Dominique Carre

  • Le graphisme est devenu au fil du vingtième siècle un vecteur fondamental de la communication, reconnu aujourd'hui comme un domaine de création majeur dans de nombreux pays industrialisés. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, d'importants ouvrages ont été publiés présentant l'histoire du graphisme dans chacune de ces nations. Le rôle du graphisme et ses enjeux dans le contexte général de la communication devenue aujourd'hui pléthorique) a également fait l'objet de réflexions approfondies et de débats critiques dans ces pays où la culture graphique est solidement installée.
    En France, l'histoire du graphisme est toute aussi riche. Mais bien que son exceptionnelle "art de l'affiche" ait bénéficié, dès l'origine, d'une large reconnaissance, il n'en va pas de même du graphisme, pratique plus vaste, qui reste relativement méconnue, même dans ce pays. Également, Il n'existe pas d'équivalent des recherches théoriques développées en Europe du Nord et aux Etats-Unis, qui ont favorisé l'émergence d'une critique du graphisme, essentiel à son développement et son épanouissement.
    Aucun ouvrage n'est paru jusqu'alors retraçant le parcours du graphisme français, précisant sa nature, examinant ses liens avec les grands courants esthétiques français et internationaux, l'histoire de graphisme d'autres nations, les innovations technologiques, la question des supports de diffusion, de leur expansion et de leur rôle dans l'espace public ou privé, ou encore le contexte social sur lequel a émergé certaines pratiques.
    Au-delà de son caractère historique, cet ouvrage développe une réflexion fondamentale sur les liens du graphisme avec les arts plastiques, le design et l'urbanisme, sur son devenir dans les systèmes de communication et en tant que pratique artistique et sociale.
    De l'affiche reine de la rue à l'omniprésence de l'écran de télévision, la question des supports de diffusion, de leur expansion et de leur rôle dans l'espace public ou privé est également posée sous la forme d'une analyse critique de la communication visuelle.

  • Ce livre est une tentative d'archéologie de l'archéologie, une enquête sur le savoir de ceux qu'on appelle depuis l'Antiquité romaine les antiquaires. Contrairement à une idée répandue, l'archéologie entendue comme l'étude des vestiges du passé n'est pas une invention de la Renaissance. Elle était déjà familière aux scribes d'Assyrie, d'Égypte ou de Chine, elle était discutée par les sophistes d'Ionie, et mise en pratique par les historiens de Rome. Qu'il y ait eu des hommes avant Adam, voilà la révélation scandaleuse du XIXe siècle. Pourquoi cette antiquité de l'homme, connue des Assyriens, des Égyptiens et des Perses, a-t-elle été mise à l'écart par la révélation biblique ?
    En suivant une piste qui part d'Hésiode et de Lucrèce, à travers la tradition judéo-arabe et Giordano Bruno, pour arriver au génial et méconnu Isaac La Peyrère, la petite musique des préadamites nous découvre un pan des mystères de l'histoire naturelle et si décriée de l'homme. Cette histoire n'est pas une succession harmonieuse de progrès, mais la redécouverte et l'interprétation, souvent erratique, d'observations dont la mémoire s'était perdue. Elle n'a pas été faite par les seuls antiquaires : de Khaemois, fils de Ramsès II, en passant par Nabonide, roi de Babylone, à l'érudit romain Varron, un même goût du passé associe les hommes les plus divers. Plus tard, saint Augustin, les clercs des abbayes médiévales, Pétrarque, Rabelais, Raphaël, Rubens, Newton, Diderot, Jefferson et Goethe apporteront leur note particulière à la passion des hommes pour les traces du passé.

  • La presse spécialisée, mais aussi les institutions consacrées à l'architecture et à l'urbanisme se penchent le plus souvent sur le destin des métropoles et des grandes villes, ou sur le mal-être des périphéries. Mais rien ou presque ne concerne ces villes petites et moyennes qui ne sont pas le terrain de jeu favori des performances architecturales et des éclats médiatiques et qui expriment le tourment d'un présent désorienté entre mémoire et projet. Face à de nombreux défis, aux enjeux d'une quotidienneté heureuse, aux arbitrages pour construire une responsabilité commune et tracer un horizon, la ville d'Amilly, dans le Loiret, a conçu et mis en oeuvre(s) un projet singulier. Agissant sur la ville considérée comme un espace de vie dans lequel les projets urbains doivent s'adapter aux sites qui la composent, la culture, les arts et les artistes sont invités dès l'amont à participer à l'ensemble de ses réalisations. Au fil du temps, la ville est devenue l'archétype d'un redéploiement urbain réussi qui fait de l'expérience d'Amilly une histoire et une aventure exemplaires que chacun appelle de ses voeux, un équilibre tenu entre bien commun et desseins individuels.

  • Comment vivrons-nous ensemble ? Pour répondre à cette question d'anticipation, ne devrait-on pas se tourner vers le présent ? Commencer par observer ce qui nous entoure déjà. Aborder tout projet comme une enquête sur la réalité vivante et partir des énergies dont nous faisons l'expérience, celle de la vivacité de l'action communautaire.
    Que voyons-nous ? D'abord des groupes humains. Ensemble, ils organisent des situations de vie collective, cas après cas, lieu après lieu. Ensuite des lieux habités, construits, aménagés, entretenus, aimés. À Hanoï, Bordeaux, Soweto ou Détroit, à Mérignac, Johannesburg ou Buenos Aires, on découvre l'intraitable beauté d'un monde-archipel où des communautés humaines produisent des actions collectives concrètes.
    Les documents présentés dans cet ouvrage cherchent à donner l'exemple. Ils puisent dans tous les registres qui sont à la disposition de l'architecte - photographies, poésies, axonométries, images, récits, diagrammes. Saisir la multiplicité des processus en cours et les transfigurer. Se dessine alors une architecture de très haute improvisation, une architecture en mouvement, faite de l'oeuvre des communautés.

    Catalogue du pavillon français de la Biennale d'architecture de Venise 2021.

  • Ce livre est un manifeste pour la ville. Ce n'est ni un pamphlet ni une critique amère ou nostalgique de notre réalité. C'est un manuel pratique qui s'adosse à une pensée et à une éthique de la ville, qui part de l'existant et tente de le saisir. L'ouvrage croise les dimensions spatiales et sociales de la ville. Il ne cherche pas à convaincre. Il expose, pas à pas, le bénéfice que représenterait pour tous, individuellement et collectivement, un espace public civil, favorisant la citoyenneté, l'égalité et la solidarité. L'ouvrage, composé de 19 entrées thématiques (bancs, sols, gares, sûreté urbaine...), propose un choix de préconisations qui, sans prétendre à l'exhaustivité ni à la perfection, tendent vers une éthique des interventions dans la ville.
    Chaque entrée, éclairée par les enjeux anthropologiques et politiques de l'espace public, comporte des recommandations, explore des aspects pratiques, évoque quelques-unes de ses dimensions sémantiques, historiques ou artistiques. Des exemples, des contre-exemples, des illustrations, une marche à suivre permettent de penser les différentes problématiques en regard de cas concrets. L'ouvrage intéressera tout un chacun, des élus et des aménageurs aux amoureux de la poétique urbaine.

  • Chaque année, 22 millions de tonnes de terre sont excavées pour la construction de la métropole et l'extension des limites de Paris. Notre imaginaire collectif est imprégné de l'image imposante des terrils du Nord-Pas-de-Calais pour visualiser ce que représente le concept de « terres excavées », comprendre à quelle prégnance visuelle, à quel enjeu environnemental on est possiblement confronté. Mais, ici, ce ne sont pas ici des terres noires extraites des mines de charbon, mais les terres diverses et colorées des soubassements des multiples travaux publics grands-parisiens, particulièrement celles provenant du percement des tunnels du Grand Paris Express. L'enjeu est triple. Tracer, trier, analyser toutes ces terres en mouvement ; rendre fertiles celles qui peuvent l'être ; enfin leur donner une destination en concertation avec les collectivités : parcs, bois, terrains de sport, terres agricoles en ville ou zones de libre développement et de biodiversité dans les champs.
    Anne-Marie Filaire a choisi de photographier le moment de la réception des terres, en parcourant les huit sites actuellement en gestation dans le Grand Paris. Les instants particuliers où les terres sont déversées et réparties, et où s'esquissent, avec les ingénieurs, les profils paysagers. Elle offre un regard documenté en replaçant les sites dans le cadre du grand paysage, naviguant entre les centaines de camions et les engins de chantier, repassant plusieurs fois pour rendre compte de la vie sur place les jours de boue, de brouillard ou de sécheresse. C'est un travail photographique précieux, qui s'attache à montrer un entre-deux du paysage, avant qu'il n'advienne à nouveau. C'est, dit-elle, « un travail sur l'avenir ». Ses photographies racontent la beauté intrinsèque des sites, la beauté de leur matière brute, lais révèlent aussi leur morphologie.
    Au-delà des enjeux purement techniques, la somme des terres amassées est aussi, pour un artiste, un objet possiblement poétique, hors du temps, un univers temporaire qui s'effacera pour laisser place à un nouveau paysage. De ce point de vue, c'est aussi un livre d'artiste, qui révèle les nombreuses connexions avec l'art contemporain, en particulier le Land Art.

  • Au contraire de l'anatomie - science théorique et lacunaire, nous dit Antoine Barjini - la morphologie est une science de l'observation du vivant, dont l'étude est d'autant plus nécessaire aujourd'hui qu'elle permet de redécouvrir et de réhabiliter l'image du corps, devenue abstraite, soumise aux idéaux publicitaires et non représentative de la diversité humaine.
    Mêlant l'observation, la pratique du dessin et la relation aux oeuvres d'art, ce livre permet de toucher du doigt des interprétations inhabituelles qui enrichissent la manière dont on peut observer un corps.
    De cette démarche découle l'évidence que chaque partie du corps, loin de se réduire à quelques volumes simples, éveille un univers, un champ de possibilités.
    Pour Antoine Barjini, la morphologie sert à regarder les autres avec des yeux ouverts et bienveillants et à apprécier les différences et les singularités.

  • In-Situ 2018. 5e Biennale d'architecture et d'urbanisme de Caen.

    Soumis à rude épreuve, les coeurs des villes risquent parfois l'embolie. Dans ce livre, une vingtaine de contributeurs se penchent sur le devenir de ces centres vitaux à régénérer pour qu'ils battent durablement mieux. Publié à l'occasion d'In-Situ 2018, Ve Biennale d'architecture et d'urbanisme de Caen, Faire battre le coeur des villes s'inscrit dans une continuité avec Habiter. Imaginons l'évidence et (Re)construire la ville sur mesure, parus respectivement en 2013 et 2016 chez le même éditeur.
    Composé tel un triptyque, ce livre s'intéresse d'abord à la vie des centres et aux centres des villes ; puis il explore les pistes pour apporter aux villes le souffle vital de la culture ; et il propose enfin d'introduire et d'adapter l'écologie à l'environnement urbain.
    L'ensemble contient de nombreux exemples. Il est destiné autant à produire chez les lecteurs une prise de conscience qu'à apporter des solutions à la hauteur de l'enjeu : la maîtrise du fait urbain au bénéfice d'une meilleure qualité de vie en ville.

  • Catalogue du pavillon français de la Biennale d'architecture de Venise (7/06 - 23/09/14) cet ouvrage, dirigé par Jean-Louis Cohen, présente chronologiquement 101 édifices marquants, choisis après consultation d'une vingtaine d'architectes contemporains quant à leur vision de l'histoire récente. De la maison individuelle au grand ensemble, de l'usine à l'aéroport, chaque bâtiment est accompagné d'une brève analyse.

  • La fabrique de la ville et des territoires est au coeur d'une zone de partage et de rencontre, peu explorée, les maîtres d'ouvrage et les concepteurs. Là où s'élabore un dialogue exigeant qui est pour une bonne part la clé de la réussite des projets. Dialoguer est aussi le parti pris de ce livre, composé à partir de quatre débats qui ont réuni des élus, des maîtres d'ouvrage public et privé, des juristes, des concepteurs et des chercheurs. Chacun des thèmes abordés est illustré par la description synthétique de projets urbains emblématiques.
    Face à la perte des certitudes et des modèles éprouvés, et devant l'émergence de nouveaux défis sociaux et climatiques, le livre préconise une méthode d'action croisant résolument le politique et l'urbanisme, la culture et l'économie. Il porte l'ambition d'aider à bâtir collectivement une ville qui exprime les aspirations de la société et des citoyens.

  • Du célèbre terrain vague de la Chapelle qui a vu naître le graffiti en France dans le milieu des années 1980 aux multitudes de galeries à ciel ouvert que représentent encore les nombreux chantiers et bâtiments désaffectés du site, Karim Boucherka a mené une étude qui passe en revue plus de trente ans d'art urbain. Elle culmine avec le gigantesque bâtiment des Magasins généraux de Pantin qui, laissé à l'abandon depuis 2004, est devenu le terrain de jeu des graffeurs du monde entier. Pour confronter le lecteur à la majesté des lieux, le livre s'appuie sur le travail des photographes Meffre et Marchand qui se sont fait connaître par leur travail sur les ruines de Détroit. Avec son grand format et sa jaquette-poster, ce livre est un incontournable qui ravira les nombreux amateurs de street-art.

  • Metro

    Collectif

    Les 60 photographies de cet ouvrage ont été réalisées durant l'été 2003 par un réalisateur de cinéma américain, d'où l'impressionnant effet de travelling des images.
    C'est un livre pour les amateurs du patrimoine parisien, mais également pour les designers, artistes ou architectes souvent appelés à rénover l'espace public.
    Les premiers y retrouveront une série de stations iconiques du Métro parisien, mais suivront aussi le processus historique qui a conduit au caractère particulier des anciennes stations des lignes nord/sud ou des différents styles (Andreu-Motte, Mouton-Duvernet, etc.) qui sont la marque de chaque époque depuis les proposition art nouveau de l'architecte Guimard.
    Les seconds y découvriront les différents mode d'aménagement d'un des plus grands espaces publics parisiens (choix des couleurs, design des mobiliers, création des éclairages, emprise de la publicité), ainsi que les interventions d'artistes ou d'architectes (Schuiten aux Arts et métiers, Jean-Charles Blais à l'Assemblée nationale, Jean Bazaine à Cluny, etc.) lors des différents commandes publiques qui ont été faites dans les vingt dernières années.
    Le livre passe en revue une soixantaine de stations choisies pour être représentatives des différents mode de construction (stations à volumétrie courbe, station à ossatures métalliques, magnifiques stations aériennes) et d'aménagement (technique, quitch, monumentales, etc.).
    Chaque image est accompagnée d'un texte bilingue (français-anglais) qui donne l'essentiel des éléments historiques et techniques, et s'applique à montrer comment le caractère de chacune des stations est lié à l'esprit de son quartier. Les stations souterraines sont souvent héritières des grands événements de l'histoire de Paris depuis le XIXème siècle. Comme le dit si bien Carlos Tinoco, auteur de ces textes " un parisien ne réside pas seulement à une adresse précise mais dans un espace défini par la station la plus proche ; on habite aux Gobelins, à Ternes ou à Couronnes " . Le Métro est en effet un élément majeur de l'identité parisienne.


  • Alors que le Centre Pompidou ouvre ses portes à Roy Lichtenstein, Hervé Vanel livre un texte accessible sur la personnalité, l'oeuvre et l'émergence de l'artiste pop au sein du mouvement des Nouveaux Vulgaristes dès le début des années 60.

  • L'économie des territoires est l'enjeu de cette sixième session des Ateliers de création urbaine créés en 2008 par le conseil régional d'Ile-de-France. Les étudiants ont imaginé une transition économique vers un nouveau modèle de sociabilité et de cohésion des territoires : communauté économique locale, territoire intelligent et connecté, adaptabilité à l'environnement et réversibilité.

  • Création, esprit d'innovation, enjeux démographiques, modes de vie contemporains, la ville de Saint-Étienne connaît une mutation urbaine qui la place désormais dans le jeu des métropoles à échelle européenne.

  • Pour cette quatrième session des ateliers de création urbaine, étudiants, architectes, urbanistes et designers se sont accordés pour remettre en question les flux touristiques largement dominés par la force d'attraction de Paris et de son patrimoine. La question est donc : comment profiter de l'aimant parisien pour faire découvrir de nouveaux pôles d'attraction en Ile de France ?

  • Un livre clair et concis et très illustré qui brosse un portrait détaillé de La Défense, quartier d?affaires conçu ex nihilo dans les années 1950. Les 14 quartiers sont présentés à l'horizon 2020 à travers 120 bâtiments, 10 tours en projet et 100 architectes.

  • Selon l'ONU, environ 150 millions de réfugiés du climat devraient être déplacés d'ici à 2050. Pendant quatre ans, le collectif Argos est allé à la rencontre des premiers «réfugiés climatiques», ces hommes et femmes poussés à l'exil à cause du réchauffement du climat. Alaska, îles Tuvalu, Maldives et Halligen, le Tchad et la Chine, le Bangladesh, le Népal et, enfin, les États-Unis où les cyclones sont de plus en plus violents. Soit, au terme de ce périple : 9 escales afin d'éveiller les consciences sur l'ampleur prévisible des mouvements de population et la perte d'une pluralité ethnique et culturelle.
    Nous avons travaillé avec Argos à la mise à jour de cette nouvelle édition, en particulier refondu le chapitre américain après un nouveau reportage en 2008 de Cédric Faimali à La Nouvelle-Orléans. Rencontre éditoriale revigorante dans un contexte dramatique.

  • Ville.commerce est la troisième synthèse des travaux des Ateliers de création urbaine. Cette réflexion interdisciplinaire sur l'avenir de la région Île de France en 2030 appréhende ici l'importance du commerce sur le développement de la métropole parisienne.

  • Une histoire de Port Marianne, projet d'extension de la ville de Montpellier vers la mer, initié il y a 20 ans, accompagnée de textes inédits d'architectes et d'urbanistes de renom comme Ricardo Bofill, Christian de Portzamparc, Jean Nouvel et Claude Vasconi.

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