Editions Dialogues

  • Longtemps, François de Beaulieu a passé toutes ses vacances à l'Île-aux-Moines, dans le golfe du Morbihan.
    Entre sa quinzième et sa vingtième année, il a consacré tout son temps à visiter des dames âgées portant la coiffe, à partager le travail des derniers agriculteurs, à photographier les unes et les autres, à récupérer les vieilleries jetées aux ordures, à parcourir le cimetière, à s'imprégner des derniers échos de la société traditionnelle.
    Cinquante ans plus tard, il parcourt l'île et retrouve les fantômes bienveillants de celles et ceux qui lui ont transmis la longue mémoire des lieux. Il fait revivre les paysages disparus, les histoires oubliées, les drames et les fêtes, l'âme d'un petit monde étrange et familier.
    Les oeuvres de Paul Perraudin sont en parfait accord avec l'univers sensible évoqué dans le texte. En saisissant les lumières éphémères qui font vivre les paysages de l'île, il donne à voir leur fragilité et leur beauté magique.

  • « On dirait que les vagues le`chent les i^les comme de longues le`vres blanches et douces. Aussi pa^le qu'une mousse ensoleille´e, leur e´cume ressemble a` la sueur des amoureux. A` l'aube, au soleil levant, sous la caresse de la brise, l'eau ondule et scintille comme une flaque de mercure. L'e´te´, il ne fait pas trop chaud. L'hiver, le froid n'est pas chez lui et ne s'installe pas. Au fond, on n'a que deux saisons : un merveilleux printemps et un long automne tout en douceur. »

  • Comment les marins se sauvent-ils des tempêtes ? Et les mariniers des inondations ? Comment les montagnards se tirent-ils des crevasses ? Et les gardiens de phare d'un envahis­sement de rats ? Comment les savants négocient-ils le feu et les bombes des volcans ? Que disent la brise, les fleuves turbulents, le grand hurlement des loups et le silence des microbes qui foisonnent ? Pour faire entendre le bruit de fond du monde et la voix des vivants, j'ai appelé à l'aide le récit de la nouvelle, l'évocation poétique ou musicale, les raisons scientifiques et la méditation propre à la philosophie... en une mosaïque la plus proche possible de l'expérience positive de la vie.

  • Connaissez-vous le peintre Nicolas de Staël ? Son génie lunatique et son dernier tableau Le Concert, achevé juste avant son suicide ? C'est la naissance de cette oeuvre que se propose de narrer Denis Labayle, à travers une rencontre fictive entre le peintre français et un ex-soldat américain.

    Résumé Le 5 mars 1955, Nicolas de Staël assiste à un concert au théâtre Marigny, à Paris. Bouleversé par la musique d'Anton Webern, il décide de traduire par la peinture son émotion. Dix jours plus tard, il se jette par la fenêtre de son atelier. Pourquoi un artiste jeune, séduisant, au faîte de sa gloire met-il fin à ses jours ?
    Jack Tiberton, journaliste au Washington Tribune, est le seul à connaître la vérité car, pendant ces dix jours, il était là. Il a tout vu, tout entendu, et surtout tout noté.
    Le roman de Denis Labayle mène le lecteur au coeur de la création, là où l'émotion jaillit, comme ce rouge incandescent choisi par Nicolas de Staël pour son dernier tableau, Le Concert.
    Un voyage dans l'avant-garde artistique des années cinquante, une réflexion passionnante sur la création et ses doutes, la solitude de l'artiste qui cherche au-delà de l'horizon. Dix jours fictifs, possibles, qui font revivre cet énigmatique personnage, l'un des plus talentueux peintres de la France d'après-guerre, Nicolas de Staël.

    "Rouge majeur" a reçu le Prix des lecteurs de Brive 2009.

  • Il est inacceptable de rapprocher Napoléon des grands dictateurs totalitaires du XXème siècle, et en particulier de Hitler : telle est la conviction quasi unanime de l'historiographie, tout spécialement à la française. Autant le dire d'emblée, Bonaparte comme Précurseur a été écrit pour perturber ce consensus. Car on a beau s'acharner à ne pas vouloir le voir, il reste qu'à l'époque contemporaine, c'est Napoléon qui a inventé le centrisme par addition des extrêmes, que les totalitarismes ont retrouvé après lui ; qu'il a été le premier à revendiquer la référence impériale romaine, qu'ils ont ensuite tous plus ou moins reprise ; que des éléments décisifs de sa politrique religieuse la rapprochent de celles de Musssolini et de Hitler ; que bien des aspects du second empire méritent aussi d'être pensés sous cet angle ; qu'à ces différents dossiers, il faut encore ajouter tout ce que peut toujours avoir à nous dire sur ce thème l'oeuvre de Karl Marx, une fois décrassée de sa vieille boue léniniste.
    Bref : cette question méritait qu'on la reprenne.

  • En arrée

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    Dans un texte court, Marc Pennec raconte ce qu'il ressent pour l'Arrée. L'Arrée, en Bretagne, c'est une montagne (oui, vraiment, nous n'exagérons pas!). Des pics, des roc'h composent ce paysage plein de tourbes, de marais, de forêts... Un paysage particulier, froid et un peu désolé.
    C'est ce paysage et sa solitude, qui, étrangement, attirent Marc Pennec et lui donne envie de vivre dans l'Arrée.
    Oui, définitivement, il se voit dans ce lieu de luttes et de recueillement.

  • Depuis plus de quinze ans, Nono est un habitué du Haut-Atlas. Les impressions de voyage qui conduisit les deux marcheurs, complices, amis, des vallées chauffées à blanc aux cols de grande altitude encore pris dans la neige et les restes de l'hiver, sont dans la tradition des récits de voyage de la littérature française. Textes et dessins furent composés à mesure, augmentés de croquis complémentaires de Nono, choisis dans ses carnets précédents. De l'aridité des pentes caillouteuses aux zones irriguées et cultivées en terrasses - céréales en herbe, vergers en fleurs et iris omniprésents - on suit l'itinéraire de deux Bretons chez les Berbères.

  • Ce n'est en rien diminuer le mérite de lanceurs d'alertes, que de mettre en lumière que leur démarche s'inscrit dans une tradition qui leur préexiste. C'est dans cet esprit que Fabrice Bouthillon s'attache ici à montrer comment ceux qui, en notre temps, protestent contre les abus sexuels du clergé, peuvent se réclamer du précédent illustre de Jules Vallès. Une version abrégée de ce texte a fait l'objet d'une première publication au printemps 2020 dans le numéro 169 de Commentaire.

  • Kreiz-Breizh. Autant qu'il m'en souvienne, cette de´nomination n'e´tait pas encore utilise´e au temps de ma jeunesse, il semble que le mot soit apparu avec le revival celtique. Pour parodier les banlieusards du neuf-trois ou du neuf-quatre, certains d'entre nous se sont alors amuse´s a` ne prononcer que les initiales. K.B. Deux lettres majuscules claquant comme les sabots d'un cheval sur le pave´ de la place du bourg. K.B., comme Kalon Breizh, coeur de Bretagne.

  • Solo

    Xavier Grall

    Il dessine naïvement ses arbres, sa maison en Nizon, ajoute du vert et du bleu, glaz. Il joue des formes et des couleurs, d'une strophe à l'autre, enchâssées de couleurs, d'arabesques. Solo est une prière, à l'aube de l'éternité. C'est aussi un hymne formidable à la vie, que les dessins de Grall ajoutés par lui à son texte, rendent encore plus lumineux.

  • "« Le 25 novembre 2009, l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des produits de santé annonce la suspension de l'autorisation de mise sur le marché d'un médicament. Il s'agit du Médiator, commercialisé depuis plus de trente ans, alors consommé quotidiennement par près de 300 000 français. Cette décision fait suite à la révélation d'une toxicité grave directement liée au médicament : une atteinte des valves du coeur, aux conséquences parfois mortelles. Les premiers éléments laissant suspecter la possibilité d'une telle toxicité remontent à 1997; date à laquelle un médicament très proche, le coupe-faim Isoméride, est interdit pour les mêmes raisons. Médecin, j'ai été pendant vingt ans témoin puis acteur de cet épisode dramatique. J'ai pris la décision de raconter la chronique des évènements auxquels j'ai pris part. Je pense qu'il est de mon devoir de citoyen de témoigner de ce que j'ai vécu, de la manière la plus factuelle possible, afin de permettre à chacun de découvrir le dessous des cartes, les rouages aboutissant aux prises de certaines décisions de santé publique en France » Irène Frachon Découvrez à la fois un livre papier et sa version numérique qui grâce à un code 2d vous permettra de télécharger le livre sur votre Smartphone, ordinateur ou sur votre Reader. "

  • éclats de 14

    Jean Rouaud

    « Tout a été dit et redit » - cette folie par laquelle des vieillards qui ne combattront pas décident d'envoyer leurs fils à la mort, la stratégie suicidaire de l'état-major prônant l'offensive qui mène des centaines de milliers d'hommes à l'abattoir : « cet ajustement des temps, en catastrophe, c'est ce qu'on appelle la guerre. ».
    Tout a été dit, mais personne ne l'a dit comme Jean Rouaud. Personne n'a dit l'absurde, l'horreur, l'inhumanité, le gâchis, avec cette précision de la langue qu'on lui connaît. Avec acuité.
    En un texte court, l'auteur des Champs d'honneur décline la guerre sous les quatre éléments de l'univers : la terre, le feu, l'eau, l'air. Guerre mondiale, guerre démesurée. Que l'écriture enveloppe d'un éclat poétique. À quoi s'ajoute celui des dessins sur le vif - le mort saisit le vif - de Mathurin Méheut.
    Un beau livre en hommage.

  • "Deux po^les quasi magne´tiques condensent toute l'e´nergie de ce cadastre inte´rieur : Broce´liande et l'Arre´e, la fore^t aux assises de schiste rouge et les montagnes jaunies que prolongent d'infernales tourbie`res, le coeur intact de la vieille Armorique et ses terminaisons bru^le´es par l'haleine de l'oce´an, le foyer de la que^te et celui de l'errance."

  • «?Voici quelques pages injustement oubliées de la littérature française. Elles ont pour particularité de mettre en vedette le pied et leur succession montre à quel point le pied est une constante littéraire forte dans l'imaginaire de nos auteurs. Ce petit inventaire constitue donc le Lagarde et Panard de la littérature piétonne.?» Des textes de Paul Fournel, membre de l'Oulipo.

    Des illustrations de Philippe Mouchès, peintre, membre de l'Oupeinpo, inspirées des meilleurs maîtres anciens et modernes.

  • Interrogeant l'athéisme Christiane Frémont questionne les notions de croyance, de création, de preuve, de religion.  Etre athée ce n'est pas être anti, ni contre les croyances : simplement les athées n'en tiennent pas compte. Et ma foi ! pourquoi les croyants ne seraient-ils pas aussi discrets que les athées ? Qu'ils croient mais qu'ils nous fichent la paix !
    Accessible tant aux collégiens (pourvu qu'ils soient lecteurs) qu'aux lycéens et à leurs parents, Dessine moi l'athéisme est un livre plus que jamais urgent et nécessaire. L'ouvrage est enrichi des dessins aussi pertinents qu'impertinents de Nono, à qui l'on doit dans la même collection Dessine moi la philo.  Un livre salutaire.

  • Dans un récit en prose associé à des illustrations figuratives et modernes de Didier-Marie Le Bihan, Louis Brigand raconte le quotidien de l'île de Sein du point de vue d'un homme de passage sur l'île mais également du point de vue d'un Sénan.
    Il passe en revue les lieux emblématiques de l'île, les habitudes de vie, les personnages connus de l'île pour plonger le lecteur dans une promenade à la fois géographique, historique et ethnographique. Il explique également les problèmes rencontrés par les Sénans : la baisse démographique, la montée du niveau des eaux qui menace l'île etc.
    C'est un texte riche d'informations concernant la situation actuelle de l'île de Sein, mais également poétique qui décrit l'île de Sein comme un endroit rêvé et sauvage.

  • Dans ce livre d'histoire d'investigation, Olivier Polard retrace la vie des Brestois durant la Seconde Guerre mondiale. Des années 30 à la libération de Brest par les Américains en 1944, en passant par la période d'occupation et les destructions subies par la ville, le propos est précis, illustré et accompagné du journal inédit d'un Brestois. Une vie faite de privations et de dangers s'organise dans une ville en destruction.

    Olivier Polard présente également un texte inédit. Stéphane Massé est membre de l'État-major du mouvement Libé-Nord. Ce Brestois consigne dans son journal, presqu'au jour le jour les événements qui se déroulent à Brest et les destructions que subit la ville. C'est un témoignage rare sur la vie quotidienne dans la ville de Brest assiègée.

  • Mais tu vas nulle part me dit cet homme nulle part n'existe pas je luis dis il ne voit que par le centre n'importe quel centre pourvu qu'il y soit jamais par la périphérie où je vis où je vais.

  • Une plage, sa plage, belle et violente, qu'elle co^toie depuis trente-cinq ans, chaque e´te´, dans la presqu'i^le de Crozon. Cette plage ou` l'on se moque de la biense´ance. Elle y rencontre Jean, homosexuel qui profite ici de vivre enfin pleinement. Alain Robet illustre d'aquarelles vives les paysages magnifiquement de´crits par Catherine Cusset.

  • "Georges Perros, qui êtes-vous ?" "Je suis toujours ce que je vais devenir. Je ne sais pas ce que je suis. Demain je saurai, demain je saurai ce que je suis aujourd'hui. J'ai toujours l'esprit d'escalier. Vivre dans le présent, c'est une possibilité : c'est pour ça que socialement je suis complètement nul. Je ne peux pas me situer quelque part. Alors. ça peut aussi s'appeler l'impatience. Je ne peux pas me fixer, je n'ai pas d'idées non plus spécialement, je peux penser le contraire dans le moment même de l'élocution. Autrement dit, je ne peux pas faire de politique, parce que je suis beaucoup trop contradictoire avec moi-même et mes contradictions se placent ailleurs que dans le lieu social."
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  • Dans un livre largement illustré, Bernard Cadoret et Bernard Lagny exhument tout un patrimoine oublié, qui au fil du temps, est devenu un art : les objets créés par les marins.
    Parfois pratiques, parfois esthétiques, ils sont les témoins d'une époque lointaine.
    De bois ou de métal, à visée utile ou mémorielle, ces objets témoignent de la vie des hommes.

  • Dans son manifeste, Jean-Michel Le Boulanger plaide pour une socie?te? plurielle, condamne tout communautarisme refusant les ouvertures aux autres.

    En cette pe?riode si trouble?e, de la de?che?ance de la nationalite? aux pousse?es e?lectorales du Front national, en passant par Calais, il faut continuer a` plaider pour cet essentiel qui nous fait tenir debout : l'Autre, la relation, le dialogue... et tenter d'inventer un humanisme de la diversite? apre`s tant de batailles perdues.

    « Je ne suis pas breton, franc?ais, letton, chinois, anglais Je suis a` la fois tout cela Je suis homme universel et ge?ne?ral du monde entier. » Armand Robin Jean-Michel Le Boulanger analyse d'abord la richesse, la pluralite?, l'ouverture de la Bretagne, re?gion composite. Dans une seconde partie, il s'insurge contre les courants nationalistes qui tentent de s'imposer en France : «Revivifier la socie?te?, dynamiser la de?mocratie franc?aise aujourd'hui scle?rose?e, c'est entretenir le dialogue avec toutes les alte?rite?s. Faire humanite? ensemble, ultime enjeu. » Un texte bref, saisissant, si juste...  Pre?face d'Edwy Plenel 

  • « Je suis entré dans la Vallicella, l'église de saint Philippe à Rome, avec Jérôme Prigent - il s'apprêtait alors à devenir prêtre de l'Oratoire. Je revois les marbres, le luxe des blasons cardinalices incrustés dans les pavages, la petite chapelle de mon saint patron, son tombeau, la fi guration d'une extase au-dessus de l'autel qui renferme la sépulture. Je revois surtout le beau cloître dans lequel nous nous étions glissés, après que Jérôme eut osé pousser une porte que le public des visiteurs n'a pas, lui, le droit d'ouvrir. Je revois ce beau jardin planté de citronniers chargés de fruits, son opulence paradisiaque, jaune et verte, dans la poussière rouge des archives et des reliques romaines. Saint Philippe a vécu là, dans les galeries supérieures, au creux d'une cellule nue qui surplombe le petit paradis claustral. Qu elque chose de sa folie, de son extravagance, de sa liberté native continue à y vivre, parmi les frères oratoriens, auprès des marbres somptueux, des arbres aux fruits d'or et c'est à ce jardin proche du tombeau, à ces citrons superbes, à cett e enclave secrète de l'Urbs que je songe au moment de commencer ce livre - au seuil de cett e méditation philippine. »

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