Le Pommier

  • « Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse.

    À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales.

    Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? ».

    Michel Serres

  • " Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds. On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises.
    Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'austère en pouffant de rire. " Michel Serres

  • Dans cet essai fondateur, d'une actualité brûlante plus de 30 ans après sa première parution, Michel Serres définit les concepts d'une philosophie universelle de l'écologie.
    A partir du constat de l'impact des activités humaines sur l'équilibre global de la planète, qui atteste que l'humanité est devenue équipotente à un Etre-Monde, le philosophe démontre l'irruption du Monde comme acteur majeur de l'Histoire. L'état de violence "sans limite" entre l'Homme et le Monde appelle l'élaboration d'un nouveau droit, à fonder sur un Contrat naturel qui complèterait le Contrat social établi entre les hommes.
    30 ans après sa parution, l'ouvrage n'a rien perdu de son caractère visionnaire. On n'a même jamais eu autant besoin de le relire...

  • Michel Serres a consacré sa vie à essayer de décrire la formidable transformation du monde présent. Dans ce livre, parfois un peu nostalgique, il se souvient du monde qu'il a connu dans sa jeunesse : la drague et les paysans d'Agen, le rugby, les paysages et les chemins, Garonne ! Mais aussi les pays qu'il a découverts ensuite et aimés, le Queyras, la mer... le monde ! Au travers de ces évocations, il nous fait réfléchir sur les transformations auxquelles nous avons assisté : l'évolution de la ville et la campagne, ce que signifie émigrer, les potentiels extraordinaires du corps, l'encyclopédie et l'enseignement, et, toujours, le rugby !

  • Petite Poucette a un grand-père et ce n'est pas un grand-papa ronchon !
    Soucieux des générations futures, il réfléchissait déjà à comment former, c'est-a`-dire instruire et e´duquer, l'homme de demain. Vaste sujet, enjeu majeur de notre société!
    Depuis les philosophes antiques et Rousseau, peu de philosophes, notamment contemporains, se sont intéressés à l'éducation...
    Pour Michel Serres, l'éducation est indissociable du métissage des cultures. Le Tiers- Instruit est celui qui saura se nourrir des humanités comme des sciences, les unes n'allant pas sans les autres pour s'adapter aux évolutions du monde qui nous entoure.

  • Une longue tradition philosophique et scientifique situe l'origine de la moralité humaine non dans l'évolution mais dans la culture : nous serions moraux par choix et non pas nature.
    Bien plus, la moralité serait une fine écorce recouvrant une nature par ailleurs mauvaise. " c'est l'animal en nous ", entendons-nous souvent quand notre comportement a laissé à désirer. fort d'une vie de recherches sur le comportement des primates, frans de waal bat en brêche cette triste vision du monde naturel. s'appuyant à la fois sur darwin, ses propres observations et certaines découvertes récentes, il explique comment nous sommes issus de l'évolution d'une longue lignée d'animaux qui s'occupent des plus faibles et établissent entre eux des liens de coopération fondés sur des transactions réciproques.
    Sa réflexion va bien au-delà de l'opposition simpliste entre nature et culture et illustre l'alliance novatrice de la philosophie et de la biologie au service de l'éthique. composé de leçons données à l'université de princeton, l'ouvrage comporte également les réactions de trois philosophes et d'un spécialiste de la psychologie évolutionniste, et la réponse de de waal, qui clarifie ainsi ce qui différencie les hommes des autres animaux.

  • La matière... Un concept en apparence tout simple... En apparence seulement : que l'on s'intéresse à l'infiniment petit ou à l'infiniment grand, les questions fusent. Quelle est la forme de notre Univers ? Est-il fini ou infini ? Que savons-nous de sa naissance ? Quelle est la nature de cette " matière sombre ", qui constituerait 70 % de la matière de l'Univers et dont nous ignorons tout ? Et s'il existait une myriade d'univers emboîtés ? Un livre empli de curiosité, dans lequel Hubert Reeves a convié ses amis explorateurs du cosmos pour nous faire partager leur émerveillement devant les nombreux mystères qu'il recèle.

  • Et si l'on pensait autrement que l'on croit ? Et si les corps étaient aussi concernés que les esprits ? Et les bêtes que les hommes ? Et les choses du monde tout autant que nous ? Et si les mères inventaient plus et mieux que les mâles ? Et si certains objets fabriqués scintillaient de pensée ?
    En fait, l'acte de penser ne cesse de faire le pont entre un passé fabuleux, remontant aux premiers temps du monde ou aux origines de l'homme, et la modernité messagère la plus sophistiquée. Pour le construire, ce livre évoque aussi bien le Big Bang que l'information, le monde virtuel que la rupture de symétrie incarnée chez le gaucher.
    En répondant avec passion à ces questions et en décrivant ce processus charnel et mondial, Michel Serres établit un bilan de son travail depuis soixante livres.

  • SRAS, SIDA, vache folle, grippe aviaire, rage, Ebola, chikungunya : les maladies émergentes ou réémergentes représentent-elles des fatalités ou faut-il les voir comme des révélateurs de la gestion approximative du monde vivant par nos sociétés ?
    François Moutou relit l'histoire des maladies et des épidémies à la lumière des relations que nous entretenons avec les autres composantes de la biodiversité. Un regard pas banal sur la cohabitation du monde des humains avec les mondes animaux - sans oublier le cortège de microorganismes qui les accompagne -, qui aide à mieux appréhender la vie et à mieux nous situer : au milieu des autres espèces et non au-dessus. Un regard qui, en somme, dédramatise et nous responsabilise.

  • Alors qu'il existe plusieurs petits ouvrages centrés sur l'urgence environnementale, qui appellent à changer rapidement nos modes de vie sans apporter de « preuve » ou d'« information » au lecteur ; qui, bien que scientifiquement correctes, se contentent de dire « l'heure est grave », Nathanaël Wallenhorst se propose d'en fournir le pendant scientifique.

    Dans ce petit guide, il donne accès au grand public français aux faits de l'Anthropocène tels que relatés dans les grands articles scientifiques anglo-saxons (parus dans Nature, Science...). Dans un souci de neutralité et de pédagogie, il met le lecteur au contact avec une sélection d'articles scientifiques marquants - sur le climat, les vagues de chaleur croissantes à venir, le développement des zones de non-habitabilité humaine de la terre, la sixième extinction de masse, etc. -, en lui présentant simplement et synthétiquement les résultats exposés.

    Car nous sommes convaincus que c'est informées que se forgent les prises de conscience les plus vivaces, et que se génèrent les mobilisations.

  • « Darwin raconta l'aventure de flore et de faune ; devenu empereur, Bonaparte, parmi les cadavres sur le champ de bataille, prononça, dit-on, ces mots : « Une nuit de Paris réparera cela». Quant au Samaritain, il ne cesse, depuis deux mille ans, de se pencher sur la détresse du blessé. Voilà trois personnages qui scandent sous mes yeux trois âges de l'histoire.
    Le premier, long, compte des milliards d'années. Réussissant à dater les événements dont elles s'occupent, les sciences contemporaines racontent le Grand Récit de l'univers, de la planète et des vivants, récit qui déploie nos conditions d'habitat et de nourriture, sans lesquels nous ne vivrions ni ne survivrions.
    Pendant des milliers d'années, le deuxième, dur, répète cette guerre perpétuelle dont un chiffre bien documenté dit qu'elle occupa 90% de notre temps et de nos habiletés.
    Quant au dernier, doux, il glorifie, depuis quelques décennies seulement, l'infirmière, le médecin, la biologiste dont les découvertes et les conduites redressèrent à la verticale la croissance de notre espérance de vie ; puis le négociateur, qui cherche la paix ; enfin l'informaticien qui fluidifie les relations humaines.
    Histoire ou Utopie ? Il n'y a pas de philosophie de l'histoire sans un projet, réaliste et utopique. Réaliste : contre toute attente, les statistiques montrent que la majorité des humains pratiquent l'entraide plutôt que la concurrence. Utopique : puisque la paix devint notre souci, ainsi que la vie, tentons de les partager avec le plus grand nombre ; voilà un projet aussi réaliste et difficile qu'utopique, possible et enthousiasmant.» Michel Serres.

  • « D'où jaillit la Musique ? Des bruits du monde ? Des clameurs issues des assemblées ? De nos émotions ? Et comment la définir ? Rien de plus difficile que de répondre à ces questions. J'ai préféré dire ce qu'elle est en trois contes.
    Légendaire, le premier suit la vie d'Orphée, son initiation auprès des Bacchantes et des Muses, puis sa plongée dans les Enfers à la recherche d'Eurydice, son amante. Comment aimer en Musique ?
    Autobiographique, le second envahit le Grand Récit de la connaissance qui devient ici une Grande Symphonie. Peut-on penser en Musique ?
    Biblique enfin, le dernier psalmodie, de la Genèse à la Nativité. Doit-on prier en Musique ? » Michel Serres

  • L'idée de l'ouvrage est, à rebours de la pléthore de livres déjà parus sur le sujet, déjà d'expliquer clairement, pour un large public, ce qu'est l'intelligence artificielle : comment elle a évolué depuis Alan Turing, quelles sont ses limitations actuelles, qu'est-ce qui la différencie de l'intelligence « naturelle ».
    Puis de poser LA question : avons-nous vraiment besoin de l'IA? La réponse est oui... pour de multiples raisons.
    Les auteurs abordent ensuite les sujets qui fâchent : les « IA qui dérangent », la « singularité » et les questions de l'emploi et des libertés. Avant de s'interroger : comment faire une IA bénéfique à l'homme? Sont alors abordées les questions éthiques, juridiques avec un état de lieux de ce qui existe déjà en la matière, les principales questions qui se posent et les modèles vers lesquels on pourrait se diriger.
    En conclusion : l'IA est un outil, et un levier pour notre intelligence « à nous ». Et c'est à l'homme de trouver sa place avec l'IA.

  • L'ouvrage montre comment, à la fin des années 1980, une poignée de scientifiques américains proches des milieux néoconservateurs et à la solde des lobbys industriels (industrie du tabac, lobbys climatosceptiques, etc.) ont mis en mouvement une nouvelle forme de scepticisme, fondé sur le retournement contre elle des valeurs de la science, à destination des politiques et des médias. Au travers de multiples exemples (danger du tabac sur la santé, pluies acides, trou dans la couche d'ozone, tabagisme passif, réchauffement climatique...), les auteurs montrent en quoi cette stratégie a prévalu dès lors qu'une réglementation environnementale était envisagée.
    Aujourd'hui, les " marchands de doute " sévissent sur tous les continents. Ne baissons pas la garde.

  • Que Michel Serres évoque la guerre des sexes, les impôts, Tarzan ou les people, vous pouvez être assuré que le regard qu'il porte sur le sujet pétillera.
    Parce que l'impertinence est une façon d'être, de penser, parce qu'être impertinent c'est entrer en résistance avec le prêt-à-penser contemporain, osez l'impertinence !

  • Un père et un fils se retrouvent et dialoguent autour d'un projet porté par le fils, Jean-François : Monalisa, la Mobilisation nationale contre l'isolement des personnes âgées. Ils cherchent tous deux à comprendre comment notre société, marquée par une individualisation qui nous a libérés de nombreux enfermements, est aussi porteuse d'un risque majeur, celui de la solitude, en particulier chez les personnes âgées.
    Ce dialogue entre Jean-François et Michel Serres, entre père et fils, entre deux générations questionne l'émergence de l'individu moderne. Michel a oeuvré pour cette indépendance à laquelle il a aspiré durant toute sa jeunesse, tandis que Jean-François, né dans un monde déjà marqué par l'individualisme, est en quête de nouvelles appartenances.
    Délégué général des petits frères des Pauvres, Jean-François appelle à la mobilisation contre l'isolement et la solitude avec conviction. Il invite chacun à s'engager aujourd'hui dans le chemin de la relation, une relation réelle et proche, dans son quartier ou son village. Cette nouvelle forme d'engagement s'incarne en initiatives citoyennes locales, diverses et collectives, qui peuvent bouleverser les modes d'intervention sociale, les organisations, la place des institutions et renouveler le fait politique.

  • Les philosophes, et les êtres humains en général, ont toujours eu du mal à penser l'hétéroclite, le contradictoire. L'Antiquité, seul moment de l'histoire des idées à avoir réfléchi l'hybride, en a fait une figure monstrueuse, dangereuse et menaçante : le centaure. Or, avec la mondialisation et le numérique, les centaures reviennent aujourd'hui sur le devant de la scène. Les objets, les cultures, les identités, les êtres, les organisations... tout est hybride !

    Seulement, nous nous sentons démunis face à ce réel composite, cet impensé qui nous entoure, que nous ne savons pas par quel bout « prendre ». De là, la crise existentielle que nos sociétés connaissent et la tentation de revenir à une réalité plus homogène - les réseaux sociaux qui créent des « bulles filtrantes », par exemple - ou à des identités plus « pures » - comme en témoignent la résurgence des nationalismes et des populismes. Le xxie siècle sera-t-il le siècle du combat entre les pur-sang et les centaures ?

  • A l'heure où le traitement automatique de nos données en lignes est devenu systématique, les réseaux constituent des vecteurs d'information révélateurs de nos comportements, de nos goûts, de nos habitudes et sont de fait au coeur d'enjeux sociétaux. L'ambition du livre est de partir des concepts clefs liés aux réseaux (réseaux sociaux en ligne, réseaux de transports, relations familiales, professionnelles...), d'en démystifier l'apparente complexité et de tenter de comprendre pourquoi ils revêtent une importance particulière aujourd'hui, dans un monde numérique qui fait la part belle aux algorithmes.
    Plutôt être outillé qu'instrumentalisé...

  • Nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l'anthropocène. C'est un fait historique : d'abord, parce que cette nouvelle ère géologique est directement façonnée par les activités humaines - hélas pas forcément pour le meilleur -, mais aussi parce que c'est la première fois, de mémoire humaine, que nous pouvons penser une ère géologique au moment où elle se déroule ! Et du coup, y agir en connaissance de cause, pour tenter d'infléchir le chemin pris.
    Ce petit ouvrage souhaite donc aider les humains à comprendre l'anthropocène, cette période hors normes qu'ils sont en train de vivre. Ce n'est qu'à cette condition que nous pourrons agir, à l'échelle de la société elle-même, en faveur des générations futures.

  • Mathématiques, informatique, logique. Où l'on découvre que ces trois mondes n'en forment qu'un... qui a mis trois mille ans à se constituer. Une histoire peuplée de chiffres, de raisonnements et d'ordinateurs... mais une histoire avant tout humaine. Car mathématiser la logique a motivé philosophes et savants pendant deux millénaires !
    Le récit de cette combinaison inattendue entre deux disciplines dont on pourrait croire que tout les oppose nous fera rencontrer une vingtaine de personnalités hors du commun. D'Aristote à Leibniz, de Pascal à Boole, de Russell à Shannon, tous les acteurs de cette histoire pour le moins mouvementée rêvaient de pouvoir vérifier la validité d'un raisonnement comme on résout un système d'équations. Gageure ou intuition de génie ? L'informatique a-t-elle répondu au-delà de leurs espérances ? Et demain, comment l'aventure peut-elle se poursuivre ?

  • Notre mémoire, concept qui semble par essence tourné vers le passé est, en réalité, foncièrement tournée vers le futur...
    Quelles sont les grandes fonctions de cette mémoire du futur qui contribue grandement à nos prises de décision et donc à l'élaboration de notre avenir ? Sur quels processus repose-t-elle ? Comment s'articule-t-elle avec la mémoire du passé ? Que peut-on attendre des recherches en cours, tant au niveau de l'individu qu'à celui de la société dans son ensemble?

  • En 2050, nos enfants rouleront en voiture électrique, ou avec des biocarburants, les campagnes seront parsemées d'éoliennes, et plus aucun pays dans le monde ne sera laissé sur le banc de touche énergétique... Doux rêve ou réalité en marche ? Les états et les gouvernements commencent à peine à réaliser l'ampleur des défis à relever pour préserver notre avenir et celui de la planète...
    Ces enjeux nous concernent tous, mais comment s'orienter, comment penser notre avenir et celui des générations futures ? Pour cela, Pierre Papon a une méthode efficace : concevoir des scénarios et des utopies ! Projetons-nous dans la France de 2035, où les filières solaire et éolienne sont en plein essor, ou dans le Singapour des années 2050 et ses « Cités radieuses » écologiques... Les possibles techniques se dessinent, les enjeux géopolitiques se font jour, les impasses aussi, face à des innovations qui s'imposent dans notre quotidien et préparent l'avenir.

  • Demain, aurons-nous à faire face à de grandes structures collaboratives, propriétaires de nos données, ou nous en émanciperons-nous en exploitant différemment la sphère des idées, dont la vague numérique redessine les énormes potentialités ?

    Si nous misons sur la deuxième option et souhaitons oeuvrer à une société durable qui ne misera pas que sur la mise en concurrence des uns et des autres, il nous faut alors développer non pas la collaboration au sein de notre société, mais bien la coopération. Et pour cela, accepter de mettre en commun... Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.

    Un horizon qui nécessite de nouveaux repères institutionnels, notamment une identité numérique au service de la transmission et un instrument de mesure de l'activité propre au digital. 

  • Le 15 Décembre 2005, eut lieu, sous la Coupole, la réunion solennelle au cours de laquelle René Girard fit son entrée à l'Académie française. Le nouvel élu y prononça l'éloge de son prédécesseur, le Révérend Père Carré, dominicain, que rendirent célèbre ses sermons de Carème à Notre-Dame de Paris. René Girard retraça l'itinéraire austère et désertique d'un homme, entré jeune en religion, à la suite et en raison d'expériences mystiques, et qui, pendant toute sa vie vouée, ne put jamais les reprendre. Cette émouvante biographie permit à l'orateur de quitter un moment sa spécialité d'anthropologie critique des religions et d'entrer dans l'aventure vivante du christianisme contemporain. Michel Serres répondit à ce discours par un tableau de la vie et de l'oeuvre du récipiendaire dont, dit-il, la théorie compte parmi les plus fécondes du XXe siècle. Pourquoi oe Parce qu'elle part de la violence tragique, du meurtre sacrificiel et du lynchage. Quoi de plus extraordinaire, mais quoi de plus vrai, que de fonder la reconstruction du religieux sur ce qui paraît le plus opposé à la pitié ou à la piété ? Cette cérémonie fera donc sans doute date en histoire des religions. Mais son originalité consista aussi bien en ce que les deux académiciens qui y parlèrent, vivent et enseignent tous deux, le nouveau en totalité, l'ancien en partie, aux États-Unis d'Amérique. À un moment où des tensions entre les deux pays apparurent, un tel événement intervint avec bonheur.

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