Michel Serres

  • Petite Poucette

    Michel Serres

    Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer.
    Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, la troisième, tout aussi décisive, s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives. Ce sont des périodes de crises.
    De l'essor des nouvelles technologies, un nouvel humain est né : Michel Serres le baptise « Petite Poucette » - clin d'œil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces.
    Petite Poucette va devoir réinventer une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d'être et de connaître... Débute une nouvelle ère qui verra la victoire de la multitude, anonyme, sur les élites dirigeantes, bien identifiées ; du savoir discute sur les doctrines enseignées ; d'une société immatérielle librement connectée sur la société du spectacle à sens unique...
    Ce livre propose à Petite Poucette une collaboration entre générations pour mettre en œuvre cette utopie, seule réalité possible.
     
    Un enregistrement d’anthologie avec toute la saveur de la lecture faite par l’auteur lui-même.
     
    © Éditions Le Pommier / Humensis 2009, 2012, 2017
    (C) et (P) Audiolib, 2018
    Durée : 1h52

  • C'était mieux avant !

    Michel Serres

    « Dix Grands-Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraites : "C'était mieux avant." Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert.
    Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. » Michel Serres
    Un coup de gueule plein de malice !
     
    Un enregistrement d’anthologie avec toute la saveur de la lecture faite par l’auteur lui-même.
     
    © Éditions Le Pommier / Humensis 2009, 2012, 2017
    (C) et (P) Audiolib, 2018
    /> Durée : 1h45

  • « Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds.

    On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises. Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'humain en pouffant de rire. » Michel Serres

  • Considérons le sport en tant que processus d'humanisation.

    Considérons le sport en tant que processus d'humanisation. Nous ne serions pas les hommes que nous sommes s'il n'y avait pas eu au début le contrat, le lien social, matérialisés par le ballon, ce traceur de relations - viennent ensuite les décisions juridiques prises par l'arbitre. L'idée que la violence puisse être régie par des règles strictes auxquelles tout équipier obéit est l'hominisation par excellence. Arrêter le geste de violence, comme Dieu arrête le bras d'Abraham sur Isaac, c'est cela qui donne naissance à l'humanité.
    Quant au spectateur de cette scène incroyablement politique et religieuse, il peut apprendre sur le stade, comme dans une faculté de droit, le collectif sans texte, la tragédie sans texte et le droit sans texte. Il y a là, en modèle réduit, tout ce que l'on peut souhaiter en pédagogie des sciences humaines.

    Michel Serres compte parmi les rares philosophes sportifs. Son éloge du sport est fondé, sa philosophie du sport est incarnée. L'enseignant qu'il a été confère à l'éducation physique des vertus pédagogiques spécifiques et efficientes pour contribuer à faire de la jeunesse des adultes au corps sain et à la tête bien faite, selon les mots de Montaigne. Dans le sport se jouent notre modèle de société, notre rapport au corps et à la technique.

  • Temps des crises

    Michel Serres

    Que révèle le séisme financier et boursier qui nous secoue aujourd'hui ?
    Si nous vivons une crise, au sens plein du terme, aucun retour en arrière n'est possible. II faut donc inventer du nouveau. Or, le nouveau nous submerge ! En agriculture, transports, santé, démographie, informatique, conflits, des bouleversements gigantesques ont transformé notre condition comme jamais cela n'était arrivé dans l'histoire. Seules nos institutions n'ont pas changé. Et voici I' une de ces ruptures profondes : notre planète devient un acteur essentiel de la scène politique. Qui, désormais, représentera le Monde, ce muet ? Et comment ?
    Michel Serres montre que nous sommes encore les acteurs de notre avenir.
     
    Un enregistrement d’anthologie avec toute la saveur de la lecture faite par l’auteur lui-même.
     
    © Éditions Le Pommier / Humensis 2009, 2012, 2017
    (C) et (P) Audiolib, 2018
    Durée : 2h06

  • Michel Serres analyse, non sans malice, les transformations politiques, sociales et cognitives du XXe et XXIe siècle, dont il a été témoin.
    Michel Serres baptise le nouvel humain « Petite Poucette » - clin d'oeil à la maestria avec laquelle les messages fusent de ses pouces. Dans le monde moderne, Petite Poucette va devoir réinventer une manière d'être et de connaître, et le vivre-ensemble. Et à ceux qui disent à Petite Poucette que « C'était mieux avant », cela tombe bien, avant, justement, Michel Serres y était ; il peut dresser un bilan d'expert !
    Mais alors comment faire face aux multiples bouleversements dans les domaines de l'agriculture, de la santé, de l'informatique... ? Dans Temps des crises, Michel Serres démontre que nous sommes encore les acteurs de notre avenir.
    Trois manifestes qui dénoncent le déclinisme ambiant et appellent à une collaboration entre les générations.
    Trois enregistrements d'anthologie avec toute la saveur de la lecture faite par l'auteur lui-même.
    Trois célèbres essais de Michel Serres à propos des mutations de notre temps en un coffret audio inédit, lu par l'auteur.
    (C) Éditions Le Pommier / Humensis 2009, 2012, 2017
    (C) et (P) Audiolib, 2018
    Durée : 5h43

  • Hermes t1 la communication

    Michel Serres

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Discours sur la science, l'épistémologie demeurait extrinsèque : elle supposait un référentiel extérieur. L'émergence de langues intrinsèques amène peu à peu les régions scientifiques à parler d'elles-mêmes avec le maximum de pertinence, à devenir leur propre référence.
    À l'opposé de ce mouvement de fermeture et d'auto-régulation, l'encyclopédie se constitue, par confluences multiples entre domaines, et en réseau complexe qui tend indéfiniment à la complétude des interférences.
    D'où la nécessité de penser les concepts de traduction, de dictionnaire, d'importation, de transfert.

  • Interférence peut se lire inter-référence. Rien n'existe, rien n'est pensé, nul ne perçoit ni n'invente s'il n'est un récepteur mobile plongé dans un espace de communication à une multiplicité d'émetteurs. Espace où circulent des messages, que le bruit remplit, où durent des stocks. Espace dont l'encyclopédie est une figure.
    Interférence est une image. Elle donne à voir ou à entendre des zones d'ombre et de lumière, d'éclat sonore et de silence. Les sciences interfèrent multiplement : l'épistémologie balance entre le savoir aveuglant et les plages noires de l'insu. Après le livre des clartés, il faudra écrire, parmi le bruit, son complément ténébreux : l'article de la mort.

  • Le passage du nord-ouest

    Michel Serres

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Le passage du Nord-Ouest fait communiquer l'océan Atlantique et le Pacifique, par les passages froids du Grand Nord Canadien. Il s'ouvre, se ferme, se tord à travers l'immense archipel arctique, le long d'un dédale follement compliqué de golfes et chenaux, de bassins et détroits, entre le territoire de Baffin et la terre de Banks - vous l'embouquez au détroit de Davis, il finit en mer de Beaufort. De là, courez le nord de l'Alaska vers les Aléoutiennes. Délivrance, vous donnez sur le Pacifique. Le voyage est difficile, les chemins sont rares et parfois barrés.
    Les sciences exactes ne sont pas liées aux sciences humaines par un simple intervalle, une interface, ou un espace lisse. Le passage du Nord-Ouest correspond en image, à leurs relations compliquées. La route est coupée, elle est libre, le voyage est une aventure, il dépend des lieux, du temps, des circonstances. Tracé sur une carte, le chemin est cependant spécial, original, chaque traversée le trouve différent.
    Le cinquième Hermès dessine des tracés entre lieux réputés sans liens, la rigueur et l'imaginaire, le mythe et l'exactitude, le savoir établi et le savoir sauvage. Une raison nouvelle franchit parfois ce qui sépare l'universalité de la forme et les circonstances individuelles.
    C'est ainsi que l'auteur conclut, en montrant qu'après 1960, le monde n'est plus soumis à un unique Ego, « il doit se présenter à une myriade de petits suppôts chacun attaché à une perspective » qui tout compte fait ne diffère pas tant de la phénoménologie que ces philosophies combattent.

  • On croit généralement que la naissance de la physique a eu lieu au cours de la Renaissance. Ce terme de physique est pourtant d'un usage courant dans les traités de l'Antiquité. Le texte de Lucrèce porte le titre De natura rerum, « De la physique ». Comporte-t-il la chose tout autant que le mot ?
    Oui, répond Michel Serres. L'hypothèse atomique était jusqu'ici envisagée dans le cadre global de la mécanique des solides, et ce point de vue rendait absurde tout ou partie de la physique épicurienne. L'événement de la déclinaison devenait incompréhensible : nul n'a jamais vu un corps grave tomber en se détournant brusquement de sa trajectoire de chute. Mais si l'on envisage l'atomisme dans le cadre d'une mécanique des fluides, tout change. La déclinaison est l'amorce d'un tourbillon dans un écoulement hydraulique.
    L'analyse du modèle tourbillonnaire ou turbulent montre que cette physique était mathématisée dans et par l'oeuvre d'Archimède. Qu'elle était expérimentée dans les météores et le magnétisme. Et qu'elle est applicable à des questions sur lesquelles nous ne tenions jusqu'à maintenant que des discours descriptifs.
    Notre science, moderne et contemporaine, est plus âgée qu'on ne le pensait : il nous faut changer d'échelle, et compter presque trois millénaires là où nous nous contentions de trois siècles.

    Ce livre est paru en 1977.

  • Un des grands livres de l'auteur publié pour la première fois en 1968. "Leibniz est de notre temps, il est notre prédécesseur, il a commencé de construire le monde où nous vivons, il l'a reconnu avant nous, mieux que nous. Nos mathématiques naissent avec lui, nos sciences physiques sont prévues par lui, nos réseaux de communication, nos stocks de données, nos arts du signe et du langage sont déjà dans ses écrits."

  • En 1990, paraissait chez François Bourin Le Contrat naturel (réédité en 1992 dans la collection Champs/Flammarion). Michel Serres s'y livrait à une méditation sur les nouveaux devoirs que nous avons envers le monde que nous habitons. Dans le présent texte, Retour au Contrat naturel, le philosophe revient sur la problématique de son livre et sur le débat, actualisé en 1992 à l'occasion de la conférence de Rio et de l'appel de Heidelberg qui contribuèrent, chacun à leur manière, à donner une dimension planétaire au souci écologique. À travers le litige qui opposa alors partisans d'un progrès conditionné par le respect de la nature et les tenants d'un progrès conçu comme la poursuite de la maîtrise technique, la pensée de la nature s'est considérablement « dramatisée ». Pourquoi ? Quelle « fin de la nature » est-on en train de vivre ? Faut-il en appeler à une nouvelle philosophie de notre inscription dans le monde ?

  • Voici une maison perdue dans la lande écossaise, dirigée par un clan dont les origines restent des plus obscures. Pénétrez dans le monde terrible des Blackway où le meurtre est devenu le quotidien banal d'une famille rongée par les fantômes du passé.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • On attend aujourd'hui des maîtres qu'ils forment des individus capables de s'adapter à une réalité culturelle et sociale complexe et peu prévisible dans ses mutations. Dans cette perspective, flexibilité, adaptabilité, autonomie, conquête et construction du sens sont, ou devraient être, les maîtres-mots de l'École d'aujourd'hui. Mais en dehors de l'École ces mots sont souvent ignorés : un milieu familial n'assumant pas toujours son rôle essentiel de médiateur ; un monde médiatique privilégiant les propositions les plus évidentes, rendant ainsi superflue toute démarche de questionnement et de découverte. Les maîtres ont ainsi la tâche ingrate de former ceux-là même dont l'échec scolaire et social est ailleurs programmé.

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