Salah Abdellaoui

  • « Depuis que j'ai arpenté la médina de Fès un petit matin de printemps, alors qu'elle s'éveillait presque, j'ai été touché par la grâce.
    Et il m'a sauté aux yeux que cette ville méritait bien davantage d'attentions qu'elle n'en reçoit.
    Depuis, j'y suis revenu à plusieurs reprises et l'ai arpentée de long et en large. Certes, elle est devenue avec le temps une destination touristique non négligeable. Mais au Maroc, elle attire heureusement moins les foules que ses compatriotes Agadir ou Marrakech, qui ont d'autres atouts. Parler de Fès, écrire un livre sur Fès est presque devenu pour moi une obsession. Les guides sur le Maroc s'étendent assez largement sur cette cité, mais c'est, me semble-t-il, avec une approche utilitaire, mercantile destinée à un rapide passage touristique. Fès vaut mieux que cela. Fès est le coeur du Royaume, son âme, le souffle spirituel du Maghzen. Elle en est aussi la conscience, l'histoire, le souvenir vivant. Fès mêle tous les genres de populations, de l'aristocrate à la peau blanche et à l'accent caractéristique, citadin et rural à la fois, au descendant d'esclave noir et au juif converti. Et à côté d'eux, les « blédards » au teint basané, chassés du Rif par le dénuement et travaillant comme des forçats pour un salaire de misère.
    L'humanité en marche donc...
    Je me suis donné la mission de faire découvrir l'âme de Fès, ce qui fait sa personnalité, sa singularité, ce qui la distingue de ses concurrentes. Plus encore : de dévoiler ses secrets... » (Didier Destremau).

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