Jean-François Revel

  • Un festin en paroles : histoire littéraire de la sensibilité gastronomique de l'Antiquité à nos jours Nouv.

    La littérature sur l'art de la cuisine est presque aussi ancienne que la cuisine elle-même. Pourtant, il est souvent difficile de se faire une idée précise, palpable, concrète des cuisines du passé. Quel goût avaient les vins que buvaient César ou Horace ? Quelle saveur avaient les ragoûts du Moyenâge ou les pâtés rabelaisiens ? Et les traités de cuisine d'antan restent souvent obscurs pour les profanes de notre époque. C'est au détour de mémoires, de correspondances, de romans, à travers nombre de témoignages spontanés, et dont le but était tout autre, que Jean-François Revel a retrouvé la trace de ces mets disparus. Une succulente promenade littéraire à travers trois mille ans de souvenirs et de révolutions gastronomiques.

  • Une anthologie est, au sens littéral, un florilège. Et pas plus qu'un bouquet de fleurs n'est un cours de botanique, une anthologie de la poésie n'est ou ne devrait être un cours d'histoire littéraire, un répertoire didactique ou un de ces compromis équilibrés dans lesquels tous les poètes se voient attribuer, à peu de chose près, le même espace. Tout comme la collection de disques du mélomane, ou la collection de tableaux de l'amateur de peinture, une anthologie doit obéir à des critères purement esthétiques.
    C'est ce qui la distingue des simples « morceaux choisis ». Donc, elle reflète un goût. Aussi la présente anthologie est-elle une des anthologies possibles de la poésie française, et non une moyenne de tous les goûts possibles. Ayant choisi en fonction de la seule beauté telle que nous la ressentons, nous avons refusé toute ambition historique ou encyclopédique : on trouvera donc les poètes dans ce volume selon l'ordre alphabétique.
    Dans de très nombreux cas, le choix proposé ici coïncide avec le choix consacré par la tradition ou les réputations. Dans d'autres cas, il s'en écarte et récuse ces réputations, au risque de scandaliser. En revanche, à côté d'exclusions significatives, il comporte des inclusions inattendues. Le sens d'une anthologie ne peut-être que de raviver la sensibilité poétique en remettant sans cesse en doute la question de ce qui est et de ce qui n'est pas de la poésie.

  • La philosophie a la réputation non usurpée d'être une discipline d'accès difficile.
    Les philosophes s'expriment avec plaisir dans une langue obscure réservée aux initiés. jean-françois revel rend limpide la philosophie, clairs et intelligibles les grandes théories et les mouvements philosophiques. ce livre ne vulgarise pas la philosophie occidentale mais permet enfin de comprendre quel a été, de l'antiquité à nos jours, ce choc des idées qui a formé nos croyances, notre manière de penser.
    De pythagore à socrate, de platon à aristote, des epicuriens aux stoïciens, de montaigne à pascal, d'erasme à bacon, de descartes à spinoza et à leibniz, voici des portraits souvent impertinents mais toujours impartiaux ; voici expliquées les idées et les oeuvres des grands philosophes et de la pensée occidentale. une histoire à portée de l'étudiant ou de l'honnête homme du xxie siècle.

  • Jean-François Revel avait déjà acquis une large célébrité lorsque, en 1993, à presque 70 ans, il s'engagea dans une aventure toute nouvelle : la rédaction de ses Mémoires. Cette éblouissante traversée d'un demi-siècle d'histoire, de culture et de rencontres confirma que l'écrivain n'était inférieur ni au philosophe ni à l'essayiste. En janvier 1997 parut Le Voleur dans la maison vide. L'événement fut à la hauteur de ses ambitions, Revel s'inscrivant dans la lignée des plus grands mémorialistes, celle du cardinal de Retz et de Saint-Simon.
    L'ouvrage parcourt un territoire foisonnant, de l'enfance marseillaise à la direction de L'Express, de la Résistance, où Revel fut très actif, aux séjours mexicain et italien, hauts en couleur, de ses amitiés avec Breton, Buñuel, Raymond Aron ou Vargas Llosa à son bref compagnonnage avec François Mitterrand, des subtilités de la gastronomie aux pièges de l'alcool... Portés par un sens saisissant du récit et du portrait, ces Mémoires au style inimitable illustrent ce que valent, chez un homme d'une inlassable curiosité, pourfendeur des idées reçues, le courage du caractère et la force de l'esprit.
    Dans cette édition définitive figurent un chapitre qui avait été retiré du manuscrit originel du Voleur dans la maison vide et cinq autres entièrement inédits initialement destinés à former, sous le titre pittoresque de Bada, une suite qui fut interrompue par la maladie et la mort de l'auteur. Encore enrichi ici d'entretiens donnés en juin 2002 à France Culture, ce témoignage s'impose comme une oeuvre politique et intellectuelle de premier ordre.

  • L'originalité de l'essai de Jean-François Revel consiste à juger le roman de Proust en " lecture directe " et non pas à travers les idées esthétiques professées par l'auteur et reprises par ses commentateurs. La théorie bergsonienne de la " double mémoire ", postulat philosophique de l'oeuvre, est, littérairement, son apport le plus faible. Quant à la célèbre " continuité proustienne ", quant au sens aigu du déroulement temporel, ils n'existent pas. Le génie de Proust est non pas d'avoir révolutionné la forme du roman mais d'avoir inventé un roman sans forme, une nouvelle matière romanesque. Proust a fait sien l'axiome de Ruskin pour qui " le devoir de l'écrivain est de percevoir la réalité " et, dans son oeuvre, il a porté cette exigence à sa plus haute expression, de telle manière que l'art et la vie s'y trouvent indissolublement liés. Il n'est pas pour autant un écrivain naturaliste. C'est un visionnaire : mais comme Saint-Simon ou Tacite, un visionnaire du vécu.

  • La publication, en 1957, de Pourquoi des philosophes, a été à l'origine d'une controverse qui a touché un public beaucoup plus large que celui des philosophes professionnels. À une époque où la philosophie française cherchait sa voie entre le renouvellement de sa tradition et l'acclimatation de la philosophie allemande, Revel remettait en cause l'idée même de la philosophie et sa place dans la pensée moderne. Dans Pourquoi des philosophes et dans La Cabale des dévots (1962), où il répond aux objections de ses contradicteurs, Revel s'en prend avec un talent polémique - et comique - exceptionnel aux principales idoles de la philosophie française de son temps. Il déplore que l'histoire de la philosophie soit de moins en moins historienne, pour se concentrer sur l'étude interne des systèmes. Il met en cause le spiritualisme et l'idéalisme dominants dans la tradition française, qu'il trouve incompatibles avec les engagements politiques des philosophes français, et qui sont selon lui relayés par la phénoménologie de Husserl et surtout de Heidegger, dont il met en question la méfiance devant la science et la technique modernes. Il dénonce, enfin, la méconnaissance de la psychanalyse, dont les enseignements sont à ses yeux dénaturés par Jacques Lacan. Outre ces deux classiques de la grande littérature polémique, ce volume contient l'Histoire de la philosophie occidentale réunissant ainsi tous les ouvrages que Jean-François Revel a consacrés à la philosophie. On peut voir que son " antiphilosophie " se fonde sur une vision cohérente, informée et argumentée de l'histoire de la philosophie depuis sa naissance en Grèce jusqu'aux débuts de la science expérimentale. Même si on ne le suit pas dans ses conclusions, on lira avec plaisir les analyses qu'il consacre à Platon, à Montaigne et aux grands métaphysiciens du XVIIe siècle - héritiers brillants d'un Descartes que, comme Pascal, il juge " inutile et incertain ".

  • Philosophe, journaliste, éditeur, critique d'art, pamphlétaire, gastronome érudit : le talent si singulier de Jean-François Revel s'est illustré de multiples façons. Chaque fois, il a manifesté la même indépendance d'esprit, le même désir d'être compris par le plus grand nombre, sans vulgariser ni banaliser la réflexion.
    Plus qu'un florilège de citations, cet abécédaire est une invitation à lire et relire une oeuvre mordante et clairvoyante. D'une étonnante actualité, la pensée de Revel frappe par le trait polémique et l'ironie, usant d'une constante liberté de ton face à toutes les formes de dogmatisme.
    Même sur des sujets graves, il savait convaincre avec un humour décapant. Comme il le disait à propos de son ami Simon Leys : « Au siècle du mensonge, parfois, la vérité relève la tête et éclate de rire ».

    « Composé par des amis et complices de Revel, comme j'ai eu la chance de l'être moi-même, cet abécédaire me remet en mémoire ce que je disais au lendemain de sa mort pour lui rendre hommage : cher Jean-François, nous allons te regretter. Dix ans plus tard, le voici tel qu'en lui-même, et toujours actuel, ce combattant de la liberté d'une décapante et magnifique lucidité ».

    Mario Vargas Llosa

  • Voici donc un exercice de sémiologie politique et d'analyse stylistique qui, comme dévoilement de la pratique du pouvoir, n'a rien perdu de son actualité en ces temps où, cinquante ans après le retour de De Gaulle, un nouveau manieur ambigu des mots se trouve à la tête de la République.

    En juin 1959, un an après le retour au pouvoir de De Gaulle, quelques mois après la fondation de la Ve République et l'élection du « plus illustre des Français » comme président de la République, Jean-François Revel, alors jeune intellectuel et journaliste de 35 ans, publie Le Style du Général, que The Observer, à Londres, salue comme « le premier pamphlet antigaulliste de l'histoire de la Ve République ».
    Un pamphlet ? Certes oui, car le réquisitoire est sévère sur la « manie de grandeur » d'un homme qui se considère comme une « incarnation perpétuelle de la France éternelle ». Mais il s'agit également d'une analyse approfondie de la langue du général de Gaulle, soulignant ses approximations et ses enflures, traduisant une pensée profondément conservatrice.
    Antigaulliste ? Sans doute, puisque Jean-François Revel ne partage pas l'enthousiasme des thuriféraires du nouveau régime. Mais ce texte montre également en quoi De Gaulle est un maître virtuose dans l'art de gouverner par le verbe.
    Voici donc un exercice de sémiologie politique et d'analyse stylistique qui, comme dévoilement de la pratique du pouvoir, n'a rien perdu de son actualité en ces temps où, cinquante ans après le retour de De Gaulle, un nouveau manieur ambigu des mots se trouve à la tête de la République.

  • L'Etat est partout, coûte de plus en plus cher, veut tout faire et fait de plus en plus mal tout ce qu'il fait. Tel est le sentiment qui monte depuis peu dans les opinions publiques. Est-ce la fin d'une longue période pendant laquelle une majorité de citoyens pensait que l'élargissement du rôle de l'Etat était plutôt bénéfique ? On constate aujourd'hui dans les pays développés, mais aussi dans le tiers monde, une véritable nausée devant l'hypertrophie d'un Etat envahissant et inefficace. Bref, l'individu redemande le pouvoir. En France, c'est au moment précis où émergeait cette révolte que le régime socialiste accroissait massivement l'intervention de l'Etat dans la société, commettant ainsi un grave contresens culturel. En quoi consiste cette lassitude devant cet Etat impotent et omniprésent ? D'où vient ce retournement de la sensibilité dans le monde moderne ? Vivons-nous une révolution néo-libérale ? Peut-elle aboutir à des réformes viables ? Tel est le mouvement que Jean-François Revel suit ici pas à pas et les questions auxquelles il propose des réponses.

  • L'Amérique a toujours été considérée, par tous les pays du monde et plus spécialement par les pays européens, à la fois avec envie et mépris.
    Elle l'est davantage encore depuis qu'elle est devenue, au XXe siècle, une grande puissance, et surtout depuis qu'elle est, à la suite de l'effondrement des empires communistes, la seule superpuissance planétaire. Qu'est-ce qui, dans cet antiaméricanisme général, est fondé sur une connaissance des réalités, sur une analyse des faits, et qu'est-ce qui s'explique par les survivances d'idéologies fossiles, par un ressentiment irrationnel, générateur d'informations fausses et de phobies, imputables aux échecs des pays mêmes qui critiquent sans cesse les Etats-Unis en leur attribuant des défauts souvent imaginaires ? Jean-François Revel avait déjà traité cette question dans Ni Marx ni Jésus, livre paru en 1970 avec un grand succès international.
    Mais depuis lors la situation a bien entendu évolué, du fait de l'émergence des Etats-Unis comme unique " hyperpuissance ", à la fois économique, stratégique et, jusqu'à un certain point, culturelle. L'animosité à l'égard de l'Amérique a décuplé. On l'attaque à la fois comme modèle de société et comme force prépondérante dans les relations internationales. Cette diabolisation a même poussé certains courants islamistes jusqu'à l'hyperterrorisme religieux qui a surgi en 2001.
    Mais bien d'autres pays, sans aller jusqu'à ces extrêmes, partagent les sentiments qui les inspirent. Il y a donc lieu d'actualiser la question de l'antiaméricanisme et de réexaminer ce phénomène politico-culturel à la lumière des transformations survenues depuis une trentaine d'années. C'est ce que fait Jean-François Revel dans L'Obsession anti-américaine. Comment l'Amérique est-elle vue par les autres et comment est-elle en elle-même ? Mesurer et expliquer l'écart entre la vision et la réalité, tel est l'objet de ce livre.

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