Ralph Schor

  • Pourquoi tant d'écrivains américains, parmi les meilleurs de leur génération, affluèrent-ils à Paris dans l'entre-deux-guerres ? Quelle fut leur vie matérielle, sociale et intellectuelle dans la Ville Lumière ? Que découvrirent-ils ? Telles sont quelques-unes des questions que soulève le présent ouvrage. L'auteur raconte les expériences vécues dans la capitale française par de grands écrivains, dont trois prix Nobel (Ernest Hemingway, Sinclair Lewis et T.S. Eliot) et par des dizaines d'autres auteurs célèbres déjà en leur temps, comme Scott Fitzgerald, Henry Miller, John Dos Passos, Ezra Pound, Anaïs Nin. Ces intellectuels voulaient fuir une Amérique ressentie par eux comme matérialiste, intolérante, conformiste, puritaine, en somme étouffante et fermée aux choses de l'esprit. Une place particulière est accordée aux Noirs, qui cherchaient à s'épanouir loin des terribles contraintes de la ségrégation raciale.
    A Paris, les Américains trouvaient d'abord la liberté, celle des moeurs (alcool, drogue, sexe) et celle de l'esprit. La découverte d'une ville pétrie d'histoire, les promenades dans les beaux quartiers et les arrondissements populaires, la visite des musées, les spectacles, les lectures, les rencontres offraient d'innombrables sources d'inspiration et de réflexion. Tous furent marqués par l'éclosion de nouveaux courants, comme le dadaïsme, le surréalisme ou le cubisme. Henry Miller disait que Paris était « le nombril du monde », Gertrude Stein observait que cette ville constituait « la toile de fond naturelle pour l'art et la littérature du XXe siècle ».

  • Durant la Grande Guerre, les Alpes-Maritimes, éloignées du front, furent épargnées par les combats. Mais, si les sanglantes batailles demeurèrent une réalité lointaine, d'autres épreuves se révélèrent terriblement présentes. Le contexte guerrier était attesté à chaque instant par la présence des blessés et des réfugiés civils repliés dans les grands hôtels, par l'effondrement du tourisme, principale ressource de la région, par les incessantes pénuries, les spectaculaires hausses de prix, donc l'aggravation de la pauvreté. La guerre souligna la vulnérabilité économique des Alpes-Maritimes. En effet, ce département, situé aux marges du pays, dépendant des importations pour l'énergie, le ravitaillement et beaucoup de produits manufacturés, souffrit durement de la fréquente interruption des transports. La population, marquée par l'angoisse qu'engendraient la longueur et l'incertitude des combats, mécontente des difficultés de la vie quotidienne, fit souvent preuve de nervosité, parfois de colère. Le littoral urbanisé des Alpes-Maritimes pâtit davantage des pénuries alimentaires et énergétiques que le haut pays rural, plus adaptable à une vie autarcique. Le littoral fut davantage atteint par les désordres sociaux, délinquance juvénile en forte augmentation, prostitution, mendicité. Mais les villes et les campagnes furent rapprochées par un facteur puissant : les inquiétudes sur le sort des hommes partis au front ou prisonniers, l'appréhension de recevoir une funeste nouvelle. L'anxiété et parfois l'expérience de la mort jouèrent un rôle unificateur considérable dans la société. Tout au long du conflit, l'opinion publique se manifesta avec force, aussi bien dans l'expression de l'anti-germanisme que dans la critique à l'égard des commerçants, des élus locaux, des responsables politiques les plus éminents comme le montra, entre autres, l'affaire du XVe corps. Mais, en dépit des épreuves et de l'ébranlement de nombreuses certitudes, l'adhésion au régime et à ses valeurs fondamentales, de même que l'appartenance d'un jeune département à la nation française ne furent jamais remis en cause.

  • Fitzgerald, Gary, Hemingway, Ionesco, Mann, Miller, Nabokov, Arendt, Tsvetaeva... Des centaines d'écrivains étrangers choisirent de s'installer en France dans l'entre-deux-guerres.
    Choix volontaire pour certains, orphelins d'une terre natale abandonnée par dépit. Choix contraint et forcé pour d'autres, proscrits pour des raisons politiques ou raciales.
    Tous ont l'exil en commun et la France comme terre d'adoption, une France vue comme un pays cosmopolite, un pays de culture, un pays de liberté. Tous sont captivés par le prestige de Paris, capitale mondiale de l'art vivant, le Paris des musées, des théâtres, du jazz, des ballets russes, des cafés qui sont les salons des temps modernes, un Paris ouvert et foisonnant où semblent possibles toutes les audaces et les transgressions. Ou encore la Côte d'Azur où résidaient déjà des écrivains venus chercher dans ce Sud ensoleillé un lieu propice à leur travail.
    Ces images idéales résistent-elles à la réalité ? Peut-on trouver des constantes dans la diversité des parcours ? Exilés volontaires et exilés forcés parviennent-ils à se rejoindre et à partager des valeurs ? Dans quelle langue choisissent-ils d'écrire ? Et comment se passe la rencontre avec les artistes français ? Étudiant au plus près le témoignage des écrivains étrangers ayant longuement séjourné en France, Ralph Schor montre les conséquences de cet exil, les blocages pour certains artistes, mais aussi, pour beaucoup, la richesse des expériences vécues, les évolutions intellectuelles et identitaires, les renouvellements dans le domaine de la création littéraire. Ralph Schor signe une fresque intensément vivante de la vie culturelle dans l'entre-deux-guerres.

  • L'antisemitisme en france dans les annees 1930 Nouv.

  • Pour l'opinion commune, les "bons immigrés", Italiens, Espagnols ou Belges, se sont bien intégrés, au contraire des Maghrébins et des Noirs. L'histoire comparée bouscule ces fausses certitudes. Le rapprochement entre les années 1930 et 1980 s'impose : même contexte de forte présence immigrée, de crise économique et de chômage. Cet ouvrage s'attache à analyser et à comparer, au long d'un demi-siècle d'histoire, les réactions des Français, à mettre en lumière les facteurs qui influencent l'opinion. Des années 30 aux années 80, les constantes l'emportent largement.

  • Le titre du présent ouvrage peut être compris sous deux acceptions. La première, de nature chronologique, annonce l'étude des années écoulées depuis 1914. La seconde revient à poser une question centrale : au cours de cette période, la France a-t-elle perdu ses caractéristiques traditionnelles, son éclat, sa place particulière dans le concert des nations ?
    Pour répondre à cette interrogation, les tendances profondes et les inflexions inattendues, le poids des guerres mondiales, les évolutions politiques, économiques, sociales et culturelles sont analysés avec précision et finesse. Il en émane ce grand récit menant de la Belle Epoque au XXIe siècle qui décrypte l'identité française, tour à tour puissante, blessée, humiliée et déchirée, en proie aux incertitudes mais portée par un dynamisme et une créativité exceptionnels. Ecrite avec limpidité, cette belle synthèse tord le cou aux simplifications hâtives pour inviter à un véritable débat.

  • Voici réunis en un seul volume ces trois « classiques » des études d'histoire que sont La France de 1848 à 1914, La France de 1914 à 1940 et La France de 1940 à nos jours.
    Les auteurs ont bâti une approche globale où les champs du politique, de l'économique et du social sont tour à tour décrits et analysés. De nombreuses lectures documentaires émaillent l'exposé des faits et apportent l'éclairage indispensable à la compréhension de notre histoire.
    Le souci d'exactitude et de clarté dans la synthèse est constant : aucune allégeance, aucune querelle d'école ne biaise le propos.
    Cette somme permet d'étudier en continuité la succession des périodes et des événements : révolution industrielle, participation de la France aux grands conflits mondiaux, essor colonial puis décolonisation, choc de la mondialisation, etc.

  • Les touristes qui se rendent dans les Alpes-Maritimes limitent souvent leur séjour au littoral. Il est vrai que la Côte d'Azur est une des capitales mondiales du tourisme. En revanche, les habitants ont habilement tiré parti d'autres richesses, la beauté des paysages et la douceur du climat. Si les usines sont rares, les palaces et les résidences aristocratiques, parfois extravagantes par leur luxe et leur éclectisme stylistique, jalonnent le littoral. La production artistique s'est poursuivie, sous d'autres formes, jusqu'à nos jours et les artistes contemporains en laissent des témoignages significatifs.
    Les visiteurs qui se dirigeront vers le moyen et le haut pays, moins fréquentés que la côte, feront d'autres découvertes surprenantes. Paysages insolites, pétroglyphes vieux de 2500 ans avant notre ère dans la Vallée des Merveilles, légendes, églises, châteaux, tableaux, sculptures... les surprises ne manquent pas. Le présent guide invite ses lecteurs à composer librement les itinéraires qui leur feront découvrir des lieux, des oeuvres, des traditions insolites nées dans un département complexe. C'est cette complexité qui crée en grande partie le charme et la singularité des Alpes-Maritimes.

  • La vie politique est-elle le privilège du national ? Une image largement véhiculée dépeint étrangers et immigrés comme des "sans-voix" dans le concert politique français, privés de l'accès aux urnes ou d'un écho suffisant pour faire valoir des revendications longtemps modestes. C'est ce qu'entend explorer ce dossier sous un angle nouveau. Se dévoilent ainsi, selon une perspective à la fois par le haut et par le bas, la place des étrangers et immigrés dans la vie politique française, tout comme l'émergence d'une véritable vie politique d'exil. D'emblée apparaissent des ambiguïtés au plus haut sommet de l'Etat, tiraillé entre l'injonction à la neutralité politique et la garantie des libertés individuelles. Partis, associations, acteurs collectifs ou individuels ont cependant cherché à s'insinuer dans ces brèches afin de faire entendre, voire peser, la voix de ceux qui venaient d'ailleurs mais dont la destinée rejoignait, de manière momentanée ou définitive, celle de la France. L'approche politique permet en outre de décentrer les analyses traditionnelles, d'ordinaire tournées vers le seul horizon de l'intégration, au profit des processus complexes de politisation en pays d'accueil d'immigrés qui pouvaient se mêler au jeu politique français ou, au contraire, développer des espaces autonomes d'engagement. Le temps long, des années 1880 à nos jours, permet enfin de donner du champ à cette histoire des marges, qui contribue à éclairer la vie politique nationale autant qu'à lui conférer une coloration qu'elle a trop longtemps négligée.

  • Le symbole azuréen, synthèse de cultures et de beauté, a-t-il valu aux femmes, dans notre région, une place spécifique, un chemin d'émancipation mieux tracé qu'ailleurs ? Anonymes des premiers temps de l'Histoire, saintes de légende, épouses, mères, princesses, laborieuses et discrètes, elles sortent de l'obscurité à partir du XVIIIe siècle.
    Femmes du peuple, des élites, des salons, des affaires, de l'art, du plaisir ou du sport composent un bouquet varié, original et moderne, image que les écrans renvoient au monde entier. Hors des sentiers battus, une équipe de chercheurs a réuni ces portraits en forme de dictionnaire, prêts à satisfaire et stimuler toutes les curiosités.

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