Entreprise, économie & droit

  • Le capitalisme tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes économiques, n'en supportant aucune à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale. Il offre l'exemple d'une contradiction historique qui, à un certain degré de développement, ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale harmonieuse, fondée sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse.
    Ouvrage majeur de Rosa Luxemburg, écrit en 1913, L'Accumulation du capital est le premier texte de l'économie politique marxiste à formuler une théorie d'ensemble de l'impérialisme. En montrant la nécessité inscrite au coeur du mode de production capitaliste de s'étendre à l'échelle du monde en asservissant des territoires non capitalistes et leurs populations, il éclaire les mécanismes qui allaient bientôt déclencher la grande guerre pour le repartage du monde.
    Rosa Luxemburg (1871-1919), née en Pologne russe en 1871, est l'une des principales militantes et théoriciennes du mouvement ouvrier international avant et pendant la Première Guerre mondiale. Elle enseigne l'économie politique de 1907 à 1913 à l'école du parti social-démocrate allemand de Berlin. Elle maintient lors du premier conflit mondial un internationalisme intransigeant qui lui vaut d'être emprisonnée de façon quasi continue jusqu'à sa libération par la révolution de novembre 1918. Avec le groupe Spartakus, elle se lance dans une intense activité révolutionnaire jusqu'à son assassinat le 15 janvier 1919 par les corps francs.

  • Essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l'effacement des classes populaires.
    Synthèse de quarante ans d'observation des réalités urbaines, ce livre examine les transformations provoquées par un mode de gestion politique des villes laissant, au détriment du "droit à la ville", la part belle aux appétits économiques. Ces écrits souvent polémiques renouent le fil de la continuité historique et sociologique entre l' "assassinat de Paris" (décrit par Louis Chevalier à la fin des années 1970), l'essor d'une nouvelle petite bourgeoisie inféodée aux pouvoirs en place, et l'effacement politique des classes populaires avec les "crises urbaines" qui font l'actualité médiatique.
    "Crise des banlieues", "crise du logement", "SDF" : autant de symptômes dont le traitement social (et aujourd'hui sécuritaire) est voué à l'échec faute de reconnaître le conflit d'intérêts fondamental opposant la majorité des usagers de la ville et les spéculateurs. Enfin, ce livre dévoile la manière dont les multiples innovations (qui visent à donner l'illusion qu'on peut réconcilier magiquement les contraires) exercent une violence symbolique ne faisant que redoubler celle, bien réelle, qui s'exerce sur des citadins de plus en plus nombreux à être dépossédés de leurs villes.

  • Ce que la presse a appelé "l'histoire la plus intéressante de la décennie sur le plan humain" consistait en une personnalité mondialement connue, un kidnapping d'enfant en bas âge, un procès filmé en direct (une première), un assassin condamné à mort sans jamais avoir avoué son crime... mais surtout, en un véritable déluge d'informations non vérifiées, de rumeurs, une foule de correspondants et d'envoyés si spéciaux qu'ils n'existaient pas nécessairement.
    En mars 1932, le fils du célèbre aviateur Charles Lindbergh est enlevé puis assassiné. Quatre ans plus tard, à l'issue d'un procès contestable, Bruno Hauptmann est exécuté. Ce livre ne s'attarde pas sur les détails de ce qui est vite devenu "l'affaire du bébé Lindbergh" : il l'aborde comme un moment charnière de l'histoire des médias, où s'installent des méthodes sensationnalistes omniprésentes aujourd'hui.

  • Les experts et les consultants sont désormais omniprésents dans le monde du travail. Leur rôle est notamment central dans l'immense travail dit de « réorganisation » ou de « restructuration » des entreprises. On les retrouve aussi bien du côté des directions que du côté des syndicats, dont ils contribuent à élaborer les stratégies. Consultants, conseils et avocats de tout poil sont au service des patrons dans leurs efforts pour tirer plus de profit des salariés qu'ils emploient. Mais on les trouve aussi aux côtés des représentants qui défendent les intérêts des personnels. Quelles sont les nouvelles formes de l'expertise au service des patrons ? Et quelles ressources les syndicats ont-ils réussi à construire dans ce domaine ? Comment se mènent les batailles d'experts ? Les textes rassemblés font la lumière sur des enjeux décisifs mais trop souvent rendus illisibles, précisément parce qu'ils sont réservés aux experts. Ils montrent aussi que l'essor d'un vrai marché syndical de l'expertise ne se fait pas toujours au bénéfice des salariés. Et ils insistent enfin sur l'importance des formes autonomes d'expertises que les militants et les professionnels doivent construire et mobiliser eux-mêmes pour se défendre efficacement face aux restructurations.
    Au sommaire. Dossier : Qui servent les experts ? Introduction par

  • A ceux qui utilisent les techniques de lobbying pour redresser les injustices sociales, protéger l'environnement, promouvoir les droits des minorités, défendre les travailleurs ou oeuvrer pour le bonheur de leur communauté, nous avons voulu montrer que c'est une illusion de croire que ces techniques sont " neutres ".
    Même si toutes les organisations écologistes du monde mettaient leurs ressources en commun, elles ne disposeraient jamais d'un budget de relations publiques équivalent à celui d'un seul fabricant de pesticides décidé à défendre ses intérêts. Un tel mouvement verra-t-il le jour ? L'existence même du lobbying prouve que c'est possible : le fait que les entreprises industrielles et les gouvernements dépensent chaque année des milliards de dollars pour manipuler l'opinion illustre, de façon perverse mais flagrante, l'existence persistante - même souterraine - des valeurs morales et intellectuelles que nous pouvons défendre.
    En examinant le pouvoir et les méthodes des lobbyistes, ce livre dévoile l'ampleur des manipulations dont le peuple est l'objet pour transformer " l'opinion publique " et conforter les intérêts des grands groupes industriels. Des espions aux journalistes opportunistes, en passant par des scientifiques peu regardants et de faux manifestants, l'industrie du mensonge utilise tous les canaux possibles pour que seule l'information qui arrange ses clients - groupes pharmaceutiques, gouvernements, industriels pollueurs, producteurs d'énergie nucléaire, de tabac ou de nouvelles technologies (OGM...) - puisse être diffusée.

  • - bon, d'accord, nous avons répondu à la question : " si vous ne voulez pas du capitalisme, que voulez-vous à la place ? ".
    Et nous avons instauré le participalisme. mais ne subsistera-t-il pas une très forte résistance de ceux qui préféraient le système de marché ?
    - quant la majorité se sera décidée, il est inévitable que tout le monde n'appréciera pas ce changement. et en particulier les propriétaires les plus fortunés, qui utiliseront tous les moyens dont ils disposent pour ne pas être privés de leurs biens. car le participalisme implique une réappropriation populaire des moyens de production ; bien entendu le plus souvent sans le consentement des propriétaires.
    Ceux qui travaillent s'expriment de plus en plus ouvertement en faveur d'une économie plus juste, mais leurs entreprises restent essentiellement des structures soumises à une quête sans fin de profits. et les luttes se poursuivent pour de meilleures conditions de travail, pour redéfinir les emplois, etc. mais lorsque la bataille de l'organisation socio-économique aura été gagnée, il n'y aura plus à se battre contre une classe de propriétaires avides de profits ou une classe de coordinateurs cherchant à maximiser leurs avantages.
    Les propriétaires ne seront plus propriétaires de rien et il n'y aura plus de classe coordinatrice. pour empêcher que nos adversaires trouvent suffisamment de monde pour brandir les armes qu'ils possèdent en masse, il faut fournir à leurs " volontaires " des raisons pour qu'ils n'acceptent plus de jouer le jeu des dominants. le participalisme fournit ces raisons.

  • L'édition est la grande absente des analyses du rôle de l'industrie des relations publiques dans l'"éternel combat pour le contrôle des esprits".
    Pourtant, comme les autres médias, l'édition est depuis longtemps aux mains de grands groupes, souvent les mêmes. Et elle remplit la même fonction dans le maintien de l'ordre idéologique. Suivant la même logique de croissance par acquisition qui prépare la suivante, les grands éditeurs perpétuent l'existence d'un type d'acteur qui, du seul fait de sa taille et de son mode d'organisation, forge un monde social et économique face auquel les idées de changement ne pèsent pas grand-chose.
    La distinction artificielle entre "groupes de communication" et "groupes éditoriaux" occulte le rôle de ces entreprises dans une société à caractère de masse : transformer les lecteurs en consommateurs et limiter la capacité d'agir du plus grand nombre. Ecrit par un éditeur, ce livre propose à la fois une antilégende de l'édition et les bases d'une réflexion sur les responsabilités sociales et politiques de tout métier.
    Un questionnement qui prend une forme plus directe lorsqu'il touche à la diffusion d'idées : de quelles manières et sous quelles bannières défendre quels projets de société.

  • Résultat d'une enquête d'investigation sur l'" industrie du mensonge " que constitue l'alliance relation publique, médias et publicité, ce livre montre les effets sur l'organisation sociale de ce contrôle des communications au service des grandes entreprises. Car les " attachés de presse " ne se contentent plus de fabriquer les dossiers, les " reportages en kit " et les articles préfabriqués qu'utilisent les journalistes et les rédacteurs en chef paresseux. Ils ne se limitent plus à " construire des passerelles vers la prospérité "... Les relations publiques sont devenues un moyen de communication à part entière, une industrie conçue pour modifier notre perception de la réalité, la remodeler et fabriquer du consensus au service de ceux qui tiennent à garder leur pouvoir.

empty