine iranienne, ce livre est une des critiques les plus profondes des ruses de l'islam idéologique qui s'est imposé à Téhéran.

  • Me Zhang Sizhi est le plus grand avocat chinois contemporain. À plus de 80 ans, il a décidé de sortir de sa réserve et de raconter son extraordinaire carrière. Il fut, en 1980-1981, le chef de file des défenseurs de la Bande des Quatre, désigné par le Parti pour assister la veuve de Mao Zedong.
    Après les événements de Tian'anmen, le premier, il osa plaider non coupable pour défendre les prisonniers politiques. Il a notamment défendu, en 1992, Bao Tong, le plus haut dirigeant chinois condamné à la suite du mouvement démocratique, puis le dissident historique Wei Jingsheng, en 1995, et le cyber- dissident Li Zhi, en 2004.
    Son nom figure en deuxième place au bas de la Charte 2008, signée par 300 intellectuels chinois en faveur des droits de l'homme et qui valut à l'écrivain Liu Xiaobo - prix Nobel de la paix 2010 - onze ans de détention. Me Zhang nous fait revivre son parcours impressionnant d'homme libre et de professionnel du droit humain.
    Cette biographie, écrite par Judith Bout, est un document passionnant sur la justice dans la Chine de la mondialisation.

  • Avec la disparition de l'Union soviétique en 1991 et la dissolution du KGB, un nouveau service de sécurité est né des cendres du précédent. Le FSB, le Service fédéral de sécurité. Son rôle ? Protéger l'État russe. Au fil d'une enquête fascinante, deux journalistes qui ont couvert depuis plus de dix ans les agissements des services russes de sécurité pénètrent le monde secret du FSB.
    Ils dévoilent comment ses agents sont devenus, selon les termes de Nikolaï Patrouchev, « les nouveaux boyards » de la Russie et nous conduisent derrière les portes closes des services secrets pour raconter comment, soutenus par leur plus fameux « ancien », Vladimir Poutine, ils ont réussi à bâtir une puissance plus obscure encore que le KGB.

  • Témoignage exceptionnel, voici le récit que rapporte du laogai - l'équivalent du goulag soviétique - l'un des plus grands écrivains chinois contemporains. Condamné à quatre ans de prison pour avoir écrit un long poème dédié aux victimes du massacre de Tian'anmen, Liao Yiwu nous raconte avec passion et précision tout ce qu'il a vu et vécu pendant ce terrible séjour. Cette expérience, dit-il, lui a appris à comprendre le vrai visage de la Chine, à côtoyer les victimes de la répression, à ressentir de l'empathie pour les marginaux - assassins ou victimes, menteurs ou idéalistes, profiteurs ou exploités. Commencé en prison, ce texte est un véritable rescapé : Liao a été obligé de le réécrire maintes fois, car le manuscrit lui a été volé à plusieurs reprises par la police. Lorsque les autorités de Chengdu lui ont fait savoir qu'il retournerait en prison si son récit était publié hors de Chine, Liao Yiwu a dû se résoudre à l'exil sans retour.

  • Depuis la domination de l'islam intégriste jusqu'à l'écrasement des aspirations démocratiques du mouvement Vert et la mort de Neda, jeune étudiante en philosophie tuée lors d'une manifestation, en passant par la guerre avec l'Irak de Saddam Hussein, voici le journal de l'énigmatique écrivain Amir Samour.
    Son but : nous faire non seulement comprendre mais aussi goûter l'Iran d'hier et d'aujourd'hui ainsi que la schizophrénie que produit chez les Iraniens le régime totalitaire installé par Khomeiny et ses émules.
    Avec l'humour comme ultime recours, Amir Samour dresse un portrait sans concession du pouvoir qui règne à Téhéran. Il donne en même temps la mesure du mépris que ce pouvoir inspire à ceux qu'il opprime. Il introduit le lecteur dans les stratégies d'évitement, de fuite, et de survie qu'il faut adopter quotidiennement pour ne pas perdre son humanité. Et parfois la folie semble la dernière manière de résister...
    On aimera l'Iran débridé, rabelaisien et poétique d'Amir Samour - où l'imaginaire vient au secours du réel dans la plus pure tradition de l'Orient - autant que l'on peut exécrer ceux qui le tiennent sous leur joug.

  • Il était clair dans mon esprit que j'allais mourir ou, au mieux, rester de longues années en prison. J'avais choisi en parfaite connaissance de cause.

    C'est avec cette détermination que Gyaltsen Drölkar, jeune moniale tibétaine âgée de 19 ans, s'était résolue à manifester en faveur du dalaï-lama et de la liberté du Tibet, en 1990. Avec treize autres nonnes, elle a été torturée et jetée dans les geôles chinoises. Elle n'en est sortie que douze ans plus tard.Ce livre est le récit inédit de ce qu'ont vécu ces femmes. Libérée en 2002, Gyaltsen Drölkar a dû se résoudre à fuir le Tibet. C'est à pied, au péril de sa vie, qu'elle a gagné clandestinement le Népal au terme d'une marche de douze jours, dans la neige, en haute altitude.

    Dans un texte d'une pureté bouleversante, Gyaltsen Drölkar raconte cette histoire, depuis son enfance nomade jusqu'à son arrivée en Europe. Elle dit, pudiquement, la cruauté du traitement réservé par les Chinois à ceux qui ne se soumettent pas. Rarement l'âme du combat tibétain pour la liberté n'a été aussi magnifiquement exprimée.

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