Albin Michel

  • « Comment ne puis-je me sentir rempli d'effroi, comme l'était Pascal, quand je découvre que je suis comme abandonné dans ce monde immense, dont je ne sais au juste où il commence et où il finit, comme oublié par ce Dieu créateur au milieu des ténèbres, sans jamais connaître où je vais, vers quoi m'emmène la barque du temps ?
    Je crois cependant qu'il ne faut pas renoncer, car dans notre "nuit obscure" brille la faible lumière de notre coeur et de notre Esprit.
    Notre Raison nous aidera à trouver les sentiers de l'Univers, et à ordonner notre monde, même si cette Raison ne peut s'appuyer que sur des présupposés, et que notre savoir est toujours à recommencer.
    Notre Intuition nous permettra peut-être de mieux sentir la présence du Dieu créateur, que l'on devine derrière l'ombre d'une pensée paradoxale...
    Après tout, et comme le remarquait Simone Weil, "ce n'est pas tant que le chemin soit difficile, mais le difficile est le chemin" ».

    Jean E. Charon est directeur du Centre de recheche sur la Relativité complexe (C.E.R.C.L.E.). Il dirige aussi le Groupe d'études sur l'Imaginaire en science au Centre national de la Recherche scientifique à Paris (C.R.I.). Il est président des colloques C.I.P.R.E.S.
    Qui réunissent chaque année et de manière pluridisciplinaire des universitaires en provenance du monde entier sur le thème général de « l'Esprit et la science ». Parallèlement à ses ouvrages de physique, Jean E. Charon a publié de nombreux ouvrages philosophiques, qui ont été traduits en onze langues.

  • La vie de Shabkar (1781-1851), traduite ici par Matthieu Ricard et Carisse Busquet, est sans doute la biographie la plus célèbre au Tibet après celle de Milarépa. Comme l'auteur des Cent Mille Chants, mais beaucoup plus proche de nous dans le temps, Shabkar est révéré par le peuple tibétain pour sa sainteté et sa simplicité, sa faculté d'émouvoir aussi bien que de faire rire, la profondeur de sa spiritualité exprimée en un style qui la rend accessible à tous.
    Ayant atteint l'ultime étape de l'accomplissement (dzogchen), Shabkar fut supplié par ses disciples de raconter les étapes de son itinéraire mystique. Il s'y appliqua en retraçant, dans un passionnant récit en prose entrecoupé de chants poétiques, son chemin d'errance. Ayant connu le plus extrême dénuement et la plus grande félicité, cet ermite inspiré prodiguait ses enseignements à tous les êtres qu'il rencontrait, y compris des bandits dangereux ou des animaux sauvages. Son histoire illustre parfaitement l'enseignement bouddhiste sur le sens de la vie humaine, sur la mort, l'impermanence et sur notre possible délivrance vis-à-vis de la souffrance.

    En un temps où le Tibet était en proie au sectarisme religieux et aux rivalités ethniques, Shabkar incarna la tolérance et l'altruisme - ce qui rend son message d'autant plus contemporain.

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