Gallimard

  • Sur les bords de la Tamise où il est venu installer ses dernières sculptures, de grandes figures de bronze disposées près du fleuve, un homme écoute La vallée d'Obermann de Liszt et se souvient. Il vient de perdre sa soeur aînée, la pianiste Anna Horberer, et il revoit sa vie, dans la presqu'île de Crozon, sur la côte normande, au Havre et à Paris, dans l'ombre de cette femme brillante, très tôt éprise de piano, folle de Liszt et habitée avant tout par sa vocation d'artiste. Il revoit les lieux d'enfance et retrace l'itinéraire de sa soeur, crainte et admirée, une soeur qui savait capter les regards, les affections et qui lui a tout pris, jusqu'à son meilleur ami Stéphane. Une époque renaît, celle des années 80-90, une vie aussi, avec ses passions, ses tensions, ses désirs cachés, ses voyages, une existence placée sous le signe de la musique et de l'art.
    Avec émotion, le frère inconsolable brosse le portrait de cette soeur lointaine et si proche, de ceux qui l'accompagnent, Stéphane, son fils Simon, et d'autres, toujours présents.

  • Le roi dort

    Philippe Le Guillou

    Octobre 2043 : dans le silence d'une abbaye normande, un homme parle. Il dicte à un magnétophone le récit de la folle aventure qui, en trois ans, l'a mené de Conques à Reims, de l'anonymat le plus complet aux feux de la vie publique. Un rendez-vous mystérieux l'attend à la fin du jour sur une grève au-dessous des falaises de Varengeville... Il raconte et sa parole n'a de limite que dans ce rendez-vous crépusculaire.
    Il se souvient. De sa jeunesse, de ses années de formation, de ses désirs, et surtout de l'instant où pour lui tout a basculé. Il a répondu favorablement à l'injonction du président d'une république usée qui, au soir de sa vie et du régime dont il avait la charge, lui demandait de prendre la route, il a marché jusqu'à Reims pour y recevoir un dimanche de Pentecôte l'ordination royale. Entre le printemps 2040 et l'automne 2043, il a été le roi Jean III. C'est son témoignage que nous livre ce roman, sa quête, ses espérances, ses blessures et ses désillusions.
    C'est sa voix que l'on entend, la confession ardente, entière, d'un pur qui aura passionnément, aveuglément cru en sa mission.

  • Novembre

    Philippe Le Guillou

    Assis dans le fauteuil de son père, à sa table de travail, utilisant même son stylo, Philippe Le Guillou pose sur le papier sentiments et souvenirs éveillés par la disparition de celui qui était son héros, pudique, brave et vertueux. La mort du père survient seulement quelques jours après les attentats qui ont fait trembler la capitale en novembre 2015. Philippe Le Guillou, marqué par ce sombre mois, écrit la perte douloureuse de ses certitudes dans un style sobre, empli de respect.

  • Tout romancier, à un moment ou à un autre de son parcours, s'interroge sur les raisons, les sources, les influences qui l'ont poussé vers la fiction. Il se souvient de ses premières lectures, de ses premières explorations du domaine romanesque. L'auteur du Dieu noir, des Sept noms du peintre et de La route de la mer traverse ici, de Chrétien de Troyes aux romanciers les plus contemporains, l'histoire du roman dans sa diversité et sa richesse. On y retrouve les plus grands - Madame de La Fayette, Laclos, Balzac, Stendhal, Hugo, Proust, Gide, Tournier - et de nombreux autres, plus confidentiels ou parfois totalement oubliés.Le roman inépuisable propose une sorte d'histoire et de cartographie subjective du roman : on découvre le regard d'un lecteur qui nous ouvre sa bibliothèque ; on entend la voix d'un conteur fou de personnages, de paysages et d'intrigues.Tour à tour panorama littéraire et autoportrait d'un critique et d'un romancier, Le roman inépuisable célèbre avec ferveur un genre foisonnant, protéiforme et en perpétuel devenir.

  • On peut se raconter en prenant appui sur les grandes étapes d'une vie, l'enfance, l'adolescence, les années de formation, la maturité, l'âge qui vient. Le parti pris par Philippe Le Guillou dans Géographies de la mémoire est différent : on retrouve certes ces phases capitales d'une existence dont le cheminement affectif et intellectuel se place sous le signe des mots et des livres, mais c'est un parcours à travers les territoires et les lieux d'une vie qui sous-tend ce récit autobiographique. Plutôt que de centrer le regard sur lui, l'auteur l'ouvre aux espaces aimés et inspirateurs : la Bretagne, les bords de Loire, l'Irlande, Rome, Paris.
    Géographies de la mémoire modifie la perspective autobiographique : il s'agit de se dire à travers les paysages et les villes, dans la pudeur et les intermittences de la mémoire, il s'agit aussi de faire revivre quelques présences essentielles, figures familiales, anonymes capitaux, écrivains admirés, témoins des sutures décisives d'une existence. Passent ainsi les veilleurs ancestraux des confins du Finistère, quelques intercesseurs lus puis rencontrés - Mohrt, Gracq, Déon, Fernandez, Grainville - , des religieux et des artistes ; défilent surtout les paysages qui, depuis L'inventaire du vitrail, ne cessent d'inspirer l'écrivain : la rivière du Faou, les grèves de l'Aulne, quelques sanctuaires élus, les berges de la Loire, les quais de la Seine et du Tibre, les tourbières d'Irlande et les proues basaltiques, Paris et son royaume intérieur. Géographies de la mémoire est un livre de souvenirs et de confessions, mais dans lequel la première place revient aux lieux et à ceux qui les habitent.

  • Dans un dialogue fictif entre l'artiste Kerros et le président Georges Pompidou, Philippe Le Guillou revient sur les années pompidoliennes, redonnant vie à l'ancien président. Et, derrière l'homme de pouvoir, se dessine en filigrane une figure éminemment romanesque.
    En décrivant les bouleversements urbanistiques survenus dans le Paris des années 1970, la maladie secrète du président ou encore les questions sociétales qui marquèrent son septennat, c'est la fin d'un âge d'or qui nous est contée.
    Un ouvrage à la portée historique et philosophique, empreint d'une douce mélancolie.

  • Rome, dans la seconde moitié du XXIe siècle : le pontificat du premier pape africain, Miltiade, s'achève dans le sang et les attentats. Les sanctuaires flambent, l'Église universelle est déchirée et secouée de toutes parts. Julius, un dramaturge immobilisé par la maladie, reçoit, après avoir publié une lettre virulente à la suite de la mort du pape, la visite d'un cardinal bénédictin venu d'Irlande qui, quelques jours plus tard, accède, contre toute attente, à la succession de Miltiade sous le nom de Clément XV. Un peintre, Simon Viarmes, amateur des quais du Tibre et des sujets religieux, rôde aussi par là. Un compagnonnage singulier va se nouer très vite entre les trois hommes et, sur fond de coulisses et de splendeurs vaticanes, le pape irlandais, le dramaturge couché et le peintre, lointain héritier du Caravage, seront les véritables piliers du Pont des anges.
    Rien ne nous est caché des manoeuvres du conclave, des mystères du gouvernement de l'Église, des rituels du Vatican, du huis clos romain en résonance constante avec le monde. Clément XV se distingue en apparence de Miltiade, le dieu noir, qui avait renoué avec une certaine tradition et les fastes de la liturgie, et l'image s'impose peu à peu d'un homme attachant, complexe, incarné et mystique, hanté par son origine et l'exigence de sa mission, étonnamment moderne et novateur, que l'on suit, de l'élection aux grands voyages, au gré de ses rencontres, de ses méditations, de ses déplacements dans Rome, ses églises et ses cryptes, et sur les routes de la terre.

  • Erich Sebastian Berg naît à Munich en 1940. Après des études au collège bavarois d'Ettal, il entreprend son initiation de peintre chez un vieux maître d'Anvers. Il arrive à Paris et connaît un succès immédiat. Mais Erich Sebastian Berg est l'homme des passions, des emballements, des ruptures, des départs. Il disparaît, erre du côté de la Bretagne et de l'Irlande, continue de peindre, sous d'autres noms. Il aime, désire, peint des corps, des triptyques. Caché sous ses hétéronymes, il ne cesse de voyager et de produire, malgré les deuils, la solitude, la folie.
    Ce livre rassemble les cheminements de ce peintre imaginaire, ses rencontres, ses fascinations, ses oeuvres, sa double vie, affective et créatrice. C'est l'histoire d'un homme immergé dans l'histoire et la création - des années 50 au début du nouveau millénaire, on voit, en effet, passer de Paris à Rome événements et figures qui auront marqué leur temps -, l'aventure d'un homme en quête du secret de son identité et de son art.

  • « Julien Gracq est sans conteste au nombre des écrivains que j'admire le plus. Je l'ai découvert au lycée en 1976. Je l'ai lu ensuite et l'admiration s'est installée, inentamable. Je lui ai écrit plus tard et j'ai écrit sur son travail.
    Ma première visite à Saint-Florent-le-Vieil, sur les bords de la Loire, remonte à février 1992. D'autres l'ont suivie, régulières, ferventes. Un jour - c'était en février 1998 -, j'ai éprouvé le besoin de raconter le cours d'une de ces journées désamarrées du flux ordinaire des jours. Comme cela, sans désir d'effraction, loin du prosaïsme du reportage, simplement pour rendre témoignage. C'est le sens de ce récit qui narre quelques heures entre deux trains, au bord du fleuve, un jour glacial et lumineux, en compagnie du dernier des très grands, quelques heures magnifiques et aimantées qui restent pour moi comme une leçon de littérature et de vie. »
    Philippe Le Guillou.

  • Deux destins entrelacés. Deux frères, Gilles et Guillaume Vègh. L'un est attiré par l'histoire et l'action politique, l'autre dessine et peint. Des bords de l'Elorn, la rivière finistérienne auprès de laquelle ils grandissent, à Paris, du Périgord à Rome, de Dublin à Bologne et du Marais breton à Shanghai, on suit, dans la seconde moitié du XXe siècle et au début du suivant, leurs itinéraires, leurs passions, leurs éclipses et leurs passages douloureux, parce que si les chemins bifurquent, si les vies en apparence se séparent, la force d'un lien et d'un amour hors du commun fait que jamais ils ne se perdront. Plus que le mystère de la gémellité, Le bateau Brume explore la singularité sensible de ces deux vies en miroir.

  • Nocturne qui voudrait capter dans la ténèbre de son chagrin l'éclat de la lumière des débuts et des seuils. L'histoire est passée, éblouissante, implacable, tragique et elle me laisse seul sur la rive. A moi à qui la littérature a tant donné il ne reste que le secours des mots.
    Me revient-il de donner à Hélène le tombeau qu'elle n'a pas souhaité avoir ? Elle ne repose pas auprès de son grand-père, qu'elle admirait tant, dans le petit cimetière de Logonna-Daoulas. Elle a voulu cette incinération, ce néant de flammes qui m'effraie plus que tout. Tombeau : c'est une forme, c'est un chant dont j'aimerais qu'il n'eût pas la froideur mallarméenne. Je rêverais plutôt pour elle d'un lit de lumière, d'une nef enchantée qui l'emmène loin, dans la tradition ophélienne des dérives celtiques".

  • Au Faou, petit village situé tout au fond de la rade de Brest, au rythme d'une scansion mystérieuse, les marées envahissent ou désertent le port. Elles remplissent le lit de la rivière qui arrive de la forêt toute proche. C'est là, entre l'océan et les bois, qu'est né le narrateur de ce récit. La maturité venue, il revisite les lieux de son enfance - les maisons familiales, l'église, les grèves, la forêt - et se souvient. Autour des grands-parents, essentiels dans son initiation légendaire et bretonne, tout un monde se met à vivre, les voisins, les gens du village, Marie-Chann, la mangeuse de grives, l'étrange Élisabeth, Annonciat dont le corps a été emporté par la mer un soir d'hiver. La guerre n'est pas loin. C'est l'époque du général de Gaulle et de Georges Pompidou. C'est aussi le temps des premiers pas de l'homme sur la lune.
    Une Bretagne immémoriale et perdue ressurgit soudain, avec ses légendes, ses rites, les fastes de ses pardons, la beauté singulière du christianisme celtique. Entre l'église et le port où roulent les marées venues des abîmes de la ville d'Ys, le narrateur a grandi et c'est là que son imaginaire s'est forgé. Dans la veine du Passage de l'Aulne, Les marées du Faou explore le territoire et les figures d'une enfance finistérienne, sans nostalgie, dans la ferveur des commencements.»

  • Le quartier du Sentier, les environs de la Bourse, l'ancien domaine de la presse et du textile, ses rues étroites, la frontière des Grands Boulevards, l'éminence du Montorgueil, la rue Poissonnière par laquelle les marées du Nord descendaient vers les Halles : ce vieux Paris, central et secret, se dévoile au coeur d'une exploration qui est bien plus qu'une cartographie nostalgique du IIe arrondissement.

    Paris intérieur est le carnet d'un marcheur attaché à cet espace stratégique, contigu à l'ancien "ventre de Paris". Il se déploie au rythme de promenades, de déambulations poétiques, attentives au présent, aux nouveautés, au passé aussi, toujours vivant et comme en filigrane. En une vingtaine d'années, le visage du quartier a changé, mais les fantômes, les souvenirs, les grandes figures surgissent au hasard des boutiques, des cafés, des rues, de leurs noms, de la part d'histoire qui leur est associée. Paris intérieur est le livre d'un piéton, à la suite de tant d'autres, qui chemine dans un territoire connu, habité ; c'est un certain regard aussi, personnel, porté par une émotion, un attachement à la capitale, à sa mémoire et à son imaginaire.

  • Qui est Thomas Daigre, célèbre écrivain reclus dans un château en Irlande ? Que cache-t-il de sa vie passée, de ses amitiés avec des intellectuels soupçonnés de collaboration ? Pour comprendre et reconstruire une certaine vérité, le narrateur va voir chez lui, dans un donjon qui domine la mer et la lande, le vieil homme dont il admire l'oeuvre. Il rencontrera aussi le majordome de Lonveigh et Florence Daigre, étrange peintre qui fait poser son père nu en saint Sébastien percé de flèches. Mais on n'entre pas dans tant de secrets sans être atteint soi-même au plus profond...
    Les falaises de l'Irlande, les tourbières, les prairies qui surplombent le champ des vagues et le chaos des rochers servent de toile de fond à cette histoire passionnée où l'on retrouve, comme dans Le dieu noir et La rumeur du soleil, l'envoûtement des paysages et le vertige de la mémoire.

  • Au début du vingt et unième siècle, afin de calmer le tiers monde qui les menace, russes et américains s'entendent pour installer sur le trône de saint pierre léopold hédor dagotta, primat du zaïre.
    Le premier pape noir de la chrétienté prend le nom d'un lointain prédécesseur des catacombes, miltiade. dans un monde déchiré par les guerres, oú certains cardinaux de pays pauvres veulent créer leur propre eglise, miltiade ii se voudra, en dépit des attentats, des manipulations politiques et des heurts des deux cultures qu'il revendique, l'artisan d'une foi impossible.
    Chronique d'un pontificat imaginaire, le dieu noir veut décrire " la barbarie de demain ".

  • « C'était il y a peu, moins de cinquante ans, et on croirait que tout cela remonte à mille ans.
    Il suffit que je revienne au Faou, pourtant, et le génie des lieux ravive aussitôt les sortilèges d'un monde qui continue de vivre, fidèle aux mythes, aux rites, loin des atteintes d'une modernité ravageuse. Les lilas blancs et bleus du jardin paradisiaque de Kerrod, les buis, les palmiers, le vert des prairies, les eaux vives sous le pont de bois et au début des paluds, les boiseries dorées de Rumengol, la perspective des sources au-delà de l'épaisseur forestière ressuscitent, massive et sûre, la plénitude de l'enfance, d'un monde sans ombre, sans faille, protégé de présences aimantes, immémorial, transparent, éternellement présent ».
    Le Faou est une rivière bretonne qui se jette dans les eaux de la rade de Brest. Moins connue que l'Elorn ou l'Aulne qui vivent déjà dans de nombreux livres de Philippe Le Guillou, elle emplit entièrement ce texte très poétique. Cette évocation lyrique et buissonnière d'un humble cours d'eau, promenade charmante dans une campagne immémoriale et pourtant bien ancrée dans le temps de l'enfance, enchantera tous les amoureux de la Bretagne.

  • Le passage de l'Aulne, fleuve de Bretagne qui rejoint la rade de Brest, est un lieu réel et mythique auquel la mémoire du narrateur s'attache obstinément. «Orphelin de l'enfance», celui-ci s'abîme dans l'absence, la mort du grand-père Gaël, l'abandon intérieur, la détresse de Julia.
    Ce roman se noue par entrecroisements de souvenirs, ces «boîtes gigognes de la mémoire», riches de sensations, de couleurs et de mots. Le temps de l'écriture se fait à mesure plus présent et l'identité se reconquiert...

  • La Reine d'Irlande avait deux fils... La Grande Reine, celle qui portait toujours une armure d'or, celle qui enfantait debout... Le Royaume était indivisible. À sa mort, la terre est revenue à Fern le brutal, tandis que l'autre roi partait, Luin Gor, le roi des eaux, des vents, des rivages et des îles...
    On ne sait rien de Luin Gor. Son histoire sommeille quelque part dans les tourbières. Dans une carène naufragée peut-être. Aux temps immémoriaux, quelqu'un a eu la folie d'inventer cette histoire, une reine qui enfantait debout, une reine qui eut deux fils.
    À mon tour, j'ai cédé au charme du roi errant, du roi vierge et blond. Je rêvais d'un roman qui me permît de voyager par les mers celtiques, entre Irlande et Bretagne, d'une fable dans laquelle on retrouverait Merlin, Arthur, les sortilèges de Brocéliande, les druides du commencement et les bâtisseurs de cathédrales. Je rêvais de chevaliers en manteaux de sel et de feuilles, de rivages chaotiques, de châteaux et de chapelles, d'épée et de coupe d'émeraude. Comme dans le monde enluminé des romans bretons, comme dans les songes de Tolkien, de Gracq et de Boorman.
    Philippe Le Guillou.

  • On ne sait rien, ou presque, des douze premières années de la vie du Christ, de ses jeux, de ses peurs, de son univers familial, de sa formation.
    Or voici que par la grâce d'indiscrétions familières ou de la restitution de maints épisodes sacrés, nous entrons dans ce secret de l'origine du monde, dans la révélation de la scène primordiale et fondatrice. De Nazareth à Jérusalem, de la Visitation des Mages à la confrontation avec les docteurs du Temple, de l'atelier de Joseph aux citadelles des Esséniens, l'Enfant-Dieu grandit en découvrant, à la faveur d'un jeu inexorable de questions, le mystère de sa destinée, sa différence, sa vocation de faiseur de miracles et de fils placé sous le sceau d'une double paternité.
    Récit d'apprentissage sacré, Evangile apocryphe imaginaire coordonnant secrètement tous les autres, conte de Noël et de l'Epiphanie, bréviaire poétique ou antiphonaire inédit, le livre est cette fiction dans laquelle l'esprit, se mettant en scène sous les espèces du Fils de l'Homme enfant, se concentre sur lui-même, revenant sur ses brisées pour tenter d'en arrêter le chiffre et de se ressouvenir de ce qui, du Verbe et de la Création, du sens ou de l'interprétation, est premier.

  • Ces stèles ponctuent le cheminement de De Gaulle, de Lille à l'Élysée, de Londres aux landes du Connemara.
    Elles visitent les grands moments d'une vie qui s'érige en geste et tentent de cerner les différents visages d'un homme sans cesse partagé entre l'action et l'écriture : l'officier, l'homme du 18 Juin veillant à Londres la flamme de la France vaincue, le libérateur glorieux, l'exilé de Colombey, le fondateur de République, le monarque solitaire des années soixante, le connétable usé.
    Par touches successives, elles retrouvent les lieux, les acteurs, les embrasements, les ombres et les désenchantements aussi d'une vie constamment façonnée comme une légende.
    Le regard n'est ni celui de l'historien ni celui du témoin. Il explore, avec une fascination teintée de nostalgie, un univers et un trajet qui ont partie liée, avec le mythe et la fiction. C'est un voyage, un pèlerinage au temps de l'action et de la grandeur. Entre Lille et Londres, entre Colombey et l'Irlande, via Paris et Alger, cinquante-huit stèles, cinquante-huit morceaux de prose pour honorer et se souvenir, soixante ans après l'Appel de juin 1940, trente ans après la disparition de l'homme, un soir de novembre, dans la retraite de Colombey.

  • Apres l'equinoxe

    Philippe Le Guillou


    un jeune homme arrive à paris en septembre 1972.

    il veut rencontrer montherlant à qui il consacre un
    mémoire. il vient de bretagne oú il a vécu jusque-là. la rencontre n'aura jamais lieu. une arrière-saison s'ouvre, de rêveries et d'errances. très vite, le jeune homme délaisse ses travaux universitaires, prend ses habitudes au bar d'orgueil en plein coeur de paris, près des halles qui viennent de disparaître. il écoute, observe, arpente pendant des heures une ville dont le visage change.
    aux séminaires de la sorbonne, il préfère la compagnie des clients du bar, dominé par la figure de sa patronne, djila, et des
    pleureuses du parvis de l'église saint-eustache dressée au bord d'une fosse que l'on creuse, les marches sur les quais, les explorations des passages des bouquinistes. son oncle, ermite collectionneur et bibliophile, dont le passé trouble est semé d'énigmes, veut lui transmettre ses propres passions.
    un autre homme le fascine également, qui vient lire dans le café à la lumière d'un candélabre. marc verney découvre paris dans le sillage et l'attirance de ces êtres mystérieux. c'est un rêveur dépourvu de toute ambition qui dérive loin des voies de la réussite. très vite il accède aux vérités de cet automne d'après l'équinoxe et la disparition d'un écrivain admiré : la vraie vie est ailleurs, dans la nostalgie d'un paris qui s'efface, dans les rencontres, les déambulations, l'amitié et le désir, les rites du bar de djila, les visites à l'oncle et les apparitions de plus en plus attendues du " lecteur du candélabre ".


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