Sylvie Lindeperg

  • Nuremberg ; la bataille des images Nouv.

    20 novembre 1945 : à Nuremberg s'ouvre le procès exemplaire des criminels de guerre nazis. Les Américains veulent en faire un show médiatique pour transmettre au monde « le plus grand conte moral jamais raconté ». Dans ce récit très narratif, Sylvie Lindenperg raconte l'avant-procès - la quête effrénée de bouts de pellicules et d'images à travers toute l'Europe -, puis le filmage quotidien durant 10 mois et la compétition farouche entre les équipes américaine et russe. Avec, en protagonistes de cette bataille de l'image, les frères Schulberg : Budd, l'auteur de «Qu'est-ce qui fait courir Sammy ?,» et son frère Stuart, le producteur de la NBC.

  • Première édition : CNRS Éditions (1997) (prix Jean Mitry de l'Institut Jean Vigo) Quel usage le cinéma fait-il de l'histoire ? Telle est l'interrogation qui sous-tend l'ensemble de cet ouvrage consacré aux représentations filmées de la Seconde Guerre mondiale, depuis la Libération. Analysant la naissance puis la postérité des mythologies héroïques forgées par les films français d'après-guerre, l'auteur révèle comment l'histoire des « années noires » fut l'enjeu d'une bataille de mémoire cinématographique. En envisageant le film comme un palimpseste dont il s'agit de chercher les traces de fabrication, elle montre que le cinéma est à la fois opérateur de mémoire, pourvoyeur de récit et symptôme d'une histoire sociale, politique et culturelle. On redécouvre alors sous un jour nouveau les classiques du cinéma, de La Bataille du rail à L'Armée des Ombres en passant par Nuit et Brouillard, La Grande Vadrouille et Paris brûle-t-il ?, mais aussi des oeuvres méconnues dont l'échec ou la proscription constituent autant de révélateurs d'une époque.
    Une postface inédite analyse comment les cadres historiques et sociaux de la représentation de la Seconde Guerre mondiale se sont transformés et déplacés à partir des années 1970 : mode rétro, mondialisation du marché cinématographique, montée en puissance de la télévision et recouvrement de l'histoire de la Résistance par celle de la Shoah.

  • Dans nos sociétés « iconophages », l'attrait pour les archives audiovisuelles s'accroît, menaçant parfois l'intégrité des images qui façonnent notre mémoire et nos imaginaires du passé. Leur importance est cruciale et pourtant elles ne bénéficient pas d'un statut équivalent à celui des archives écrites; elles ne profitent pas non plus pleinement des protections accordées aux oeuvres d'art.Parallèlement, la révolution numérique modifie en profondeur les conditions d'accès, de circulation et de reproduction des images, posant de constants défis aux institutions chargées d'en assurer la conservation et la communication.Ainsi, les usages des images d'archives soulèvent des questions politiques et éthiques tandis que leurs coûts freinent l'expérimentation de formes plus innovantes d'écriture de l'histoire dans le cadre de dispositifs pédagogiques et scientifiques.Parce qu'elles sont entrelacées, ces questions nécessitent une réflexion de fond associant historiens, juristes, philosophes, conservateurs, cinéastes, producteurs... Le présent ouvrage se propose d'amorcer ce dialogue nécessaire en dépliant les questions liées à la conservation, à l'interprétation, à la circulation et aux usages des images d'archives.

  • " C'est par le cinéma que je sus que le pire venait juste d'avoir lieu ", écrivait le critique Serge Daney. Plus précisément, grâce à Nuit et Brouillard, le film d'Alain Resnais sorti en 1956.
    Walter Benjamin incitait l'historien à " découvrir dans l'analyse du petit moment singulier le cristal de l'événement total". C'est ce que propose Sylvie Lindeperg dans cette microhistoire du court-métrage qui a marqué profondément notre imaginaire des camps nazis.
    À partir d'archives inédites, elle reconstitue la genèse et les enjeux du film. Elle s'interroge sur les lectures et les usages, parfois inattendus ou contradictoires, dont Nuit et Brouillard a fait l'objet en France comme à l'étranger. Elle retrace le destin singulier de ce " lieu de mémoire " en suivant l'évolution des regards portés sur les images et sur l'événement depuis cinquante ans.
    Elle pose, dans toute son actualité, la question du rapport entre l'archive et la représentation des camps.

  • L'étude du cinéma comme source et agent de l'histoire a fait l'objet de nombreux travaux depuis ceux des pionniers des années I960. Ce champ de recherche n'en reste pas moins jeune ; il appelle l'invention constante des méthodes, le renouvèlement des objets et des sources, le dialogue avec des disciplines plus anciennes.
    C'est à ce vaste chantier que contribuent les auteurs réunis dans ce volume dont les thèses ont été dirigées par Sylvie Lindeperg. Cette jeune génération de chercheurs arpente de nouveaux territoires géopolitiques comme le bloc de l'Est, le Maghreb, le Rwanda. Elle forge des outils adaptés à ses curiosités et à ses questionnements - le cinéma militant, la création collective, la fabrique des images, la migration des imaginaires -, les envisageant dans leurs dimensions politiques, socio-culturelles, esthétiques et formelles.
    La première partie de l'ouvrage examine les liens du cinéma au politique, appréhendés à travers la question de l'engagement. Elle s'intéresse aux collectifs militants dans la France de l'après-1968, mais aussi à la fabrication des films dans des contextes non démocratiques - le bloc de l'Est et le Maroc d'Hassan II.
    La seconde partie porte sur le travail des opérateurs pendant la Seconde Guerre mondiale et lors du génocide des Tutsi. Elle interroge le rôle de ces images dans l'élaboration de la mémoire et des réminiscences du passé.
    Cet ouvrage, préparé sous la direction de Sylvie Lindeperg, est le neuvième volume de la collection «?Histo.Art »?, présentant les travaux de l'École doctorale Histoire de l'art de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • La perception de l'histoire est-elle en train de changer à l'heure où de nouveaux rapports se construisent entre l'imprimé et le multimédia ? telle est la question posée dans cet ouvrage, au travers d'une lecture des journaux d'actualités cinématographiques de la france libérée.

    Dans cette perspective ambitieuse, le livre est articulé en deux temps. le premier, intitulé " traverse ", propose une navigation horizontale dans le corpus des actualités, où sont mises en -rapport l'histoire circonstanciée du groupe de presse qui les produisit et l'analyse des différentes formes de mise en scène de l'événement. le second temps, " vagabondage ", s'intéresse successivement à la scénographie du général de gaulle, au retour des déportés et aux procès d'épuration.
    /> Ici, l'analyse des usages ultérieurs des archives filmées et les " voix " de personnalités d'horizons divers - gens du cinéma, témoins de l'époque, historiens, philosophes - viennent enrichir en rhizomes la réflexion jusqu'à la période contemporaine.
    Au-delà du travail sur les archives, sylvie lindeperg nous propose ainsi, avec rigueur et clarté, une définition et un mode d'écriture de l'histoire comme principe d'intelligibilité du temps présent.

  • Peintre, scénographe et cinéaste, René Allio (Marseille, 1924-Paris, 1995) marque durablement l'histoire du théâtre et du cinéma français dont il renouvelle les formes et les genres par un constant travail d'expérimentation. Aux côtés d'Hubert Gignoux, au Centre dramatique de l'Ouest, de Gabriel Garran, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, de Roger Planchon au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, il repense l'espace théâtral.

    A partir des années 1960, il passe derrière la caméra pour s'essayer, à son tour, à l'art du récit. La Vieille Dame indigne (1965), Les Camisards (1970-1972), Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... (1976), L'Heure exquise (1981) marquent brillamment les grandes étapes d'une carrière inclassable au cours de laquelle l'artiste se met constamment en danger.

    Cet ouvrage, qui croise articles scientifiques et témoignages avec les proches collaborateurs d'Allio,suit le mouvement de sa création dans ses travaux de costumier, scénographes, écrivain, metteur en scène. Il souligne le fort ancrage de son oeuvre dans des lieux, des territoires : Marseille, Villeurbanne, la banlieue parisienne ou la Normandie... Il offre enfin un nouvel éclairage sur Moi, Pierre Rivière..., expérience unique dans l'histoire du cinéma, par laquelle Allio met en scène les pièces du dossier du jeune parricide réunies par Michel Foucault.

  • Seuls deux procès du nazisme peuvent prétendre au statut de lieu de mémoire : celui de Nuremberg et celui d'Adolf Eichmann.
    C'est ce dernier procès qui constitue le génocide des Juifs en événement distinct, le détourant de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à effacer le contexte même dans lequel il se déroula, pour l'inscrire dans la seule histoire des Juifs.
    Le procès Eichmann fut l'un des tout premiers événements médiatiques mondiaux. Cet ouvrage collectif analyse pour la première fois la façon dont il fut raconté par la presse, la radio, la télévision ainsi que la postérité de ces premiers récits.
    Une pensée politique forte, un récit raconté de façon puissante par les témoins et une médiatisation bien pensée font de ce procès un événement fondateur. Il y eut bien un « moment Eichmann » qui délimita un avant et un après.

  • Pour la première fois, un livre retrace toutes les histoires de René Allio. Des documents largement inédits sont présentés par des chercheurs de divers horizons. Des photographies, affiches, tableaux se mêlent aux textes de l'artiste, aux notices sur ses réalisations et aux témoignages de ses partenaires et proches collaborateurs. À travers les multiples facettes du créateur, l'ouvrage dévoile un itinéraire esthétique, politique et intellectuel d'une grande exigence.

    Publié avec le soutien du conseil scientifique de l'université Paris 1 et de l'IMEC.

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