La sélection des Médiathèques de l'agglo

  • Le discours

    Fabrice Caro

    « Tu sais, ça ferait très plaisir à ta soeur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » C'est le début d'un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu'il vient d'envoyer à sa copine, qui l'a laissé pour « faire une pause ». Vivre en même temps un chagrin d'amour et les obligations familiales, c'est être seul au monde. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques. Un récit savamment construit où le rire le dispute à l'émotion.

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  • « Je ne suis pas un être humain qui veut s'élever jusqu'à un état spirituel. Je suis un être spirituel expérimentant la condition humaine ».

    Melissa Broder, grande dépressive devant l'Éternel, comble son appétit et son manque existentiels par tous les moyens possibles : drogues, alcool, sexe plus ou moins raté, histoires d'amour plus ou moins romantiques...
    Elle a longtemps cherché une place dans le monde et la trouver n'a pas été une mince affaire : sa quête l'a conduite dans un centre de yoga tantrique, dans des chambres d'hôtel avec des hommes qu'elle a fantasmés, dans des boutiques New Age à la recherche des bons grigris pour conjurer ce mal. Mais tout cela n'est rien comparé à sa plus grande angoisse : comment supporter l'attente d'un texto qui ne vient pas ?

    Melissa Broder écrit à la mitraillette, avec un humour ravageur et une franchise peu commune. Mais qu'on ne s'y trompe pas : en racontant tout ce qu'on préfère ordinairement taire de soi, elle trouve un moyen de nous parler de nous.

  • Les enténébrés

    Sarah Chiche

    Automne 2015. Alors qu'une chaleur inhabituelle s'attarde sur l'Europe, une femme se rend en Autriche pour écrire un article sur les conditions d'accueil des réfugiés. Elle se prénomme Sarah. Elle est aussi psychologue, vit à Paris avec Paul, un intellectuel connu pour ses écrits sur la fin du monde, avec qui elle a un enfant. À Vienne, elle rencontre Richard, un musicien mondialement célébré. Ils se voient. Ils s'aiment. Elle le fuit puis lui écrit, de retour en France. Il vient la retrouver. Pour Sarah, c'est l'épreuve du secret, de deux vies tout aussi intenses menées de front, qui se répondent et s'opposent, jusqu'au point de rupture intérieur : à l'occasion d'une autre enquête, sur une extermination d'enfants dans un hôpital psychiatrique autrichien, ses fantômes vont ressurgir. S'ouvre alors une fresque puissante et sombre sur l'amour fou, où le mal familial côtoie celui de l'Histoire en marche, de la fin du xixe siècle aux décombres de la Deuxième Guerre mondiale, de l'Afrique des indépendances à la catastrophe climatique de ce début de millénaire.

  • Peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, Eleanor Oliphant dit les choses telles qu'elle les pense. Fidèle à sa devise « Mieux vaut être seule que mal accompagnée », elle évite ses semblables et préfère passer ses vendredis soir en compagnie d'une bouteille de vodka. Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec « maman ». Mais tout change le jour où elle s'éprend d'un chanteur de rock. Décidée à le conquérir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Elle rencontre aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. Car Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d'un ami...

  • Le jour où son père, pêcheur de longue date, se noie, Ismaëlle se retrouve seule. Seule, vertigineusement, avec pour legs un métier d'homme et une chair de jeune fille.
    Mais très vite, sur le lac franco-suisse, d'autres corps se mettent à flotter. Des morts nus, anonymes, par dizaines, par centaines, venus d'on ne sait où - remontés des profondeurs de la fosse.
    C'est en ces circonstances qu'Ismaëlle croisera Ezéchiel, fils d'un « Ogre » africain, qui a traversé les guerres du continent noir et vient sur ces rives affronter une Bête mystérieuse.
    Fais de moi la colère est le récit halluciné, à deux voix, de leur rencontre, et de la partie de pêche qu'ils vont mener - échos lointains de Moby Dick. Une partie de pêche où le désir, la convoitise, le blanchiment, les génocides, sont autant de Léviathans. Mais où la joie, comme les larmes, pourra gonfler les ventres.

  • Les discussions des voyageurs de toutes nationa- lités, les panneaux où viennent s'afficher les nu- méros de vol, les boutiques, les enseignes cligno- tantes, les annonces lumineuses, les bribes échan- gées par les personnels navigants ou au sol, les demandes affolées des passagers en transit, égarés dans le vaste aéroport : tel est le quotidien de la narratrice de ce roman, son environnement visuel et sonore, depuis qu'elle a élu domicile à Roissy.
    Sans cesse en mouvement, toujours tirant derrière elle une petite valise, elle va d'un terminal à l'autre, engage des conversations, s'invente des vies, éter- nelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l'apaise.
    Passée maîtresse dans l'art de l'esquive, elle sait comment éviter les questions trop pressantes.
    Cette femme sans domicile fixe, dont Tiffany Tavernier fait l'héroïne de son nouveau roman, est ce qu'il est convenu d'appeler une « indécelable ».
    Arrivée à Roissy dans une grande confusion mentale, sans mémoire ni passé, elle a trouvé dans ce non lieu qui les englobe tous un cocon protecteur. Au fil des jours, elle s'y est reconstruit une vie. Les subterfuges qu'elle déploie pour rester propre et bien habillée, les rencontres incongrues, les épisodes cocasses - comme ces sangliers qui ont envahi les pistes -, mais aussi les angoisses d'être repérée par les forces de l'ordre, elle les confie à Vlad, l'homme dont elle partage parfois le matelas dans la galerie souterraine d'où lui ne sort jamais.
    Instituant habitudes et rituels comme autant de remparts au désarroi qui souvent l'assaille, s'attachant aux lieux et aux êtres - notamment à cet « homme au foulard » présent tous les jours, comme elle, à l'arrivée du vol Rio-Paris -, la femme sans nom fait corps avec l'immense aérogare.
    Mais, bientôt, ce fragile équilibre est rompu.
    Quand Vlad tombe très malade, la bulle de sécu- rité vole en éclats. Avec un art consommé de la narration, Tiffany Tavernier nous entraîne alors sur les chemins d'une belle et difficile reconquête.
    Bouleversée par la relation qui se noue avec Luc, « l'homme au foulard », celle qui lui dit se prénom- mer Anne va, petit à petit, apprendre à renoncer à son présent d'aéroport pour accepter qui elle est.
    Magnifique portrait de femme rendue à elle-même à la faveur des émotions qui la traversent, Roissy est un livre puissant, qui interroge l'infinie capacité de l'être humain à renaître à soi et au monde.

  • La vraie vie

    Adeline Dieudonne

    Un roman initiatique drôle et acide.
    Le manuel de survie d'une guerrière en milieu hostile.

    Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents.
    Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.
    Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent.

  • Arcadie

    Emmanuelle Bayamack-Tam

    • P.o.l
    • 23 Août 2018

    "Si on n'aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse". Farah et ses parents ont trouvé refuge en zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles technologies, la mondialisation et les réseaux sociaux. Tendrement aimée mais livrée à elle-même, Farah grandit au milieu des arbres, des fleurs et des bêtes.
    Mais cet Eden est établi à la frontière franco-italienne, dans une zone sillonnée par les migrants : les portes du paradis vont-elles s'ouvrir pour les accueillir ?

  • La révolte

    Clara Dupont-Monod

    « Sa robe caresse le sol. À cet instant, nous sommes comme les pierres des voûtes, immobiles et sans souffle. Mais ce qui raidit mes frères, ce n'est pas l'indifférence, car ils sont habitués à ne pas être regardés ; ni non plus la solennité de l'entretien tout ce qui touche à Aliénor est solennel. Non, ce qui nous fige, à cet instant-là, c'est sa voix. Car c'est d'une voix douce, pleine de menaces, que ma mère ordonne d'aller renverser notre père. » Aliénor d'Aquitaine racontée par son fils Richard Coeur de Lion.

  • L'âge de raison

    Jami Attenberg

    Autour d'Andréa Bern, célibataire légèrement alcoolique ayant renoncé à sa vocation artistique, tout le monde semble avoir une idée bien précise de ce que signifie « être adulte » : sa meilleure amie, Indigo, a choisi de se marier, son frère - qui semble être miraculeusement sorti indemne de leur enfance mouvementée - s'apprête à devenir père, et son ami Matthew a choisi de consacrer tout son temps (et son argent) à la peinture et à ses tableaux.
    Pour Andréa, la vie d'adulte ressemble surtout à une lutte permanente. À l'ombre de l'Empire State Building, elle cherche sa voie. Comment tracer son chemin à New-York quand on aime les pas de côté ? Saura-t-elle atteindre un jour l'âge de raison ?

  • Seuls les enfants savent aimer

    Cali

    Seuls les enfants savent aimer.
    Seuls les enfants aperçoivent l'amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
    Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l'amour s'en va.
    Seuls les enfants meurent d'amour.
    Seuls les enfants jouent leur coeur à chaque instant, à chaque souffle.
    À chaque seconde le coeur d'un enfant explose.
    Tu me manques à crever, maman.
    Jusqu'à quand vas-tu mourir ?

  • Chassé de son pays d'origine par la Grande Famine, Thomas McNulty, un jeune émigré irlandais, vient tenter sa chance en Amérique. Sa destinée se liera à celle de John Cole, l'ami et amour de sa vie.
    Dans le récit de Thomas, la violence de l'Histoire se fait profondément ressentir dans le corps humain, livré à la faim, au froid et parfois à une peur abjecte. Tour à tour Thomas et John combattent les Indiens des grandes plaines de l'Ouest, se travestissent en femmes pour des spectacles, et s'engagent du côté de l'Union dans la guerre de Sécession.
    Malgré la violence de ces fresques se dessine cependant le portrait d'une famille aussi étrange que touchante, composée de ce couple inséparable, de Winona leur fille adoptive sioux bien-aimée et du vieux poète noir McSweny comme grand-père. Sebastian Barry offre dans ce roman une réflexion sur ce qui vaut la peine d'être vécu dans une existence souvent âpre et quelquefois entrecoupée d'un bonheur qui donne l'impression que le jour sera sans fin.

  • Au coeur de l'Inquisition espagnole, la rencontre improbable entre un mercenaire à la solde du plus offrant et une poignée de grand-bourgeois convertis en danger. «La Rose de Saragosse» allume l'étincelle d'une rébellion qui passe par le trait vif de la caricature et le langage unique de la gravure. Aventure, séduction, mystère, un bref et riche roman comme une esquisse qui fait parler les silences. Où l'on retrouve le souffle et l'acuité de l'auteur de «La Confrérie des chasseurs de livres» et de «Sauver Mozart».

  • Les loyautés

    Delphine de Vigan

    • Lattes
    • 3 Janvier 2018

    « J'ai pensé que le gamin était maltraité, j'y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c'était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par coeur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu'avec moi, ça ne marche pas.» Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l'enfance violentée, s'inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ?
    Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils.
    Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

  • Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et de d'assassins, les quatre membres du « Gang du grand boxeur » mènent des vies rangées et aussi paisibles que possible. Jim a si bien réussi à dissimuler ses faits d'armes qu'il est même sur le point d'épouser la sublime fille d'un shérif. Mais voilà qu'un fantôme surgi du passé annonce d'un télégramme qu'il compte être présent à la cérémonie. Quinlan, cruel leader d'une troupe de fous, a décidé que la fête serait l'occasion de règler de vieux comptes. Il ne reste plus aux anciens amis qu'à se donner rendez-vous au mariage pour qu'à eux quatre ils viennent à bout du démon ou qu'ils paient enfin le prix de leurs crimes passés.

  • Entre deux mondes

    Olivier Norek

    Engagé dans l'humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l'auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.

  • « - Tes allers-retours entre la vie et la mort tu vas les faire encore longtemps ?
    - Le temps qu'il faudra. Pourquoi ? Tu te fais du souci pour moi ?
    - Tu es juive, n'est-ce pas ? C'est insensé, tu sais ce qu'ils te feront s'ils te prennent ?
    - Je n'ai pas peur. À Copenhague, je suis chez moi. Ce sont eux les envahisseurs ».

    Danemark 1943, Niels Rasmussen rencontre Sarah à la rousse chevelure. Il rejoint alors la Résistance et devient le saboteur de génie qui remodèle la ville occupée à coups d'explosifs. Quand le conflit mondial s'achève, Sarah attend un enfant et les héros sont prêts à recueillir leurs lauriers. Pourtant, une page du Parisien Libéré glissée dans un courrier anonyme va infléchir le destin. Dans la rubrique «Épuration» Niels lit :

    C'est le 7 mai que le dramaturge Jean-François Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de justice de la Seine. Il sera défendu par maître Bianchi.

    Éperdu d'incompréhension et pour sauver son « frère de coeur », il entreprend une odyssée qui fera vaciller toutes ses certitudes quant à l'héroïsme, la lâcheté, la Résistance et la collaboration.

    Roman d'aventures, enquête introspective, Niels fait fi des genres littéraires et nous soumet à la question : Et vous, qu'auriez-vous fait ?

  • Luwak

    Pierre Derbré

    Igor Kahn est un homme bien sous tous rapports. D'humeur égale, contremaître scrupuleux dans une usine qui fabrique des baignoires balnéo à débordement permanent, poli avec tout le monde. Et solitaire. Il n'a qu'un seul ami, René, placé comme lui en famille d'accueil lorsqu'ils étaient enfants. Son licenciement suivi d'un pactole à la Française des Jeux va le propulser au pays de ses rêves. Fini la vie atone !
    Igor achète sur l'estuaire de la Gironde une maison d'artiste. Il s'offre un boubou pour peindre des aquarelles, pêche, assiste aux réunions du conseil municipal, invite ses voisins, se fait des amis... Tout semble lui réussir, il s'acclimate, se cultive, est apprécié de tous, y compris du maire. Mais Igor sent bien qu'il tourne en rond.
    En assistant aux réunions de philosophie organisées par le Club des 40 du village (réservé aux quadras et plus), notre ami a découvert une notion qui le stupéfie : l'hapax existentiel. De quoi s'agit-il ? De « cette expérience unique et insolite qui partage de manière irrémédiable l'existence de celui qui l'éprouve entre un avant et un après. » Il se donnera jusqu'au solstice d'été pour trouver son hapax à lui... Inattendu, extravagant, son graal le mènera à l'autre bout du monde.

  • « Moi, je me plais dissimulé dans le clair-obscur. Ou perché tout en haut, comme un équilibriste au-dessus du vide. Je refuse de choisir mon camp, je préfère le danger de la frontière. Si un soir, vous me croisez dans le métro ou dans un bar, vous allez obligatoirement me dévisager, avec embarras, probablement cela vous troublera, et LA question viendra vous tarauder : est-ce un homme ou une femme ?
    Et vous ne pourrez pas y répondre. » De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles nous fait partager l'histoire improbable, drôle et tendre, d'une famille joliment déglinguée dont Paul est le héros peu ordinaire. Paul qui, malgré ses allures de filles, aime exclusivement les femmes. Paul, qui a deux mères et n'a jamais connu son père. Paul, que le hasard de sa naissance va mener sur la route d'un célèbre androgyne : David Bowie.
    Fantaisiste et généreux, le nouveau roman de Jean-Michel Guenassia, l'auteur du Club des incorrigibles optimistes, nous détourne avec grâce des chemins tout tracés pour nous faire goûter aux charmes de l'incertitude.

  • Fille d'un collaborateur exécuté sous ses yeux à la Libération, Gabrielle Valoria doit écrire la première biographie de Sidonie Porel. Mais qui est vraiment Sidonie Porel ? La plus célèbre romancière de son époque ou une imposture littéraire ? Une grande amoureuse ou une manipulatrice ?
    En plongeant dans le passé de cette femme qu'elle craint et qu'elle admire, Gabrielle découvre un univers où grouillent les menteurs et les traîtres. Ecrivains, politiciens, journalistes, prostituées, grands patrons : tous cachent un secret qui tue...
    Dans Les Fidélités successives (Prix Cazes-Lipp), Nicolas d'Estienne d'Orves explorait les ambiguïtés de l'Occupation, avec La Gloire des maudits, il s'attaque aux mensonges de l'après-guerre. Ce tableau romanesque d'une France au lendemain du chaos, où l'on croise les grandes figures du Paris intellectuel et artistique des années 1950, montre que le passé nous rattrape toujours et que les guerres ne se terminent jamais.

  • Un été à Roquebrune-Cap-Martin, deux jeunes gens, Louison et Tessa, entrent clandestinement dans la villa E.1027, la villa blanche conçue par l'architecte et designer irlandaise Eileen Gray. Gréco, une femme âgée, décoratrice, veille avec un soin amoureux sur cet endroit. Un jour, elle y surprend les deux jeunes squatteurs, danseurs au style néo-hippie. Gréco est aussi sobre et pudique qu'eux sont sensuels, dénudés et volcaniques. Ils s'opposent, s'apprivoisent. Ce roman est l'histoire de leur rencontre.

    Les baignades et goûters de fruits sont assez vite perturbés par une série d'incidents provoqués par Louison, le plus inquiétant et imprévisible des trois protagonistes, dont on découvre le goût pour le travestissement et les mises en scènes macabres.

    Gréco est une femme hantée. Un lointain passé lui revient en rêve chaque nuit, comme une vie antérieure. On découvre qu'elle est née au sein de la communauté de Monte Verità à Ascona, sur les bords du Lac Majeur. Vaste nébuleuse qui, au début du XX e siècle, pendant près de 20 ans, réunit des végétariens, des anarchistes, des théosophes. Lieu fondateur dans l'histoire des arts et des formes, fréquenté par des personnalités comme Hermann Hesse, Kandinsky, Hugo Ball, Hans Arp, Carl Gustav Jung. Et où naquit, avec Isadora Duncan, Rudolf Laban et Mary Wigman, la danse moderne.

    Au contact de ces jeunes gens, Gréco change, quelque chose en elle se libère. Peu à peu elle se dénude. Grâce enfin à la redécouverte d'archives et à une mystérieuse « femme-dans-la-fenêtre », tous trois assistent un soir, médusés, à la résurrection de ce passé que Gréco voyait très flou en rêve.
    C'est une sorte de Harold et Maude à trois. La naissance d'un amour, dans un paysage qui est lui-même une initiation.

  • L'ÉCRITURE PEUT-ELLE SAUVER UN HOMME ?

    Dans un Paris plus que jamais miroir aux vanités, l'extrême droite est sur le point de remporter les élections. William Kenfcet, journaliste à l'indépendance farouche, sent que le pire va advenir. Il l'a écrit et fait savoir. Est-ce pour cela qu'un soir il se fait salement agresser devant les grilles du jardin du Luxembourg ? Et que, voulant le sauver, un jeune couple est assassiné ?
    Quand William se réveille à l'hôpital, il s'effondre. Écrasé par son histoire familiale, rongé par ses démons et par l'âge qui avance, il décide de partir à New York sur la tombe du jeune homme mort pour le secourir.
    Un matin, dans le journal, il découvre l'histoire de Harvey Miller, un homme que le déclassement social a transformé en monstre - il a tué sa femme et ses quatre enfants - et qui vomit la morale de la société américaine. Cette histoire, William s'en empare, et le livre qu'il se met à écrire lui permettra de creuser ses propres zones d'ombre.

    Roman gigogne, noir comme l'encre, où se mêlent les destins de ces personnages en fuite, Où cours-tu William... est aussi un polar politique, une réflexion sur la filiation, la transmission, et le pouvoir de la littérature.

  • Déjà, le 2e épisode de No Body, une série d'anthologie où règne la notion d'absence de corps et d'identité..

    2007, États-Unis. Dans le Montana, un homme - 57 ans, solide, barbu et cheveux longs, tatouages sur tout le corps - est arrêté sur le lieu d'un crime qu'il s'accuse d'avoir commis. Un an plus tard, une jeune psychologue est diligentée par le juge pour réaliser une expertise psychologique de cet homme. Il livre son récit mais certains éléments ne collent pas... Dans ce nouvel épisode, l'homme révèle avoir infiltré, dans les années 70, un gang de bikers violent. Le lecteur fera quelques découvertes clés... Quelles sont la provenance et la signification de certains de ses tatouages ? Quels sont les réels objectifs de l'organisation gouvernementale, BET ? Ou encore, qui est Henry, son co-équipier qu'il dit avoir assassiné ?...
    Les pièces du puzzle s'emboîtent peu à peu, mais dans le désordre afin de constituer, au 4e et dernier épisode, le tableau final.

    Si les personnages et leur histoire sont fictifs, Cointelpro et le plan Northwoods sont réels, reconnus par les États-Unis et déclassifiés.

  • Mercy, Mary, Patty

    Lola Lafon

    En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon  par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause. Un  événement mémorable dont la résonance va également "kidnapper" l'existence de trois femmes de générations différentes : une Américaine et deux Françaises tour à tour attachées à comprendre et reconfigurer cet épisode. Par ce roman sur l'influence décisive de leur rencontre éphémère, par sa relecture de l'affaire Hearst et de son impact médiatique et politique, Lola Lafon s'empare d'une icône paradoxale de la "story" américaine,  de son rayonnement dans l'espace public et du chavirement qu'elle a  engendré dans le destin de ses héroïnes.   

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