Balland

  • Terakaï, ce jeune Erythréen pivot de cette histoire, existe en chair et en os. Je le connais et je continue à le rencontrer régulièrement, véritable, bien vivant et demeurant en France tout comme le héros des lignes suivantes. Certes, ce n'est pas exactement pas le Terakaï qui se décrit dans le texte qui suit, et il n'est pas sûr qu'il se retrouve dans toutes les pérégrinations et les pensées que je lui prête. Car si j'ai vraiment tenté de me plonger dans la psyché d'un jeune homme sur la voie de l'exil, il pourrait estimer que je suis passé trop vite sur certaines séquences qu'il juge vitales ou que j'ai trop insisté sur d'autres lui ayant paru moins décisives. Il est non moins vrai aussi que j'ai accumulé sur son dos les tribulations de certains autres migrants alors que pour lui, celles qu'il a effectivement traversées devraient suffire à son bonheur.

    Ceci étant dit, il demeure que Térakaï est un être de chair et de sang qui vit en Bretagne au sein de ma famille. Il s'y sent bien, veut s'intégrer dans le pays qui l'a si bien admis et apprend une profession qu'il y a découvert, qu'il pratique bénévolement pour l'instant. Il souhaite en effet se consacrer aux « soins de la personne » spécialement destinés aux handicapées envers lesquelles il y éprouve une immense sollicitude et une sincère attirance. Je peux affirmer qu'aujourd'hui où l'afflux des migrants en Europe suscite inquiétude et opposition, l'exemple démontré par Térakaï devrait être reconnu et engendrer l'adhésion des Français. L'apport bénéfique de ce renfort humain dans des secteurs qui manquent de bras est positif pour peu qu'on parvienne à intégrer correctement ces individus. Térakaï, par exemple éprouve de fortes difficultés à se mettre au français ce qui ralentit sensiblement cette inclusion, mais intensifie sa volonté d'y parvenir.

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