Langue française

  • En 1914, lorsque la Grande Guerre éclate et alors que la première bataille de la Marne vient d'être gagnée, l'escadre de l'amiral Von Spee, dépêchée pour renforcer la flotte allemande en Atlantique, fait route sur Tahiti pour s'approvisionner en charbon et en vivres frais. Le gouverneur de l'île, William Fawtier, choisit de ne pas offrir de résistance à l'ennemi. Mais Maxime Destremau, commandant les squelettiques troupes stationnées à Tahiti, s'oppose à cette décision et tient l'escadre ennemie en échec. Au-delà de la simple relation d'un épisode de guerre, l'ouvrage analyse les circonstances qui ont vu s'affronter les pouvoirs civil et militaire - l'un pour la préservation des intérêts économiques locaux, l'autre par la nécessité d'engager le combat. Les sources historiques relatives à ces journées méconnues de la Grande Guerre étant très rares, l'auteur les a enrichies d'éléments romanesques afin de permettre au lecteur de mieux s'immergerdans cet épisode oublié de l'histoire, redonnant vie à ses protagonistes, pénétrant leur conscience pour raconter une bataille, qui, aux antipodes des principaux fronts, n'en eut pas moins une influence certaine sur la suite du conflit. Didier Destremau, ancien ambassadeur de France, est l'auteur de nombreux essais de géopolitique, notamment sur le Moyen-Orient. Il est par ailleurs le petit-fils du principal personnage de cet ouvrage.

  • Terakaï, ce jeune Erythréen pivot de cette histoire, existe en chair et en os. Je le connais et je continue à le rencontrer régulièrement, véritable, bien vivant et demeurant en France tout comme le héros des lignes suivantes. Certes, ce n'est pas exactement pas le Terakaï qui se décrit dans le texte qui suit, et il n'est pas sûr qu'il se retrouve dans toutes les pérégrinations et les pensées que je lui prête. Car si j'ai vraiment tenté de me plonger dans la psyché d'un jeune homme sur la voie de l'exil, il pourrait estimer que je suis passé trop vite sur certaines séquences qu'il juge vitales ou que j'ai trop insisté sur d'autres lui ayant paru moins décisives. Il est non moins vrai aussi que j'ai accumulé sur son dos les tribulations de certains autres migrants alors que pour lui, celles qu'il a effectivement traversées devraient suffire à son bonheur.

    Ceci étant dit, il demeure que Térakaï est un être de chair et de sang qui vit en Bretagne au sein de ma famille. Il s'y sent bien, veut s'intégrer dans le pays qui l'a si bien admis et apprend une profession qu'il y a découvert, qu'il pratique bénévolement pour l'instant. Il souhaite en effet se consacrer aux « soins de la personne » spécialement destinés aux handicapées envers lesquelles il y éprouve une immense sollicitude et une sincère attirance. Je peux affirmer qu'aujourd'hui où l'afflux des migrants en Europe suscite inquiétude et opposition, l'exemple démontré par Térakaï devrait être reconnu et engendrer l'adhésion des Français. L'apport bénéfique de ce renfort humain dans des secteurs qui manquent de bras est positif pour peu qu'on parvienne à intégrer correctement ces individus. Térakaï, par exemple éprouve de fortes difficultés à se mettre au français ce qui ralentit sensiblement cette inclusion, mais intensifie sa volonté d'y parvenir.

  • Portrait de la civilisation libanaise à travers son histoire, ses légendes et ses réalités contemporaines. Carrefour de l'Orient et de l'Occident, de la chrétienté et de l'islam, le pays est présenté à la lumière de son dynamisme, de ses richesses et de la puissance de sa diaspora.

  • Negre blanc

    Didier Destremau

    • Hatier
    • 20 Mars 2002

    Jeune paysanne du centre du Mozambique, Mbuya donne naissance dans les années soixante à un bébé albinos.
    Craignant qu'il ne soit sacrifié selon une coutume cruelle, elle fuit avec lui dans la savane où s'organise harmonieusement leur vie pendant plusieurs années. Mais la guerre civile qui fait rage dans la région les rattrape en leur livrant un soldat rhodésien blessé qui demeure en leur compagnie jusqu'à la mort accidentelle de Mbuya. Le jeune albinos suit alors ce père adoptif qui rentre en Rhodésie devenue entre temps le Zimbabwe.
    Après certaines difficultés d'adaptation, il parvient à réaliser son ambition : créer un genre musical nouveau. Il chante la nature qu'il a tant pratiquée et dont il reste si proche.

  • Sentinelle géologique jetée au milieu de la Méditerranée, citadelle inexpugnable, Malte vient de retrouver sa famille naturelle en devenant membre de l'Union européenne.
    Et si tout le monde connaît le fameux ordre de Malte qui a sauvé l'Occident et la Chrétienté du péril ottoman au XVIe siècle, a-t-on une idée de ce que fut Malte avant le débarquement des chevaliers et après leur éviction par Bonaparte ? Se lançant sur les pas des nombreuses civilisations attirées par l'archipel maltais, Didier Destremau retrace l'histoire de ce minuscule îlot dont on ne sait s'il appartient à la Libye, à la Tunisie ou à l'Italie.
    Cette nation, dont trois villes portent fièrement des noms d'enfants de la France, ne peut que susciter une émotion authentique dans les coeurs français. Evénements historiques, tranches de vie, scènes amusantes ou dramatiques guident le visiteur dans l'intimité de cette petite enclave européenne semée au large des côtes africaines, et de son peuple, quintessence de ce qu'est la Mare nostrum, la Méditerranée éternelle.

  • La zone arabe est dans l'oeil du cyclone depuis les premières manifestations à Tunis, Bahrein, le Caire ou Damas. La révolution, la contre révolution, la répression, les combats, les menaces extérieures, les guerres civiles conduisent à une course à l'armement de tous côtés. Trois ans après le début de ce qu'on appelle le « Printemps arabe », un état des lieux des armées officielles et des forces armées rebelles en présence s'impose.

  • « Depuis que j'ai arpenté la médina de Fès un petit matin de printemps, alors qu'elle s'éveillait presque, j'ai été touché par la grâce.
    Et il m'a sauté aux yeux que cette ville méritait bien davantage d'attentions qu'elle n'en reçoit.
    Depuis, j'y suis revenu à plusieurs reprises et l'ai arpentée de long et en large. Certes, elle est devenue avec le temps une destination touristique non négligeable. Mais au Maroc, elle attire heureusement moins les foules que ses compatriotes Agadir ou Marrakech, qui ont d'autres atouts. Parler de Fès, écrire un livre sur Fès est presque devenu pour moi une obsession. Les guides sur le Maroc s'étendent assez largement sur cette cité, mais c'est, me semble-t-il, avec une approche utilitaire, mercantile destinée à un rapide passage touristique. Fès vaut mieux que cela. Fès est le coeur du Royaume, son âme, le souffle spirituel du Maghzen. Elle en est aussi la conscience, l'histoire, le souvenir vivant. Fès mêle tous les genres de populations, de l'aristocrate à la peau blanche et à l'accent caractéristique, citadin et rural à la fois, au descendant d'esclave noir et au juif converti. Et à côté d'eux, les « blédards » au teint basané, chassés du Rif par le dénuement et travaillant comme des forçats pour un salaire de misère.
    L'humanité en marche donc...
    Je me suis donné la mission de faire découvrir l'âme de Fès, ce qui fait sa personnalité, sa singularité, ce qui la distingue de ses concurrentes. Plus encore : de dévoiler ses secrets... » (Didier Destremau).

  • Depuis soixante ans, on ne considère l'Irak qu'au travers un bien sombre prisme. On ne trouvera pas ici de plaidoyer pro-Irak, ni de description pas-à-pas de sa très longue histoire.
    Mais simplement un rappel, en trente chapitres, de l'importance que ce pays représente pour l'humanité, depuis les premières implantations humaines entre Tigre et Euphrate jusqu'à la désastreuse intervention américaine de 2003 puis l'irruption de l'Etat islamique.
    On y (re)découvrira ce que l'Irak a apporté au monde, certes, mais aussi le rôle qu'il ne peut manquer de jouer lorsqu'il aura dépassé les turbulences qu'il traverse depuis quelques décennies. Que pèsent en effet quinze années de chaos au regard des dix millénaires qu'aligne la Mésopotamie à son compteur historique ?

  • Christianisme, la Syrie joue un rôle historique essentiel. Remontant à la nuit des temps, son patrimoine connu n'est sans doute qu'une infime partie de ce qui reste à découvrir, mais déjà l'ampleur des vestiges exhumés de toutes les époques donne le vertige.
    Au carrefour des routes de la soie, des épices et de l'encens, elle a joué un rôle vital dans l'émergence de l'Islam, les dominations pharaonique, byzantine, omeyyade, ottomane et française. Mais la Syrie, de Damas à Alep, c'est surtout sa population, ses minorités, son histoire tumultueuse : les croisades, Abdelkader, Lawrence d'Arabie. À la portée de tous, Le Roman de la Syrie est un voyage dans l'espace et dans le temps, à travers des lieux uniques et les peuples qui ont fait son histoire.

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